Régiment d'infanterie territoriale

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Pendant la Grande Guerre, le régiment d’infanterie territorial, ou RIT, était une formation militaire composée des hommes âgés de 34 à 49 ans, considérés comme trop âgés et plus assez entraînés pour intégrer un régiment de première ligne d’active ou de réserve.

Les Territoriaux ou Pépères, initialement chargés de différents services de gardes, ont joué un grand rôle pendant la Première Guerre mondiale.

Préambule[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mobilisation française de 1914.

Entre 1914 et 1918, huit millions d’hommes entre 18 et 45 ans sont mobilisés soit 20 % de la population[1].

Selon son âge, chaque homme doit s’acquitter de ses obligations militaires, passant par trois armées réglementaires différentes :

  • l’armée d’active :
Sont mobilisés dès le début du conflit les régiments d’active : numérotés de 1 à 176.
Elle est composée des hommes âgés de 21 à 23 ans c’est-à-dire nés en 1891, 1892, 1893 et au delà. La durée du service est de trois ans.
Sont mobilisés dès le début du conflit les régiments de réserve : numérotés de 201 à 421.
Elle est composée des hommes âgés de 24 à 33 ans, c’est-à-dire nés entre 1881 et 1890. La durée est de onze ans.
  • l’armée territoriale :
Sont mobilisés tout au long du conflit les régiments de la territoriale et de la réserve territoriale.
Elle est composée des hommes âgés de 34 à 39 ans c’est-à-dire nés entre 1875 et 1880. La durée est de sept ans.
  • la réserve de l’armée territoriale :
Elle est composée des hommes âgés de 40 à 45 ans, c’est-à-dire nés entre 1868 et 1874. La durée est de sept ans.
Rapidement la réserve de l’armée territoriale incorpore les hommes âgés de 46 à 49 ans c’est-à-dire nés entre 1868 et 1865. Les unités territoriales ne sont jamais utilisées en temps de paix.

Historique[modifier | modifier le code]

Le 1er août 1914 vers 16 heures, la France décrète la mobilisation générale. Dans chaque subdivision de région, un régiment territorial d’infanterie est constitué, avec un nombre variable de bataillons et deux sections de mitrailleuses.

L’armée territoriale et sa réserve se composent d’hommes ayant accompli le temps de service dans l’active et la réserve, âgés d’au moins 37 ans, plus encore après le prolongement de la période par la loi de 1913, et ne doivent pas être engagés en première ligne. Elles seront toutefois en première ligne durant la guerre de mouvement comme à Maubeuge, sur le front de la Somme entre Amiens et Béthune sous le commandement du général Joseph Brugère...
Après avoir joué un rôle efficace, les groupes de divisions territoriales mises en première ligne sont dissous en octobre 1914, la guerre se stabilisant dans les tranchées. Par contre, afin de compenser de fortes pertes, des soldats de la territoriale sont envoyés au front en incorporant des régiments d'active, essentiellement fin 1914 - début 1915.

Par ailleurs les réformés et exemptés des classes 1887 à 1914 ont l’obligation de se faire recenser en mairie dès septembre et octobre 1914 afin de passer à nouveau devant le conseil de révision.

Au total 145 régiments territoriaux d’infanterie sont mis sur pied en France au début des hostilités. Vu leur âge, ils étaient appelés familièrement les « Pépères ».

La territoriale n’est pas exclusivement composée d’infanterie. Il existe d’autres formations moins bien connues comme :

  • les escadrons territoriaux non montés pour la cavalerie ;
  • les batteries territoriales d’artillerie à pied ;
  • les escadrons territoriaux du train des équipages.

Il est parfois considéré que la garde nationale mobile est l'ancêtre de l'infanterie territoriale.


Treize divisions d'infanterie territoriales sont constituées jusqu'au 19 août.
Commandées par le général Brugère, neuf de ces divisions sont destinées à manœuvrer, d'où leur appellation de « divisions territoriales de campagne » :

Comme les neutralités italienne et espagnole sont confirmées dès le début d'août et que l'entrée en guerre britannique sécurise les côtes, les divisions de campagne sont réaffectées au profit du Nord-Est, sauf la 90e qui est envoyée en Afrique du Nord à partir du 12 août[2].

Uniforme[modifier | modifier le code]

Le marquage de l'unité sur le képi était marqué en blanc pour les régiments d'infanterie térrtoriale.

Fonctions des territoriaux[modifier | modifier le code]

Les régiments d’infanterie territoriaux ne devaient pas coopérer aux opérations en rase campagne ; le plan de mobilisation ne le prévoyait pas, et ces régiments n’étaient pas outillés pour prêter leur appui aux régiments actifs.

Toutefois les RIT des régions du Nord et de l’Est se trouvèrent engagés d’emblée dans la bataille pour défendre leurs villes et villages. De plus, dès la fin août 1914, les plus jeunes classes des territoriaux furent intégrées dans des régiments d'infanterie d’active et de réserve pour compenser les pertes.

Les régiments territoriaux sont initialement prévus pour assurer un service de garde et de police dans les gares, les villes, les frontières, sur les voies de communication (GVC), à l’occupation et à la défense des forts, des places fortes, des ponts et autres lieux sensibles. Ils se trouvèrent par suite des circonstances engagés dans la bataille ou avec une participation indirecte dans les combats.

Les territoriaux effectuent de la même manière divers travaux de terrassement, de fortification, de défense, entretien des routes et voies ferrées, creusement et réfection de tranchées et boyaux.

Ils forment, avec les gendarmes, chasseurs forestiers, etc., des détachements chargé de suivre l’armée en marche pour explorer et nettoyer le champ de bataille. Il récupèrent ainsi un important matériel composé d’effets en tout genre, notamment des armes, arrêtent et escortent des soldats allemands isolés ou blessés, ramassent, identifient et ensevelissent des cadavres, construisent et gardent des camps de prisonniers. Ils saisissent également du bétail égaré.

Ils sont également chargés de missions de ravitaillement et autres missions de soutien aux troupes de première ligne, sous les bombardements et les gaz. Un nombre important de territoriaux perdent la vie dans ces actions méconnues et difficiles mais indispensables.

Au fil des mois, alors même que la distinction dans l’emploi entre les régiments d’active et les régiments de réserve s’estompe, la spécificité de la territoriale cède la place à une utilisation commune à toutes les formations. De fait, les régiments territoriaux sont engagés en première ligne.

Tout d’abord, les territoriaux ont pour mission la garde dans les tranchées de première ligne dans des secteurs dits « calmes », le mitraillages des lignes allemandes par tirs indirects, l’occupation des tranchées de départ, en soutien des divisions d’attaque. Puis ils sont engagés en première ligne où ils s’illustrent, en particulier, lors des grandes offensives allemandes de 1918.

Le 1er août 1918, tous les régiments territoriaux existants sont officiellement dissous et les hommes dispersés parmi les régiments d’active et de réserve.

Autres appellations[modifier | modifier le code]

  • régiment d’infanterie territorial (RIT)
  • régiment territorial d’infanterie (RTI)
  • régiment territorial (RT)
  • infanterie territoriale (IT)
  • la territoriale
  • les territoriaux
  • les Pépères
  • les terribles-taureaux

Les autres armes[modifier | modifier le code]

Les territoriaux servent, en dehors de l'infanterie territoriale dans :

la cavalerie

et forment les
Escadrons territoriaux de cavalerie légère
Escadrons territoriaux de dragons

l'artillerie

et forment les
Groupes territoriaux d’artillerie à pied
Groupes territoriaux d’artillerie de campagne
Groupes territoriaux d’artillerie de montagne

le génie

et forment les
bataillons territorial du génie

le train

et forment les
escadrons territoriaux du train des équipages militaires

les sections territoriales de commis et ouvriers militaires d’administration
les sections territoriales d’infirmiers militaires

Liste des régiments d'infanterie territoriaux[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. L’Histoire N° 207
  2. v:Recherche:Mobilisation de 1914.