Inchiri

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Localisation

L'Inchiri (arabe : إينشيري) est l'une des régions administratives (wilaya) de la Mauritanie, située dans l'ouest du pays. Sa capitale est Akjoujt.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'origine du nom Inchiri reste controversée[1]. Il pourrait signifier en zenaga (langue berbère) « l’endroit aux arbres ». En effet charan est un mot zenaga qui signifie « arbre ». Cette explication surprend aujourd'hui, s'agissant d'une région avant tout désertique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Géographie physique[modifier | modifier le code]

La superficie de l'Inchiri est d'environ 47 000 km2[2]. Il est limité au nord et à l'ouest par la région du Dakhlet Nouadhibou – une partie du Parc national du Banc d'Arguin empiète sur le territoire de l'Inchiri –, au sud par le Trarza et à l'est par l'Adrar. Il possède une petite façade atlantique, entre Nouâmghâr et El Mhaijrat.

Le climat et chaud et sec, avec des maxima de température avoisinant 35°9 en moyenne et des minima de 21°4. L'amplitude thermique journalière très forte provoque souvent l’éclatement des roches, ce qui par la suite génère la formation de sable[3]. Quoique désertique, la région est proche de l'océan, elle subit donc l’influence combinée de l’alizé maritime et l’alizé continental, auxquels s'ajoute la mousson hivernale[3].

Orientés S-O/N-E, dans la direction des vents dominants, les alizés[3], les massifs dunaires parallèles de l'Azefâl et de l'Akchâr encadrent la dépression du Tijirît. Le paysage s'y partage entre ergs et regs.

Trois types de sol sont présents : à l'ouest, des sols d’apport sur dépôts marins ou lacustres ; au centre et au nord des sols brun-rouge subarides sur sable éolien et parfois des dunes de type barkhane ; enfin, à l'est, les sols d’ablution des déserts sur différentes roches[3].

La végétation est rare et clairsemée[3]. Le manque de végétation favorise la remise en mouvement des dunes auparavant fixées par une maigre biodiversité végétale[3]. Sur les dunes on trouve quelques herbes désertiques dominantes (Stipagrostis pungens, Panicum turgidum) et des plantes telles que Maerua crasifolia[3]. Dans les lits des oueds sont présents des groupements d’Acacia raddiana, sur les terres salées des Tamarix senegalensis, et dans le sud de la région, le Commiphora africana[3].

Population[modifier | modifier le code]

L'Inchiri est l'une des régions les moins peuplées de Mauritanie. Le déclin de la population s'est encore accentué à partir de la fin des années 1970 en raison des sécheresses successives[2]. En 1977, la région comptait environ 18 000 habitants[2]. Le recensement de 1988 chiffrait leur nombre à 14 613[2]. Celui de 2000 en dénombrait 11 500[4], dont près de 8 000 à Akjoujt, capitale régionale, chef-lieu d'arrondissement et seul vrai centre urbain.

Économie[modifier | modifier le code]

Le destin de l'Inchiri, zone semi-désertique, est lié à l'exploitation des ressources de cuivre et d'or. Le reste des activités se limitent à l'élevage (en particulier de chameaux) et à l'agriculture, en particulier à Akjoujt qui est doté de nombreux jardins, irrigués grâce à des eaux souterraines, dont l'Inchiri est particulièrement riche.

Le sud-est de la région est traversé par l'axe routier bitumé qui relie la capitale du pays, Nouakchott, à la capitale de l'Adrar, Atar. La nouvelle route Nouakchott-Nouadhibou traverse également la région à l'ouest.

Akjoujt possède un aéroport (coide AITA : AJJ), mais pour l'essentiel la circulation des biens et des personnes se fait par la route.

Découpage administratif[modifier | modifier le code]

La moughataa d'Akjoujt

L'Inchiri compte une seule moughataa, Akjoujt, et deux communes : Akjoujt et Bennechab, toutes deux situées dans le sud-est de la région.

Histoire[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (fr) M’Hammed Ould Ahmed Youra, « Le Livre des Lettrés renseignés sur l’histoire des puits » (traduit par Paul Marty), in Bulletin du Comité d’éudes historiques et scientifiques, 1920, tome 3 [1]
  2. a, b, c et d (en) Anthony G. Pazzanita, « Inchiri », in Historical dictionary of Mauritania, Scarecrow Press, Lanham (Maryland) ; Toronto, Plymouth (Royaume-Uni), 2008 (3e éd.), p. 264-265 (ISBN 9780810855960)
  3. a, b, c, d, e, f, g et h (fr) Inchiri : cadre géographique [2]
  4. (fr) Résultats du Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH) 2000 des Wilayas [3]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony G. Pazzanita, « Inchiri », in Historical dictionary of Mauritania, Scarecrow Press, Lanham (Maryland) ; Toronto, Plymouth (Royaume-Uni), 2008 (3e éd.), p. 264-265 (ISBN 9780810855960)
  • (fr) Pierre Elouard et Hugues Faure, Quaternaire de l'Inchiri, du Taffoli et des environs de Nouakchott, Université de Dakar, Dakar, 1967, 62 p.
  • (fr) Ahmed Lamine Ech Chenguiti, « L'Inchiri », in El Wasît : littérature, histoire, géographie, mœurs et coutumes des habitants de la Mauritanie (extraits traduits de l'arabe par Mourad Teffahi), Centre IFAN-Mauritanie, Saint-Louis du Sénégal, 1953, p. 27-29

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Inchiri (site de l'Office national du tourisme)