Incastellamento

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Incastellamento est un terme provenant de l'italien et traduit en français par « enchâtellement ». Dans la plupart des cas, ce mot désigne l'action de fortifier des habitats par un château, en particulier à l'époque médiévale. L'historien Pierre Toubert a utilisé ce terme pour rendre compte de la multiplication des villages fortifiés ruraux dans le Latium entre le Xe et le XIIe siècle. Ces châteaux que les sources appellent castra ou castella, dominent généralement des habitats groupés sur un site perché et défendus par une enceinte. Dernière idée, ce mouvement d'enchâtellement a été analysé en particulier sur le pourtour méditerranéen (Latium, Roussillon, Languedoc...) puisque l'incastellamento a profité des sites montagneux de défense. Pour souligner ce même caractère de regroupement villageois mais en dehors des sites perchés, le terme d'encellulement a été avancé par l'historien Robert Fossier (en particulier en Picardie).

L'incastellamento en Italie[modifier | modifier le code]

En Provence[modifier | modifier le code]

Un premier incastellamento se produit en Provence au tournant des Xe siècle et XIe siècle. Bien que le phénomène d'incastellamento y soit aussi issu d'une militarisation du territoire, cet aspect y est secondaire. La présence sarrasine eut beaucoup moins d'effets en Provence : c'est souvent le seigneur qui décide et organise la création d'un habitat fortifié et en hauteur[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Toubert, Les structures du Latium médiéval : le Latium méridional et la Sabine du IX° à la fin du XII° siècle, École française de Rome, 1973.
  • A. Bazzana, P. Guichard, J.-M. Poisson, Habitats fortifiés et organisation de l'espace, Maison de l'Orient, 1983.
  • M. Bourin, Villages médiévaux en Bas-Languedoc : genèse d'une sociabilité : X°-XIV° siècle, tome 1, Du château au village : X°-XII° s., L'Harmattan, 1987.
  • F. Bougard, « incastellamento » in Dictionnaire encyclopédique du Moyen Âge, Cerf, 1997.
  • A. Catafau, Les celleres et la naissance du village en Roussillon, PU Perpignan, 1998.
  • André Guillerme, Les temps de l'eau, Seyssel, Champ Vallon, coll. « milieux »,‎ 1983, 264 p. (ISBN 2-01000-488-4, ISSN 0291-7157), chap. II (« L'enchatellement »)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (IXe-XIIIe siècles). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l'université d'Aix-Marseille I, 2011, p. 353.