Inégalités de revenu en France

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Les inégalités de revenu en France sont constituées par la répartition inégale des ressources économiques perçues par la population vivant en France. Elles ne doivent pas être confondues avec les inégalités de salaire, celui-ci ne constituant qu'une des sources possibles de revenu, ni avec les inégalités de patrimoine, c'est-à-dire de ressources accumulées sous la forme d'actifs (financiers ou immobiliers). Les différentes mesures qui permettent de rendre compte des inégalités de revenu en France montrent qu'elles sont relativement stables depuis une vingtaine d’années et moins prononcées que dans la plupart des pays occidentaux. Il existe cependant une grande disparité des revenus suivant les régions, l’Île-de-France étant de loin la région où les revenus sont les plus élevés[1].

Problème de définition[modifier | modifier le code]

Les inégalités de revenu sont mesurées à travers une série d'indicateurs, qui donnent des images parfois différentes.

Premièrement, il faut définir le champ sur lequel porte la mesure. On peut mesurer les inégalités soit des ménages, soit des individus. La mesure des inégalités par ménages consiste simplement à mesurer, pour chaque ménage, les revenus obtenus par tous les individus qui le composent, étant entendu que pour l'Insee une personne vivant seule constitue un ménage. Mesurer les inégalités pour les individus implique d'attribuer à chaque individu, pour le cas des ménages constitués de plusieurs individus, une part précise du revenu du ménage tout entier. L'Insee produit, à cette fin, un indicateur appelé de « niveau de vie » dont le principe est de diviser le revenu disponible du ménage par le « nombre d'unités de consommation » et d'attribuer le même niveau de vie à tous les membres du ménage. Le revenu pris en compte ici est le revenu dit "disponible", c'est-à-dire le revenu déclaré aux impôts moins les impôts directs (impôt sur le revenu, taxe d'habitation, CSG et CRDS)[2] auquel on ajoute les prestations sociales (allocations familiales, indemnités chômage, pensions de retraite, etc). Le premier adulte vaut 1 unité, le second adulte vaut 0,5, les enfants de 0 à 14 ans en valent 0,3 et entre 14 et 18 ans, 0,5. Exemple : un ménage a un revenu de 10 000 euros. Il est composé de 2 adultes et un enfant de 14 ans. Le niveau de vie de chaque individu sera de 10 000/(1+0,5+0,5) = 5 000 euros.

D'autre part, les statisticiens utilisent généralement les déciles comme mesure de la distribution des revenus. Dans le cas du revenu, les déciles sont les valeurs de revenu qui séparent la population française en 10 parties égales : en dessous du premier décile vivent les 10 % des ménages français les plus pauvres, en dessous du deuxième décile vivent les 20 % des ménages français les plus pauvres, etc. En 2007, le premier décile (D1) avait une valeur de 10 012 euros : 10 % des Français vivaient avec un niveau de vie inférieur. Ces Français avaient avec un niveau de vie moyen de 7 698 euros. Le 9e décile soit la valeur en dessous de laquelle vivent 90 % des Français, ou encore au-dessus de laquelle vivent 10 % des Français les plus riches, était de 33 896 euros. Ces Français avaient un niveau de vie moyen de 50 778 euros.

Pour mesurer les inégalités dans la distribution des revenus, on utilise le plus souvent le rapport interdécile qui est défini comme le rapport entre le 9e décile et le 1er décile (D9/D1). Le rapport interdécile est donc obtenu en divisant le seuil de revenu au-dessus duquel on appartient aux 10 % des Français les plus riches par le seuil de revenu en dessous duquel on appartient aux 10 % des Français les plus pauvres. En 2007, il est égal à 33 896/10 012 = 3,39. Le seuil minimal au-dessus duquel on appartient aux 10 % les plus riches est donc 3,39 fois plus élevé que le seuil maximum en dessous duquel on appartient aux 10 % des Français les plus pauvres. On peut également mesurer le rapport entre le niveau de vie moyen des 10 % les plus riches et celui des 10 % les plus pauvres. En 2007, il était égal à 50 778/7 698 = 6,6. Autrement dit, les 10 % des Français les plus riches avaient un niveau de vie, en moyenne, 6,6 fois plus élevé que les 10 % les plus pauvres. On voit, par cet exemple, que selon l'indicateur choisi les inégalités peuvent apparaître comme plus ou moins fortes.

Il existe d'autres indicateurs en particulier la courbe de Lorenz et le coefficient de Gini.

Mesure des inégalités de revenu[modifier | modifier le code]

Distribution en déciles[modifier | modifier le code]

Ce tableau présente le niveau de vie par an des individus en France métropolitaine, en 2007, réparti en déciles.

En 2007, le revenu moyen des ménages était de 29,696 euros par an.

Les 10 % les plus pauvres ont obtenu 7 698 euros par an en moyenne, soit 642 euros par mois. Les 10 % les plus riches ont perçu 50 778 euros par an en moyenne, soit 4 232 euros par mois. Autrement dit, les 10 % des Français ayant le plus fort revenu avaient un niveau de vie moyen 6,6 fois plus élevé que les 10 % des Français avec le revenu le plus faible. Le rapport interdécile, qui mesure le rapport entre le seuil à partir duquel on appartient aux 10 % les plus riches et celui en dessous duquel on fait partie des 10 % les plus pauvres, était de 3,39.

D'autre part, le revenu médian, c'est-à-dire le niveau de revenu au-dessus et en dessous duquel vit la moitié des Français (qui correspond au 5e décile), était de 18 165 euros par an, soit 1 514 euros par mois.

Tranches de niveau de vie Limites des tranches (déciles) en euros par an [3] Niveau de vie moyen dans la tranche en euros par an [4]
10 % des Français avaient moins de 10 012 (D1, premier décile) 7 698 (A)
10 % des Français avaient entre 10 012 et 12 403 (D2) 11 253
10 % des Français avaient entre 12 403 et 14 363 (D3) 13 391
10 % des Français avaient entre 14 363 et 16 201 (D4) 15 297
10 % des Français avaient entre 16 201 et 18 165 (D5) 17 132
10 % des Français avaient entre 18 165 et 20 316 (D6) 19 220
10 % des Français avaient entre 20 316 et 22 969 (D7) 21 565
10 % des Français avaient entre 22 969 et 26 624 (D8) 24 698
10 % des Français avaient entre 26 624 et 33 896 (D9) 29 768
10 % des Français avaient plus de 33 896 (D10) 50 778 (B)
Rapport D9/D1 et Rapport B/A 3,39 6,6

Comment lire ce tableau :

  • D'après l'Insee en 2007, 10 % des Français avait un niveau de vie inférieur à 10 012 euros durant l'année. Ces 10 % de Français avaient, en moyenne, un niveau de vie de 7 698 euros. 10 % des Français avaient un revenu compris entre 10 012 euros et 12 403 euros. Ces Français avaient un niveau de vie moyen de 11 253 euros. 10 % des Français avaient un revenu supérieur à 33 896 euros (supérieur au 9e décile). Ces Français avaient, en moyenne, un niveau de vie de 50 778 euros.
  • D'après l'Insee en 2007, les 10 % des Français les plus riches avaient, en moyenne, un niveau de vie 6,6 fois supérieur aux 10 % les Français les plus pauvres. Le plancher au-dessus duquel on appartenait aux 10 % les Français les plus riches (le neuvième décile, D9) était 3,39 fois supérieur à celui en dessous duquel on appartenait aux 10 % les Français les plus pauvres (le premier décile, D1).

Courbe de Lorenz[modifier | modifier le code]

Courbe de Lorenz pour la distribution des revenus en France (2007)

Une autre mesure possible de ces inégalités de revenu consiste à se demander combien du revenu total obtiennent les 10 % les plus pauvres, les 20 % les plus pauvres, etc. Cela revient à tracer une courbe de Lorenz.

Celle-ci fait apparaître que, en 2007, les 10 % des Français les moins riches obtenaient 3,7 % des revenus totaux en France. Les 50 % des Français les moins riches en obtenaient 30,7 % – autrement dit, les 50 % des Français les plus riches en percevaient 69,3 %. Enfin, les 10 % les plus riches obtenaient 24,1 % des revenus totaux, soit 7 fois plus que les 10 % les plus pauvres.

Composition des revenus[modifier | modifier le code]

Structure du revenu et pression fiscale des ménages, ordonnés en déciles, en 2004

La composition des revenus des ménages permet d'éclairer en partie l'origine de leurs inégalités. Le revenu disponible des ménages est égal aux revenus d'activité et/ou de reversion (retraite) plus les revenus du patrimoine plus les transferts sociaux moins les impôts (compris sur le graphique ci-contre de manière large, CSG et taxe d'habitation incluses). Les revenus d'activité se composent eux-mêmes des salaires, des allocations chômages (inclus dans ce graphique avec les salaires) et des revenus d'indépendant (artisans, professions libérales, etc.).

Salaires, revenus du patrimoine et revenus d'indépendant[modifier | modifier le code]

Les 10 % des ménages les plus pauvres (D1) sont également ceux pour qui les salaires occupent la place la plus faible dans leur revenu. Un grand nombre d'entre eux sont, en effet, chômeurs ou durablement inactifs. Au contraire, plus les ménages sont riches, plus les revenus salariaux occupent une place importante dans leur revenu. Le salaire a ainsi une place centrale comme source de revenu en France.

Toutefois, pour les 10 % des ménages les plus riches (D10), les salaires occupent une place plus faible. Cela tient à deux causes : premièrement, les revenus du patrimoine deviennent plus importants. D'autre part, les revenus liés à un statut d'indépendant (chef d'entreprise, professions libérales) occupent une part croissante. Autrement dit, parmi les ménages les plus riches, on trouve plus d'indépendants que chez les autres. D'autre part, leur patrimoine, en raison de son importance, génère une part importante (près de 10 %) de leurs revenus.

Ainsi, les ménages les plus pauvres sont souvent composés de chômeurs ou d'individus qui ont de très faibles revenus salariaux. C'est donc l'inactivité qui est la cause première de la pauvreté. Au contraire, les ménages les plus riches sont constitués d'individus percevant des salaires élevés, ou des revenus d'indépendant importants, auxquels s'ajoutent les revenus de leur patrimoine : ce sont soit des salariés à haute rémunération, soit des indépendants à haut revenu (professions libérales ou chef d'entreprise), qui possèdent un important patrimoine. Toutefois, même pour les 10 % les plus riches, les salaires demeurent la source la plus importante de revenu : en France aujourd'hui, la richesse reste avant tout le produit d'une activité productive, le plus souvent salariée. Ce n'est que parmi les très riches (1 % des ménages les plus fortunés) que les revenus du patrimoine et ceux d'indépendant dominent [5].

Évolution des inégalités de revenu[modifier | modifier le code]

Depuis 50 ans[modifier | modifier le code]

Évolution du rapport interdécile des revenus des ménages en France (1970-2007)

Les inégalités de revenu ont sensiblement diminué depuis la deuxième moitié des Trente Glorieuses. Ainsi, si l'on se réfère aux données de l'Insee, le rapport interdécile, c'est-à-dire le rapport entre le plancher au-dessus duquel on appartient aux 10 % des Français les plus riches et le plancher en dessous duquel on appartient aux 10 % des Français les plus pauvres est passé de 4,6 en 1970 à 3, 41 en 2006.

Les travaux de Thomas Piketty ont permis de montrer que, dans une perspective de longue période, la rupture la plus importante dans l'évolution des inégalités de revenu est intervenue pendant et après la Seconde Guerre mondiale. La part du revenu des 10 % des Français les plus riches dans le revenu total s'effondre à ce moment-là, passant de près de la moitié de l'ensemble des revenus à un tiers. Le début des Trente Glorieuses est marqué par une reconstitution partielle des inégalités, mais elles ne rejoignent pas leur niveau d'avant guerre, et redescendent ensuite pour stagner depuis. De la même façon, le rapport entre le seuil de revenu au-dessus duquel vivent les 10 % les plus riches et celui sous lequel vivent les 10 % les moins riches est passé de 9 après guerre à un peu plus de 3 aujourd'hui. Les inégalités de revenu, mesurées par le rapport interdécile, ont donc diminué par 3 depuis la seconde guerre mondiale.

Part du revenu des 10 % des Français les plus riches dans le revenu total (1919-2005) (données de Thomas Piketty jusqu'en 1998 et Camille Landais après)

Cette mutation importante est due pour l'essentiel à l'effondrement du patrimoine des plus riches parmi les plus riches : les 1 % des Français qui ont le revenu le plus élevé voient celui-ci passer de 20 % du revenu total en 1920 à 9 % puis 8 % après guerre [6]. Au contraire, les inégalités de salaire restent, dans l'ensemble, constantes sur la période et ne sont donc pas la cause de la réduction des inégalités de revenu.

L'effondrement des plus importants patrimoines résulte, pour l'essentiel, de l'imbrication chronologique de deux phénomènes [7]. Premièrement, les destructions de la guerre, l'hyper-inflation qui les a accompagnées, ont profondément porté atteinte à ces patrimoines. D'autre part, ces patrimoines ne purent pas se reconstituer en raison de la montée en puissance de l'impôt sur le revenu, dont les tranches marginales augmentent très fortement à partir de la guerre (atteignant les 70 %). Le renforcement de la progressivité de l'impôt, avec des taux très élevés dans les tranches supérieures, a interdit toute possibilité d'accumulation comme avant guerre, réduisant l'épargne disponible à cette fin pour les plus hauts revenus. Avec la guerre a ainsi disparu la société des rentiers qui a dominé le XIXe siècle. Les plus hauts revenus sont aujourd'hui perçus par des cadres, qui doivent leur richesse pour la plus grande part à leurs revenus d'activité, complétés par des revenus du patrimoine, au contraire des rentiers d'avant guerre, dont les revenus d'activité n'occupaient qu'une faible place dans leurs revenus totaux.

Depuis 1998[modifier | modifier le code]

Toutefois, cette évolution s'est interrompue depuis 1998. Le rapport interdécile (seuil des 10 % revenus supérieurs / seuil des 10 % revenus inférieurs) a légèrement augmenté [8]. Le rapport entre le revenu moyen des 10 % les plus riches et celui des 10 % les plus pauvres a lui aussi augmenté, passant de 5,58 en 2002 à 5,69 en 2005 [9].

Par ailleurs, l'Insee, à la suite de critiques portant sur la sous estimation des inégalités de revenu en raison de la faible prise en compte des revenus du patrimoine, qui occupent une place importante dans le revenu des plus riches, a partiellement intégré ceux-ci dans ses mesures des revenus en France à partir de 2005 [10]. Avec cette nouvelle série statistique, les inégalités de richesse apparaissent beaucoup plus fortes : les 10 % les plus riches ont ainsi perçu non pas 5,69 fois plus que les 10 % les plus pauvres en 2005 mais 6,62 fois plus. En 2006, ces inégalités augmentent, portant ce rapport à 6,75.

Cette augmentation des inégalités reste toujours probablement sous-estimée par l'Insee, qui fonde ses mesures sur les déciles dans la répartition des revenus. Or, dans la mesure où ce sont surtout les plus hauts des plus hauts revenus qui augmentent, l'analyse du revenu des 10 % les plus riches ne permet pas d'analyser finement de telles évolutions. Une étude récente s'efforce de pallier ce manque [11]. Selon cette étude, entre 1998 et 2006, le revenu moyen des 10 % les plus riches aurait augmenté de 8,7 %, celui des 1 % les plus riches de 19 %, celui des 0,1 % les plus riches de 32 % et celui des 0,01 % les plus riches de 42 %. Ainsi, plus l'on monte dans la hiérarchie des revenus, plus les revenus se sont accru. La France semble, avec retard et de manière moins marquée, prendre la même trajectoire que les États-Unis. Cette hausse des inégalités serait à la fois due à une hausse des inégalités de salaire, mais aussi à un accroissement très fort des inégalités de revenus du patrimoine, tirés par les dividendes et les plus values, notamment immobilières.

Par ailleurs, l'augmentation du taux de chômage, jointe à la dualisation du marché du travail (développement d'emplois à durée limitée, temps partiels, etc.) a conduit à un fort accroissement des inégalités de revenus salariaux : les inégalités face à l'emploi se sont fortement accru et ont nourri les inégalités de revenus tirés du travail parmi les personnes en âge de travailler. La croissance de ces inégalités a toutefois été compensée par un accroissement des transferts sociaux, sans laquelle l'évolution des inégalités de revenus aurait été la même que celle constatée dans les pays anglo-saxon [12].

Depuis 2007[modifier | modifier le code]

Les inégalités de niveau de vie évoluent peu en 2007. Les 10 % de personnes les plus pauvres avaient un niveau de vie de 10 010 euros annuels (+1,9 %). Les 10 % de personnes à plus haut revenus ont un niveau de vie de 33 900 euros (+1,3 %). Les inégalités ont « peu évolué pour 90 % de la population » entre 2005 et 2007, selon l'étude "Revenus et patrimoine des ménages" de l'Insee[13].

"Les 20 % des personnes les plus aisées détiennent 38,2 % de la masse des niveaux de vie, soit 4,2 fois celle détenue par les 20 % des personnes les plus modestes"; "ce rapport est stable depuis 2005".

Le niveau de vie des très riches évolue plus vite: "Entre 2004 et 2007 les inégalités se sont creusées entre les ménages très aisés et le reste de la population". En 2007, une personne se situe parmi les 1 % les plus riches au-dessus de 84 500 euros de revenu déclaré annuel par unité de consommation. Les revenus de ce 1 % « ont augmenté plus vite que ceux de l'ensemble de la population »[13].

Depuis 2007, le rapport du niveau de vie des 10 % les plus riches à celui des 10 % les plus pauvres a augmenté, atteignant désormais 3,5. Surtout le caractère inégalitaire de la société française est devenu une réalité incontestable : le rapport du Bureau International du travail (BIT) montre ainsi que la France, est de tous les pays dits développés, celui dont l'Indice de Gini, instrument de référence pour la mesure des inégalités, a le plus augmenté.

Redistribution et réduction des inégalités[modifier | modifier le code]

L'État, par sa politique sociale et sa fiscalité, limite l'ampleur des inégalités. En effet, plus les ménages sont pauvres, plus les revenus de transfert occupent une place importante dans leur revenu. Au contraire, plus ils sont riches, plus les ménages payent des impôts.

L'État prend près de 20 % du revenu des 10 % des ménages les plus riches (D10) sous la forme d'impôt, en ne leur donnant presque pas de prestation sociale. Au contraire, il donne, sous la forme de transferts sociaux, près de 40 % de leur revenu aux 10 % des ménages les plus pauvres (D1).

Comparaisons internationales[modifier | modifier le code]

Une vaste étude de l'OCDE parue en octobre 2008 montre que si la pauvreté et les inégalités ont globalement progressé dans le monde occidental (OCDE) depuis 20 ans, elles sont restées stables en France[14].

Les revenus annuels des 10 % de Français les plus pauvres s'élèvent en moyenne à 9 000 dollars (en parité de pouvoir d'achat entre des pays qui n'ont pas la même devise). Ce chiffre est supérieur de 25 % à la moyenne OCDE. Les 10 % de Français les plus riches gagnent 54 000 dollars par an en moyenne, équivalente à la moyenne observée dans l'OCDE. Depuis 1985, les inégalités entre les salaires bruts masculins à temps plein ont diminué de 10 % en France, alors qu'elles ont augmenté de 20 % en moyenne dans le reste de l'OCDE.

Sur la période 1985-2005, le taux de pauvreté (la proportion de personnes sous le seuil de pauvreté, la moitié du revenu médian dans un pays donné) a augmenté dans les deux tiers des pays de l'OCDE sauf la France, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, les États-Unis, la Grèce, le Mexique et le Portugal. Le nombre de personnes ayant connu des périodes de trois ans ou plus sous le seuil de pauvreté est également deux fois moins élevé en France que dans les autres pays de l'OCDE en moyenne.

Toutefois, durant les années 2000, la baisse du taux de pauvreté, constante depuis les années 1970 s’est interrompue. Depuis 2008, avec la crise économique, le taux de pauvreté a augmenté en France : 14,1 % des personnes ont un revenu inférieur à 60 % du revenu médian en 2010, contre 13 % en 2008. Le taux de pauvreté retrouve ainsi son niveau de la fin des années 1990[15].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Thomas Piketty, Les hauts revenus en France, Grasset, 2001.
  • Insee, Données sociales', édition 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.oecd.org/dataoecd/58/9/35867751.pdf
  2. http://www.inegalites.fr/spip.php?article1152&id_mot=30
  3. Source : Insee, Distribution des niveaux de vie
  4. Source : Insee, Niveau de vie moyen
  5. Camille Landais, « Les hauts revenus en France (1998-2006) : Une explosion des inégalités » ?, document de travail de l'Ecole d'Économie de Paris, juin 2007, p. 10.
  6. Thomas Piketty, Les hauts revenus en France au XXe siècle, Grasset, 2001, chapitre 2.
  7. Ibid.
  8. Insee Distribution des niveaux de vie
  9. Insee, Niveau de vie moyen par décile
  10. Sur cette critique, voir par exemple, Pierre Concialdi, « Pauvreté, bas salaires et minima sociaux : pour des réformes structurelles », L'économie politique, n°26, 2005. Sur les effets de l'intégration des revenus du patrimoine par l'Insee dans sa mesure des revenus, on peut consulter l'article de Louis Maurin paru sur le site de l'Observatoire des inégalités, « L’Insee révèle les "vrais" revenus », novembre 2007.
  11. Camille Landais, « Les hauts revenus en France (1998-2006) : Une explosion des inégalités » ?, op. cit., p. 11.
  12. Thomas Piketty, L'économie des inégalités, La Découverte, 2004, p. 22.
  13. a et b dessous-du-seuil-de-pauvrete_1327609_3234.html 13,4 % de la population française vit en dessous du seuil de pauvreté, Le Monde, 2 avril 2010
  14. La pauvreté et les inégalités reculent en France, le Figaro, 21 octobre 2008
  15. INSEE, Taux de pauvreté en France depuis 1970