Impact sur Jupiter de juillet 2009

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Image prise le 23 juillet 2009 par Hubble et montrant une tache sombre d'environ 8 000 km de long[1]' [2].

L'impact sur Jupiter de juillet 2009, ou l'impact Wesley, réfère à la trace d'un impact sur Jupiter découverte le 19 juillet 2009[note 1] par l'astronome amateur Anthony Wesley.

La trace est similaire en dimension à la petite tache rouge, soit l'étendue approximative de l'océan Pacifique[3].

Elle a été observée par le télescope spatial Hubble.

Par sa taille, on peut estimer que l'objet impacteur devait être large de quelques centaines de mètres.

Découverte[modifier | modifier le code]

Une photo de l'impact prise par un télescope infrarouge de la NASA et situé sur le Mauna Kea, Hawaï.

Anthony Wesley a découvert l'impact à approximativement 13:30 UTC le 19 juillet 2009. Il était à son observatoire astronomique personnel situé à proximité de Murrumbateman (en), Nouvelle-Galles du Sud, en Australie. Il a utilisé son télescope de 14,5 pouces de diamètre équipé d'une caméra[4].

Wesley affirma : « Lorsque je l'ai observé pour la première fois, les mauvaises conditions d'observation et l'assombrissement centre-bord m'ont fait penser à un sombre orage polaire normal. Cependant, avec la rotation de la planète et l'amélioration des conditions d'observation, j'ai réalisé que ce n'était pas seulement sombre, mais noir dans toutes les longueurs d'ondes qui m'étaient accessibles, signifiant que c'était réellement un point noir[note 2].' [5] ».

Wesley a envoyé un courriel à plusieurs observatoires, dont le Jet Propulsion Laboratory, pour annoncer la nouvelle[6].

Confirmation[modifier | modifier le code]

Télescopes Keck.

Paul Kalas et ses collaborateurs ont confirmé la nouvelle en utilisant le télescope Keck II à Hawaï[7]. Les observations en infrarouge faites au Keck et par le NASA Infrared Telescope Facility (IRTF) ont montré une zone brillante où l'impact a eu lieu, indiquant qu'il a réchauffé une surface d'environ 190 millions de km2 (comparable à celle de l'océan Pacifique) dans la basse atmosphère située près du pôle sud de la planète[3].

Les restants de l'impact sont composés d'aérosols de haute altitude similaires à ceux observés lors de l'impact de la comète Shoemaker-Levy 9[7]. Utilisant des instruments observant dans le proche infrarouge à l'IRTF, Glenn Orton et son équipe ont détectés des particules brillantes dans la haute atmosphère. En observant dans l'infrarouge moyen, ils ont trouvé de possibles émissions d'ammoniac[8].

Photo de l'impact par l'observatoire Keck II (20 juillet 2009).

L'énergie déployée par cette explosion sur Jupiter fut des milliers de fois plus puissante que celle de la Toungouska[2] et plus d'un million de fois celle d'Hiroshima[9]' [note 3].

Impacteur[modifier | modifier le code]

L'objet ayant frappé Jupiter n'a pas été identifié avant la découverte de Wesley. Une publication de 2003 estime qu'une comète d'un diamètre de 1,5 km et plus frappe Jupiter tous les 90 à 500 ans[10].

Selon une comparaison avec la taille (estimée) des impacteurs de la comète Shoemaker-Levy 9[11] et la taille des taches d'impacts produites, la taille de cet impacteur est estimée à moins de 1 km de diamètre[12]' [2].


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À approximativement 13:30 UTC, soit 15 ans après les impacts de la comète Shoemaker-Levy 9 sur la même planète.
  2. "When first seen close to the limb (and in poor conditions) it was only a vaguely dark spot, I [thought] likely to be just a normal dark polar storm. However as it rotated further into view, and the conditions improved I suddenly realised that it wasn't just dark, it was black in all channels, meaning it was truly a black spot."
  3. L'énergie dégagée par cet impact, a été globalement équivalente à l'énergie de masse d'une tonne. Ce qui était l'équivalent de masse de l'énergie cinétique de l'objet impacteur, dans le référentiel de Jupiter.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Dennis Overbye, « Hubble Takes Snapshot of Jupiter’s ‘Black Eye’ », New York Times,‎ 24 juillet 2009 (consulté le 25 juillet 2009)
  2. a, b et c (en) « Hubble Captures Rare Jupiter Collision », sur hubblesite.org,‎ 24 juillet 2009 (consulté le 24 juillet 2009)
  3. a et b (en) Robert Sanders, « Jupiter pummeled, leaving bruise the size of the Pacific Ocean », Université de Californie,‎ 21 juillet 2009 (consulté le 7 septembre 2009)
  4. (en) Robert Mackey, « Amateur Finds New Earth-Sized Blot on Jupiter », The New York Times,‎ 21 juillet 2009 (consulté le 21 juillet 2009)
  5. (en) Anthony Wesley, « Impact mark on Jupiter, 19th July 2009 », sur jupiter.samba.org (consulté le 21 juillet 2009)
  6. (en) Toni O'Loughlin, « Amateur astronomer spots Earth-size scar on Jupiter », The Guardian (consulté le 21 juillet 2009)
  7. a et b (en) « Jupiter adds a feature », Observatoire Keck,‎ 21 juillet 2009 (consulté le 7 septembre 2009)
  8. (en) Carolina Martinez, « New NASA Images Indicate Object Hits Jupiter », Jet Propulsion Laboratory,‎ 20 juillet 2009 (consulté le 21 juillet 2009)
  9. (en) Giuseppe Longo (Peter T. Bobrowsky et Hans Rickman), Comet/Asteroid Impacts and Human Society, An Interdisciplinary Approach, Berlin Heidelberg New York, Springer-Verlag,‎ 2007 (ISBN 3-540-32709-6, lire en ligne), chap. 18 (« The Tunguska event »), p. 303–330
  10. (en) Kevin Zahnle, Paul Schenk, Harold Levison et Luke Dones, « Cratering rates in the outer Solar System », Icarus, no 163,‎ 2003, p. 263-289 (lire en ligne [PDF]) :

    « 1.5-km-diameter comets is currently N(d > 1.5 km) = 0.005 +0.006 -0.003 per annum »

  11. (en) D. A. Crawford, « Comet Shoemaker-Levy 9 Fragment Size », Lunar and Planetary Institute (consulté le 22 juillet 2009)
  12. (en) « Surprise Collision on Jupiter Captured by Gemini Telescope », Observatoire Gemini (consulté le 24 juillet 2009)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]