Immortelle de Rubinstein

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L’Immortelle de Rubinstein est une partie d'échecs jouée le 26 décembre[1] 1907[2] (ou en 1908 selon certaines sources[3],[4]), entre Gersz Rotlewi et Akiba Rubinstein, lors du cinquième championnat de Russie disputé à Łódź en 1907–1908.

Partie commentée[modifier | modifier le code]

1. d4 d5 2. Cf3 e6 3. e3

Il s'agit du système Colle, moins violent que le gambit dame, qui se joue avec 3. c4[5].

3. ... c5 4. c4 Cc6 5. Cc3 Cf6 6. dxc5 Fxc5 7. a3 a6 8. b4 Fd6 9. Fb2 0-0 10. Dd2 ?!

La dame blanche est en danger sur cette colonne (quand elle s'ouvrira), et il aurait mieux valu jouer 10. cxd5, 10. Fe2, ou bien 10. Dc2[5].

10. ... De7 11. Fd3 dxc4 !

La colonne s'ouvre, et met ensuite en jeu rapidement son fou c8[5].

12. Fxc4 b5 13. Fd3 Td8 14. De2

Un premier constat s'impose : les Blancs ont perdu du temps dans l'ouverture, car ils doivent encore roquer, et c'est aux Noirs de jouer[5].

14. ... Fb7 15. 0-0 Ce5 16. Cxe5 Fxe5 17. f4 Fc7 18. e4 Tac8 19. e5 ? Cette erreur est lourde de conséquences, car elle ouvre la diagonale pour le fou noir.

19. ... Fb6+ 20. Rh1 Cg4 !!

Ce n'est pas un sacrifice car, s'il est capturé par la dame blanche, la tour noire pourra capturer le fou blanc d3, et les blancs se retrouveront envahis. Rotlewi refuse donc de prendre le cavalier[5].

21. Fe4 Dh4 22. g3 Txc3 !!

a b c d e f g h
8
Chessboard480.svg
Tour noire sur case noire d8
Roi noir sur case blanche g8
Fou noir sur case blanche b7
Pion noir sur case blanche f7
Pion noir sur case noire g7
Pion noir sur case blanche h7
Pion noir sur case blanche a6
Fou noir sur case noire b6
Pion noir sur case blanche e6
Pion noir sur case blanche b5
Pion blanc sur case noire e5
Pion blanc sur case noire b4
Fou blanc sur case blanche e4
Pion blanc sur case noire f4
Cavalier noir sur case blanche g4
Reine noire sur case noire h4
Pion blanc sur case noire a3
Tour noire sur case noire c3
Pion blanc sur case noire g3
Fou blanc sur case noire b2
Reine blanche sur case blanche e2
Pion blanc sur case noire h2
Tour blanche sur case noire a1
Tour blanche sur case blanche f1
Roi blanc sur case blanche h1
8
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
a b c d e f g h
Après 22...Txc3, le sacrifice de la dame noire
a b c d e f g h
8
Chessboard480.svg
Roi noir sur case blanche g8
Pion noir sur case blanche f7
Pion noir sur case noire g7
Pion noir sur case blanche h7
Pion noir sur case blanche a6
Fou noir sur case noire b6
Pion noir sur case blanche e6
Pion noir sur case blanche b5
Pion blanc sur case noire e5
Pion blanc sur case noire b4
Fou noir sur case blanche e4
Pion blanc sur case noire f4
Cavalier noir sur case blanche g4
Pion blanc sur case noire h4
Pion blanc sur case noire a3
Tour noire sur case blanche h3
Fou blanc sur case noire b2
Reine blanche sur case blanche g2
Pion blanc sur case noire h2
Tour blanche sur case noire a1
Tour blanche sur case blanche f1
Roi blanc sur case blanche h1
8
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
a b c d e f g h
Après 25...Th3, les blancs abandonnent

Au lieu de déplacer sa dame attaquée par le pion g3 ou son fou b7 menacé par le fou blanc en e4, Rubinstein préfère prendre le cavalier blanc en c3, lui aussi protégé[5].

23. gxh4

Les Blancs n'ont pas d'autre choix que d'accepter ce sacrifice de dame. Si le fou blanc prend la tour noire en c3, alors 23. ... Fxe4+ 24. Dxe4 Dxh2 mat. Si le fou b7 est capturé, il y a 23. ... Txg3, et les blancs sont vite perdus[5].

23. ... Td2 !! Les Noirs mettent toutes leurs pièces en prise.

24. Dxd2

Si 24. Fxb7 Txe2 25. Fg2 (sinon 25. ... Txh2 mat) Tcc2 ! et la deuxième ligne est détruite[5].

24. ... Fxe4+ 25. Dg2 Th3 !! Les blancs abandonnent.

La menace est Txh2 mat, et 26. Fd4 ou 26. Tf3 ne font que retarder l'échéance. Le mat est imparable. Cette attaque foudroyante en seulement cinq coups a pulvérisé les Blancs[5].

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Donnaldson et Minev, Akiba Rubinstein: Uncrowned King, 2e édition, 2006, p. 121.
  2. Reuben Fine, The World's Great Chess Games, Dover, 1976.
  3. Hans Kmoch, Rubinstein's chess masterpieces, 100 selected games, 1941, éd. Dover, 1960, p. 23.
  4. Max Euwe et John Nunn, The Development of Chess Style, Batsford, 1997.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h et i Aïssa Derrouaz, Le Jeu d'échecs, Les plus belles parties, des origines aux années folles - N°3, Éditions Atlas,‎ .