Ilia Machkov

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Ilia Machkov

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Ilia Machkov

Nom de naissance Илья́ Ива́нович Машко́в
Naissance 1881
Mikhailovskaya-sur-le-Don (oblast de Volgograd)
Décès 1944
Moscou, URSS
Nationalité russe, soviétique
Activités Peintre
Autres activités enseignement privé
Formation École de peinture, de sculpture et d'architecture de Moscou
Maîtres Valentin Serov, Constantin Korovine
Élèves Vera Rockline
Mouvement artistique Valet de Carreau, Mir Iskousstva.

Ilia Ivanovitch Machkov (en russe : Илья́ Ива́нович Машко́в) né le 29 juillet 1881 à Mikhailovskaya-sur-le-Don (près de Volgograd), actuellement Oblast de Rostov — mort, le 20 mars 1944, à Moscou est un peintre soviétique, russe. Il est, en 1910, un des fondateurs et membre actif par la suite, du groupe artistique moscovite du Valet de Carreau (1910-1913) (avec Robert Falk, Piotr Kontchalovski, Aristarkh Lentoulov).Machkov est aussi un des créateurs de l'association «Mir Iskousstva» à partir de 1916[1].


Biographie[modifier | modifier le code]

Machkov nait dans un village cosaque, dans une famille de paysans pauvres. De 1900 à 1910 il étudie а l'École de peinture, de sculpture et d'architecture de Moscou auprès de maîtres réputés tels que Valentin Serov, Constantin Korovine, Apollinaire Vasnetsov. Dès l'époque de ses études il se distingue par un tempérament excentrique, il aime l'outrance, l'excessif. En 1909 il accomplit un voyage en Europe occidentale, en Turquie et en Égypte.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Il aime par dessus tout la couleur, une couleur toujours chaude, ardente et s'intéresse en même temps au dessin et à la simplification des formes. Les contours des sujets sont épais, les motifs sont décoratifs. Il s'agit le plus souvent de natures mortes ou de portraits, tous sujets fort simples (des fruits, des pains) ; des recherches abstraites dans le domaine de la couleur et de la forme. Les expositions du Valet de carreau fournissent l'occasion de présenter les fruit des nouvelles expériences picturales. Les influences sont diverses : primitivisme, expressionisme, cubisme[2].


Il est proche des Fauves mais aussi des expressionnistes allemands qui participèrent à la seconde exposition du Valet de carreau en 1912 (Max Pechstein, Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel). Une même "violence" chez Machkov mais un choix de sujets moins provocateurs que chez les allemands, moins outrancier et un rythme plus coulant[3].


Le nu féminin qui n'avait pas de très forte tradition en Russie bénéficie de la libération générale due au mot d'ordre de l'avant-garde :« Liberté ». La société russe reste officiellement puritaine et Natalia Gontcharova se voit enlever deux " nus féminins " par la police lors d'une exposition en 1910. Mais il est difficile de parler pour l'art russe d'avant-garde, d'érotisme au sens occidental. Il n'y a, la plupart de temps, ni sous-entendu, ni malice. Avec Machkov la nudité se fait tout à fait " iconique "[4]. Le nudisme reçevra une justification idéologique de la part de révolutionnaires d'octobre qui déclarèrent que la nudité était la vraie forme démocratique du costume. Mais avant la révolution de 1917, en peinture Serov (avec son nu : " Rubinstein "), Larionov (avec des " Vénus "), Machkov apparaissent déjà comme des témoins de cette mode du nudisme, à cette époque, dans la société russe[5]. Il est possible également de rapprocher ces nus du culte nouveau de la gymnastique, de la musculation, des arts martiaux, du culte des corps, d'une nouvelle vision du corps. Les robustes paysans de Malevitch traduisent par exemple le désir de mettre en valeur une force prométhéenne[6]. Natalia Gontcharova participe au goût des artistes du Valet de carreau pour la boxe et la lutte avec sa toile : " Les lutteurs "[7]. Les lutteurs, les boxeurs, les haltérophiles sont des sujets de tableaux pour Machkov comme pour d'autres peintres de cette époque. Il avait des haltères dans son atelier de Moscou, au-dessus de la porte un écriteau proclamait: « Il n'y a de place dans mon atelier que pour le sain et le fort »[8]. Il ouvrit un atelier où il enseignait lui-même la peinture. Parmi ses élèves figurent: Vera Rockline (qui peignit souvent des nus), Pavel Sokolov Skalia[9], l'Ukrainien Alexis Gritchenko.


Machkov meurt le 20 mars 1944 dans sa datcha d'Abramtsevo. Il est inhumé à Moscou au Cimetière de Novodevitchi.

Musées[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Machkov sont exposées :

Les ventes signalées en 2011(1) et 2013(2) sont à 3,5 et 7.5 millions de dollars.

  • Натюрморт «Цветы» продан на «Sotheby's» за 3,5 млн долларов.−1
  • «Натюрморт c фруктами» продан на «Christies» за 7,25 млн долларов.−1

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Peter Leek: La peinture russe du XVIII au XXes. Parkstone press. Bournemouth 1999 (trad.J-P Orban) (ISBN 1-85995-356-5)
  • (fr) Jean-Claude Marcadé : L'avant-garde russe. Flammarion. Paris, 1995 et 2007. (ISBN 2-08-120786-9)
  • (fr) Camilla Gray: L'Avant-garde russe dans l'art moderne (traduit par Marian Burleigh -Motley) Éditeur : Thames et Hudson. Paris 2003 p. 123 p. 124 (ISBN 2-87811-218-0)
  • (fr) John. E. Bowlt, Moscou et Saint-Pétersbourg (1900-1920) édition française : Hazan, 2008 (ISBN 9 782754 103039)
  • (ru) Перельман, Виктор Николаевич|Перельман В. Н.(Perelman Victor): Илья Машков "Советский" художник 1957
  • (ru) Алленов, Михаил Михайлович|Алленов М. М.:"Илья Иванович Машков" Художник РСФСР 1973
  • (ru) Светляков К. А. Илья Машков:Илья Машков éd.: Арт-Родник 2007 (ISBN 978-5-9561-0266-4)


Liens[modifier | modifier le code]



Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il fut également membre de l'« Association des Artistes-peintres moscovites » (à partir de 1925), de 1924 à 1928 membre de l'« Association des artistes de la Russie révolutionnaire », nommé artiste émérite des arts de la RSFSR(1928). Plus tard de la « Société des artistes de Moscou » (19271929)
  2. Peter Leek: La peinture russe du XVIII au XXes. Parkstone press. Bournemouth 1999 (trad. J-P Orban)p. 136 ISBN 1-85995-356-5
  3. Camilla Gray : L'Avant-garde russe dans l'art moderne (traduit par Marian Burleigh-Motley) éditeur : Thames et Hudson. Paris 2003 p. 123-124 (ISBN 2-87811-218-0)
  4. Jean-Claude Marcadé : L'avant-garde russe. Flammarion.Paris 1995 et 2007 ISBN 2-08-120786-9p. 9-10
  5. John. E. Bowlt, Moscou et Saint-Pétersbourg (1900-1920) édition française : Hazan, 2008 p. 288
  6. John. E. Bowlt, op. cit. p. 292
  7. John. E. Bowlt, op. cit. p. 281
  8. John. E. Bowlt, op. cit. p. 279
  9. Большая Советская Энциклопедия. Гл. ред. А. М. Прохоров, 3-е изд. Т. 24. Книга I. Собаки — Струна. 1976. 608 стр., илл.; 35 л. илл. и карт. (статья Соколов-Скаля, Павел Петрович)