Il était une fois dans l'Ouest

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Il était une fois dans l'Ouest

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Titre original C'era una volta il West
Réalisation Sergio Leone
Scénario Sergio Leone
Sergio Donati
Dario Argento
Bernardo Bertolucci
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Italie Italie
Genre Western
Sortie 1968
Durée 180 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Il était une fois dans l'Ouest (C'era una volta il West) est un film de Sergio Leone sorti en 1968. Ce film est considéré comme l'un des chefs-d'œuvre du genre western spaghetti. Il a permis un renouveau du western. En 2009, le film est entré dans le National Film Registry pour conservation à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis. La musique du film créée par Ennio Morricone reste aujourd'hui célèbre.

Il était une fois dans l'Ouest est un film dont l'action se passe lors de la conquête de l'Ouest américain. Il évoque l'âpre rivalité des intérêts pour l’appropriation des terres que traverse la construction du chemin de fer et met en scène divers personnages représentatifs des westerns classiques pour mieux les détourner. Ainsi, le film se trouve être le pont au départ improbable entre western américain et western spaghetti.

Sergio Leone en fait une œuvre imposante et personnelle, ce qui serait la raison de son échec commercial aux États-Unis (où le film fut amputé de plusieurs scènes à sa sortie), contrairement à l'Europe qui lui a fait un triomphe. Certains spécialistes du cinéma ont également avancé que ce rejet du public américain était dû au refus de voir Henry Fonda dans un rôle de tueur d'enfant.

Claudia Cardinale hérite du rôle d'une jeune veuve au grand cœur, seul personnage féminin du film, Jason Robards celui de l'aventurier sans scrupule qui trouvera la rédemption. Henry Fonda joue une crapule embauchée par le patron du chemin de fer (Gabriele Ferzetti) pour hâter sa construction et Charles Bronson interprète un vengeur silencieux.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le film décrit deux conflits qui ont lieu autour de Flagstone, une ville fictive dans l'Ouest américain : une lutte autour de l'arrivée du chemin de fer et une vengeance contre un tueur froid.

Harmonica.

Un mystérieux joueur d'harmonica (Charles Bronson) arrive par le train. C'est la longue scène d'ouverture du film, où l'on voit trois tueurs vêtus de cache-poussière (« long dusty coats » dans la version originale, de longs manteaux poussiéreux) envoyés par Frank l'attendre à la gare sous la chaleur. La séquence se prolonge pendant l'arrivée du train filmée depuis très loin. Quand le train s'éloigne, le joueur d'harmonica et les tueurs se trouvent face à face. Le joueur d'harmonica les abat tous les trois, tout en étant blessé. Pendant toute la suite du film, il ne sera connu que sous le nom de l'Harmonica.

La trame principale du film a pour objet une lutte pour La source fraîche (Sweetwater en version originale), une propriété sur un terrain quasi-désertique près de Flagstone. Pendant longtemps, on se demande pourquoi le propriétaire Brett McBain (Frank Wolff) a fait construire ici une ferme pour s'y installer avec ses trois enfants. C'est beaucoup plus loin dans le film qu'on comprend que McBain a acheté ce terrain car il contient la seule source d'eau de la région. Il prévoyait que quand le chemin de fer arriverait, il devrait obligatoirement passer par cette propriété pour alimenter en eau ses locomotives à vapeur. McBain avait aussi acheté une grande quantité de matériaux de construction pour pouvoir construire une gare et des bâtiments tout autour.

Et effectivement la ligne de chemin de fer du magnat Morton (Gabriele Ferzetti) doit bien passer par Sweetwater. Morton envoie son âme damnée Frank (Henry Fonda) pour intimider McBain. Mais Frank et ses complices tuent McBain ainsi que ses trois enfants. Pour faire accuser du meurtre le Cheyenne (Jason Robards) et sa bande vêtue de cache-poussière, il en laisse un morceau sur les lieux de son forfait.

Jill (Claudia Cardinale), que McBain a épousée à La Nouvelle-Orléans, arrive à Flagstone par le train nouvellement créé. Évidemment, elle ne trouve personne à son arrivée et elle loue une carriole pour rejoindre son mari. Cela fait une séquence dans les collines de Monument Valley aux formes tellement reconnaissables. Arrivée à Sweetwater, elle découvre toute la famille massacrée et se retrouve héritière de la propriété. Elle décide tout de même de ne pas rentrer en ville et de rester à Sweetwater.

Dans une auberge sur le chemin de Sweetwater, l'Harmonica rencontre le Cheyenne et sa bande qu'il prend pour la bande de Frank à cause des cache-poussière qu'ils portent, avant que le Cheyenne ne démente que les tueurs aient été envoyés par lui. Les deux hommes entretiendront par la suite une forme de sympathie à distance à travers leur collaboration. Arrivé à Sweetwater, l'Harmonica abat deux hommes envoyés par Frank pour tuer Jill. Il explique au Cheyenne que Jill perdra ses droits sur Sweetwater si au minimum la gare n'est pas construite quand le train arrivera. Le Cheyenne met alors ses hommes au travail pour construire les bâtiments à partir des matériaux disponibles.

Frank s'oppose de plus en plus à Morton, ce qui est facilité par l'infirmité de ce dernier, atteint d'une tuberculose des os. Après avoir enlevé Jill et couché avec elle, il la force à lui vendre la propriété à vil prix lors d'enchères en intimidant les autres acheteurs. Mais l'Harmonica fait une offre très supérieure de cinq mille dollars basée sur l'argent de la prime pour la capture du Cheyenne qui était recherché. Après avoir repoussé une nouvelle tentative d'intimidation par Frank, l'Harmonica redonne la ferme à Jill. À ce stade, certains des hommes de Frank payés par Morton, qui veut reprendre le contrôle de la situation, essaient de tuer Frank. Mais l'Harmonica les en empêche pour garder ce privilège pour lui-même.

Frank se rend à Sweetwater pour affronter lui-même l'Harmonica. Les deux hommes vont s'affronter dans un duel. À ce moment, le motif de la vengeance de l'Harmonica est révélé dans un flashback : quand l'Harmonica était enfant, Frank a tué son frère aîné de façon cruelle : il l'a fait pendre à une corde attachée au sommet d'une arche (tournée à Texas Hollywood) debout sur les épaules du jeune garçon et a enfoncé un harmonica dans la bouche de celui-ci. L'Harmonica tire le premier et blesse mortellement Frank. Juste avant de mourir, Frank lui demande encore qui il est. Il lui enfonce alors l'harmonica dans la bouche.

Débarrassés de Frank, l'Harmonica et le Cheyenne vont dire au revoir à Jill, qui supervise la construction de la gare alors que les équipes de poseurs de rail se rapprochent de Sweetwater. Le Cheyenne s'effondre alors, révélant qu'il a été touché par Morton quand lui et ses hommes se battaient contre ceux de Frank. Le prochain train amenant des rails arrive et le film se termine alors que Jill va donner à boire aux ouvriers et que l'Harmonica s'éloigne en emportant le corps du Cheyenne sur son cheval.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Place dans la filmographie de Sergio Leone[modifier | modifier le code]

  • Le film reprend une partie de la trame et de la motivation d'un personnage de Et pour quelques dollars de plus : une histoire de vengeance, qui se dévoile au cours du film, grâce à des flash-back. Les flash-back sont liés à une musique, et la cause de la vengeance sera entièrement révélée lors du duel final. Mais, au lieu d'une vengeance découlant d'un lien frère-sœur, liée à la musique d'une montre, cette fois, la vengeance découle d'un lien frère-frère, et elle est liée à une musique d'harmonica.
  • Ce film, le premier volet de la trilogie Il était une fois..., permet à Leone de revisiter le mythe de l’Ouest américain et, au nom d’un plus grand souci de réalisme, de lui rendre une vérité altérée par les conventions du cinéma américain. Leone s’est toujours étonné, entre autres reproches qu’il adressait aux westerns classiques, qu’on ne montre pas, par exemple, la réalité de l’impact d’une balle qui faisait un trou énorme dans le corps de la victime. Ou encore, qu’on atténue la violence extrême de cette époque qui voyait pourtant un tueur exhiber les oreilles coupées de ses ennemis pour imposer le respect (voir William Quantrill). C’est cependant dans un cercle final, l’arène de la vie, que Leone réunit et enferme ses personnages essentiels et exprime le moment de vérité du film qui se conclut, de façon la plus classique, par le duel inhérent à tout western.
  • Les thèmes du film et c’est une constante chez Sergio Leone, sont par ailleurs magnifiés par une mise en scène savante et toujours spectaculaire illustrée d’un accompagnement musical expressif. On peut notamment évoquer le début du film, devenu mythique, avec les trois tueurs qui attendent le train et ses gros plans sur des regards, les craquements de doigts, la mouche tournant autour de Jack Elam, les gouttes d'eau tombant sur le chapeau ou encore la roue grinçante de l'éolienne. Si l'on excepte les quelques mots prononcés par le chef de gare dans la première minute du film (mais qui n'obtiennent pas de réponse), les premières paroles ne sont échangées que onze minutes après le début du film, ce qui en fait une des plus longues scènes de silence du cinéma. Cette séquence constitue aussi le plus long générique de l'histoire du cinéma.
  • Le film multiplie les savants cadrages et installe dans l’espace les personnages d’une façon souvent saisissante : fréquentes plongées ou contre-plongées, caméra placée sous un angle insolite allongeant, par exemple, les silhouettes ou remplissant l’écran d’yeux présentés en très gros plans. Les combats sont filmés en deux temps comme autant de ballets : d’abord, une lente montée de l’attente qui accroît la tension avant que l’exaspération des nerfs n’explose dans les coups de feu.
  • Ce film devenu culte qui insiste sur le passage entre deux époques et dont la tonalité de désenchantement se prolongera dans Il était une fois la révolution annonce, par le double thème du duo et de la désillusion Il était une fois en Amérique. Les trois films, sans être des suites, sont toutefois à voir dans l’ordre chronologique.

Personnages[modifier | modifier le code]

Le propos de Leone se veut prophétique. L’Amérique fondée sur la conquête et la survie se transforme ainsi en une Amérique fondée sur la Loi et l'égalité des droits. En effet, à l’époque de la réalisation du film, le Women Liberation connaissait son apogée aux États-Unis.

Le passage entre les deux époques est d’ailleurs parfaitement symbolisé par la construction du train qui relie non seulement deux espaces, l'Est et l'Ouest, mais aussi deux temps, celui des Pionniers du Far West qui s’efface peu à peu devant celui de la Civilisation moderne.

L’un des intérêts du scénario, écrit, entre autres, par Bernardo Bertolucci et Dario Argento, est d’en montrer les répercussions sur les personnages eux-mêmes qui n’ont d’autre choix que de disparaître ou de s’adapter. Trois d’entre eux ne s’intègrent pas et sont appelés à s’effacer. C’est d’abord Frank, hors-la-loi, chef de bande et rebelle à toute légalité, qui représente une époque révolue car, désormais, la Loi se généralise. Le bandit généreux, Cheyenne, dont le romantisme n’a plus sa place dans une société devenue mercantile, disparaît également. C’est enfin Harmonica dont le mode de vie fondé sur le sens de la justice et le goût pour la solitude ne peut s’accommoder d’un monde de plus en plus organisé et collectif. On songe, à son propos, au beau mouvement de caméra qui, par un travelling circulaire, donne à voir, en un plan de plus en plus général, le chantier du chemin de fer, puis les dizaines d’ouvriers au travail et le personnage d'Harmonica qui s’y fond comme s’il disparaissait en tant qu’individu, comme s’il s’agissait de la fin de l’individu.

Jill, interprétée par Claudia Cardinale, prête à tout pour survivre, est la seule à réussir ce passage entre l’ancien et le nouveau monde. La séquence finale, qui la montre donnant de l’eau aux ouvriers, signifie sans doute la fidélité à ses origines, car elle choisit les ouvriers exploités et humiliés comme elle en même temps que son adaptabilité, les ouvriers construisant l’avenir. C'est Bertolucci qui a proposé à Leone de centrer l'histoire du film sur un personnage féminin.

La balle magique de l'Harmonica : personnage réel ou fantastique ?[modifier | modifier le code]

Le personnage de l'Harmonica présente un intérêt particulier en raison des interrogations suscitées par sa rapide récupération de la blessure par balle que lui inflige l'un des hommes de main de Franck au début du film à Cattle Corner[1]. Ce personnage relèverait-il du fantastique ou du surnaturel ?

Les faits tout d'abord. Lors de la fusillade avec les trois hommes de Franck, l'Harmonica reçoit une balle à hauteur de la clavicule gauche. Le choc est si violent que l'Harmonica fait un demi-tour sur lui-même avant de s'effondrer. Peu après, dans l'auberge du désert, le Cheyenne regarde le trou dans la veste de l'Harmonica, qui ne paraît plus blessé. Lors de sa rencontre avec Cheyenne, l'Harmonica prononce ces mots devenus célèbres  : « J'ai vu trois de ces cache-poussière tout à l'heure, ils attendaient un train, il y avait trois hommes à l'intérieur des cache-poussière... À l'intérieur des hommes il y avait trois balles. » Or l'Harmonica bouge sans aucune difficulté son bras gauche, l'utilise sans problème lorsqu'il se bat contre Wobbles à la blanchisserie ou lorsqu'il rencontre Jill à la ferme Mc Bain, le lendemain. Pourtant la blessure est grave si l'on en juge par la scène (coupée ou non suivant la version) où on le voit se relever péniblement et placer son bras gauche dans l'écharpe qu'il fait en reboutonnant sa veste.

Cette « guérison » si rapide résulte soit d'une erreur flagrante dans le script, soit du fantastique. La méticulosité bien connue de Sergio Leone plaide pour la seconde hypothèse, ce qui a ouvert la voie à donner au personnage de l'Harmonica un pouvoir quasi surnaturel d’invincibilité propre aux justiciers divins[2]. Cette récupération physique est tellement rapide et brutale qu'elle paraît trop improbable et le problème qu'elle pose, au regard de la vraisemblance du scénario, est bien réel. S'il n'y a pas d'erreur alors l'Harmonica peut être considéré comme un personnage de justicier vengeur démiurge qui apparaît toujours au moment opportun pour conduire chacun des personnages sur la route de son propre destin [3]. Il existe une autre piste qui pourrait conduire à conforter la thèse de l'invraisemblance dans le script. À l'origine le film a été présenté dans deux versions différentes entre les États-Unis et l'Europe. La première version comportait la scène dans laquelle l'Harmonica se relève et place son bras en écharpe mais ne comportait pas la scène de l'auberge où il parle de cache-poussière vus « tout à l'heure », ce qui permet de penser qu'un certain temps, propice à la récupération, a pu s'écouler entre la première scène et les suivantes. La deuxième version (en France notamment) ne comportait pas la scène de l'écharpe autour du bras gauche, ce qui permet de penser que la blessure de l'Harmonica n'était pas trop grave et explique qu'il apparaisse en pleine possession de ses moyens dans la scène de l'auberge.

Aucune explication n'est totalement convaincante. L'Harmonica est bel est bien touché lors de la fusillade et s'effondre, il est incapable de bouger son bras gauche lorsqu'il se relève, le trou dans sa veste à hauteur de la clavicule ne laisse planer aucun doute sur le fait que la balle soit entrée dans son épaule et pourtant peu après il tient son revolver dans la main gauche (auberge) ou se bagarre avec Wobbles...

Il arrive qu'une invraisemblance de ce type échappe à tous lors du tournage et devienne criante au montage. Dans les années soixante, les DVD n'existaient pas et les films étaient visionnés généralement une fois, en salle, ce qui laissait peu de chance au spectateur de relever les incohérences mineures. En revanche le spectateur averti qui visionne la version longue contenant les deux scènes sera forcément surpris par l'évidence du problème qui se pose.

Cependant, il est à noter que sa blessure à la joue faite par Jill McBain près du puits la nuit est visible le lendemain matin et disparaît complètement les jours suivants, ce qui dénote une cicatrisation hors norme, et qui peut aussi éventuellement prouver son coté fantastique ou surnaturel.

En réalité l'explication la plus plausible vient d'une traduction approximative de la phrase de l'Harmonica lors de sa rencontre avec Cheyenne. En anglais, l'Harmonica dit : « I saw three of these dusters a short time ago… », ce qui se traduit par « il y a peu de temps » ou encore « il y n'a pas si longtemps » et non « tout à l'heure », si bien que la guérison miraculeuse d'une blessure par balle en quelques heures n'a plus lieu d'être : dans la version anglaise, il est cohérent de penser que la scène d'ouverture se produit en réalité bien plus longtemps auparavant et que l'Harmonica a entre temps récupéré, « il y a peu de temps » pouvant vraisemblablement se rapporter à des événements vieux de quelques semaines.

Acteurs[modifier | modifier le code]

  • Pour le rôle de Frank, Leone tenait absolument à Henry Fonda, en contre-emploi des rôles de braves types honnêtes, nobles et positifs qui firent sa renommée : il joue ici un tueur ignoble n'hésitant pas à massacrer des innocents et des enfants et crachant à tout bout de champ. Eli Wallach, qui interprétait Tuco dans Le Bon, la Brute et le Truand, persuada Fonda d'accepter le rôle. Ce dernier se fit projeter tous les films de Leone, qu'il ne connaissait pas, avant de prendre sa décision. Au tout début du tournage, Leone, voyant Fonda avec des lentilles de couleur marron et une moustache, voulut immédiatement le remplacer. Mais après avoir été maquillé et habillé, celui-ci convainquit le réalisateur sans avoir dit un seul mot. Sa performance est remarquable, car né en 1905, il avait 63 ans lors du tournage du film, dans lequel il semble beaucoup plus jeune, surtout dans le flash-back final qui révèle le motif de la vengeance d'Harmonica.
  • Le frère d'Harmonica est joué par Claudio Mancini, directeur de production du film.
  • L'actrice qui joue la femme indienne s'enfuyant de la gare en séquence d'ouverture est en réalité d'origine hawaïenne. Il s'agit de la femme de Woody Strode.
  • Le premier jour, Jason Robards jouant le Cheyenne, arriva complètement ivre. Sergio Leone menaça de l'exclure du tournage s'il recommençait. Par la suite, il ne causa pas de problèmes, sauf le jour de l'annonce de l'assassinat de Robert « Bobby » Kennedy (le frère cadet de JFK). Il obligea alors Leone à arrêter le tournage pour le reste de la journée.
  • Ce même Al Mulock se suicida pendant le tournage en sautant par la fenêtre de la chambre de son hôtel à Guadix, en Espagne, vêtu du même costume qu'il portait dans le film. Un des scénaristes, Mickey Knox, et le directeur de production, Claudio Mancini, qui étaient assis dans une chambre de l'hôtel, le virent passer de leur fenêtre. Selon Mickey Knox, la première réaction de Sergio Leone a été d'exiger de récupérer le costume de scène[4].

Tournage[modifier | modifier le code]

  • Le tournage s'est déroulé d'avril à juillet 1968.
  • Les scènes d'intérieur de l'établissement de Lionel Stander, situé dans Monument Valley, ont été filmées à Rome aux studios Cinecitta. Lorsque les hommes de Cheyenne y pénètrent, on aperçoit un nuage de poussière rouge. Celle-ci a été apportée de Monument Valley afin de donner plus de réalisme à la scène.
  • La demeure des McBain est le reste du décor d'un village médiéval construit pour le film Falstaff d'Orson Welles en 1965 dans la région d'Almérie. Leone l'a racheté puis restauré.

Bande son[modifier | modifier le code]

  • La musique du film a été composée et dirigée par Ennio Morricone, complice de Sergio Leone. Selon certaines interviews du compositeur, Leone lui aurait fait refaire le travail vingt fois avant de se déclarer satisfait. La musique était jouée sur le plateau durant le tournage afin de mieux imprégner les acteurs. La bande originale resta très longtemps en tête des hit-parades.
  • Chacun des quatre thèmes principaux est joué à l'apparition d'un personnage du film. L'harmonica désaccordé pour Charles Bronson, une séquence grinçante à base de cordes puis s'élargissant à tout un orchestre pour Frank, une phrase très séquencée pour Cheyenne. Pour Jill, une séquence de ragtime ou une autre romantique avec des voix angéliques[5].
  • L’accompagnement musical, lui aussi très célèbre de Morricone, accentue les effets, de sorte que la théâtralisation de l’image et la musique très expressive font penser à un grand opéra baroque. La musique et l'image procèdent en effet l’une de l’autre, se nourrissent l’une de l’autre. Il suffit d’évoquer la terrible séquence des deux frères, l’aîné juché sur les épaules de son cadet jouant de l’harmonica, dont toute la force provient précisément de cette alliance intime entre ce qui est montré au travers d’une image saisissante et ce qui est entendu dans une partition musicale allant crescendo.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Anachronisme : lors de la préparation de la fête du mariage, la fille de McBain chante quelques lignes de Danny Boy, une chanson écrite en 1910.
  • À l'arrivée de Jill, le cadran de l'horloge de la gare est montré à deux reprises : visiblement dans un plan il est neuf, dans un autre il est abîmé.
  • Lorsque l'Harmonica rencontre Jill dans le ranch McBain, il a une estafilade à la pommette gauche. Le lendemain lorsqu'il va à la rencontre de Franck, sa pommette est intacte.
  • Dans la scène de la pendaison, Franck met un harmonica écrasé sur la tranche dans la bouche de l'Harmonica. Dans les plans suivants le même harmonica est intact, pour apparaître de nouveau écrasé (par les dents qui le serrent) au moment où l'Harmonica tombe à terre.
  • Les Américains n'ont vraiment pas aimé le film, pourtant classé au vingtième rang des meilleurs films de tous les temps selon IMDB : aucun prix important, même pas une nomination aux Oscars, y compris pour la musique. Cela peut s'expliquer par le fait que le film fut amputé de plusieurs scènes lors de son exportation aux États-Unis, notamment celle de l'auberge et celle de la mort du Cheyenne.

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Distinction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est le nom de la gare où descend l'Harmonica.
  2. Christopher Frayling, Sergio Leone : Something To Do With Death, p. 274.
  3. Christopher Frayling, Sergio Leone : Something To Do With Death, p. 198.
  4. : « Claudio Mancini put him in his car, and drove him to the hospital. But, before that Sergio Leone said to Mancini 'get the costume, we need the costume'. »
  5. Commentaire audio du DVD.

Liens externes[modifier | modifier le code]