Ilê Aiyê

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Ilê Aiyê au Pelourinho, pour fêter le choix de Salvador pour la Coupe du monde de football de 2014.

Ilê Aiyê, parfois orthographié « Ile Aye » en France, est un groupe de musique brésilien, né dans le quartier noir (issu de la colonisation africaine) de Salvador de Bahia en 1974[1]. Il est considéré comme le type même du bloco de la culture afro-brésilienne[2], et celui qui met le plus en avant la composante « afro » de cette culture[3].

Présentation[modifier | modifier le code]

Membres du bloco Ilê Aiyê lors d'un carnaval.

Naissance et développement[modifier | modifier le code]

Né en 1974, Ilê Aiyê est le fruit de la volonté de Antônio Carlos, alias « Vovô », et Apolônio de Jesus, de faire émerger, dans la fierté de leurs origines[4], une conscience des noirs de cette région du Brésil[5]. Le nom du groupe, Ilê Aiyê, signifie en yoruba « maison de la vie »[6].

Le groupe a été formé au départ par de jeunes travailleurs d'un quartier industriel pauvre et très peuplé de Salvador de Bahia, Curuzu/Liberdade. Il est marqué dans ses origines par le candomblé, puisqu'il est né sous les auspices de la mère de son président Antônio Carlos, la « mãe de santo » d'un terreiro de candomblé très connu de Salvador[7].

Sous l'impulsion de son président, Antônio Carlos, le groupe s'est développé considérablement depuis sa création et comptait quelques 3 000 membres en 2007, liés entre eux par une forte fidélité au groupe souvent renforcée par des liens de parenté. Il se caractérise également par une forte présence féminine[7].

Activité[modifier | modifier le code]

Ilê Aiyê défile tous les ans au carnaval de Bahia, et a influencé de nombreux groupes au Brésil et ailleurs dans le monde, notamment en Europe. N'acceptant ni blancs ni métis dans le bloco, mais seulement des noirs, le groupe musical (voix et percussions) refuse toute évolution vers la musique pop, s'en tenant à la seule forme musicale qu'ils veulent représenter, les lents et majestueux rythmes ijexa, sorte de samba sur fond de candomble[3].

Le groupe s'est produit en 2010 en tête d'affiche de la Machine du Moulin rouge[2]. Il s'était déjà produit en France, place de la Bastille, le 13 juillet 2005, lors d'une soirée en l'honneur des « légendes de la musique brésilienne » à l'initiative du ministre musicien Gilberto Gil[8].

Outre les activités musicales, le groupe a également une importante activité sociale : en 1987 a été créé l'association Ilê Aiyê, qui alphabétise une centaine d'enfants pauvres du quartier. Cette école donne également une formation musicale et culturelle centrée sur le candomble, considéré non comme religion, mais comme composante culturelle essentielle[7].

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 1984 - Canto Negro
  • 1989 - Canto Negro II
  • 1996 - Canto Negro III
  • 1998 - Canto Negro IV
  • 1999 - 25 Anos

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche de Ilê Aiyê, sur allmusic.com. Consulté le 16 janvier 2013.
  2. a et b Ilê Aiyê (Brésil), sur lamachinedumoulinrouge.com. Consulté le 16 janvier 2013.
  3. a et b Ben Ratliff, Hewing to Both Musical and Racial Roots in Brazil, sur The New York Times. Consulté le 16 janvier 2013.
  4. « Négritude » fière contre domination blanche, sur rue89.com. Consulté le 16 janvier 2013.
  5. (pt) Salvador tem escola e bloco só para negros sur folha.uol.com. Consulté le 16 janvier 2013.
  6. Ilê Aiyê means house of life in Yoruba, sur brazzil.com. Consulté le 16 janvier 2013.
  7. a, b et c « Ilê Aiyê, le précurseur des blocs afros », dans Malonga et Kadima-Nduji 2007
  8. Le Brésil à l'honneur à Bastille, sur Le Nouvel Observateur. Consulté le 16 janvier 2013.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]