Ihor Kolomoïsky

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Ihor Valeriovitch Kolomoïsky

Description de cette image, également commentée ci-après

Ihor Kolomoïsky en séance publique

Alias
Benya (Беня), Bonifatsiy
Naissance (52 ans)
Dnipropetrovsk (République socialiste soviétique d'Ukraine, Drapeau de l'URSS Union soviétique)[1]
Nationalité Drapeau d'Ukraine Ukrainien
Drapeau d'Israël Israélien
Drapeau de Chypre Chypriote[2]
Pays de résidence Drapeau de Suisse Suisse[2]
Profession
Homme d'affaires
Autres activités
Président du Parlement juif européen (en)[3]
Gouverneur de l'oblast de Dnipropetrovsk (mars 2014-mars 2015)[4],[5],[6],[7]
Famille
marié, deux enfants

Ihor Valeriovitch Kolomoïsky — en ukrainien : Ігор Валерійович Коломойський, en russe : Игорь Валерьевич Коломойский, Igor Kolomoïski[8] —, né le , est un homme d'affaires oligarque israélo-chyprio[2]-ukrainien[9] né au sein d'une famille juive ukrainienne. Igor Kolomoïsky est le principal actionnaire du Privat Group (en) et le président de facto du FC Dnipro Dnipropetrovsk[10].

Parmi les multimilliardaires, M. Kolomoïsky prend le 2e ou le 3e rang en Ukraine, après Rinat Akhmetov et Viktor Pintchouk, depuis 2006[11],[12] et la 613e position dans le classement mondial selon le magazine Forbes[13]. Selon Forbes, son patrimoine s'élève à 2,4 milliards de dollars, alors que le Korrespondent l'évalue à 6,2 M $[14].

Occupant un rôle influent dans la politique ukrainienne, il finance notamment des bataillons ukrainiens et est aussi accusé d'armer des groupes illégaux. Il a occupé le poste de gouverneur de l'oblast de Dnipropetrovsk de mars 2014 à mars 2015.

Nom[modifier | modifier le code]

La transcription du nom de M. Kolomoïsky s'écrit aussi Igor, Ihor, Kolomoyskyi, Kolomoysky, Kolomoisky, Kolomoiskiy, Kolomoyskiy.

M. Kolomoïsky est souvent surnommé Benya (Беня), diminutif juif russe populaire au début du XXe siècle, et Bonifatsiy, d'après un personnage du dessin animé soviétique populaire (ru) auquel M. Kolomoïsky ressemble, notamment par sa coupe de cheveux[15].

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1985 Igor Kolomoïsky est diplômé de l'Institut universitaire de métallurgie de Dnipropetrovsk (en)[1].

Kolomoïsky est co-fondateur de la PrivatBank, ainsi que du Privat Group (en). Il en est président du directoire en 1997[1],[10]. Il compte parmi ses autres activités : ferroalliage, finance, exploitation pétrolière, médias de masse[16] industries métallurgiques et pétrolières (également en Russie et en Roumanie)[17].

Biens et participations[modifier | modifier le code]

Au travers de la PrivatBank il contrôle Aerosvit Airlines, Dniproavia et Donbassaero[18]. Le contrôle de la compagnie Mansvell Enterprises Limited lui permet celui des compagnies aériennes Skyways Express, City Airline (en) et Cimber Sterling[19].

Kolomoïsky est un milliardaire classé en 2007 par Forbes à la 799e position des plus riches du monde, avec 3,8 milliards de dollars[20], en 2010 le Kyiv Post estimait sa fortune à 6,243 milliards USD[21]. En mars 2012 Forbes le plaçait en 377e position avec 3 milliards de dollars[11]. En 2010 le Kyiv Post plaçait Kolomoïsky au second rang en Ukraine[21] ; en 2012 Forbes l'évaluait au troisième rang en Ukraine[11]. Dans ces listes la fortune de Kolomoïsky n'a jamais été surpassée que par celles de Rinat Akhmetov et/ou de Viktor Pintchouk[11],[12].

M. Kolomoïsky bénéficie d'un forfait fiscal à Genève depuis octobre 2010[2].

Kolomoïsky et la politique ukrainienne[modifier | modifier le code]

Ihor Kolomoïsky en janvier 2015.

Les commentateurs de la vie politique ukrainienne listaient Kolomoïsky parmi les alliés de la personnalité politique ukrainienne Ioulia Tymochenko et son Bloc Ioulia Tymochenko[1]. Cependant selon RIA Novosti, en janvier 2010, les relations entre Kolomoïsky et Tymochenko « se sont détériorées il y a quelque temps, sans doute à cause de son refus de financer la campagne électorale de Tymochenko » en 2010[22]. L'hebdomadaire croate Nacional publiait en septembre 2007 l'information selon laquelle Kolomoïsky était devenu un allié du président d'alors en Ukraine, Viktor Iouchtchenko, et avait financé le parti de celui-ci : Notre Ukraine[17]. Kolomoïsky est également connu pour ses liens d'amitiés avec les dirigeants du parti néo-nazi Secteur droit (Pravy Sektor). Il est au cœur de plusieurs scandales pour avoir offert des récompenses de 10 000 dollars à qui réussirait à capturer un « petit homme vert » pro-russe. Accusé de russophobie, il offre un million de dollars à celui qui assassinera Oleg Tsarev, ancien député pro-russe et nouveau président du Parlement de l'Union des républiques populaires autoproclamées indépendantes de l'Ukraine[23].

Depuis 2010 circulaient des rumeurs que les intérêts de Kolomoïsky étaient sous la pression des autorités gouvernementales[21].

Lors des élections législatives ukrainiennes de 2012 Kolomoïsky était perçu comme l'un des principaux soutiens de l'UDAR[24], ce qui était démenti par ce parti[25].

En 2014 M. Kolomoïsky a reporté son soutien du gouvernement vers celui du mouvement contestataire de 2013-2014 en Ukraine[26].

Après avoir démis Dmytro Kolesnikov de la charge, Oleksandr Tourtchynov — président de la rada suprême, Président ukrainien par intérim — a nommé le 2 mars 2014 Ihor Kolomoïsky gouverneur de l'oblast de Dnipropetrovsk[4],[5],[6],[7].

Igor Kolomoïsky finance plusieurs bataillons spéciaux se battant contre les séparatistes de Donbass, dont le fameux bataillon Azov qui a repris la ville portuaire de Marioupol, le 13 juin 2014[8], ainsi que les bataillons Aidar, Donbass, Dnepr 1, Dnepr 2[27]. Il fait l'objet de poursuites par le Comité d'enquête russe pour « organisation de meurtres, de recours à des moyens et méthodes de guerre illégaux »etc. Un mandat d'arrêt international a été demandé par la Russie, mais celui-ci a été refusé par Interpol[28],[29].

En mars 2015, M. Kolomoïsky entre directement en conflit avec les autorités centrales d'Ukraine. Le chef des services secrets ukrainiens (SBU) accuse d'abord les autorités locales de Dnipropetrovsk d'être impliquées dans des activités criminelles[30], Kolomoїsky étant notamment soupçonné d'avoir envoyé des hommes armés au siège de l'entreprise publique Ukrtransnafta, alors que l'un de ses proches venait d'être démis de ses fonctions de président du conseil d'administration de la société[29]. Des rumeurs font ensuite état d'affrontements armés imminents entre la garde nationale ukrainienne et des groupes paramilitaires financés par Kolomoïsky. Finalement, le 24 mars, il présente sa démission de son poste de gouverneur au président Petro Porochenko, qui l'accepte immédiatement. De nombreux médias pointent alors les conflits entre Kolomoïsky et le chef de l’État, indiquant que ce dernier l'aurait poussé à la démission[31],[32].

Œuvres et philanthropie[modifier | modifier le code]

Après avoir été évincé en de la présidence du Conseil européen des communautés juives[33],[34] à laquelle il semblait avoir été élu en octobre 2010[35],[36], Conseil adhérant au Congrès juif européen (en), Ihor Kolomoïsky fonde et préside pour cinq ans dès novembre 2011 le Parlement juif européen (en)[3],[37],[38].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Marié, il a deux enfants[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Igor Kolomoysky Renaissance Capital (en) (Archive)
  2. a, b, c et d Roland Rossier, « L’oligarque « genevois » qui défie Poutine », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne)
  3. a et b toby axelrod, « European Jewish Parliament off to a semi-comedic start », JWeekly,‎ (lire en ligne)
  4. a et b (en) Interfax-Ukraine, « Kolomoisky appointed head of Dnipropetrovsk Oblast Administration », Kyiv Post,‎ (lire en ligne)
  5. a et b (ru) [vidéo] Олігархи Коломойський і Тарута стали губернаторами le 2 mars 2014 par TeleCanal Novin sur YouTube
  6. a et b (ru) (rédaction), « Губернаторами Донецкой и Днепропетровской областей стали украинские олигархи », sur newsru.com,‎ (consulté le 2 mars 2014)
  7. a et b (en) Andrew E. Kramer, « Ukraine Turns to Its Oligarchs for Political Help », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  8. a et b Piotr Smolar, Le Monde, 17 juin 2014, p. 5
  9. M. Kolomoïsky bénéficie de la double nationalité israélienne et ukrainienne en dépit du fait que la double nationalité n'est pas reconnue en Ukraine.(uk) З життя українських олігархів – вілла Коломойського на Женевському озері, Ukrayinska Pravda, 10 mars 2009
  10. a et b (en) « Three's a crowd for Dynamo and Shakhtar », sur guardian.co.uk,‎
  11. a, b, c et d (en) « Eight Ukrainians make Forbes magazine's list of world billionaires » Kyiv Post, 8 mars 2012
  12. a et b (en) Mark Rachkevych « Rich Man In A Poor Country » Kyiv Post, 17 décembre 2010
  13. (en) Ihor Kolomoyskyy, Forbes list of billionaires, disponible sur Forbes.com, mars 2013
  14. (ru) Игорь Коломойский sur korrespondent.net, en 2011
  15. (ru) « Спасение Бонифация! » (consulté le 27 février 2014)
  16. a et b Ihor Kolomoysky, Kyiv Post, 8 juin 2008
  17. a et b Mislav Šimatović, « 100 richest Eastern Europeans », Nacional,‎ (consulté le 25 juillet 2012)
  18. (en) « Three Ukrainian carriers seek tie-up approval » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 12 février 2010, sur Flightglobal, consulté le 22 juillet 2011
  19. (en) Metet Fraende, « Cimber Sterling gets 165 mln DKK lifeline », Reuters,‎ (lire en ligne)
  20. (en) « ForUm »,‎
  21. a, b et c (en) « #2 Richest: Ihor Kolomoisky, 47 » Kyiv Post, 7 décembre 2010.
  22. (en) « Yanukovych versus Tymoshenko » RIA Novosti 20 janvier 2010
  23. Louis Imbert, « Les subtils équilibres d’Igor Kolomoïski, nouvel homme fort du Sud-Est ukrainien », sur www.lemonde.fr,‎
  24. (en) « After the parliamentary elections in Ukraine: a tough victory for the Party of Regions » Centre for Eastern Studies, 7 novembre 2012.
  25. (en) « Klitschko: UDAR's election campaign to cost Hr 90 million » Kyiv Post, 15 septembre 2012.
  26. (en) « Quiet Oligarchs: Rich Powers Behind the Fighting in Ukraine », sur www.nbcnews.com/business/economy,‎ (consulté le 1 mars 2014)
  27. (en) Damien Sharkov, « Ukrainian Nationalist Volunteers Committing 'ISIS-Style' War Crimes », Newsweek,‎ (lire en ligne)
  28. « Ukraine : le ministre Avakov dans le collimateur du Comité d'enquête russe », RIA Novosti,‎
  29. a et b « Ukraine: l'oligarque Kolomoїski démissionne de son poste de gouverneur » sur Sputnik, le 25 mars 2015
  30. (en) SBU chief says Dnipropetrovsk regional officials are involved in criminal activities sur Interfax Ukraine, le 23 mars 2015.
  31. « Ukraine: Porochenko licencie un gouverneur », sur Le Figaro, le 25 mars 2015
  32. Le Monde.fr avec AFP et Reuters, « Limogeages en série pour soupçons de corruption en Ukraine », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  33. (en) « European Council of Jewish Communities Goes Back to Its Roots and Re-Launches as Democratic, Pluralistic, Non-Political Association », sur www.ecjc.org,‎ (consulté le 28 février 2014)
  34. Serge Golan, « Le judaïsme européen en ordre dispersé », Hamodia,‎ (lire en ligne)
  35. (en) Tzvi Ben Gedalyahu, « Billionaire Ukrainian to Head European Jewish Group : The two largest European Jewish groups now are headed by billionaires following the election of a Ukrainian bank tycoon », Arutz Sheva 7, www.israelnationalnews.com,‎ (lire en ligne)
  36. (en) Ben Hartman, « European Jews name new president », The Jerusalem Post,‎ (lire en ligne)
  37. (rédaction), « Élections du premier parlement juif européen : la participation dépasse nettement les prévisions, selon les organisateurs », European Jewish Press, ejpress.org,‎ (lire en ligne)
  38. Roger Cukierman, « Tribune : Le pseudo parlement juif européen », Judaïque FM 94.8, www.crif.org,‎ (lire en ligne)