Ignace de Constantinople

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Ignace de Constantinople, mosaïque à Sainte-Sophie.

Ignace de Constantinople, né dans les dernières années du VIIIe siècle, nommé à l'origine Nicétas, fils de l'empereur Michel Rhangabé et petit-fils par sa mère de Nicéphore Ier, fut patriarche de Constantinople du au , puis du à sa mort le .

Au moment de la déposition de son père, en juillet 813, il fut châtré et enfermé dans un monastère, où il reçut le nom d'Ignace. Il devint ensuite un moine très rigoriste et fonda trois monastères dans les îles des Princes où il avait été relégué. Il ne semble pas, d'ailleurs, si on lit sa Vie, écrite par Nicétas de Paphlagonie, qu'il se soit spécialement opposé à l'iconoclasme. En 847, l'impératrice Théodora le choisit pour succéder au patriarche Méthode : il était soutenu par les moines du monastère de Stoudios, tenants d'une ligne très rigoriste, et suscita rapidement les résistances des éléments plus modérés de l'Église. Ce conflit se cristallisa autour de la déposition de l'archevêque de Syracuse, Grégoire Asbestas ; celui-ci fit appel au pape Léon IV, ce qui causa par ailleurs de nouvelles frictions entre le patriarcat de Constantinople et la papauté, les deux revendiquant la juridiction de la Sicile.

Quand l'impératrice Théodora fut écartée du pouvoir, puis enfermée dans un monastère (856-857), Ignace entra rapidement en conflit avec le nouveau maître du palais, le césar Bardas : il refusa de tonsurer Théodora contre son gré, puis reprocha à Bardas de loger chez lui Eudocie Ingérina, maîtresse du jeune empereur Michel III, enfin refusa de lui donner la communion quand il quitta son épouse pour entretenir une liaison avec la veuve de son fils. Ignace est exilé en 857 dans l'île de Térébinthe ; Michel III lui extorque sa démission le 23 novembre 858. La désignation du laïc Photios comme patriarche de Constantinople déclenche un schisme dans le clergé grec. Ignace dut comparaître devant un synode en juin 861 et fut condamné et dégradé.

Le 23 novembre 867, Basile, après avoir assassiné Bardas, puis Michel III, et s'être proclamé empereur, rétablit Ignace au patriarcat de Constantinople, où il présida en 869 un concile (reconnu comme huitième concile œcuménique par l'Église romaine, mais non reconnu par l'Église grecque), qui condamna Photios comme hérétique et déposa les prêtres qu'il avait ordonnés. Mais Ignace, malgré l'appui que lui avait apporté la papauté pendant son exil en refusant de reconnaître la légitimité de Photios, poursuivit la politique de concurrence avec l'Église latine menée par celui-ci, notamment pour la conversion des Slaves. Après sa mort, le 23 octobre 877, Photios, revenu en grâce, le remplaça, rétablit les clercs déposés en 869 et organisa en 879 un autre concile contradictoire avec le précédent. L'hostilité entre « ignatiens » et « photiens » dura plusieurs décennies. Cependant, les deux rivaux sont devenus l'un et l'autre des saints de l'Église grecque; l'Église latine, elle, a canonisé Ignace et rejeté fortement Photios, jugé responsable de la division des Églises.

On fête saint Ignace de Constantinople le 23 octobre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Larousse encyclopédique en couleurs, France Loisirs, 1978.
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Photios