Ieu Koeus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ieu Koeus
អៀវ កឹស
Fonctions
9e Premier ministre du Cambodge
20 septembre 194929 septembre 1949
(9 jours)
Monarque Norodom Sihanouk
Prédécesseur Yem Sambaur
Successeur Yem Sambaur
Biographie
Date de naissance 1905
Date de décès 14 janvier 1950 (à 45 ans)
Lieu de décès Phnom Penh,
Drapeau du Cambodge Cambodge

Ieu Koeus
Premiers ministres du Cambodge

Ieu Koeus (né en 1905 et mort le 14 janvier 1950 à Phnom Penh) est un homme politique cambodgien, premier ministre du Cambodge pendant neuf jours du 20 au 29 septembre 1949.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Le drapeau du Cambodge est constitué d'une bande rouge horizontale entourée de deux bandes bleues, l'une en haut et l'autre en bas, chacune d'un quart de la hauteur totale. Au centre se dessine en blanc une représentation du temple d'Angkor Vat comprenant trois tours.
Le drapeau actuel du Cambodge a été dessiné sous la direction d'Ieu Koeus en 1947[1].

Intellectuel reconnu de Battambang, Ieu Koeus sera avec notamment Sim Var et le Prince Sisowath Youtevong un des principaux fondateurs, en avril 1946, du parti démocrate, qui allait dominer la vie politique cambodgienne entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et l'indépendance de 1953[2].

Après les élections de 1948 au cours desquelles il obtient près de 85% des voix dans sa circonscription de Phnom Penh[3], il est nommé président de l'assemblée nationale (en)[4].

Quelques mois après sa nomination, il s'opposera au gouvernement à la suite d’un trafic de coton dans lequel plusieurs députés démocrates étaient impliqués, dont Sam Nhean, alors vice-président de l’assemblée et qui dû démissionner du parti. Le premier ministre Chean Vam demanda les pleins pouvoirs et la possibilité de lever l’immunité des parlementaires pour mener à bien l’enquête, mais Ieu Koeus refusait d’accéder à la demande, craignant de créer un précédent qui pourrait affaiblir le parlement qu'il présidait. Un vote eu lieu et la requête gouvernementale fut rejeté par 23 votes contre 21 provoquant peu après la chute du cabinet Chean Vam[5].

Dans la nuit du 14 janvier 1950, un agresseur lança une grenade dans l’entrée du siège du parti démocrate, blessant grièvement Ieu Koeus qui se trouvait à l’intérieur du bâtiment. Il fut transporté par cyclo-pousse à l’hôpital mais succomba à ses blessures peu après. Un voisin témoin de l’attaque couru après l’assaillant, le rattrapant et le conduisit au poste de police. Le prisonnier était un illettré qui affirma être membre du Parti libéral avant de se rétracter. Craignant les représailles, le Prince Norodom Norindeth (en), dirigeant des libéraux, s’enfuit en France avant qu’une enquête ne soit menée. Cette fuite ne fut pas contrariée et aurait même été facilitée par le pouvoir colonial et la police Cambodgienne dirigée par un certain Lon Nol[6].

Près de 50 000 personnes suivirent le cortège funéraire, arborant des banderoles affirmant que « Koeus a donné sa vie pour le parti », ce qui n’était pas du goût du roi Norodom Sihanouk et de ses séides, qui trouvait le slogan captieux ou stupide, voire les deux. Les Français accusaient les rebelles indépendantistes khmers issarak qui auraient voulu tuer Ieu Koeus avant que l’Assemblée ne soit reconduite. D’autres sources incriminaient tantôt les Français, Sihanouk voire Yem Sambaur, le nouveau premier ministre. Il est aussi possible que plusieurs d’entre eux aient eu vent de la tentative d’attentat mais n’avaient rien fait pour l’empêcher[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Elizabeth Becker, When the War Was Over : Cambodia and the Khmer Rouge Revolution, PublicAffairs, coll. « History / Asian Studies »,‎ 20 octobre 1998, 632 p. (ISBN 978-1891620003, présentation en ligne), p. 145
  2. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press,‎ 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, présentation en ligne), p. 30
  3. Philippe Preschez, Essai sur la démocratie au Cambodge, vol. 4, Centre d'étude des relations internationales, coll. « Recherches, Fondation nationale des sciences politiques »,‎ 1961, 134 p., p. 34-35
  4. Souvenirs doux et amers, Hachette,‎ 9 avril 1984, 413 p. (ISBN 978-2010076565), p. 140
  5. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press,‎ 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, présentation en ligne), p. 39
  6. (en) Ben Kiernan, How Pol Pot came to power : colonialism, nationalism, and communism in Cambodia, 1930-1975, Yale University Press,‎ 14 septembre 2004, 430 p. (ISBN 9780300102628, présentation en ligne), p. 72
  7. (en) David Porter Chandler, The Tragedy of Cambodian History : Politics, War, and Revolution Since 1945, Yale University Press,‎ 2 août 1993, 414 p. (ISBN 9780300057522, présentation en ligne), p. 44