Ich liebe den Höchsten von ganzem Gemüte

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Cantate BWV 174
Ich liebe den Höchsten von ganzem Gemüte
Titre français J’aime le Très-Haut de tout mon cœur
Liturgie Pentecôte
Date de composition 1729
Auteur(s) du texte
2, 4 : Christian Friedrich Henrici; 5 : Martin Schalling

Texte original

Traduction française de M. Seiler
Traduction française note à note
Traduction française interlinéaire

Effectif instrumental
Soli : A T B
Chœur : chœur SATB
Cor d'harmonie I/II, hautbois I/II, cor anglais, violon I/II, alto, violon concertant I-III, alto concertant I-III, violoncelle concertant I-III, basse continue, orgue

Partition complète [PDF]
Partition Piano/Voix [PDF]
Informations et discographie (en)
Informations en français (fr)
Commentaires (en)

Jesus et Nicodème, par Crijn Hendricksz Volmarijn (1601–1645)

Ich liebe den Höchsten von ganzem Gemüte (J’aime le Très-Haut de tout mon cœur), (BWV 174), est une cantate religieuse de Johann Sebastian Bach composée à Leipzig en 1729 pour la seconde Pentecôte.

Histoire et livret[modifier | modifier le code]

Bach compose la cantate à Leipzig pour le lundi de Pentecôte[1]. Les lectures prescrites pour ce jour de fête sont tirées des Actes des apôtres, le sermon de Pierre à Corneille (10, 42–48), et de l'Évangile selon Jean, « Dieu a tant aimé le monde » de la rencontre entre Jésus et Nicodème (3, 16–21). Le texte des deuxième et quatrième mouvements de la cantate est de Picander et publié dans sa collection de textes pour cantate pour l'année en 1728. Picander écrit dans la préface qu'il espère que « le manque d'élégance poétique sera compensé par la douceur de l'incomparable maître de chapelle Bach et que ces cantiques seront chantés en premier dans les principales églises de la pieuse Leipzig ». Neuf des cantates de Bach composées avec ces textes nous sont parvenues. Si Bach en a composé davantage elles sont perdues[2]. Dans la première aria, le poète examine le début de l’Évangile, Also hat Gott die Welt geliebt... (« Car Dieu a tant aimé le monde qu'il lui a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais ait la vie éternelle ») et conclut que le chrétien doit de l'amour à Dieu en retour de l'amour de Dieu. La parole de l'Évangile est citée et reprise dans le récitatif suivant. La dernière aria enjoint les fidèles à se saisir du Salut offert par l'amour de Dieu[1]. Le choral de clôture (cinquième mouvement) reprend la première strophe du Herzlich lieb hab ich dich, o Herr de Martin Schalling (de), exprimant l'amour pour Dieu[3].

Pour la sinfonia d'ouverture, Bach ajoute des parties à un mouvement de son concerto brandebourgois n° 3. Il a la possibilité de bénéficier du concours de nombreux musiciens car il a commencé à diriger un Collegium musicum (en), une « Bürgervereinigung » (association de bourgeois mélomanes) qui joue également sa musique religieuse[2],[4]. Bach dirige la cantate pour la première fois le 6 juin 1729; il note l'année sur la partition[2].

Structure et instrumentation[modifier | modifier le code]

La cantate est écrite pour deux cors d'harmonie, deux hautbois, cor anglais, deux violons ripieno, alto ripieno, trois violons concertants, trois altos concertants, trois violoncelles concertants, basse continue (+ basse obligée, violon, orgue), trois solistes (alto, ténor, basse) et chœur à quatre voix.

Il y a cinq mouvements :

  1. sinfonia en sol majeur
  2. aria (alto) : Ich liebe den Höchsten von ganzem Gemüte
  3. récitatif (ténor) : O Liebe, welcher keine gleich
  4. aria (basse) : Greifet zu, faßt das Heil
  5. choral : Herzlich lieb hab ich dich, O Herr

Musique[modifier | modifier le code]

La cantate commence avec une sinfonia que Bach reprend, modifiée, du premier mouvement de son concerto brandebourgois n° 3, peut-être déjà composé à Weimar[4]. Pour la cantate, il ajoute aux neuf parties pour cordes deux nouvelles parties pour corno da caccia et un trio ripieno hautbois I et violon I, hautbois II et violon II, taille et alto, parties qui sont neuves également mais qui renforcent les parties déjà existantes[1],[2]. Pour John Eliot Gardiner, c'est le résultat de l'addition d'un « nouvel éclat et d'une force nouvelle au mouvement concerto original, ses couleurs et ses rythmes étant encore plus marqués qu'auparavant »[5].

Dans la première aria, deux hautbois obbligato en imitation introduisent des thèmes que reprend la voix. « Des mélodies au doux balancement, des siciliennes, exprimant la tranquillité spirituelle et la compassion » font leur apparitions dans de longues ritournelles [4]. Le récitatif est accompagné de trois parties des cordes aigües, semblables au mouvement du concerto brandebourgeois original[5]. Dans la seconde aria, les violons et les altos sont associés dans une partie obbligato, « dont le 'frappant' motif de notes répétées avec insistance souligne l'urgence du texte »[4]. La cantate se termine par une disposition en quatre parties de la mélodie bien connue qu'a utilisée Bach pour conclure sa Passion selon saint Jean avec la deuxième strophe « Ach Herr, laß dein lieb Engelein »[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (de) Alfred Dürr, Die Kantaten von Johann Sebastian Bach, vol. 1, Bärenreiter-Verlag,‎ 1971 (OCLC 523584)
  2. a, b, c et d Christoph Wolff, « The cantatas of the period 1726-1731 and of the Picander cycle (1728-29) » [PDF], bach-cantatas.com,‎ 2003 (consulté le 21 mai 2012), p. 12-13
  3. « Herzlich lieb hab ich dich, o Herr / Text and Translation of Chorale », bach-cantatas.com,‎ 2003 (consulté le 20 mai 2012)
  4. a, b, c et d Klaus Hofmann, « Ich liebe den Höchsten von ganzem Gemüte / (I Love the Highest With All My Heart), BWV 174 » [PDF], bach-cantatas.com,‎ 2011 (consulté le 21 mai 2012), p. 7
  5. a et b John Eliot Gardiner, « Cantatas for Whit Monday / Holy Trinity, Long Melford » [PDF], bach-cantatas.com,‎ 2006 (consulté le 21 mai 2012), p. 6

Voir aussi[modifier | modifier le code]