Icônes russes

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Icônes russes. L'utilisation et la fabrication des icônes se sont répandues dans la Rus' de Kiev suite à sa conversion à la religion orthodoxe en 988. En règle générale, ces icônes suivent de près les modèles et formules de l'art byzantin, développés depuis sa capitale de Constantinople. C'est de cette ville et de Grèce que sont venus les premiers peintres d'icônes[1]. Progressivement, les russes ont élargi le vocabulaire stylistique et les différents types d'icônes pour arriver à un art abouti qui ne se retrouve nulle part dans le monde orthodoxe.

Les traditions personnelles, innovantes et créatives de l'art religieux d'Europe occidentale ont été largement absentes en Russie avant le XVIIe siècle, époque où la peinture d'icône russe a été très fortement influencée par les peintures et gravures religieuses de l'Europe protestante et catholique. Au milieu du XVIIe siècle, les changements instaurés dans la liturgie et les pratiques religieuses par le patriarche Nikon ont abouti à un schisme dans l'Église orthodoxe russe, connu aussi sous le nom de Raskol. Les traditionalistes, appelés les vieux-croyants ou vieux-ritualistes, ont conservé le style traditionnel des icônes, tandis que l'Église d'État a modifié ses pratiques. C'est à partir de cette époque que les icônes ont été peintes non seulement dans le style non-réaliste traditionnel, mais aussi dans un style mêlant tradition russe et réalisme de l'Europe occidentale, proche de l'art catholique. À partir de la fin du XVIIe siècle, les icônes russes montrent de plus en plus l'influence de la peinture hollandaise et flamande[2].

Les icônes russes sont essentiellement des peintures sur bois, souvent petites, bien que dans certaines églises et monastères elles peuvent être plus larges. Quelques icônes russes sont faites de cuivre[3]. Beaucoup de maisons en Russie ont des icônes accrochées au mur[4], dans le krasny ugol.

Une riche histoire et un symbolisme religieux élaboré se sont développés autour des icônes. Dans les églises russes, la nef est traditionnellement séparée du sanctuaire par une iconostase (en russe : иконостас, ikonostas), une cloison à plusieurs étages d'icônes superposées avec deux portes en son centre.

Les russes parlent parfois d'une icône comme ayant été « écrite », parce qu'en russe (comme en grec), le même mot (писать, pisat') signifie à la foi peindre et écrire. Les icônes sont considérées comme l'Évangile peint.

Les icônes considérées miraculeuses sont dites apparues. L'apparition (явление, yavlenie) d'une icône est sa supposée découverte miraculeuse. « A true icon is one that has appeared, a gift from above, one opening the way to the Prototype and able to perform miracles »[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Yuri A. Piatnitsky, « De Byzance à Roublev : les icônes russes du XIIIe au XVe siècle », dans Sainte Russie. L’art russe des origines à Pierre le Grand, catalogue d’exposition, Paris, Musée du Louvre éditions et Somogy éditions d’art, 2010, p. 250 ; D. Talbot Rice, « The Origins of Russian Icon Painting », The Burlington Magazine, vol. 67, 1935, p. 36
  2. Nikodim P. Kondakov, The Russian Icon, trad. par E. H. Minns, Oxford, Clarendon Press, 1927.
  3. Richard E. Ahlborn and Vera Beaver-Bricken Espinola (éds.), Russian Copper Icons and Crosses From the Kunz Collection: Castings of Faith, Washington DC, Smithsonian Institution Press, 1991.
  4. Henri Troyat, La vie quotidienne en Russie au temps du dernier tsar, Paris, Librairie Hachette, 1959, p. 65.
  5. Père Vladimir Ivanov, Russian Icons, Rizzoli Publications, 1988.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Richard E. Ahlborn and Vera Beaver-Bricken Espinola (éds.), Russian Copper Icons and Crosses From the Kunz Collection: Castings of Faith, Washington DC, Smithsonian Institution Press, 1991.
  • (en) N. Andreyev, « The Icon by Alexei G. Hackel », recension, The Slavonic and East European Review, vol. 33, no. 81, 1955, p. 584-585.
  • (en) Martin Conway, Art Treasures in Soviet Russia, Arnold. (Les quelques pages consacrées aux icônes russes constituent la première étude en anglais sur ce sujet).
  • (en) Alexei G. Hackel, The Icon, Freiburg-im-Breisgau, Herder & co., 1954.
  • (en) Nikodim P. Kondakov, The Russian Icon, trad. par E. H. Minns, Oxford, Clarendon Press, 1927. (Seconde étude parue en anglais sur les icônes russes après les quelques pages de Conway).
  • (en) D. S. Mirsky, « The Russian Icon by Nikodim Pavlovich Kondakov; Ellis H. Minns », recension, The Slavonic Review, vol. 6, no. 17, 1927, p. 471-474. [1]
  • (fr) Yuri A. Piatnitsky, « De Byzance à Roublev : les icônes russes du XIIIe au XVe siècle », dans Sainte Russie. L’art russe des origines à Pierre le Grand, catalogue d’exposition, Paris, Musée du Louvre éditions et Somogy éditions d’art, 2010, p. 250 et svtes.
  • (en) D. Talbot Rice, « The Origins of Russian Icon Painting », The Burlington Magazine, vol. 67, 1935, p. 36-41.
  • (fr) Henri Troyat, La vie quotidienne en Russie au temps du dernier tsar, Paris, Librairie Hachette, 1959.

Liens internes[modifier | modifier le code]