ISO (entreprise)

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Une ISO Grifo

ISO est une société italienne créée en 1939 à Gênes par l'ingénieur Renzo Rivolta[1] qui se lancera dans la construction automobile en 1953 sous le nom d'ISO Rivolta. À la mort de son fondateur en 1966, son fils Piero prendra les commandes de l'entreprise, qui deviendra ISO Motors en 1973 avant de disparaître le 31 décembre 1974.

Histoire[modifier | modifier le code]

1939-1961 : de l'électroménager aux motocyclettes[modifier | modifier le code]

En 1939, la société débute son activité dès avec la production d'appareils électroménagers sous la marque Isothermos, comme des réfrigérateurs et des chauffe-eau électriques. Elle construira également des tramways. Fondée à Gênes à la veille de la Seconde Guerre mondiale, la société est transférée à Bresso en 1942.

Dès la fin du conflit, la nouvelle usine démarre en 1948 mais change radicalement d'activité. En effet, elle se lance dans la production de motocyclettes et de triporteurs, pour répondre aux besoins de déplacement des Italiens. Parmi les modèles les plus réputés figurent le Furetto (1948), l'Isoscooter (1950), l'Isocarro (1951), l'Isomoto (1954), et l'Isosport (1953).

Le dernier modèle présenté sera la moto ISO 500, en 1961.

Schémas de l'Isetta-BMW 300 1re série 1955/1956

1953-1962 : de la motocyclette à l'automobile[modifier | modifier le code]

En 1953, Renzo Rivolta crée ISO Autoveicoli SpA, mais le passage de la production de motocyclettes aux voitures se fera très graduellement.

La minuscule Isetta, premier quatre-roues de la marque, est en fait un véhicule intermédiaire entre la moto et la voiture. Une sorte de scooter doté d'une carrosserie, disposant de quatre roues dont les deux roues arrière sont très rapprochées. Le véhicule est équipé d'un moteur bicylindre de 250 cm3 dérivé d'un moteur de moto. La caractéristique de l'Isetta qui la rend si particulière est sa taille et sa forme en œuf. Ne disposant que de deux places, on y accède par une seule porte située sur la face avant qui englobe le pare-brise et le volant.

La voiturette sera fabriquée sous licence par le constructeur allemand BMW, le français Velam, en Grande-Bretagne, en Espagne et ISO-Romi au Brésil.

L'Isetta ne sera pas du tout appréciée en Italie où la Fiat 500, vraie voiture pouvant transporter quatre personnes pour un prix équivalent et une consommation inférieure a un quasi-monopole dans ce créneau. Sa production très confidentielle s'arrête en 1955 en Italie. Elle rencontre par contre un beau succès en Allemagne et au Brésil où elle restera longtemps en fabrication et connaitra deux séries.

La véritable entrée dans la construction automobile intervient en 1962 avec la présentation au public de l'Iso Rivolta GT 300, un luxueux coupé dessiné dans le bureau d'études du maître Bertone et par un certain Giorgetto Giugiaro, alors salarié du carrossier. Fruit du projet de l'ingénieur Giotto Bizzarrini, la voiture est équipée du moteur V8 de la Chevrolet Corvette. Le nombre « 300 » de son nom correspond à la puissance développés par le moteur : 300 ch. Fabriquée en série, elle offre des performances et un confort exceptionnels.

La marque se fera ainsi connaître et apprécier de la clientèle exigeante des voitures GT aux finitions haut de gamme, qu'ISO Rivolta allait uniquement fabriquer désormais.

1962-1974 : les automobiles[modifier | modifier le code]

Une Rivolta GT de 1964
Iso Rivolta Fidia de 1973

La GT 300 est réclamée par des clients américains et ISO Rivolta la commercialise aux États-Unis. Afin d'assurer la livraison des moteurs, un contrat de fourniture exclusif est signé avec General Motors, ce qui permettra à la marque au « griffon » de lancer la production d'une série de nouveaux modèles, tous basés sur la même plate forme (standard, allongée ou raccourcie) de la GT 300.

Le succès de ce véhicule haut de gamme très moderne pour l'époque entraîne le développement d'autres modèles prestigieux : l'ISO Rivolta Grifo A3L en 1965 dotée de moteurs de 5,4 à 7 litres (400 ch, 270 km/h), la Grifo L300 puis la S4 en 1967 et la Super Grifo en 1968, la berline de luxe ISO Rivolta Fidia (1968) et la GT 2+2 ISO Rivolta Lele (1969), dessinée par Marcello Gandini, chef de projet chez Bertone.

Fin 1971, à cause des conditions peu avantageuses imposées par GM, qui exige que les moteurs soient commandés en grandes quantités et payés à la commande, ISO Rivolta se tourne vers Ford et essaye le moteur V8 Cleveland (en) (Ford 335).

La concurrence de marques prestigieuses, surtout Maserati et Aston Martin, dans une moindre mesure (seulement pour quelques modèles) de Ferrari et Lamborghini), mais aussi et surtout le choc pétrolier de 1973, mettent ISO Rivolta en sérieuse difficulté financière. Au début de l'année 1973, la famille Rivolta cède la marque à l'homme d'affaires italo-américain Ivo Pera et la marque devient « ISO Motors & Co ».

En 1973, un accord avec Philip Morris et le tout jeune team-manager Frank Williams permet la création de l'écurie de Formule 1 ISO-Marlboro, disputant les saisons 1973 et 1974 avec une monoplace équipée du moteur Ford-Cosworth (Frank Williams reprendra l'écurie à son nom en 1975).

Des ISO Grifo A3/C (« C » pour « Corsa ») participèrent à plusieurs courses à partir de 1963, comme les 12 Heures de Sebring mais également aux 24 Heures du Mans entre 1964 et 1965.

Les frais de gestion de l'écurie, la baisse des ventes à cause de la crise mondiale qui suivit le premier choc pétrolier, et le retard avec lequel le gouvernement américain attribua à ISO Motors le statut de « petit constructeur » (qui impliquait des normes d'homologation moins sévères), conduisirent à la cessation de l'activité de construction automobile le 31 décembre 1974.

En prévision de la cession de son entreprise à la fin de l'année 1972, la famille Rivolta décide de créer la marque « ORSA ». Elle dispose d'une modeste usine à la périphérie de Cagliari, équipée pour la fabrication en petite série de luxueuses voitures de style rétro. Pour compléter son organisation, ORSA acquiert les chaînes de montage de Siata, qui avait cessé son activité peu avant, et conclut des accords commerciaux avec Fiat pour la fourniture des carrosseries, et avec Seat, alors filiale de Fiat pour la fourniture de la partie mécanique. Le modèle fabriqué est semblable à la Siata 850 Spring et a sera commercialisé en petite quantité sous l'appellation « SEAT-ORSA 850 Spring Special ».

Le site historique de l'usine de Bresso, près de Milan, a été transformé en musée, le Museo ISO Rivolta, qui regroupe l'ensemble des productions depuis les motocyclettes jusqu'au dernier modèle de voiture GT.

ISO Rivolta GT 300
ISO Rivolta Grifo A3/L (1965)
ISO A3/C (1963)

Modèles ISO Rivolta[modifier | modifier le code]

Années Modèles Puissance Vitesse max. Notes Image
1953-1955 Isetta - - Iso Isetta.jpg
1962-1968 Iso Rivolta IR 300 300 ch 215 km/h Iso Rivolta 1969.JPG
1964 Grifo A3 L 350 ch 210 à
275 km/h
Iso Grifo A3 L 1.JPG
1966-1973 Grifo Lusso GL 300 300 ch 190 km/h ISO Grifo GL 350 000 000 1965-1972 1967 frontright 2012-01-04 A.jpg
1967-1974 Fidia 300/S4 300 ch 220 km/h Isofidiafront.jpg
1967-1974 Lele 300 300 ch 230 km/h Iso Lele in profile in London.jpg
1970-1974 Grifo 7 Litri 406 ch 300 km/h Iso Grifo a FrankfurtM.JPG
1970-1974 Grifo Can Am 395 ch 270 km/h Iso grifo can am.jpg

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Revue L'Automobile Magazine, no 761, octobre 2009.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]