Internationale ouvrière

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis IIe Internationale)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Internationale (politique).

L'Internationale ouvrière fut fondée, à l'initiative notamment de Friedrich Engels, par les partis socialistes et ouvriers d'Europe lors du Congrès de Paris en juillet 1889 ; elle est aussi connue sous le nom de Deuxième Internationale, ou Internationale Socialiste.

Cette Seconde Internationale, l'Internationale Socialiste d'origine, fut créée par les délégations participantes de vingt pays. Elle s'inscrivait dans la continuité de la Première Internationale, dissoute dans les années 1870. Elle prit fin avec la Première Guerre mondiale.

La fondation[modifier | modifier le code]

Certains anarchistes furent présents à ce congrès, réclamant le groupement des travailleurs en lutte essentiellement sur le terrain économique, et rejetant la division politique, mais ils en furent exclus pour les raisons de divergence tactique claires.

Se fondant, comme la Première Internationale, sur le constat de la lutte des classes, la Deuxième Internationale milite jusqu'au début du XXe siècle sur les bases du marxisme. Mais certains courants se développent à la droite de l'Internationale, prêchant l'abandon du principe selon lequel « l'émancipation des travailleurs doit être l'œuvre des travailleurs eux-mêmes » (principe révolutionnaire qui était celui de la Première Internationale) et recommandant de privilégier le parlementarisme et le réformisme. En 1904, le congrès donne cependant raison au révolutionnaire Jules Guesde contre le « réformiste » Jean Jaurès, choix inverse de celui des élections qui donnent 31 députés à Jaurès et 12 à Guesde.

La dissolution[modifier | modifier le code]

Le rejet de la guerre[modifier | modifier le code]

Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, les leaders socialistes (à l'exception des Russes et des Serbes), votèrent les crédits militaires demandés par les gouvernements. Les militants fidèles à l'internationalisme et au pacifisme dénoncent ce reniement de la majorité, et militent contre la guerre - ce qui leur vaut souvent d'être exclus de la Deuxième Internationale (c'est le cas par exemple de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht en Allemagne). Certains de ces militants hostiles à la guerre seront plus tard appelés « communistes », par opposition à leurs ex-camarades socialistes ; d'autres opposants à la guerre formeront l'aile gauche des partis socialistes (socialistes révolutionnaires).

Durant le conflit, deux conférences, celle de Zimmerwald en 1915 et surtout celle de Kiental en 1916, ont réuni les militants de la gauche de l'Internationale, parfois exclus, pour s'opposer à la guerre et aux dirigeants socialistes la soutenant.

La troisième Internationale[modifier | modifier le code]

Suite à la Révolution russe, de nombreux socialistes rallient l'Internationale communiste fondée par les bolcheviks en 1919, et comportant déjà diverses organisations communistes (notamment les spartakistes allemands exclus du SPD) pendant la guerre.

Les tentatives de reconstitution après la guerre[modifier | modifier le code]

D'autres membres vont former l'Union des partis socialistes pour l'action internationale, connu sous le nom d'Union de Vienne ou Internationale Deux et demie.

En 1923, les derniers partis membres de l'Internationale ouvrière se rassembleront avec ceux de l'Union de Vienne pour former l'Internationale ouvrière socialiste.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Jacques Becker, « La IIe Internationale et la guerre », in Les Internationales et le problème de la guerre au XXe siècle. Actes du colloque de Rome (22-24 novembre 1984), Rome, Publications de l'École française de Rome, 1987, p. 9-25, [lire en ligne].
  • Pierre Guillen, « Les Internationales et les crises coloniales avant 1914 », in Les Internationales et le problème de la guerre au XXe siècle. Actes du colloque de Rome (22-24 novembre 1984), Rome, Publications de l'École française de Rome, 1987, p. 167-193, [lire en ligne].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Internationales[modifier | modifier le code]