Hyperplasie congénitale des surrénales

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Congenital adrenal hyperplasia
Classification et ressources externes
CIM-10 E25.0
CIM-9 255.2
OMIM 201910

201710 202110 201810 202010

DiseasesDB 1854 1832 4 1841 2565
MedlinePlus 000411
eMedicine ped/48 
MeSH D000312
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

L' hyperplasie congénitale des surrénales (HCS en français et CAH en anglais) est une maladie secondaire à un déficit de la synthèse du cortisol dans la zone fasciculée de la glande corticosurrénale. La production déficiente de cortisol par la surrénale entraîne une surproduction d'ACTH par l'hypophyse à cause d'un manque de feedback (rétrocontrôle) négatif, ce qui entraînera alors en réponse à cet excès d'ACTH, une sécrétion excessive d'androgènes par les surrénales. Chez les garçons, cela n'entraînera pas de problèmes majeurs, mais chez les filles, il y aura des signes d'androgénisation prénatale, dont le développement d'organes génitaux ambigus (clitoris allongé).

L'enzyme impliquée dans plus de 95 % des cas (la pathologie majoritaire donc) est la 21-hydroxylase responsable de la transformation de la progestérone en désoxycorticostérone.

Dans cet article, le déficit en 21 hydroxylase sera le modèle de description de l'hyperplasie congénitale des surrénales. Il existe deux formes de déficit en 21 hydroxylase:

  • Forme classique avec déficit enzymatique sévère et début néonatal avec deux sous-types :
    • Forme se manifestant par des signes de virilisation à la naissance (1/4 des cas)
    • Forme se manifestant par un syndrome de perte de sel avec risque vital dans les premières semaines de vie (3/4 des cas)
  • Forme non classique à début tardif et présenteront seulement des signes de virilisation à la puberté.

Maladies associées[modifier | modifier le code]

  • Hyperplasie congénitale lipoïde des surrénales

Étiologie[modifier | modifier le code]

Déficit en 21-hydroxylase[modifier | modifier le code]

  • Mutation du gène CYP21A2 situé sur le locus p21.3 du chromosome 6 codant le cytochrome P450 C21. Neuf mutations sont décrites responsables de 95 % des déficits en 21-hydroxylase.

Déficit en 3-bêta-hydroxystéroïde déshydrogénase[modifier | modifier le code]

Déficit en 11-bêta-hydroxylase[modifier | modifier le code]

Déficit en 17-alpha-hydroxylase[modifier | modifier le code]

  • Mutation du gène CYP17A1 situé sur le locus q24.3 du chromosome 10 codant la stéroïde 17 monooxygénase.

Incidence et prévalence[modifier | modifier le code]

Forme classique[modifier | modifier le code]

  • L'incidence est 1 sur 15 000 naissances en Europe, mais varie beaucoup en fonction de la population :

Forme non classique[modifier | modifier le code]

  • 1 sur 40 chez les hispaniques
  • 1 sur 50 chez les slaves

Description[modifier | modifier le code]

DIFFÉRENCES CLINIQUES ENTRE LA FORME CLASSIQUE ET NON CLASSIQUE DE DÉFICIT EN 21 HYDROXYLASE
Clinique Classique Non classique
Virilisation prénatale Oui chez les filles Absent
Virilisation postnatale Garçons et filles Variable
Syndrome de perte de sel 3/4 des nouveau-nés Absent
Déficit en cortisol Tous Rare

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Clinique[modifier | modifier le code]

La suspicion congénitale des surrénales apparait en cas de :

  • nouveau-né féminin présentant des signes de virilisation à la naissance ou en raison de l'apparition de signe de virilisation, ou présentant une puberté précoce ;
  • nouveau-né masculin présentant des signes de virilisation précoce ;
  • syndrome de perte de sel apparaissant dans les quatre premières semaines de vie.

Une étude menée en 1984 par John Money (Johns Hopkins University, Maryland, États-Unis) a conclu que 37 % des femmes atteintes d'hyperplasie congénitale des surrénales se décrivent comme lesbiennes ou bisexuelles[1]. Toutefois, d'autres études indiquent que la majorité des filles touchées par ce syndrome sont hétérosexuelles et bien adaptées à leur identité sexuelle.

Biochimie[modifier | modifier le code]

Génétique[modifier | modifier le code]

L'étude du caryotype doit confirmer la normalité de la formule chromosomique

Différents types d'hyperplasie congénitale des surrénales[modifier | modifier le code]

DIFFÉRENTES CAUSES D'HYPERPLASIE CONGÉNITALE DES SURRÉNALES
% de H.C.A Enzyme Hormone en cause Production Production d'androgène Production de minéralocorticoïde
S.T.A.R. Déficit Déficit
3 beta déshydrogénase Prégnénolone
17 OH prégnénolone
DHEA
Progestérone
17-OH-progestérone
Androstènedione
Excès Déficit
17 hydroxylase Prégnénolone
Progestérone
17 OH-prégnénolone
17 OH-progestérone
Déficit Excès
90 % 21 hydroxylase Progestérone
17 OH progestérone
Désoxycorticostérone
11-désoxycortisol
Excès Déficit
5 % 11 beta hydroxylase Désoxycorticostérone Corticostérone Excès Déficit

Traitement[modifier | modifier le code]

Le traitement dépend bien sûr des résultats biologiques et dosages pratiqués lors du bilan de la maladie.

Le plus souvent on compensera le déficit en glucocorticoïde par de l'hydrocortisone. Chez les sujets de sexe féminin, il convient de faire baisser le taux d'androgènes pour éviter la virilisation. Par exemple on utilisera un dérivé de la progestérone avec action anti-androgène (Androcur par exemple).

Mode de transmission[modifier | modifier le code]

Transmission autosomique récessive

Dépistage à la naissance[modifier | modifier le code]

Depuis 1995, le dépistage de l’hyperplasie congénitale des surrénales est devenu systématique, par dosage radio immunologique de la 17 hydroxyprogestérone sur le même papier buvard que pour les autres dépistages. Fait à 3 jours de vie, cela permet d’en faire le diagnostic très tôt, avant le syndrome de perte de sel qui survient habituellement vers 2-3 semaines de vie. Le nombre important de formes infra-cliniques, justifie ce diagnostic systématique.

Conseil génétique[modifier | modifier le code]

Famille d’un patient[modifier | modifier le code]

Dépistage prénatal[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) J Money, M Schwartz, V G Lewis, « Adult erotosexual status and fetal hormonal masculinization and demasculinization: 46,XX congenital virilizing adrenal hyperplasia and 46,XY androgen-insensitivity syndrome compared », Psychoneuroendocrinology, vol. 9, no 4,‎ 1984, p. 405-414 (ISSN 0306-4530, PMID 6514935)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]