Hymenochaetales

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Hymenochaetales

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Un représentant du genre Coltricia : Coltricia perennis

Classification
Règne Fungi
Division Basidiomycota
Classe Agaricomycetes
Clade Hymenochaetoïde

Ordre

Hymenochaetales
Oberwinkler 1977

Inonotus hispidus

Les Hymenochaetales ou Clade Hymenochaetoïde, sont un ordre ou un clade des champignons Agaricomycetes.

La phylogénie des Hymenochaetaceae a été étudiée par des méthodes moléculaires depuis 2006[1]. Ces études ont indiqué que la famille des Hymenochaetaceae, telle qu'autrefois circonscrite, n'était pas un groupe monophylétique. Toutes les espèces échantillonnées sont maintenant regroupée dans un clade, sauf le genre Tabacina Hymenochaete qui regroupait certaines espèces poroïdes. Un nouvel ordre, les Pseudochaete a donc été introduit [2]. Dans les Hymenochaetales ou clade des Hymenochaetaceae, ils forment un clade distinct mais malheureusement tous les caractères morphologiques spécifiques aux Hymenochaetaceae ou du clade Hymenochaetoïde se retrouvent également dans certaines espèces en dehors du clade. Six sous-clades, précisés par les analyses phylogénétiques ne sont pas encore uniformes, et dès lors la proposition globale au sein du phylogramme présenté ici ne semble pas encore satisfaisante

Systématique[modifier | modifier le code]

Un représentant du genre Phaeolus : Phaeolus schweinitzii

L'ordre se compose de trois familles, les Hymenochaetaceae et les Schizoporaceae, de nouveaux clades ainsi que quelques genres classés incertae sedis.

Historique[modifier | modifier le code]

La proposition de constituer un ordre et de reconnaître la famille Hymenochaetaceae à un plus haut rang taxonomique date de 1977. Initialement, les espèces au sein de l'ordre des Hymenochaetales avaient plusieurs caractéristiques morphologiques en commun, notamment des basidiospores bruns qui noircissent en alcalins, des hyphes manquant de pinces de connexions, et la présence (dans la plupart des espèces) de soies caractéristiques, de parois épaisses, de cystides en forme d'épine visible sous la loupe.

L'examen de leur ultrastructure montre que les Hymenochaetales ont des dolipores avec des parenthesomes non-perforés, alors que la plupart des Agaricomycètes ont des dolipores avec les parenthesomes perforés[3],[4].

Les genres corticioïdes Hyphodontia et Schizopora présentent également cette particularité, ce qui suggère qu'ils pourraient également être liés aux Hymenochaetales, bien que morphologiquement différents[5].

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

La recherche moléculaire, fondée sur l'analyse cladistique des séquences d'ADN, a considérablement élargi et redéfini les Hymenochaetales, divisant l'ordre en au moins six différentes clades[1]. Le clade de base est représenté par les Hymenochaetaceae traditionnels, à l'exclusion des genres Coltricia et Coltriciella et un autre clade qui comprend les genres corticioïdes Lyomyces et Schizopora: les Schizoporaceae.

Nouveaux clades[modifier | modifier le code]

Un clade supplémentaire, les Repetobasidiaceae, comprend le genre agaricoïde Rickenella[6], le genre clavaroïde Alloclavaria purpurea[7].

Les trois clades restants intègrent les genres corticioïdes Hyphodontia et Kneifiella, et le genre poroïde Oxyporus[1].

Il semble toutefois que l'ordre n'a pas toutes les caractéristiques morphologiques communes.

Position dans les Agaricomycetes[modifier | modifier le code]

Phylogramme des hymenochaetales[modifier | modifier le code]

Chez les Hymenochaetales, les Hymenochaetaceae forment un clade distinct mais malheureusement tous les caractères morphologiques spécifiques des Hymenochaetaceae se retrouvent également dans certaines espèces en dehors du clade. D'autres sous-clades, proposés par les analyses phylogénétiques moléculaires sont encore moins uniformes, ce qui dès lors rend incertain le phylogramme présenté ici. Enfin les genres Hyphoderma, Phellinus et Hyphodontia sont répartis dans plusieurs clades[1],[8].

Exclusion des genres[modifier | modifier le code]

Les données moléculaires confirment que Phaeolus n'appartient pas à l'ordre des Hymenochaetales, mais a plutôt sa place dans le voisinage de Laetiporus dans les Polyporales[9]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Ils se caractérisent par des formes de polypores ou clavaroïdes. Ce sont des saprophytes et sont la cause de la pourriture blanche du bois vertical. Les genres présentent des hyménophores mous comme Cotylidia panosa, stipité avec des hyménophores poroïdes comme Coltricia perennis, stipité avec des lamelles comme Contumyces rosella, clavaroïde comme les Clavariachæte rubinosa, stipité avec des lamelles contricales comme Coltricia montagnei.

Importance économique[modifier | modifier le code]

Métabolites secondaires[modifier | modifier le code]

Les enzymes et des métabolites secondaires produits par certaines Hymenochaetales ont suscité un intérêt considérable pour leur utilisation potentielle en tant que médicaments ou pour des applications biotechnologiques. Plusieurs espèces de Phellinus et Inonotus sont utilisées dans la médecine traditionnelle asiatique et ces produits sont disponibles dans le commerce. Phellinus baumii (souvent appelée à tort Phellinus linteus ) qui est connu pour son utilisation en médecine traditionnelle chinoise[10] et dans plusieurs pays commercialisé comme un médicament contre le cancer, le diabète et la toxicité[11]. Phellinus rimosus est signalé comme une drogue utilisée par des tribus dans le Kerala en Inde[12]. Les peuples autochtones de Sibérie utilisent Aréchaga comme une substance de nettoyage et de désinfection, mais la même substance a également été utilisée contre les affections du foie et du cœur et dans la thérapie du cancer. Le Chaga est produite à partir Inonotus obliquus et commercialement disponible. Il y a une riche littérature scientifique sur des rapports d'identification des substances et les effets qu'ils peuvent avoir.

Enzymes cellulolytiques et ligninolytiques[modifier | modifier le code]

Les enzymes cellulolytiques et ligninolytiques produites par le bois en décomposition ont été étudiés de manière intensive dans le but de les mettre en pratique dans l'industrie des pâtes et papiers ou des produits de nettoyage des déchets industriels. Un des meilleurs organismes modèles étudiés est Phanerochaete chrysosporium qui appartient au clade polyporoïde[13], mais un certain intérêt a aussi été consacré à des espèces des Hymenochaetaceae[14].

Habitat et distribution[modifier | modifier le code]

La plupart des champignons de l'ordre sont saprotrophes du bois mort, mais certaines espèces au sein de des Hymenochaetaceae peuvent provoquer une pourriture chez les arbres vivants. Les genres Coltricia et Coltriciella sont ectomycorhiziens. L'espèce agaricoide Rickenella et les genres apparentés sont des parasites de mousses et des hépatiques. La répartition des Hymenochaetales est cosmopolite.

Taxonomie linnéenne des Hymenochaetales[modifier | modifier le code]

Fomitiporia hartigii
Onnia tomentosa

Famille des Hymenochaetaceae[modifier | modifier le code]

  • genre †Appianoporites (Eocene)
  • genre Asterodon
  • genre Aurificaria
  • genre Botryodontia
  • genre Clavariachaete
  • genre Cyclomyces
  • genre Dichochaete
  • genre Erythromyces
  • genre Fomitiporia
  • genre Fulvifomes
  • genre Fuscoporia
  • genre Hydnochaete
  • genre Hymenochaete
  • genre Inocutis
  • genre Inonotopsis
  • genre Inonotus
  • genre Onnia
  • genre Phellinidium
  • genre Phellinus
  • genre Phellopilus
  • genre Phylloporia
  • genre Polystictus
  • genre †Quatsinoporites (Fin du Crétacé)
  • genre Porodaedalea
  • genre Pseudochaete
  • genre Pseudoinonotus
  • genre Pyrrhoderma
  • genre Xanthochrous

Famille des Schizoporaceae[modifier | modifier le code]

Hyphodontia arguta
Schizopora paradoxa
  • genre Alutaceodontia
  • genre Basidioradulum
  • genre Echinodia
  • genre Echinoporia
  • genre Hyphodontia
  • genre Lagarobasidium
  • genre Leucophellinus
  • genre Odontiopsis
  • genre Palifer
  • genre Paratrichaptum
  • genre Poriodontia
  • genre Rogersella
  • genre Schizopora
  • genre Xylodon

Famille des Repetobasidiaceae[modifier | modifier le code]

  • genre Alloclavaria
  • genre Blasiphalia
  • genre Cantharellopsis
  • genre Contumyces
  • genre Cotylidia
  • genre Cyphellostereum
  • genre Gyroflexus (= Sphagnomphalia)
  • genre Loreleia
  • genre Repetobasidium
  • genre Rickenella

Clades[modifier | modifier le code]

  • genre Coltricia
    • genre Coltriciella
  • Hyphodontia
  • Kneifiella
  • Oxyporus

Genera incertae sedis[modifier | modifier le code]

  • genre Atheloderma
  • genre Caeruleomyces
  • genre Fibricium
  • genre Physodontia
  • genre Sphagnomphalia
  • genre Subulicium

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Karl Henrick Larsson, Erast Parmasto, Michael Fischer, Ewald Langer Langer, Karen K. Nakasone et Scott A. Redhead Redhead, « Hymenochaetales: a molecular phylogeny for the hymenochaetoid clade », Mycologia, vol. 98, no 6,‎ November/December, 2006 (lire en ligne)
  2. Wagner et Fischer, 2001 , 2002a, p. ex Wagner et Fischer b
  3. (en) RT Moore, « Taxonomic significance of septal ultrastructure in the genus Onnia », Bot. not., vol. 133,‎ 1980, p. 169–175
  4. (en) Wally H. Müller et Joost A. Stalpers, Adriaan van Aelst C. , Margo DM de Jong, Theo P. van der Krift, Teun Boekhout, « The taxonomic position of Asterodon, Asterostroma and Coltricia inferred from the septal pore cap ultrastructure », Mycological Research, vol. 104,‎ 2000, p. 1485–1492
  5. (en) E. Langer et F. Oberwinkler, « Corticioid Basidiomycetes I. Morphology and ultrastructure », Windahlia, vol. 20,‎ 1993, p. 1–28
  6. (en) SA Redhead, J.M. Moncalvo, R. Vilgalys et F. Lutzoni, « Phylogeny of agarics: partial systematics solutions for bryophilous omphalinoid agarics outside of the Agaricales », Mycotaxon, vol. 82,‎ 2002, p. 151–168
  7. (en) DJ McLaughlin, « Reconstructing the Clavariaceae using nuclear large subunit rDNA sequences and a new genus segregated from Clavaria », Mycologia, vol. 98,‎ 2006, p. 746–762, et divers champignons corticioïdes, y compris le genre Repetobasidium
  8. (en) Barbara Paulus, Niels Hallenberg, Peter K Buchanan et Geoffrey K. Chambers, « A phylogenetic study of the genus Schizopora (Basidiomycota) based on ITS DNA sequences », Mycological Research, vol. 104, no 10,‎ octobre 2000, p. 1155-1163 (lire en ligne)
  9. Binder et al 2005
  10. Ying et al 1987, JZ Ying, Mao XL, Ma QM, Zong SC, Wen HA. 1987. Illustrations de champignons médicinaux chinois. Beijing: Science Press (en chinois).
  11. Shon et al 2003
  12. Ajith et Janardhanan 2003
  13. Hibbett et Thorn 2001
  14. Wesenberg et al 2003

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