Hydrino

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L'hydrino est un concept physique inventé par Randell Mills. L'hydrino serait obtenu en forçant un atome d'hydrogène à se comprimer et serait donc l'expression d'un nouvel état de l'atome d'hydrogène. Le résultat serait un seul proton autour duquel circulerait un électron qui se trouverait plus près que dans l'atome d'hydrogène à l'état fondamental. Les scientifiques ont majoritairement rejeté cette hypothèse parce qu'invalide[1].

Hypothèse Hydrino[modifier | modifier le code]

Selon l'hypothèse de Randell Mills, les électrons qui entourent l'atome ne sont pas conçus comme des charges ponctuelles, mais comme des surfaces plus ou moins densément chargées en fonction des coordonnées de chaque point [2].

Et d'autre part, dans certains cas, ces surfaces électroniques peuvent être de dimensions multiples ou sous-multiples de leur dimension dans l'état stable.

L'application de ces concepts permettrait quelques résultats :

  • le calcul des rapports de masses entre le neutron, l'électron, le muon et le tauon, selon une constante α unique et sans dimension ;
  • le calcul des énergies de formations d'une série de molécules organiques, correspondant à 0,1 % prés aux évaluations expérimentales, alors que l'évaluation par un modèle classique (Spartan Hartree-Fock 6-31G) est très peu prédictive ;
  • calcul de raies spectrales hyper-fines de divers états transitoires de l'hydrogène (1/2, 1/3, 1/4).

Les implications[modifier | modifier le code]

De la formation de cet hydrino résulterait une source d'énergie qui permettrait de libérer jusqu'à mille fois plus de chaleur que les combustibles habituels (chimiques). L'énergie libérée correspond à l'énergie potentielle de liaison entre le proton et l'électron.

Son existence, si elle était démontrée, remettrait en cause tous les principes de la physique quantique. D'après les physiciens américains : « le phénomène serait tout bonnement impossible », ce qui lui a valu de nombreuses critiques sur ses théories[3],[1],[4],[5].

Mais certains scientifiques, tel Rick Maas (spécialiste des énergies renouvelables), appuient sa thèse. Maas déclare : « Tous ceux d’entre nous qui ont examiné les travaux du Dr Mills et qui ne sont pas des physiciens quantiques trouvent ces travaux très convaincants, … Le Dr Booker et moi-même avons tous deux mis notre réputation en jeu là-dessus. » [réf. nécessaire]

D'après Mills, la seule explication à cette découverte serait une erreur dans la mécanique quantique. Rappelons que la mécanique quantique est une des théories les mieux vérifiées depuis un siècle, ayant prédit un nombre considérable de phénomènes spécifiques avant qu'ils soient confirmés par l'expérience.

La théorie développée par Mills pour exhiber l'hypothétique hydrino, la CQM (grand unified theory of classical quantum mechanics) est proposée par l'auteur comme consistante, déterministe, et invariante par la transformation de Lorentz.

Andreas Rathke a montré dans un article appelé A critical analysis of the hydrino model que l'invariance par la transformation de Lorentz (c'est-à-dire la constance de la vitesse de la lumière) n'est pas obtenue. Que l'hydrogène ne peut y exister que dans un seul état (pas d'état excité), ce qui est contradictoire avec la chimie la plus basique et aussi avec l'existence de l'hydrino. [réf. nécessaire]. Mills refute cette démonstration sur 9 points qui, selon lui, seraient surtout dus à la difficulté, pour les spécialistes de la physique quantique d'adopter la conception de l'hydrino dans sa propre cohérence interne [6].

Bob Park et Aaron Barth affirment quant à eux que la CQM comporte tout simplement des fautes de calcul qui la rendent caduque dès les premières pages. Ils s'étonnent même de trouver des chapitres sans erreurs après avoir lu les premiers !

Selon Maas, l'énergie produite serait à peu près 5 fois moins chère que le charbon (32,85 €/MWh, source DGEMP) et 6 fois moins chère que le nucléaire (28,40 €/MWh, source DGEMP).

Comment cette particule pourrait-elle être fabriquée ?[modifier | modifier le code]

Tout d'abord, il faudrait extraire des molécules d'hydrogène de l'eau, puis on séparerait le dihydrogène en atomes d'Hydrogène individuels. Avec un catalyseur (comme les atomes de potassium, ou des ions de strontium), on provoquerait une réaction avec les atomes d'Hydrogène. Suite à la catalyse, l'atome d'hydrogène s'effondre. Il se transforme en hydrino, libérant une grande quantité d'énergie. [réf. nécessaire]

Perspectives d'avenir[modifier | modifier le code]

Le professeur Mills affirme (en 2005) que dans un avenir proche, le premier produit qui appliquerait cette découverte serait le chauffage domestique. La réalisation d'un tel chauffage permettrait de tester s'il y a bien une source d'énergie inexplicable dans le cadre des théories actuelles. Sans même utiliser la physique quantique, le fonctionnement ou non de ce chauffage permettrait de trancher : révolution physique ou erreur de calcul ? L'auteur ayant proposé cette théorie comme un moyen de propulsion de fusées, la NASA a mené une étude sur le sujet et a déclaré cette théorie « non concluante » (inconclusive), ce qui est un terme politiquement correct signifiant « ça ne marche pas ». L'affirmation au sujet de la Nasa porte à caution[7]. On peut aussi s'interroger sur l'inexistence constatée à l'état naturel d'un élément extrêmement plus stable que l'élément le plus répandu dans l'univers : l'hydrogène (si le passage de l'hydrogène à l'hydrino dégage beaucoup d'énergie, alors l'hydrino est beaucoup plus stable que l'hydrogène). [réf. nécessaire]

Fusion froide ?[modifier | modifier le code]

Selon l'université Rowan, cette technologie n'est pas de la fusion froide puisqu'il n'y a pas de fusion de noyaux atomiques, mais une réaction électro-chimique qu'elle confirme [8].

L'hydrino de Mills ressemble curieusement à l'hydrex de Jacques J. Dufour, Jacques H. Foos, du Cnam. Un hydrex est un atome d'hydrogène rétréci, c'est-à-dire avec un électron plus proche du proton que dans l'état fondamental, serait lié à la fusion froide et pourrait être de la "pico-chimie" [9]. Le processus de formation est différent : l'hydrex se formerait dans les solides sous l'effet d'un champ électromagnétique intense. L'hydrex a été imaginé pour expliquer certains phénomènes de fusion froide.

Sur la question de la fusion froide, Mills reste discret pour ne pas discréditer sa théorie, étant donné que la fusion froide a mauvaise réputation dans la communauté scientifique. Il affirme néanmoins que l'hypothèse de l'hydrino pourrait expliquer la fusion froide.

Pour essayer d'expliquer une fusion de nickel et d'hydrogène du chercheur Focardi et de l'ingénieur Rossi, le professeur Ch. E. Stremmenos propose l'hypothèse d'un mini-atome instable d'hydrogène. Sous la contrainte du cristal de nickel, les protons de l'hydrogène diffuseraient facilement dans le cristal et ses électrons se diffuseraient avec les électrons de conductivité du cristal. Une série de mini-atomes instables d'hydrogène pourraient se former et fusionner avec les atomes de nickel, surpassant la barrière de Coulomb. Ils auraient une durée de vie inférieure à 10-18 s et devraient avoir une dimension de 10-14 m, distance à laquelle les forces de cohésion du noyau permettraient la fusion[10].

Confirmation et application[modifier | modifier le code]

  • Selon une étude de R. L. Mills en 2011 [11], confirmée par le Harvard center for astrophysics (CfA) [12], le spectre continu, observé de 22.8 nm à 10.1 nm, dure moins de 2 μs après l'impulsion excitatrice, produit une énergie de 120 eV à 40 eV, ne s'explique par aucun phénomène classique, et est compatible avec la théorie de l'hydrino.
  • L'application en projet est un générateur électrique [13] fonctionnant sous vide à des températures de 300 C à 600 C.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Erico Guizzo, « Loser: Hot or Not? »,‎ janvier 2009 publié sur IEEE Spectrum (en)
  2. (en) [PDF] The Grand Unified Theory of Classical Physics, Part 2 Molecular Physics Dr. Randell L. Mills, BlackLight Power, février 2011.
  3. (en) E. Sheldon, « An overview of almost 20 years’ research on cold fusion », Contemporary Physics, vol. 49, no 5,‎ 2008, p. 375-378 (DOI 10.1080/00107510802465229)
  4. (en) Chris Morrison, « Blacklight Power bolsters its impossible claims of a new renewable energy source », sur New York Times,‎ 21 octobre 2008
  5. (en) A. Rathke, « A critical analysis of the hydrino model », New Journal of Physics, vol. 7,‎ mai 2005, p. 127 (DOI 10.1088/1367-2630/7/1/127)
  6. (en) R. L. Mills, Mills Rebuttal of Rathke Regarding Hydrinos BlackLight Power
  7. (en) [PDF] « Replication of the Apparent Excess Heat Effect in a Light Water-Potassium Carbonate-Nickel Electrolytic Cell » (consulté le 21 novembre 2011)
  8. (en) BlackLight Power Validation by Rowan University (Video), 14 janvier 2014, Rowan University
  9. (en) Jacques Dufour, Is the Rossi energy amplifier the first pico-chemical reactor?, 18 juillet 2010, CNAM
  10. (en) Prof. Ch. E. Stremmenos, Hydrogen/Nickel cold fusion probable mechanism, 14 janvier 2011, Bologne Italie, Journal of Nuclear Physics
  11. (en) R. L. Mills, Y. Lu, Resolved Hydrino Continuum Transitions with Cutoffs at 22.8 nm and 10.1 nm, Eur.Phys. J. D, 64, (2011), pp. 63
  12. (en) R.L. Mills and Y. Lu, Time-resolved hydrino continuum transitions with cutoffs at 22.8 nm and 10.1 nm, Eur. Phys. J. D 64, 65-72 (2011)
  13. (en) Dr. Randell Mills, Terry M. Copeland, Catalyst Induced Hydrino Transition (CIHT) Electrochemical Cell Validation, BlackLight Power, Inc. , 5 janvier 2012