Hydatidose

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Hydatidose
Classification et ressources externes
Echinococcus Life Cycle(French version).PNG
Cycle parasitaire d'Echinococcus. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
CIM-10 B67
CIM-9 122.4, 122
DiseasesDB 4048
eMedicine med/629  med/1046
MeSH D004443
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

L’hydatidose ou échinococcose hydatique ou le kyste hydatique est une maladie provoquée par l'ingestion d'œufs d’Echinococcus granulosus provenant du chien, hôte définitif habituel du ténia échinocoque. Cette maladie potentiellement mortelle peut également affecter de nombreux animaux de la faune sauvage ou domestique (bétail) ainsi que les humains.

La contamination est beaucoup plus le fait de contacts directs avec le chien que par ingestion d'aliments souillés par ses déjections. Cependant la maladie ne sévit que dans les régions où coexistent chiens et herbivores.

Cycle de l’échinocoque[modifier | modifier le code]

La maladie résulte de l'infection par une larve de ténia du genre Echinococcus - notamment E. granulosus, Comme pour beaucoup d'infections parasitaires, le cours de l'infection par l'Echinococcus est complexe. Le ver a un cycle de vie qui exige des hôtes définitifs et des hôtes intermédiaires. Les hôtes définitifs sont en principe des carnivores comme les chiens, alors que les hôtes intermédiaires sont habituellement des herbivores comme les moutons et du bétail. Les humains peuvent également jouer le rôle d’hôtes intermédiaires, bien qu'ils soient habituellement une voie sans issue pour l'infection parasitaire (pas de reproduction dl'échinocoque et pas de dissémination à d'autres organismes). Le cycle de la maladie commence par une infestation par le ténia adulte de l’intestin de l’hôte définitif. Le ténia adulte pond alors des œufs qui sont expulsés dans les selles de l’hôte.

Les hôtes intermédiaires s’infectent par l’ingestion des œufs du parasite. Dans l’organisme de l’hôte intermédiaire, les œufs éclosent et libèrent des embryons minuscules munis de crochets qui traversent la paroi du tube digestif et voyagent dans la circulation sanguine. Ils se fixent par la suite dans un organe tel que le foie, les poumons et/ou les reins. Là, ils se développent pour former un kyste hydatique. À l'intérieur de ces kystes des milliers de larves de ténia se multiplient, pour l’étape suivante du cycle parasitaire. Quand l’hôte intermédiaire est dévoré ou digéré par l’hôte définitif, les larves sont absorbées par voie digestive et se développent en ténias adultes dans l’intestin de l’hôte, et relancent le cycle d'infection.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Echinococcus granulosus est présent dans le monde entier[1].

L'échinococcose atteint 2 à 3 millions de personnes de par le monde, la plupart étant de type cystique[2]. le coût annuel de la maladie est proche de 200 millions de dollars[3].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

La maladie se manifeste par la formation d'un kyste hydatique plus fréquemment situé au niveau du foie, mais pouvant aussi se trouver aux poumons (ces deux localisations comptant pour 90 % des cas[2]) ou dans n’importe quel autre organe en théorie.

Clinique[modifier | modifier le code]

Elle n'est généralement reconnue qu'au stade de complications par compression ou rupture du kyste ; l’hôte intermédiaire reste souvent asymptomatique.

À la clinique, on retrouve pour les kystes hépatiques une sensation de pesanteur, à la palpation on retrouve une hépatomégalie avec masse abdominale lisse.

Pour les kystes pulmonaires, on peut retrouver une hémoptysie, une toux, une dyspnée.

Imagerie[modifier | modifier le code]

À l'échographie[4] ou au scanner, on retrouve une image kystique hépatique liquidiene à lésion calcifiée, parfois avec des échos en flocons à l’intérieur (sable hydatique – au premier stade) ou de multiples vésicules filles.

Biologie[modifier | modifier le code]

La ponction permet d'analyser le liquide kystique et de retrouver les protoscoleces, embryons de l'échinocoque. Elle permet également de faire une étude par PCR

Le kyste hydatique du foie peut se diagnostiquer par un test sérologique (réaction de Weinberg), mais qui est faussement négative dans plus de 50 % des kystes hydatiques du poumon.

L'éosinophilie n'est pas présente chez le porteur de kyste hydatique sauf quand une rupture se produit. En fait, il n'y a généralement aucune anomalie sanguine chez les patients atteints de kyste hydatique.

Évolution[modifier | modifier le code]

Elle peut se faire sur des années, la croissance du kyste étant longue. Elle est donc essentiellement diagnostiquée chez l'adulte.

Le kyste peut entraîner une compression des structures adjacents : compression des veines sus-hépatiques (induisant une hypertension portale ou un syndrome de Budd-Chiari) ou des voies biliaires (ictère cholestatique ou angiocholite). Il peut se rompre, du fait d'un traumatisme, entraînant une dissémination des larves et la formation de kystes secondaires. la rupture peut être responsable d'une fièvre, des phénomènes allergiques : urticaire, hyperéosinophilie, voire un choc anaphylactique. Les kystes peut également s'infecter, se transformant en abcès.

La mortalité est comprise entre 2 et 4 %[2].

Traitement[modifier | modifier le code]

Il existe quatre types de traitement : la chirurgie, le traitement médicamenteux antiparasitaire, le traitement par ponction et l'attitude attentiste[5].

La chirurgie consiste à enlever le ou les kystes. C'est une chirurgie parfois complexe du fait de l'organe atteint et de la taille du kyste.

Le traitement par ponction du kyste est connu sous le nom de PAIR (aspiration percutanée, injection agents scolicidal et réaspiration du contenu du kyste) associé au traitement médicamenteux avec l'albendazole seul à la dose de 400 mg deux fois par jour. Cependant, il existe un risque de rupture de kyste pouvant mener à un choc anaphylactique et/ou à une dissémination secondaire.

Le traitement antiparasitaire se fait avec l'albendazole[6] ou le praziquantel. Ces médicaments sont d'efficacité imparfaite avec des risques de rechutes[7].

Une simple surveillance peut parfois être proposée : le kyste peut, dans un certain nombre de cas, devenir inactif et ne causer aucun symptôme.

Prévention de la maladie[modifier | modifier le code]

Il y a plusieurs stratégies pour prévenir l’échinococcose, la plupart visent à provoquer la rupture du cycle de vie du parasite. Par exemple, l'alimentation des chiens avec des abats crus est un point clé de la dissémination de l'infection dans l'environnement des fermes et cette pratique est fortement déconseillée. En outre, les règles de base en matière d'hygiène telles que faire cuire complètement la nourriture et se laver vigoureusement les mains avant les repas sont utiles pour empêcher les œufs de pénétrer dans le tractus digestif de l’homme. La vermifugation régulière des chiens de ferme avec des produits comme le praziquantel peut également tuer le ténia. En utilisant ces méthodes simples, on a presque entièrement éliminé l’hydatidose de la Nouvelle-Zélande, où elle était très répandue par le passé. Des vaccins efficaces, fabriqués selon une technologie basée sur l’ADN recombinant, sont développés en Australie pour les moutons.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eckert J, Deplazes P, Biological, epidemiological, and clinical aspects of echinococcosis, a zoonosis of increasing concern, Clin Microbiol Rev, 2004;17:107-35
  2. a, b et c McManus DP, Gray DJ, Zhang W, Yang Y, Diagnosis, treatment, and management of echinococcosis, BMJ, 2012;344:e3866
  3. Budke CM, Deplazes P, Torgerson PR, Global socioeconomic impact of cystic echinococcosis, Emerg Infect Dis, 2006;12:296-303
  4. WHO Informal Working Group on Echinococcosis. International classification of ultrasound images in cystic echinococcosis for application in clinical and field epidemiological settings, Acta Trop, 2003;85:253-61
  5. Brunetti E, Kern P, Vuitton DA, WHO-IWGE. Expert consensus for the diagnosis and treatment of cystic and alveolar echinococcosis in humans, Acta Trop, 2010;114:1-16
  6. Horton R, Albendazole for the treatment of echinococcosis, Fundam Clin Pharmacol, 2003;17:205-12
  7. Stojkovic M, Zwahlen M, Teggi A et al. Treatment response of cystic echinococcosis to benzimidazoles: a systematic review, PLoS Negl Trop Dis, 2009;3:e524