Hyaenodon

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Le Hyaenodon est un genre éteint de mammifère préhistorique de la famille des hyaenodontidés et de l'ordre des créodontes, un groupe de carnivores primitifs différents de l'ordre des Carnivores d'aujourd'hui. Apparu à la fin de l'Éocène (-41 Ma), il a disparu au tout début du Miocène (-21 Ma).

Description[modifier | modifier le code]

Le Hyænodon (dent de hyène) dont la taille, selon les espèces, variait de 30 centimètres à 1.4 mètre de haut, pouvait ressembler de loin à une hyène de l'époque contemporaine mais sa morphologie exacte était très différente. Il ressemblait beaucoup plus à un félin qu'à un canidé. Son corps, long et robuste, se terminait par une longue queue. Il possédait cinq orteils à chaque pied et chaque orteil était armé d'une griffe tranchante. Le cou était plus court que le crâne, long et très massif. Celui-ci se terminait par un museau étroit, beaucoup plus grand que ceux des carnivores actuels.

Le crâne du hyænodon renfermait un cerveau plutôt petit pour un animal de cette envergure (néocortex de taille réduite) mais sa structure démontre qu'il était doté d'importants muscles maxillaires et d'un sens de l'odorat particulièrement aigu. La tête était si grosse et dentée qu'elle fait de cet animal un redoutable prédateur : ses huit dents pointues, acérées, étaient alignées de chaque côté de la mâchoire et conservaient leur arête tranchante. Les mâchoires, longues et étroites, étaient puissantes et servaient à mordre, à briser le cou de ses proies, à broyer et à écraser. La morphologie des molaires était différente de celle des Carnivores de l'époque actuelle. Ses puissantes mâchoires sont restées à ce jour, sans égal.

On pense que le Hyænodon pouvait courir environ 55 à 58 km/h et un de ses prédateurs est l'entélodonte adulte. Le Hyænodon a régné sur les terres d'Amérique du Nord durant 20 millions d'années, quand les autres espèces perduraient environ 5 millions d'années.

Répartition[modifier | modifier le code]

Les fossiles, assez communs, ont été trouvés en Asie, en Amérique du Nord, en Europe et en Afrique. Le site de Hsanda Gal, en Mongolie, est l'endroit où il y a eu le plus de découvertes.

Habitudes de vie[modifier | modifier le code]

Bien que ressemblant aux hyènes, le Hyænodon avait des habitudes très différentes et était de toute façon moins charognard. Les espèces plus petites étaient peut-être grégaires et chassaient en groupe. Mais un néocortex petit, peu apte à la réflexion, indique une propension à chasser à l'instinct, en solitaire plutôt qu'en groupe : le hyænodon chassait plutôt seul et pouvait s'attaquer aux chevaux comme aux chameaux. À plusieurs, ils pouvaient s'attaquer aux jeunes indricothères. Il est même quasi certain qu'il y ait eu des espèces fouisseuses.

Les espèces plus grandes, telle Hyænodon gigas, étaient plus solitaires et ne se fréquentaient qu'à la saison des amours. L'usure des dents fossiles démontre, selon plusieurs paléontologistes, qu'il grinçait des dents afin probablement d'effrayer ses rivaux ou de conquérir une femelle.

Le Hyænodon marchait sur la pointe des pieds, aidé par une forte musculature, ce qui lui permettait de courir très vite. Les proies les plus convoitées devaient être des herbivores de la famille des rhinocéros ou des chevaux tels que les chalicothères. Il chassait peut-être des entelodontes juvéniles, mais pas les individus adultes qui, au contraire, représentaient des prédateurs ennemis.

Selon des restes fossilisés trouvés aux États-Unis, certains d'entre eux possédaient de curieuses habitudes alimentaires. En effet, ils couvraient leurs proies de leurs excréments, ce qui permettait de masquer leur odeur et d'écarter d'éventuels chapardeurs. Certains ours d'aujourd'hui ont conservé cette habitude.

Le Hyænodon a évolué parallèlement avec l'ordre des Carnivores mais ceux-ci, plus intelligents et plus spécialisés, ont fini par les supplanter. On sait d'ailleurs qu'à la fin de l'Éocène, la biodiversité s'est réduite au fur et à mesure que le climat se refroidissait.

Systématique[modifier | modifier le code]

Le genre Hyaenodon à été décrit par les paléontologues Laizer et Parieu en 1838. L’espèce type pour le genre est : Hyaenodon leptorhynchus.

synonymie[modifier | modifier le code]

  • Taxotherium Blainville 1841,
  • Pseudopterodon Schlosser 1887,
  • Neohyaenodon Thorpe 1922,
  • Protohyaenodon Stock 1933

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Liste des espèces
  • Hyaenodon bavaricus
  • Hyaenodon brevirostris
  • Hyaenodon chunktensis (Dashzevg, 1985)
  • Hyaenodon crucians (Leidy, 1853)
  • Hyaenodon exicuus (Gervais, 1872)
  • Hyaenodon eminus (Mathew et Granger, 1924)
  • Hyaenodon filholi Schlosser 1877 (Dédié à Henri Filhol)
  • Hyaenodon gigas (Dashzevg, 1985): le plus gros pouvait peser 500 kilogrammes
  • Hyaenodon incertus
  • Hyaenodon leptorhynchus Espèce type pour le genre
  • Hyaenodon megaloides
  • Hyaenodon microdon
  • Hyaenodon milloquensis
  • Hyaenodon mongoliensi (Dashzevg, 1964)
  • Hyaenodon montanus
  • Hyaenodon mustelinus (Scott, 1875): l'un des plus petits
  • Hyaenodon nouleti (Depéret, 1917) Dédié à Jean-Baptiste Noulet
  • Hyaenodon pervacus (Mathew et Granger, 1924)
  • Hyaenodon rainergi
  • Hyaenodon venturae
  • Hyaenodon vetus
  • Hyaenodon weilini
  • Hyaenodon yuanchensis (Young, 1937)

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tim Haines et David Chambers. Préhistoire, des dinosaures aux premiers hommes. Fleurus. 2006. ISBN 9782215053958
  • R. L. Carroll. Vertebrate paleontology and evolution. W. H. Freeman and Company. 1988.