Hyacinthe-Sigismond Gerdil

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Hyacinthe-Sigismond Gerdil
Image illustrative de l'article Hyacinthe-Sigismond Gerdil
Portrait du cardinal Gerdil, d'après Pompeo Batoni (1708–1787)
Biographie
Naissance 23 juin 1718
aux Samoëns (France)
Ordination sacerdotale 23 mai 1802
Décès 12 août 1802
à Rome (Italie)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
17 février 1777 par le
pape Pie VI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de
S. Giovanni a Porta Latina (1777)
puis de S. Cecilia (1784)
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 23 juin 1777 par
Mgr Marcantonio Colonna
Fonctions épiscopales Évêque de Dibon
camerlingue du Sacré Collège
Préfet de la Sacrée congrégation pour la propagation de la foi
Préfet de la Congrégation de l'Index

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Hyacinthe-Sigismond Gerdil, savoyard, né le 23 juin 1718 à Samoëns et mort à Rome 12 août 1802, fut homme d'Église, cardinal de l'Église catholique, et participant au conclave de Venise en 1800.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et éducation[modifier | modifier le code]

Son acte de naissance sur le registre paroissial de Samoëns porte : Jean François, fils de maître Pierre Gerdil notaire royal et honorable Françoise Perrier. Son père était châtelain de Samoëns. Sa mère est la fille du notaire royal et châtelain de Taninges[1].

Il suit des études à Bonneville et à Thonon. Puis il bénéficie des cours prodigués par les religieux Barnabites, originaires du Milanais, au Collège Chappuisien d' Annecy. En 1734, il entre en religion, sur la recommandation de son oncle Jean Gerdil, un mathématicien employé du duc de Savoie, comme novice chez les Barnabites . Il apprend la philosophie et la rhétorique. Son entrée dans la Congrégation des Clercs réguliers de Saint Paul (Barnabites), coïncide avec son changement de nom, il abandonne Jean-François pour Hyacinthe-Sigismond (ou Giacinto-Sigismondo), et prononce solennellement ses vœux le 25 septembre 1735. Puis en 1735, il part étudier la théologie à Bologne.

Enseignant et homme d’Église[modifier | modifier le code]

Il devient professeur de philosophie à Macerata, puis à Casal. En 1741, il est ordonné prêtre. Il devient sous-diacre le 27 mai 1741, puis diacre le 4 juin 1741. Il rejoint l'université de Turin de 1750 à 1763 avant de devenir en 1764 le précepteur du petit-fils du roi Charles-Emmanuel III de Savoie. Vers la fin des années 1750, le roi le charge de rédiger un traité démontrant l'inanité et le caractère impie autant qu'inepte du duel judiciaire qui privait le royaume d'excellents éléments. En 1759, il publie le Traité des combats singuliers dans un style clair, précis, sans fioriture mais fluide, annonçant la logique de l'État-Nation.

Épiscopat[modifier | modifier le code]

Il est élu évêque titulaire de Dibona le 17 février 1777 et consacré le 2 mars 1777 en l'église S. Carlo ai Catinari, de Rome, par le cardinal Marcantonio Colonna, vicaire de Rome, assisté d'Alessandro Mattei, archevêque titulaire de Colosso et de Francesco Antonio Marcucci, évêque de Montalto et vice-régent de Rome.

Cardinalat[modifier | modifier le code]

Il est élevé à la dignité de cardinal in pectore par le pape Pie VI, lors du consistoire du 23 juin 1777. Sa nomination est officialisée lors du consistoire du 15 décembre 1777. Il reçoit sa barrette rouge de cardinal en l'église San Giovanni a Porta Latina de Rome le 30 mars 1778. Administrateur du Décanat de Savoie, il est nommé le 20 septembre 1784 cardinal-diacre de Santa Cecilia in Trastevere, un titre cardinalice prestigieux.

Camerlingue du Sacré Collège du 13 février 1786 au 29 janvier 1787, il est nommé préfet de la Sacrée congrégation pour la propagation de la foi, le 27 février 1795. Il occupera ce poste jusqu'à sa mort. Après l'invasion de Rome par les troupes françaises en 1798, il retourne à l'abbaye della Chiusa.

En 1800, il est présent au conclave de Venise pour participer à l'élection du successeur du pape Pie VI, mort en août 1799. Il y fait figure de favori, inspirant le respect comme philosophe et comme pieux homme d'Église, il concentre sur lui de nombreux suffrages ; cependant, la Savoie étant à cette époque annexée par la France, François II du Saint-Empire qui disposent d'un droit d'exclusion (exclusive), demande à son représentant le cardinal Franziskus Herzan von Harras de bloquer son élection.

À l'issue du conclave, il accompagne le nouveau pape Pie VII à Rome en 1800. Il est nommé préfet de la Congrégation de l'Index.

Il décède le 12 août 1802 à Rome et est enterré en l'église San Carlo ai Catinari.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Érudit, il fut un auteur prolifique, écrivant aussi bien en latin, qu'en italien et en français sur des sujets tels que la théologie dogmatique et morale, le droit canon, la philosophie, la pédagogie, l'histoire, les sciences physiques et naturelle. Ses écrits, regroupés en vingt volumes in-quarto sont édités à Rome, entre 1806 et 1821.

Il fut un humaniste catholique, usant de la raison pour la mettre au service de sa foi, assimilant le christianisme à la civilisation et considérait l'antiquité gréco-latine comme la racine du christianisme authentique et moderne. Il participa au grand mouvement rationaliste de la fin du XVIIIe siècle mais sans s'éloigner de l'Église catholique. Il démontra philosophiquement l'immatérialité de l'âme.

Il était apprécié pour le respect qu'il avait de ses adversaires dans le débat des idées et ne s'en prenait jamais aux personnes. Il prenait ses sujets très au sérieux et avait un raisonnement très rigoureux. Il a écrit un ouvrage important contre l'Émile de Jean-Jacques Rousseau, et le philosophe genevois a reconnu qu'il était le seul à lui avoir opposé des arguments dignes d'attention.

Dans son Compendium Institutionum Civilium, il soutient que l'esclavage est compatible avec le droit naturel, et ne rompt pas l'égalité entre les hommes, l'esclave restant titulaire de droits, comme celui de ne pas être traité cruellement par son maître[2].

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Colette Gérôme, Histoire de Samoëns : Sept montagnes et des siècles, La Fontaine de Siloë,‎ 2004, 254 p. (ISBN 978-2-84206-274-3), p. 133.
  2. Catholic Encyclopedia, Ethical Aspect of Slavery
  • Un article de l'Essor savoyard du 15 juillet 2004, « L'homme qui faillit devenir pape » par Rémi Mogenet.