Hwang Chun-ming

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Hwang Chun-ming

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Hwang Chun-ming à Yilan, Taïwan, en 2014.

Activités Romancier, nouvelliste
Naissance 13 février 1935 (79 ans)
Luodong, Yilan, Taïwan
Langue d'écriture Mandarin
Genres Roman, nouvelle, littérature d’enfance et de jeunesse

Œuvres principales

  • La Grande poupée de son fils (1968)
  • Le Gong (1969)
  • Sayonara et au revoir (1973)
  • J'aime Mary (1977)

Hwang Chun-ming (chinois : 黃春明, pinyin : huáng chūnmíng) est un écrivain taïwanais né en 1935. Son œuvre a été récompensée de plusieurs prix et distinctions de niveau national[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Hwang Chun-ming naît en 1935 à Luodong dans la campagne du Comté de Yilan, au Nord-Est de Taïwan, à l’époque coloniale japonaise (1895-1945). Étudiant turbulent, Hwang Chun-ming trouve très tôt sa vocation dans la littérature[2]. En 1956, il publie sa première nouvelle, Le Fils du balayeur de rue (qing dao fu de hai zi).

Tour à tour instituteur, animateur à la radio et employé d’agences publicitaires[3], Hwang accumule les expériences professionnelles tout en publiant à un rythme soutenu dans des revues littéraires. Dès la fin des années 1960, sa notoriété va grandissant avec la publication de ses nouvelles et romans les plus connus. Dans les années 1980, plusieurs de ses œuvres sont portées au grand écran par les auteurs de la Nouvelle Vague taïwanaise, dont La Grande poupée de son fils par Hou Hsiao-hsien[4].

À partir des années 1990, Hwang Chun-ming cherche à toucher un public jeune. Il publie ainsi une série de textes pour enfants qu’il illustre de ses collages et fonde une troupe de théâtre pour enfants, la « troupe du grand poisson Hwang » (huang da yu er tong ju tuan), avec laquelle il parcourt l’île lors de tournées annuelles. À côté de cela, Hwang continue de publier des textes littéraires pour un public adulte, principalement sous forme de nouvelles courtes[5]. En 2005, il fonde la revue littéraire Neuf virages et dix-huit tournants (jiu wan shi ba guai) et en 2012, il ouvre un café littéraire dans la ville de Yilan[6].

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Hwang Chun-ming est souvent considéré comme l’un des principaux représentants de la littérature dite « du terroir » (xiang tu wen xue) des années 1960 et 1970[7]. Ses récits les plus connus sont en effet résolument ancrés dans le décor du Taïwan de ces années-là. Ils s’opposent en cela à la littérature anti-communiste et nostalgique de la Chine perdue promue par le régime de Chiang Kai-shek dans les années précédentes.

Hwang est par ailleurs connu pour ses mises en scène pleines d’humour mais sans concession de personnages marginaux et subalternes, petites gens misérables comme dans La Grande poupée de son fils (er zi de da wan ou, 1968) ou Le Goût des pommes (ping guo de zi wei, 1972), victimes de la société comme dans Les Jours où elle regardait la mer (kan hai de ri zi, 1967), délaissés de l’histoire comme dans Le Gong (luo, 1969).

Dans d’autres œuvres, il dénonce avec une ironie grinçante des phénomènes d’aliénation au sein d’une population trop peu confiante en elle-même et souffrant d’un sentiment d’infériorité par rapport aux cultures américaine et japonaise notamment[8], comme dans Sayonara et au revoir (sha yo na la zai jian, 1973), Les Petites veuves (xiao gua fu, 1975) ou J’aime Mary (wo ai ma li, 1977).

À partir des années 1980, Hwang Chun-ming s’intéresse également au sort des personnes âgées, nouveaux laissés-pour-compte du miracle taïwanais, comme dans Une Remise en liberté (fang sheng, 1987)[9].

Écrivain plus humaniste que véritablement engagé, Hwang Chun-ming garde toujours une distance pleine d’humour par rapport à ce qu’il décrit. Son style faussement naïf a donné une voix aux défavorisés en intégrant dans la langue écrite et littéraire chinoise des tournures de phrases et des formules caractéristiques des parlers populaires mandarin et taïwanais.

Ouvrages traduits en français[modifier | modifier le code]

Nouvelles et romans[modifier | modifier le code]

  1. Le Gong, trad. Emmanuelle Péchenart et Anne Wu, Actes Sud, Arles, 2001.
  2. J’aime Mary, trad. Matthieu Kolatte, Bleu de Chine-Gallimard, Paris, 2014 (recueil de nouvelles contenant J’aime Mary, La Grande poupée de son fils, Le Goût des pommes, Le Chapeau de Hsiao-Chi).

Livres pour enfants[modifier | modifier le code]

  1. Je suis un chat, un vrai, trad. Angel Pinot, Isabelle Rabut, Gulf Stream Éditeur, Saint-Herblain, 2006.
  2. L’Éléphant à la trop petite trompe, trad. Elia Lange, Gulf Stream Éditeur, Saint-Herblain, 2006.
  3. Le Secret des bonshommes de paille, trad. Elia Lange, Gulf Stream Éditeur, Saint-Herblain, 2006.
  4. L’Empereur qui n’aimait que les douceurs, trad. Elia Lange, Gulf Stream Éditeur, Saint-Herblain, 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Citons entre autres le Prix des Arts Wu San-lian (wu san lian wen yi jiang) 1980, le Prix National des Arts (guo jia wen yi jiang) 1998, le Prix de la Littérature du China Times (zhong guo shi bao wen xue jiang) 2000 et le Prix Présidentiel de la Culture (zong tong wen hua jiang) 2013.
  2. Hwang Chun-ming parle des livres et des personnes qui ont marqué sa jeunesse et l’ont encouragé dans sa vocation littéraire dans la préface du recueil de nouvelles traduites en anglais par Howard Goldblatt, The Taste of Apples, Columbia University Pess, New York, 2001, p. XIV.
  3. An Anthology of Chinese Contemporary Literature, National Institute for Compilation and Translation, Taipei, 1975, p. 319.
  4. Le film à sketches L’Homme-Sandwich, sorti en 1983, est composé d’adaptations de trois nouvelles de Hwang par trois réalisateurs différents : Hou Hsiao-hsien, L’Homme-Sandwich, Zeng Zhuang-Xiang, Le Chapeau de Hsiao-Chi, Wan Ren, Le Goût des pommes. La même année le roman de Hwang Les Jours où elle regardait la mer est porté au grand écran par le réalisateur Wang Tong. En 1984, son roman J’aime Mary fait l’objet d’une adaptation signée Ke Yi-Zheng.
  5. À propos des œuvres littéraires de Hwang au tournant des années 2000, voir une interview de lui dans la revue Taiwan Panorama, janvier 2000, p. 56.
  6. Facebook officiel du café de Hwang : « La Maison sous l’arbre aux cent fruits »
  7. Fan Ming-ju, “The Sense of Place in Hwang Chun-ming’s Fiction”, in : The Margins of Becoming: Identity and Culture in Taiwan, éd. Carsten Storm, Mark Harrison, Harrassowitz Verlag, Wiesbaden, 2007, p. 117-124.
  8. King-fai Tam, “Beautiful Americans, Ugly Japanese, Obsequious Chinese, The Depiction of Race in Huang Chunming’s Stories”, in : Race and Racism in Theory and in Practice, éd. Berel Lang, Rowman and Littlefield publishers, Maryland, 1999, p. 165-176.
  9. 100 Trésors de la littérature taïwanaise, éd. Musée National de la Littérature Taïwanaise, Tainan, 2012, p. 117.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 100 Trésors de la littérature taïwanaise, éd. Musée National de la Littérature Taïwanaise, Tainan, 2012.
  • Sandrine Marchand, Sur le fil de la mémoire. Littérature taïwanaise des années 1970-1990, Tigre de papier, 2009.
  • La Littérature taïwanaise : État des recherches et réception à l'étranger, éd. Isabelle Rabut, Angel Pinot, Youfeng, Paris, 2011.
  • Writing Taiwan: a New Literary History, éd. David Der-wei Wang, Carlos Rojas, Duke University Press, Durham, 2007.
  • King-fai Tam, “Beautiful Americans, Ugly Japanese, Obsequious Chinese, The Depiction of Race in Huang Chunming’s Stories”, in : Race and Racism in Theory and in Practice, éd. Berel Lang, Rowman and Littlefield publishers, Maryland, 1999, p. 165-176.
  • Fan Ming-ju, “The Sense of Place in Hwang Chun-ming’s Fiction”, in : The Margins of Becoming: Identity and Culture in Taiwan, éd. Carsten Storm, Mark Harrison, Harrassowitz Verlag, Wiesbaden, 2007, p. 117-124
  • 肖成,「大地之子 : 黃春明的小說世界」,(臺北市 : 人間, 2007) (monographie en chinois sur le monde littéraire de Hwang Chun-ming).
  • 李瑞騰, 梁竣瓘編選,「黃春明 / 封德屏總策畫」,(臺南市 : 國立臺灣文學館, 2013) (recueil de textes critiques en chinois sur l’œuvre littéraire de Hwang Chun-ming).

Liens externes[modifier | modifier le code]