Hugues de Morville (l'aîné)

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Ruines de l'abbaye de Dryburg qu'il fonde entre 1150 et 1152.

Hugues de Morville (mort en 1162), lord de Lauderdale et probablement de Cunningham with Largs et Nord-Westmorland, est un chevalier normand au service de David Ier d'Écosse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Parentés[modifier | modifier le code]

Selon G. W. S. Barrow, dans son Anglo-Norman Era[1] : « il semble probable que le père de Guillaume, et du premier Hugues de Morville, était Richard de Morville qui a été témoin des chartes de Richard de Reviers pour Montebourg et l'église de Sainte-Marie dans le château de Néhou au début du XIIe siècle »

Toutefois, sa parenté reste obscure, mais on sait qu'il venait de Morville (aujourd'hui dans le département de la Manche[2]. On pense que Morville entre au service du prince écossais David, alors comte de Huntingdon, lorsque celui-ci contrôle un territoire dans le Cotentin qui lui a été donné par Henri Ier d'Angleterre un peu après 1106[réf. nécessaire]. Aux alentours de 1115, Morville est présent à ses côtés[2]. Le prince écossais monte sur le trône en 1124.

Carrière[modifier | modifier le code]

C'est très certainement de David qu'il obtient les seigneuries de Bozeat (Northamptonshire) et Whissendine (Rutland), qui font partie de l'honneur d'Huntingdon[2] (qui faisait partie de la dot de sa femme, Maud d'Huntingdon). Plus tard, il obtient la baronnie stratégique écossaise de Lauderdale et y construit le château de Lauder[2]. Il est fort probable qu'il obtienne aussi l'importante baronnie de Cunningham with Largs, mais les preuves manquent[3],[4],[2].

Il est l'un de ses favoris et de ses soutiens les plus enthousiastes[2]. Le roi écossais a entrepris de réformer son administration en la calquant sur celle de l'Angleterre, et pour cela, il utilise beaucoup de Normands, dont Morville qui devient son connétable[2]. Il est possible qu'il occupe ce poste à partir de 1138, car il fait partie des barons écossais dont le nom est souvent cité par les chroniqueurs contemporains, comme participant aux multiples invasions écossaises en Angleterre[2]. Signe de son importance, il fait partie des cinq grands barons écossais, dont trois comtes, qui doivent donner des otages dans le cadre du second traité de Durham de 1139[2]. Ce n'est qu'en novembre 1140 qu'il est mentionné pour la première dans un document comme étant le connétable d'Écosse[2]. Étrangement, le premier connétable du roi, Édouard fils de Siward, occupe conjointement le poste jusqu'en 1144[2].

À partir de 1141, le roi écossais arrête ses incursions en Angleterre, et se consacre à la gestion des terres qu'il a acquises dans le Royaume d'Angleterre. C'est à cette époque-là que les historiens pensent que David Ier confie probablement à Morville une autre baronnie stratégique, la seigneurie de Nord-Westmorland[2] (aussi appelée seigneurie d'Appleby, du nom de son principal château).

Après la mort de David Ier en 1153, il sert son petit-fils Malcolm IV d'Écosse, dont il est aussi le connétable[2]. Il occupe cet office jusqu'à sa mort, en 1162, ou un peu avant quand il se fait chanoine à Dryburgh[2].

Vers 1150-1152, il fonde l'abbaye prémontrée de Dryburgh, avec des chanoines venant de l'abbaye d'Alnwick. Morville épouse Béatrice, héritière de Houghton Conquest, et fille de la Famille de Beauchamp de Bedford[2]. Par son intermédiaire, de nombreuses familles anglo-normandes s'installent en Écosse et y deviennent importantes, comme les Sinclair[2]. De son côté, la famille de Morville s'éteint en 1196 quand il n'y a plus d'héritier mâle[2].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse Béatrice, une fille de la Famille de Beauchamp de Bedford. Ils ont trois fils et deux filles connus[2] :

  • Hugues de Morville († 1173/1174), lord de North Westmoreland, assassin de Thomas Becket[2] ;
  • Richard († 1189/90), possiblement fils pûiné, connétable d'Écosse, hérite des domaines écossais et de ceux de l'honneur d'Huntingdon[2] ;
  • Malcolm († avant 1174), tué dans un accident de chasse[2] ;
  • Ada, épouse de Roger Bertram, lord de Mitford (Northumberland)[2] ;
  • Maud (Mathilde), épouse de Guillaume de Vieuxpont († 1203 ou avant)[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Barrow, p. 70-71
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v et w Keith Stringer, « Morville, Hugh de (d. 1162) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  3. G.W.S. Barrow, « Beginnings of Military Feudalism », p. 251.
  4. Keith Stringer, « Early Lords of Lauderdale », in Keith Stringer (ed.), Essays on the Nobility of Medieval Scotland, (Edinburgh, 1985), p. 46-47.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Keith Stringer, « Morville, Hugh de (d. 1162) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alan Orr Anderson, Scottish Annals from English Chroniclers: AD 500–1286, (Londres, 1908), republication, Marjorie Ogilvie Anderson|Marjorie Anderson (éd.), Stamford, 1991.
  • G. W. S. Barrow, The Anglo-Norman Era in Scottish History, Oxford, 1980, p. 71n.
  • G. W. S. Barrow, « Beginnings of Military Feudalism », dans G.W.S. Barrow (éd.), The Kingdom of the Scots, Édimbourg, 2003, p. 250-278.
  • G. W. S. Barrow (editor), « The Scots and the North of England », dans The Kingdom of the Scots, Édimbourg, 2003, p. 130-147.
  • A.A.M. Duncan, Scotland: The Making of the Kingdom, Édimbourg, 1975.
  • Sir Archibald Lawrie, Early Scottish Charters Prior to A.D. 1153, Glasgow, 1905.
  • Richard Oram, David: The King Who Made Scotland, Gloucestershire, 2004.
  • Keith Stringer, « Early Lords of Lauderdale », in Keith Stringer (ed.), Essays on the Nobility of Medieval Scotland, Édimbourg, 1985, p. 44-71.