Hugues de Morville (fils)

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Miniature du XIIIe siècle montrant l'assassinat de Thomas Becket auquel participe Hugues de Morville

Hugues de Morville († 1173/1174), lord de Cunningham et de Lauderdale, est un chevalier anglo et scoto-normand au service du roi Henri II d'Angleterre à la fin du XIIe siècle. Il est l'un des assassins de l'archevêque de Cantorbéry Thomas Becket en 1170.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hugues est le fils aîné de Hugues de Morville († 1162), lord de Cunningham, Lauderdale et du nord de Westmorland, et de Béatrice de Beauchamp. Il est issu d'une famille baronniale assez notable qui a prospéré en Écosse et en Angleterre, où elle a reçu des terres de David Ier d'Écosse.

En 1158, Henri II accepte de reconnaître les propriétés des Morville dans le nord de l'Angleterre, mais à la condition que Hugues père les transmette à son fils. Hugues doit donc être majeur à cette date. Par la suite, il semble mener une carrière réussie au service du roi jusqu'aux années 1170, bien qu'il y ait peu d'indices pour l'indiquer. En 1170, il agit assez certainement comme justicier royal itinérant.

Assassinat de Becket[modifier | modifier le code]

À Noël 1170, il est à la cour royale qui se tient à Bur-le-Roi[1], près de Bayeux, en Normandie. La conduite de Becket est évoquée, et Henri II se demande « qui donc va me débarrasser de ce turbulent prêtre ? ». Hugues de Morville et trois autres chevaliers du roi, Reginald Fitzurse, Guillaume de Tracy et Richard Brito, décident alors de faire le voyage jusqu'à Cantorbéry. D'après Benoît de Peterborough, Morville est le plus éminent des quatre chevaliers conspirateurs.

Morville joue un rôle mineur dans l'assassinat de Becket, mais son statut en fait l'interlocuteur principal de ce dernier. Après avoir échoué à convaincre l'archevêque de faire amende honorable auprès d'Henri le Jeune, et d'absoudre les évêques anglais qu'il a excommuniés, ou de quitter l'Angleterre, ils prennent les armes, et poursuivent Becket dans son palais, puis dans sa cathédrale. À ce moment-là, Morville se détache de la meute et garde l'entrée de la nef, pour empêcher tout secours de venir en aide à l'archevêque. Après la mort de Becket, les quatre chevaliers partent pour le château de Saltwood. Ils se réfugient ensuite dans le château de Knaresborough, qui appartient à Morville.

Morville meurt certainement avant la fin de l'année 1174, probablement alors qu'il est en pèlerinage en Terre sainte sur ordre du pape Alexandre III. Une partie de ses terres dans le Westmorland passe à sa sœur Maud, car il meurt sans descendance, et probablement sans avoir été marié.

Il n'y a aucune indication qu'il ait eu à souffrir de quelque défaveur royale que ce soit après son implication dans la mort de Becket. Il y a souvent eu confusion entre lui et un autre Hugues de Morville, lord de Burgh by Sands, mort en 1202.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lieu non identifié avec certitude. Il s'agit peut-être d'un lieu dans la commune de Noron-l'Abbaye.

Sources[modifier | modifier le code]

  • R. M. Franklin, « Morville, Hugh de (d. 1173/4) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004. Version de décembre 2008.