Hugues de Fosses

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Le bienheureux Hugues de Fosses (vers 1093 à Fosses-la-Ville en Belgique - † 10 février 1164 à Prémontré en Aisne) fut un des premiers disciples et compagnons de Norbert de Xanten et premier abbé de l’ordre des chanoines de Prémontré (Norbertins). Il est fêté le 10 février.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à Fosses, alors dans la principauté-diocèse de Liège, Hugues fut très tôt orphelin. Éduqué à l’école abbatiale de la célèbre abbaye Saint Feuillien de Fosses, il devint clerc et fut d’abord attaché à l’évêque de Cambrai comme secrétaire. En 1119, il rencontra Norbert de Xanten qui, de passage à Valenciennes, tomba malade. Hugues prit soin de Norbert et en devint même le disciple.

Disciple et compagnon de Norbert de Xanten[modifier | modifier le code]

Norbert forma à la vie religieuse ce premier disciple qui devint son compagnon de voyage et collaborateur immédiat. Norbert de Xanten s’efforçait de réformer les chapitres de chanoines en leur faisant adopter une règle de vie (devenant chanoines réguliers) qui, tout en leur laissant toute latitude en ce qui concerne le travail pastoral, les encourageait à une vie plus proche de l’Évangile (y compris la vie de communauté de biens).

Fondation de Prémontré[modifier | modifier le code]

En 1120, Prémontré était fondé. Le choix du lieu, dans l’actuelle forêt de Saint-Gobain, France), comme site de la première fondation abbatiale des chanoines norbertins, est dû à Hugues qui dut faire face à une forte opposition d’autres collaborateurs de Norbert. Prémontré devint le siège de l’ordre des chanoines réguliers de saint Norbert appelé couramment prémontrés. Hugues en devint le premier prieur de la communauté, et en fait le véritable bâtisseur de l’abbaye.

Fondation de Floreffe[modifier | modifier le code]

L’abbaye de Floreffe, près de Namur, en Belgique, fut la seconde fondation de l’ordre. En 1121, de passage à Namur, Norbert reçoit d’Ermesinde (épouse du comte Godefroi Ier de Namur) une fondation richement dotée: ce sera Floreffe (27 novembre 1121). On peut estimer que Hugues de Fosses n'est pas étranger à cette fondation si proche de sa ville natale.

Premier abbé général de Prémontré[modifier | modifier le code]

Lorsque Norbert de Xanten fut appelé à devenir archevêque de Magdebourg, en Allemagne (1126), Hugues de Fosses (sur proposition de Norbert) fut élu supérieur général de l’ordre. Il fut confirmé à ce titre par l’évêque de Laon, Barthélemy de Jur. Il se consacra alors à consolider les éléments fondateurs de l’ordre. Il rassembla les éléments d’une biographie complète du fondateur, Norbert de Xanten. Il fit adopter la Règle de saint Augustin que, avec l’aide des supérieurs de maison qu’il rassemblait en chapitres généraux, il adapta aux besoins des chanoines réguliers par des statuts ou règlements particuliers. Il en organisa le cérémonial de chœur (ici également adapté aux charges pastorales des chanoines). Mais surtout, l'engagement pastoral de prêtres bien formés et au comportement religieux et évangélique leur attira le soutien de beaucoup. Si Norbert de Xanten est bien à l'origine de l'ordre canonial des Prémontrés c'est Hugues de Fosses qui en assura les fondements. L'expansion fut rapide et sous la gouvernance de Hugues de Fosses de nombreux monastères d’hommes et de femmes furent fondés en divers pays.

Décès... et histoire posthume[modifier | modifier le code]

Pendant 36 ans Hugues fut le père de la communauté et le gardien des coutumes de l’ordre dont il était la force dynamique. Il mourut le 10 février 1164 et fut enseveli dans son église abbatiale de Prémontré. En 1279, son corps fut transféré devant le maître-autel de l’église abbatiale. L'abbé général Lescellier lui donna un sarcophage plus honorable en 1660. Après la sécularisation de l’abbaye de Prémontré en 1790, suite aux désordres de la Révolution française, on transféra son corps dans l’église de Bassoles-Aulers où il fut caché de 1794 à 1896. Il se trouva ensuite dans la cathédrale de Laon de 1896 à 1910, puis de nouveau en l’église de Brancourt-en-Laonnois où il a été retrouvé sous les ruines après la Grande Guerre, grâce aux soins de l'évêque de Namur, Thomas-Louis Heylen, lui-même religieux prémontré.

En 1192 et avec l'autorisation de l'évêque de Soissons, l'abbé Franken de l'abbaye de Bois-Seigneur-Isaac vint recueillir les restes d'Hugues de Fosses pour les emporter dans son abbaye en Belgique où elles trouvèrent une nouvelle sépulture.

Le culte - immémorial dans l’ordre des Prémontrés - fut confirmé par le pape XI en juillet 1927 et Hugues de Fosses fut déclaré bienheureux. Sa fête liturgique est fixée au 10 février.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hugues Lamy, Vie du Bienheureux Hugues de Fosses, Éditions La terre Wallonne, Charleroi, 1925.
  • François Petit, La spiritualité des prémontrés aux XIIe et XIIIe siècles, J. Vrin, 1947.