Huda Sharawi

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Huda Sharawi

Description de l'image  Huda Shaarawy.gif.
Naissance 23 juin 1879
Minya
Décès 12 décembre 1947
Nationalité Égyptienne
Activité principale Féminisme

Huda Sharawi ou Hoda Shaarawi (هدى شعراوي ) (née le 23 juin 1879, morte le 12 décembre 1947) était l'une des pionnières du mouvement féministe égyptien et arabe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Huda Sharawi est née à Minya en Haute-Égypte sous le nom de Nur al-Huda Sultan. Issue d'une famille égyptienne importante, elle est la fille de Muhammad Sultan, président de la Chambre des députés et d'une esclave circassienne. Elle a passé sa jeunesse dans un harem, elle y a appris le Coran par cœur, mais sans être autorisé à recevoir des cours d'arabe. Dans ses mémoires, elle racontait comment l'eunuque chargé de veiller sur elle avait interdit à sa préceptrice de Coran de lui apprendre la grammaire arabe : « Remportez votre livre, madame l'institutrice. La jeune dame n'a pas besoin de grammaire, car elle ne deviendra pas juge ». La langue qu'elle utilisait quotidiennement était donc le français, que lui avait enseigné une institutrice italienne.

A treize ans, elle est mariée contre son gré avec son cousin, Ali Sharawi, dont elle divorcera peu après. Elle se remaria avec lui à l'âge de vingt et un ans. C'est aussi un homme politique, membre du parti laïc et libéral Al-Wafd, qui l'associe dans son combat contre le protectorat britannique en Égypte[1]. En 1908, elle part en vacance à Paris où elle admire l'élégance des femmes qu'elle ne tardera pas à imiter.

Engagement social et féministe[modifier | modifier le code]

Elle fonde peu après un dispensaire accompagné d'une école donnant des enseignements de puériculture et d'hygiène domestique. Cette institution était parrainée par un groupe de dames de la haute société égyptienne réunies au sein de la Mabarrat Muhammad Ali al-Kabir. Son institution eut un grand succès, son dispensaire devint un hôpital autour duquel se développa tout un réseau de soin du même type.

En 1919, en pleine agitation nationaliste, le même groupe de dames fonda dans un quartier populaire du Caire la "Société de la femme nouvelle". Cette association avait pour but d'alphabétiser les jeunes filles pauvres, de leur enseigner l'hygiène et quelques notions générales. En 1923, elle fonde l'Union féministe égyptienne, qui avait pour but de défendre le droit des femmes, en leur permettant par exemple d'accéder plus facilement à l'Université et à la fonction publique.

Après la Première Guerre mondiale, son mari participe à la création du Wafd, parti nationaliste égyptien qui milite pour l'indépendance de l'Égypte vis-à-vis du Royaume-Uni. Elle s'engage elle même dans le combat nationaliste, en organisant plusieurs manifestations. Elle crée en janvier 1920, le Comité central du Wafd, dont elle a été élue présidente. En 1923, peu après la mort de son mari, alors qu'elle revient en Égypte après sa participation à un congrès international à Rome, Hoda Charaoui décide, au large d'Alexandrie, de ne pas remettre son voile et de poursuivre sa lutte politique le visage découvert. Cela lui vaut une renommée internationale[1].

Quelques années plus tard, l'UFE lance une revue bimensuelle en langue arabe L'Égyptienne (Al-Misriyah), où elle se lance dans la défense des droits des femmes dans le monde arabe ; sa rédactrice-en-chef, Céza Nabaroui, est sa meilleure amie[1] C'est à partir de cette époque qu'Huda passe du cadre du nationalisme égyptien au nationalisme arabe. Dans sa revue elle défendait l'unité panarabe, la Palestine, et employait de plus en plus un vocabulaire à tendance islamique.

Après la Grande Révolte arabe en Palestine, elle répond à l'appel du Comité des femmes arabes de Jérusalem pour tenter d'obtenir une condamnation internationale de la déclaration Balfour ainsi que l'appui du Premier ministre égyptien à la cause Palestinienne. En 1938, elle est désignée à la tête de la Conférence des femmes d'Orient qui condamnent la politique britannique et les activités sionistes en Palestine.

A plus long terme, elle visait l'unité du monde arabe, à son appel se tiendra au Caire, en décembre 1944, le premier Congrès féministe arabe qui associe féminisme et nationalisme arabe. À la création de la Ligue arabe elle se plaint du fait qu'aucune femme n'y est représentée « La Ligue dont vous avez signé le pacte hier n'est qu'une moitié de Ligue, la Ligue de la moitié du peuple arabe ».

Elle meurt en 1947.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Denise Ammoun, « En 1923, Hoda Charaoui enlève son voile », in la-croix.com, 9 octobre 2011.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]