Huber Matos

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Huber Matos

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Comandante Huber Matos Benítez en 2011.

Nom de naissance Huber Matos Benítez
Naissance 26 novembre 1918
Yara, province d'Orient, Cuba
Décès 27 février 2014 (à 95 ans)
Miami, États-Unis
Nationalité Drapeau de Cuba Cuba
Pays de résidence Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Costa Rica Costa Rica
Profession
Activité principale
Commandant de la 9e colonne de la Révolution cubaine
Autres activités

Huber Matos Benítez, né le 26 novembre 1918 à Yara (Cuba) et mort le 27 février 2014 à Miami en Floride[1], est une des figures de la révolution cubaine avec Fidel Castro, Che Guevara et Camilo Cienfuegos. Social démocrate, sa passion pour les principes démocratiques devenant un frein sur la route de la Révolution, il s'oppose à l'orientation qu'il juge « trop communiste » du régime et démissionne[2]. Arrêté le 21 octobre 1959, il est condamné à 20 ans de prison pour trahison et sédition, une sentence qu'il purgera au jour près, avant d'être libéré le 21 octobre 1979. En 2002, il publie ses mémoires « Et la nuit est tombée. De la révolution victorieuse aux bagnes cubains », qui racontent vingt-sept ans de sa vie, du putsch de Fulgencio Batista à sa sortie de prison en 1979.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la révolution cubaine, Huber Matos est instituteur et militant au Partido Ortodoxo (es). Immédiatement opposé au régime de Batista, il continue à militer dans son Parti malgré la répression. Après l'attaque de la caserne de la Montcada, favorablement impressionné par l'audace des attaquants, il devient sympathisant du Mouvement du 26 juillet, qu'il rejoindra définitivement en 1957. Il utilise alors l'entreprise familiale pour fournir une aide logistique aux guérilleros de Fidel Castro qui commencent leurs opérations dans la Sierra Maestra. Sur le point d'être découvert, il se réfugie au Costa Rica fin 1957. Le président costaricien José Figueres Ferrer, sympathisant de la lutte du peuple cubain, lui fournit 5 tonnes d'armes et munitions qu'il transporte par avion dans la Sierra Maestra en mars 1958. Matos passe alors dans la clandestinité et gravit tous les échelons de la guérilla, étant nommé commandant en août de la même année. Lors de l'offensive finale des guérilleros, il prend la tête de la « 9e colonne » et dirige le siège de Santiago de Cuba. Il entre à La Havane aux côtés de Fidel Castro, qui lui aurait demandé de rester près de lui par crainte d'un assassinat, et de Camilo Cienfuegos. Durant la lutte dans la Sierra, Huber Matos contesta à plusieurs reprises des ordres donnés par Fidel Castro.

Après le triomphe de la révolution, Huber Matos est nommé à la tête de la province de Camaguey. De plus en plus sceptique sur l'évolution du processus révolutionnaire, qui prend selon lui un tournant « trop communiste », Matos donne en juillet 1959 sa démission à Fidel Castro. Ce dernier la refuse, assurant que la révolution a encore besoin de lui. Matos démissionne définitivement le 20 octobre 1959. Accusé par Fidel Castro de trahison et de menées contre-révolutionnaires coordonnées avec Pedro Luis Díaz Lanz (en)[3], Matos est arrêté le 21 octobre avec ses principaux officiers. Che Guevara approuve ces mesures[4]. Huber Matos, qui est condamné en décembre 1959 à 20 ans de prison pour « trahison et sédition », mène plusieurs grèves de la faim durant son emprisonnement, avant d'être finalement libéré le 21 octobre 1979. Il vit ensuite en exil à Miami avec son épouse et ses enfants.

Il meurt le 27 février 2014 d'une crise cardiaque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.bbc.co.uk/mundo/ultimas_noticias/2014/02/140227_ultnot_matos_murio_lp.shtml
  2. Pierre Kalfon, Che Ernesto Guevara, une légende du siècle, Points, Seuil, Paris, 2007 p.322
  3. Commandant réfugié aux États-Unis et qui menait depuis Miami des raids aériens contre Cuba à des fins de propagande anti-castriste
  4. « On nous attaque, on nous attaque beaucoup, dit-il. Nous autres, membres de la Révolution cubaine qui sommes le peuple de Cuba, nous appelons amis nos amis et ennemis nos ennemis. Nous n'admettons pas le moyen terme : ou bien on est notre ami, ou bien on est notre ennemi. [...] tous ceux qui constituaient la réserve du gouvernement américain dans ce pays, ceux qui se déguisaient en antibatistains mais qui voulaient à la fois défaire Batista et conserver le système, les Miró, les Quevedo, les Díaz Lanz, les Huber Matos... » El Che en la Revolutión cubana, t.II, p.296 et 298, cité par P. Kalfon in Che Ernesto Guevara, une légende du siècle, op. cit. p.349