Hot rod

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Hot rod influences 70s' / 80s'

Un hot rod est une voiture ancienne (jusque 1949 inclus), largement modifiée, tant au niveau du moteur que de l'aspect extérieur, principalement aux États-Unis.

De la course sur piste au phénomène de la mode[modifier | modifier le code]

Toutes les voitures ont une histoire avant de devenir une légende, les débuts du hot rod commencent sur piste. Vers 1900, l'ère de l'industrie, les premières voitures aux États-Unis sortent de leurs usines. Très chéres, inconfortables et instables, elles eurent peu de succès. Henry Ford, un ingénieur connu pour l'une des plus grandes marques de l'automobile americaine Ford, a inventé en 1910, une technique qui consiste à diminuer le prix de la voiture en réduisant les tâches des ouvriers.

Ainsi le jour moderne de l'industrie automobile se propage à grande vitesse, les clients sont nombreux et il est temps d'améliorer la voiture.

Les premières modifications se feront sur le moteur, celui-ci est lancé sur le marché avec de nouvelles performances, toujours plus gonflé, le moteur est celui qui ne cessera de s'améliorer jusqu'à la fin des années 1920.

Alors que l'effondrement boursier de Wall Street bouleverse les États-Unis, les gammes de véhicules se multiplient, et donnent l'occasion d'acheter une auto à moindre coût.

Ainsi les modèles les moins chères sont les plus répandus, ce qui entraine les clubs de course à courir avec des voitures moins performantes, l'amélioration de celles-ci doivent être remises au goût du jour.

C'est vers le début des années 1930 que les premières modifications extérieures se feront, une partie de la carrosserie est enlevée afin d'alléger le véhicule, puis vers le milieu de ces années, les usines sortent une nouvelle carrosserie plus aérodynamique. Laissées de côté, les voitures du début de cette époque finiront par rouiller au fond d'une casse.

1940, une nouvelle génération du flambant neuf et belles berlines se marient dans le décor,

pour certains, acheter une berline neuve était sans contrainte, pour d'autres, c'est encore le bon vieux Ford tout dégringolé malgré une autorité policière stricte.

Les courses automobiles ont bien changé et les voitures aussi, tandis que les courses continuaient sur pistes, un phénomène illégal apparaît, hors de la vue des autorités, certains s'amusent à courir avec des anciens bolides de piste.

Le Hot Rod est né, ces bolides eurent droit aux nouveaux moteurs bricolés pour dégager des puissances extrêmes, ces courses se déroulaient généralement sur des lacs salés desséchés. Mal vu par les autorités, ce genre de divertissement prend fin peu après le milieu des années 1940, oublié, le Hot Rod reviendra à la mode en 1950 grâce une star du Custom, 'George Barris' ainsi que d'autres qui représentaient ce milieu comme un Tableau, le Hot Rod était une machine sobre, en lui donnant des couleurs, cela attire l'attention du public. Le Hot Rod est devenu un vrai phénomène à la mode, des courses sont autorisées sur pistes, des rassemblements, ainsi que des magasins de pièces détachées, un peu plus tard, 60-70, un groupe de Surf Rock 'The Beach Boys' présente en couverture de 'Hot Rod Magazine, un Ford 32 Little Deuce bleu Candy, en 1980 ou presque, un autre groupe de Rock 'ZZ Top' roule en Ford 33 Eliminator.

Aujourd'hui le Hot Rod n'a guère changé depuis, seules les performances et les pièces ont été modifiées.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Le Custom, dont la définition est "personnalisation de masse" et qui correspond à un ensemble commercial de diffusion d’objets et de figures servant à rehausser l’aspect des véhicules (l’idée s’étendra jusqu’aux baskets), est issu du Hot-Rodding, qui n’est pas qu’un sport d'accélération ou un hobby, c’est une culture avec ses styles, ses vêtements, ses langages. Henri Ford a commercialisé un véhicule bon marché, la Ford T... et en a vendu des millions jusque dans les campagnes. Ces modèles, s’ils étaient faciles à réparer et à manipuler avaient le désavantage de prendre trop vite la rouille. On trouvera peu à peu nombre de ces véhicules vendus à des prix dérisoires ou abandonnés. C’est là qu’on trouve les racines de ce qui sera plus tard appelé le Hot-Rodding, dans la dépression de '29.

Déportés, suite à leur mise en faillite par les propriétaires, les métayers, petits agriculteurs et éleveurs du nord et de l’est se sont vu contraints de prendre la route vers l’ouest, en famille, histoire de louer leurs bras aux récoltes de saisons. Les véhicules que les métayers avaient comme outils, souvent des pick-up utilitaires, étaient repris par les propriétaires, les carcasses et parties de moteurs restantes étaient récupérées et assemblées pour refaire de nouveaux véhicules. Certaines pièces manquantes étaient refaites en fonte à partir de pièces de cuisinières fondues dans le sable. On essayait d’augmenter la puissance du moteur, pour pouvoir tenir la charge et la longue route et ces modifications en entraînaient d’autres. Parallèlement à la crise qui suivit le crash boursier et qui devait durer a peu près 4 ans, les wobblies (Les affiliés au syndicat I.W.W., Industrial Workers of the World), prirent une importance considérable et avec eux, une conscience sociale grandissante que ces déportés n’étaient pas que des spectateurs et que tout ce langage re-fabriqué dans les années '60 ou fantasmé dans les années '80 et '90 trouve là ses racines, dans cette migration intérieure, sur une route jonchée d’exclus, baignant profond dans la noirceur et la désolation, campés, repoussés, travaillant leur faim sur une route qu’ils savaient ne même pas mener à quelque promesse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Définition[modifier | modifier le code]

The only thing a drunkard needs Is a suitcase and a trunk. The only time he’s satisfied Is when he’s on a drunk. Fills his glasses to the brim, Passes them around Only pleasure he gets out of life Is hoboin’ from town to town.

The house of the rising sun, cette chanson folk rendue célèbre par les Animals dont on ne connaît pas bien l’origine et dont le plus vieil enregistrement connu est celui de Tom Clarence Ashley et Gwen Foster, réalisé en 1934, au crépuscule de la dépression, parle de ça, de cette misère qui n’en amène que d’autres, de la poussière, des voyages contraints par la faim, destination le bordel général. La route passe par le lac salé, l’étape indispensable. Toute cette tension devait bien être palpable et une partie de cette génération spontanée de garagistes, avec ces trucks retapés, bricolés, plusieurs fois faits et défaits sur le trajet, avec des parties en bois ou des conduites en barbelés, s’arrêtent sur le lac sec et organisent des camps de passages. Là, commencent à s’organiser des courses et des paris autour de ces voitures refaites. Née dans une crise économique si profonde qu’elle affecte l’ensemble du monde, cette culture de gens qui portent les bras de chemises troussés jusqu’aux épaules, dust bawl refugee, génération de bidouilleurs folkloriques dont Woodie Guthrie est le héraut, okies miséreux et traine-la-patte... commencent à créer une forme individuée, autonome, sculpturale de leurs véhicules. C’est ça qui devient un style : d’un détournement nécessaire de choses récupérées, histoire d’avancer, au folklore que cela génère... et au travers des formes qui s’inventent dans la course, créant une sorte d’expression populaire par la négative, le bolide home made, cette façon d’instrumentaliser l’automobile a vite fait d’intégrer le sens de la liberté débridée, de la vitesse, du souffle et de l’image.

Le Hot-Rod, surtout aux alentours de la seconde guerre, devient un véritable genre qui ne cessera d’évoluer pour devenir un courant important de la contre culture des années '60 et jusque dans les années '80 et sera finalement supplanté par sa commercialisation dans le Custom et le Tuning et ce malgré quelques réfractaires qui persistent dans un mélange pathétique d’élégance et de brutalité à vouloir fabriquer leurs engins avec le moins d’argent possible. Toute l’ambiguïté se révèle dans une des formes traditionnelles du Hot- Rod, qui reprend, mieux, qui capitalise... sur cet héritage. et qu’on appelle le Rat-Rod et dont on reconnaît la particularité, aux parties de carrosserie rouillée. L’aspect extrêmement sculptural de l’engin modifié, qui pouvait bien s’apparenter aux formes bricolées des abris des métayers faits de toiles cirées, de planches trouvées et de panneaux de récupération... et avant que cela ne devienne le commerce de la frime, même si celui-ci ne manque pas d’intérêt, compris comme une histoire intérieure, comme une géographie qui est aussi un espace mental, une conscience du monde, du cosmos (Comme le rappèle Augustin Berque, le sens premier du mot Kosmos est "ordre" et les deux termes romain de "mundus" et grec de "kosmos" ont les 3 sens d’ordre, monde et parure. Parer son corps c’est faire parler le monde et ce que dit le monde enseigne les corps… et il y a un ordre commun aux astres et à la société), ou toute cette migration porte avec elle l’invention d’un espace qui ne se décrit pas en cartes mais en comportements, ou le paysage transpire dans l’homme et dans les machines, ou le récit se fait dans le bricolage, la récupération, le déplacement et la transformation.

Bien sûr, tout cela a été vite assimilé. C’est devenu un commerce, d’une abstraction légère qui a fait basculer les masses dans une manipulation désorganisée, les véhicules des fantômes incarnant dans un mélange d’ambiguïtés volontaires et subies, la désolation et le mépris des okies (extension d’un terme dont l’origine est "habitant de l’Oklahoma" dont 20% a dû migrer durant la dépression, et qui s’est ensuite généralisé à l’ensemble des migrants), reflet autant que figure d’un paysage géographique et social, incarnation d’une cartographie sociale et psychologique...

Classification[modifier | modifier le code]

On distingue aujourd'hui plusieurs types de hot rods :

  • Traditional rod (ou nostalgia rod) : un hot rod construit selon les méthodes de la première époque, sur une base ancienne et avec des matériaux et des techniques anciennes, ou dans la lignée des Hot-Rod de l'époque.
  • Street rod : construit exclusivement à partir de pièces neuves, aux influences plus modernes (l'aspect du moteur et de certaines pièces).
  • Show rod : hot rod construit principalement pour être exposé dans des rassemblements ou des salons et non pour circuler couramment.
  • Drag rod : il consiste à monter un moteur surpuissant sur une structure de type Ford T renforcée et adaptée, pour participer à des courses de dragster (là encore la voiture n'est pas conçue pour circuler sur route).
  • Rat rod : la dernière tendance, un hot rod dont on a laissé rouiller certaines parties métalliques pour lui donner une patine et un aspect négligé (paradoxalement cela peut représenter davantage de travail qu'un hot rod peint de manière classique) et qui est généralement hyper surbaissé. Outre l'aspect rouillé, la peinture peut-être travaillée pour donner une allure usée. Tout ceci est fait dans une pure recherche de style ou pour donner à la caisse et à l'ensemble de la voiture une allure d'automobile qui a traversée les âges. Il est aussi dit "Rat Rod" d'un véhicule resté totalement dans sons jus (avec ses stygmates dues à d'éventuels accidents et/ou accrochages, sa patine et sa rouille), mais avec une mécanique clean (moteur, freinage, direction etc.) ainsi qu'une structure saine (châssis...). Aussi, en dehors de l'état d'esprit de "style", le "Rat Rod" est une façon de prendre plaisir a rouler avec une restauration mineur et de ce fait, à moindre coût!...
  • Volks rods : construits sur une base de VW Coccinelle modifiée. Ils ont le mérite d'exister mais n'ont strictement rien en commun avec les véritables hot rods.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrice de Bruyne, <Chromes & Flammes et automobiles extraordinaires>, édition Editions P De Bruyne,‎ 2006, 224 p.
  2. http://www.ChromesFlammes.com/dsp_page.cfm?art_id=77&opening=1&CFID=15060151&CFTOKEN=45848686

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]