Hortillonnages d'Amiens

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Hortillonnages
Image illustrative de l'article Hortillonnages d'Amiens
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Subdivision administrative Picardie (Somme)
Commune Amiens, Rivery, Camon et Longueau
Caractéristiques
Création Moyen Âge
Type ensemble de jardins d'agrément et d'exploitations maraîchères
Gestion
Propriétaire particuliers
Localisation
Coordonnées 49° 54′ 11″ N 2° 19′ 40″ E / 49.9030555556, 2.3277777777849° 54′ 11″ Nord 2° 19′ 40″ Est / 49.9030555556, 2.32777777778  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Hortillonnages

Géolocalisation sur la carte : Picardie

(Voir situation sur carte : Picardie)
Hortillonnages

Les hortillonnages d'Amiens sont un espace de 300 hectares d'anciens marais situé à l'est d'Amiens, comblés (probablement à l'époque gallo-romaine) pour créer des champs utilisables pour la culture maraîchère.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le terme Hortillonnage dérive du nom Hortillon, terme picard usité dès le XVe siècle et issu du bas latin hortellus, « petit jardin », diminutif du latin classique hortus, « jardin ». Il désigne à Amiens et dans les environs, des marais entrecoupés de canaux, où l'on pratique la culture maraîchère.

Histoire[modifier | modifier le code]

culture maraîchère, dans les années 1920

Les hortillonnages sont cultivés depuis environ 2 000 ans. Aujourd'hui, à cause de l'extension urbaine, il ne reste plus que 300 hectares des 10 000 hectares d'origine. Un millier de personnes vivaient de la culture maraichère des hortillonnages.

Cette activité est en fort déclin depuis les années 1950.

En 1974, un projet de construction d'une rocade-pénétrante routière devait traverser le site des hortillonnages.

En 1975, à l'initiative de Nisso Pelossof (1921-2011), photographe amiénois, l'Association pour la protection et la sauvegarde du site et de l'environnement des hortillonnages est créée. Elle fut reconnut d'utilité publique en 1991. Outre la défense du site face au projet routier, l'association œuvre pour sa mise en valeur (curage des rieux, consolidation des berges...). Elle obtint par son action le maintien du "marché sur l'eau" place Parmentier, au pied de la cathédrale. Elle organise depuis 1982 des visites en barque pour le grand public.

Il ne reste plus aujourd'hui qu'une dizaine d'hortillons (maraîchers) qui exploitent 25 hectares.

La majeure partie des hortillonnages a été transformée en jardins d'agrément par des particuliers, voire en résidences secondaires.

Depuis quelques années la culture bio relance le maraichage avec deux projets LE JARDIN DES VERTUEUX (jardin paysager écologique et pédagogique) et l'hortillon de lune (Jean Louis Christen producteur maraicher) d'autres sont en gestation

Des terrains d'accès difficile sont laissés en friche.

Description du site[modifier | modifier le code]

Hortillonages d'Amiens, l'île aux fagots

Le site des hortillonnages résulte de l'aménagement par l'homme d'un milieu naturel marécageux et ce depuis des temps immémoriaux. Il est alimenté par les eaux de la Somme et de son affluent l'Avre. Les hortillonnages sont formés d'une multitude d'iles alluvionnaires, les « aires » entourées de 65 kilomètres de voies d'eau, les « rieux » (nom des canaux des hortillonnages en picard) et de fossés qui servent au drainage et à l'irrigation. Ils portent des noms pittoresques: la Cauchiette (la chaussée), le Peuple (peuplier), le rieu à Galets, le rieu de la Crosse, du Gouverneur, du Pont cassé, du Tournet, de la Broquette, du Malaquis...

Les hortillonnages s'étendent sur plusieurs communes :(plus préçisément 5 comunent)

Un syndicat intercommunal d'études pour la Sauvegarde des Hortillonnages fut créé en 1973 entre les communes d'Amiens, Camon et Rivery. Il devint en 1977 Syndicat intercommunal pour l'aménagement et la sauvegarde des Hortillonnages. Le relai a été pris par la Communauté d'agglomération Amiens Métropole.

La sauvegarde du site doit prendre en compte plusieurs aspects:

  • la résistance du sol,
  • la circulation de l'eau,
  • la flore et la faune,
  • la navigation.

Résistance du sol[modifier | modifier le code]

Vue sur les hortillonnages et la Cathédrale, au début du printemps

Le limons et le calcaire qui le composent rendent le sol très perméable. L'érosion est constante, l'entretien des aires se fait par le curage des rieux et l'épandage des vases sur les berges. Les berges sont aussi très souvent consolidées par palplanches de bois.

Circulation de l'eau[modifier | modifier le code]

Elle varie selon la saison et le fonctionnement des écluses en aval comme en amont du site. Les rieux et les fossés sont soit domaniaux soit privés. Dans les deux cas leur entretien incombe aux riverains Il existe sur le site un certain nombre d'étangs dont le plus important est l’étang de Clermont. Ces étangs sont de nature différentes:

  • des étangs naturels,
  • des « intailles » creusés par l'homme pour extraire la tourbe.

Flore et faune[modifier | modifier le code]

Les Hortillonnages sont un espace d'une grande richesse écologique.

Le nombre de grands végétaux est limité par la nature même du site. On rencontre des saules, des aulnes, des peupliers...

Les oiseaux sont nombreux sur le sites sédentaires ou migrateurs. On rencontre des passereaux (rouge-gorge, fauvette, roitelet, troglodyte, rossignol, hirondelle, pic-vert, mésange, merle, grive, bouvreuil, chardonneret...), des bécasses, des bécassines, des canards (colvert et chipeau), des hérons, martin-pêcheurs, blairies, poules d'eau, pluviers dorés, des oiseaux nocturnes (chouettes, hiboux petits ducs, butor...) qui y nichent, s'y reproduisent et s'y nourrissent.

Les insectes des marais sont aussi présents comme les moustiques et les libellules.

Les poissons abondent: tanches, chevesnes, anguilles, brochets...

Navigation[modifier | modifier le code]

Les barques à cornet traditionnelles utilisées autrefois par les hortillons sont de plus en plus délaissées. La visite des hortillonnages se fait aujourd'hui en barque à moteur électrique silencieux ou à la rame. Cependant, le canot à moteur à essence est aussi utilisé.

Rôle économique du site[modifier | modifier le code]

Outre leur fonction écologique et agricole, les hortillonnages représentent le second pôle touristique d'Amiens avec 100 000 visiteurs par an environ[1].

La production maraîchère[modifier | modifier le code]

Les hortillonnages avaient un rôle majeur pour nourrir les Amiénois a début du XXe siècle. Le Marché sur l'eau existe toujours, Place Parmentier, mais les légumes sont désormais acheminés en camionnettes.

Les hommes et les femmes qui pratiquent la culture des légumes dans les hortillonnages sont appelés les « hortillons ». Ils se déplacent d'aires (autres noms des îles) en aires sur des barques à cornet, qui sont de grandes barques à fond plat, aux extrémités relevées pour faciliter l'accostage. Elles sont utilisées depuis toujours par les maraîchers pour leurs déplacements.

Si 950 personnes avaient une activité d'hortillons en 1906, il ne reste aujourd'hui qu'une dizaine d'exploitations en activité.

Amiens Métropole souhaite préserver ce patrimoine naturel, agricole, écologique et touristique. Avec l'aide de la SAFER, la communauté d'agglomération a acquis 25 hectares d'hortillonnages, qu'elle loue à des maraîchers.

Avant le milieu du XXe siècle, les hortillons vendaient régulièrement leurs primeurs au cours des « marchés sur l'eau ». Aujourd'hui ce marché n'a lieu sous sa forme traditionnelle qu'une fois l'an, en général pendant la « Fête de l'eau » qui se déroule en juin dans le quartier Saint-Leu. On peut néanmoins se procurer la production des hortillons au marché qui a lieu chaque samedi matin place Parmentier en Amiens.

Visite des hortillonnages[modifier | modifier le code]

Visite des hortillonages d'Amiens, en barque à cornet

Depuis 2011 on peut découvrir les hortillonnages de l'intérieur en visitant le jardin des Vertueux. Cet espace paysager de 27 000 m2 permet de sillonner différentes parcelles au cœur du site.

Il est possible de visiter les hortillonnages en barque à cornet à propulsion électrique qui font glisser en silence les visiteurs sur l'eau pendant environ 45 minutes, en kayak ou de se promener sur certains chemins de halage.

L'association pour la sauvegarde du site et de l'environnement des hortillonnages organise chaque année, du 1er avril au 31 octobre, la visite du site.

Le site accueille environ 100 000 visiteurs par an, dont 30 % d'étrangers (Anglais, Allemands, Belges, Néerlandais etc.)[1].


Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Devaux, Les Hortillonnages d'Amiens, Amiens, C.R.D.P., 1984 (ISBN 86 615[à vérifier : ISBN invalide])
  • Marie-Paule Nègre, Hortillons, Hortillonnages (ouvrages de photos), Amiens, Trois Cailloux, 1983 (ISBN 2 - 903 082 - 12 X)
  • Nisso Pelossof, Nisso d'une île à l'autre, Amiens, Encrage Edition, 2007.
  • Paule Roy, Les Hortillonnages,Amiens, Courrier picard et Crédit agricole de la Somme, 1981.
  • Ouvrage collectif, Amiens...son marché sur l'eau, Amiens, Courrier picard et Crédit agricole de la Somme, 1984.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Source :Christophe Verkest, « Ils veulent nous emmener en bateau », Quotidien Le courrier picard - édition Région d'Amiens,‎ 29 mars 2008