Brice Hortefeux
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Brice Hortefeux, né le 11 mai 1958 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un homme politique français.
Depuis le 23 juin 2009, il est ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales, après avoir occupé plusieurs autres ministères dans les gouvernements Fillon et Villepin.
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[modifier] Biographie
[modifier] Enfance et études
Fils d'un banquier de Neuilly-sur-Seine, et d'une professeure d'histoire-géographie ayant créé le centre retravailler à Clermont-Ferrand, il obtient sa licence de droit privé en 1982, sa maîtrise en droit public en 1984, à l'université Paris X, puis est élève à l'Institut d'études politiques de Paris, dont il sort sans diplôme [2] en 1986, à la suite de son succès au concours externe d'administrateur territorial[3].
Très proche ami de Nicolas Sarkozy depuis 1976, il est considéré comme son « fidèle lieutenant » [4] et est surnommé par la presse française le « porte-flingue de Sarkozy » [5]. Témoin de celui-ci lors de son premier mariage, il est le parrain de baptême de Jean Sarkozy.
[modifier] Carrière politique
Aux côtés de Nicolas Sarkozy et de Roger Karoutchi, il participe en 1981 à la campagne de Jacques Chirac pour l'élection présidentielle avec les Jeunes RPR. Dans les années 1980, il effectue avec Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly, un voyage d'études aux États-Unis sur le "marketing politique et le financement des campagnes" [6]. Entre 1991 et 2001, il est secrétaire départemental de la fédération RPR du Puy-de-Dôme, puis de 1998 à 2002, membre du comité politique du RPR. À partir de 2002, il est membre du Bureau Politique de l'UMP ainsi que conseiller de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales (2002-2004) et conseiller auprès de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie (2004).
Parallèlement à ces fonctions, il assure également la présidence de l'UMP du département du Puy-de-Dôme.
Le 28 novembre 2004, il accède au poste de secrétaire général délégué de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), aux côtés de Nicolas Sarkozy. Il est conseiller politique à l'UMP (depuis juillet 2007).
Suite à la démission de Nicolas Sarkozy de la présidence de l'UMP le 14 mai 2007, il en assure la présidence par intérim, aux côtés de Jean-Claude Gaudin et de Pierre Méhaignerie, avant que Patrick Devedjian ne reprenne les rênes du parti[7]. En octobre 2008, il est nommé responsable des élections de l'UMP, chargé de préparer les élections et le renouvellement des instances de l'UMP de 2009[8].
[modifier] Parcours
Directeur de cabinet du maire de Neuilly-sur-Seine entre 1983 et 1986, administrateur territorial (en poste à la mairie de Neuilly-sur-Seine) entre 1986 et 1993, il est ensuite chef du cabinet de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget et Porte-parole du gouvernement de 1993 à 1995.
En 1995, il est nommé préfet, chargé d'une mission de service public relevant du gouvernement, puis chargé de mission au cabinet du Président du Sénat entre 1998 et 1999.
[modifier] Fonctions ministérielles
- Ministre délégué aux collectivités territoriales
Du 2 juin 2005 au 15 mai 2007, il est ministre délégué aux collectivités territoriales auprès du ministre d'État (ministre de l'intérieur) dans le gouvernement Dominique de Villepin. Il a notamment la mission de mettre en place concrètement l'acte II de la décentralisation et la réalisation d'une réforme importante du statut de la fonction publique territoriale.
- Ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire
La victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007 lui permet de devenir ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire au sein du nouveau gouvernement de François Fillon. Il quitte alors ses fonctions de secrétaire général délégué de l'UMP, remplacé par Patrick Devedjian. Il est alors nommé conseiller politique du parti par Jean-Claude Gaudin.
Il est le promoteur de la loi de maîtrise de l'immigration adoptée le 23 octobre 2007, qui complète en grande partie les lois Sarkozy de 2003 et 2006. Cette loi limite en particulier le regroupement familial.
Il fixe aux forces de l'ordre des objectifs chiffrés en matière d'expulsions et de reconduites à la frontière : 25 000 en 2007, 26 000 en 2008 et 28 000 en 2010. Si l'on exclut du bilan de Hortefeux les reconduites de personnes qui sont libres de circuler en Europe (Roumains, Bulgares, etc.), les expulsions de sans-papiers atteignent moins de la moitié des objectifs prévus[9].
Le 8 octobre 2007 dans le journal Aujourd'hui en France, Brice Hortefeux dit :
- « La France a le droit de choisir qui elle veut accueillir ». [...] « Ayons surtout le courage de regarder la réalité en face ! [...] Est-il normal que 60% des immigrés soient concentrés sur trois des vingt-deux régions françaises ? Que le taux de chômage de ces personnes atteigne 22% et que leurs enfants soient bien souvent en échec scolaire ? Non, ce n'est pas acceptable. »[10]
À titre de comparaison, les trois régions citées ci-dessus (Île-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur) contiennent plus de 35% de la population française[11].
L'article rappelle que sa mère Marie-Claude Hortefeux ancienne présidente de l'Association nationale d'entraide féminine (ANEF) a une sensibilité brulante sur le sujet car ses convictions religieuses lui rappellent de toujours accueillir l'étranger. Une de ses amies dit sur le débat sur l'immigration : « Je sais qu'elle est malheureuse »[10].
Fin novembre 2007, il soulève une polémique en sous-entendant, lors de l'émission Capital sur M6, que les sans-papiers n'étaient pas des « citoyens honnêtes, propres » [12].
Au cours de l'année 2008, Brice Hortefeux souhaite que des associations autres que la Cimade puissent intervenir dans les centres de rétention. L'appel d'offres, qui faisait suite à un décret, est cassé par le tribunal administratif[13]. Les plaignants dont le Gisti voient dans cette réforme une tentative d'éloigner la Cimade des centres de rétention, et de réduire l'aide juridictionnelle apportée aux immigrés.
- Ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville
Le 15 janvier 2009, en remplacement de Xavier Bertrand qui devient secrétaire général de l'UMP, Brice Hortefeux devient ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville. C'est Eric Besson, ancien socialiste, qui reprend son ancien poste.
Neuf jours plus tard, Brice Hortefeux devient vice-président de l'UMP, élu sur un ticket qui recueille 93 % des voix au conseil national du parti[14].
- Ministre de l'Intérieur
Le 23 juin 2009, Brice Hortefeux est nommé ministre de l'Intérieur par le Président de la République.
[modifier] Propos controversés
Devant « les membres [...] d'un réseau de promotion de la diversité dont fait notamment partie Rama Yade », en racontant ce souvenir :
- « Cet été, sur une aire d'autoroute, je rencontre cinq personnes noires. Comme elles ont l'air de me reconnaître, je vais vers elles pour les saluer et je leur demande : Vous êtes d'où ? - De Caen - Oui d'accord, mais vous êtes d'où ? - Ben... de Caen. Heureusement, j'ai compris à temps et je n'ai pas insisté. C'est là que j'ai compris toute la profondeur de ma mission. »[15].
Idem le 5 novembre 2008 sur BFM, il estime que l'élection de Barack Obama avait « un côté symbolique puisque chacun sait qu' [il] est d'une famille issue de l'immigration » ; puis il ajoute :
- « C'est le témoignage que le défi de l'intégration peut être relevé ».
Sachant que le nouveau président américain est né à Hawaï, un des États de l'union, que sa mère est elle-même de type « caucasien » (en reprenant la terminologie en vigueur sur les documents officiels) et qu'il n'a jamais été élevé par son père, Kenyan, qui a quitté la famille alors que son fils n'avait que deux ans[16].
Dernier exemple, l'organisation à Vichy d'une Conférence européenne sur l'intégration les 3 et 4 novembre 2008, choix justifié selon lui par son « ras-le-bol de l' histoire du passé de Vichy », enfonçant le clou en ajoutant, lors du récent congrès de l'ANAEM, : « je ne ferai pas de politiquement correct ; je revendique "à mort" le choix de Vichy »[17].
[modifier] Fonctions électives
Il est, de 1992 à 2004, élu au conseil régional d'Auvergne, et entre 1998 et 2004 président de la commission des finances et rapporteur du budget du conseil régional d'Auvergne.
Il succède, en 1999, au Parlement européen à Nicolas Sarkozy, démissionnaire.
Il est réélu conseiller régional d'Auvergne lors des élections régionales des 21 et 28 mars 2004, sur la liste d'union UMP-UDF conduite par Valéry Giscard d'Estaing (région d'Auvergne, section départementale du Puy-de-Dôme).
Puis il mène la liste UMP-UDF pour les élections européennes de juin 2004 dans la circonscription Massif-Central Centre. Sa liste est devancée par celle du Parti socialiste, mais il est néanmoins élu et siège au Parlement européen.
Après sa nomination au gouvernement en juin 2005, il met fin à son mandat de député européen au sein du Groupe du PPE-DE. Jean-Pierre Audy, troisième sur la liste de 2004, lui succède.
Le 30 novembre 2007, par un communiqué envoyé au journal La Montagne, il renonce à se présenter à l'élection municipale à Clermont-Ferrand, en mars 2008. Officiellement, il ne se présente pas parce que selon lui « l'honnêteté consiste à assurer le succès des responsabilités que [lui] a confiées le président de la République », mais selon Le Canard enchaîné, c'est en raison de sondages « calamiteux »[18].
À l'issue de l'élection européenne de 2009, il est élu député européen. Cependant, cette élection est considérée comme une surprise, Brice Hortefeux occupant la troisième position sur la liste UMP de la circonscription Massif central-Centre, qui n'avait que cinq sièges à offrir lors d'une élection à la proportionnelle. Ce dernier laisse entendre qu'il restera au gouvernement [19] et l'Élysée affirme qu'il « n'avait pas pris l'engagement d'être sur les listes pour être élu » [20] et ne respectera donc pas l'un des engagement de l'UMP concernant le fait que « les candidats de la Majorité présidentielle s'engagent à être présents au Parlement européen à Strasbourg et à Bruxelles » [21].
[modifier] Bibliographie
Brice Hortefeux est l'auteur, avec André Levôtre, du livre Jardin à la française - Plaidoyer pour une république de proximité, paru en 2003 aux éditions Denoël.
En mars 2007, il fait l'objet d'une biographie, Brice Hortefeux le mécano de Sarko, écrite par le journaliste Philippe Reinhard, parue aux éditions Le Cherche Midi.
[modifier] Notes et références
- ↑ Lors de l'émission Le Grand Journal du 24 février 2009, Brice Hortefeux a déclaré « Je suis compatriote béninois. » en exhibant un passeport diplomatique. Source : Le Matinal
- ↑ Il ne figure pas dans l'annuaire des anciens élèves de l'IEP, selon Rue89
- ↑ Néanmoins, la dernière version de son curriculum vitæ officiel laissait sous-entendre qu'il était sorti diplomé de cette école. Cf. Rue89
- ↑ (fr) Guillaume Perrault, « Immigration : le grand jour européen d'Hortefeux », 16 octobre 2008, Le Figaro. Mis en ligne le 16 octobre 2008, consulté le 10 juin 2009
- ↑ (fr) Le porte-flingue, 18 mai 2007, Arte. Mis en ligne le 18 mai 2007, consulté le 10 juin 2009
- ↑ Pierre Haski, Nouvelle thèse conspirationniste : Sarkozy "formé" aux États-Unis, Rue 89, 3 novembre 2007
- ↑ François Vignal, « Sarkozy démissionne de la présidence de l'UMP et le garde sous contrôle », in Marianne 2, 14 mai 2007.
- ↑ Brice Hortefeux, l'homme qui monte à l'UMP, Martine Chevalet, Le Parisien, 14 octobre 2008, page 8
- ↑ « Politique d'immigration : le dessous des chiffres », Le Monde, 14 janvier 2009.
- ↑ a b Aujourd'hui en France, Lundi 8 octobre 2007
- ↑ Régions_françaises_classées_par_population
- ↑ Julien Martin, Hortefeux : les sans-papiers ne sont ni "honnêtes" ni "propres"?, Rue 89, 27 novembre 2007
- ↑ Rétention: Le revers de Hortefeux, le Journal du Dimanche, 15 octobre 2008
- ↑ « L'UMP plébiscite ses nouveaux vice-présidents », Le Nouvel Observateur, 24 janvier 2009.
- ↑ D'après Le Canard Enchaîné.
- ↑ Libération du 5 novembre 2008.
- ↑ 20 Minutes du 5 novembre 2008
- ↑ Canard enchaîné du mercredi 5 décembre 2007 (n°4545, 51e année), page 8.
- ↑ (fr) Hortefeux resterait bien au gouvernement, 9 juin 2009, Agence France-Presse. Mis en ligne le 9 juin 2009, consulté le 9 juin 2009
- ↑ (fr) Arnaud Leparmentier, « Brice Hortefeux ne siégera pas à Strasbourg », 8 juin 2009, Le Monde. Mis en ligne le 8 juin 2009, consulté le 9 juin 2009
- ↑ (fr) Devant les Français, nous nous engageons, 2009, UMP. Consulté le 9 juin 2009

