Homosexualité dans le christianisme

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Sodoma (Giovanni Antonio Bazzi), Saint Sébastien, 1525, Florence, palazzo Pitti[1].

Traditionnellement, les différentes Églises chrétiennes ont considéré les actes homosexuels comme des pratiques contre nature, des péchés gravement contraires à la chasteté, à l'instar de la masturbation, de la fornication et de la pornographie[2]. En empêchant la procréation, première des fins de l'union conjugale et donc sexuelle, des pratiques homosexuelles plus largement répandues s'opposeraient ainsi directement à l'action créatrice de Dieu. D'autre part, l'homosexualité a souvent été condamnée pour des raisons d'ordre social.

L'Église catholique établit une distinction entre les actes d'homosexualité, « intrinsèquement désordonnés » et « contraires à la loi naturelle »[3] et la personne homosexuelle qui « doit être accueillie avec respect, compassion et délicatesse » précisant qu'il faut « éviter à leur égard toute marque de discrimination injuste »[3]. La doctrine de l'Église orthodoxe est identique sur ce point.

Certaines Églises, protestantes et anglicanes, acceptent aujourd'hui le ministère ecclésial de personnes homosexuelles et bénissent des couples de personnes de même sexe ou transgenres ; mais la majorité des Églises dans le monde refusent ces pratiques.

Sommaire

Aspects historiques[modifier | modifier le code]

Les princes chrétiens et l'homosexualité[modifier | modifier le code]

Le modèle historique le plus communément accepté, sur la base des travaux de Kenneth Dover et de Michel Foucault, affirme que le concept d'homosexualité n'existe pas dans l'Antiquité : les relations sexuelles ne sont pas définies selon des critères biologiques (identité ou différence sexuelle des partenaires) mais selon des critères sociaux, à savoir l'adéquation entre l'usage d'autrui pour le plaisir charnel et sa place dans la structure sociale (esclave, citoyen, etc.)[4]. Cette théorie est contestée, essentiellement par l'historien et militant LGBT John Boswell. Selon lui, à l'apogée de l'Empire romain, la situation des homosexuels était assez favorable : « leurs contemporains ne regardaient pas leurs inclinations comme néfastes, bizarres, immorales ou dangereuses, de sorte qu'ils se trouvaient pleinement intégrés à la vie et à la civilisation romaine »[5]. Il ajoute que « les mariages homosexuels (…) étaient choses courantes et tout à fait légales dans les classes supérieures[6] », mais il n'apporte pas de preuves convaincantes à l'appui de cette assertion. Ensuite l'adoption du christianisme comme religion d'État, au cours du IVe siècle, fit, des pratiques homosexuelles, un crime. Selon Éric Stemmelen, « l'affirmation d'une haine maniaque à l'encontre de l'homosexualité sera, de tout temps, un trait caractéristique des autorités politiques et morales du christianisme »[7].

Buste de l'empereur romain Constant. Marbre, deuxième tiers du IVe siècle.

En effet, le 4 décembre 342, les empereurs romains Constantin II et Constant Ier décrétèrent, dans leur édit sur les adultères, la punition de tout homme, déclaré « infâme », qui se marierait en femme[8] ». Cette condamnation paraît contraster avec le fait que Constant Ier était lui-même notoirement homosexuel[7]. Cet édit fut suivi par la loi du 14 mai 390 des empereurs Théodose Ier, Valentinien II et Arcadius, qui condamna les homosexuels passifs à la peine de mort par le feu, devant la plèbe réunie. Ce qui horrifie, dans ce texte, le législateur, est le fait qu'un homme ait abandonné la jouissance du genre viril pour livrer son corps à la passivité féminine[9].

Plus tard, au VIe siècle de notre ère, jusque là considérée comme un crime contre la dignité, l'homosexualité devint un crime contre l'ordre naturel créé par Dieu. En effet, en 538, l'empereur chrétien Justinien publia la première de ses Novellæ contre les personnes persévérant dans l'accomplissement d'actes homosexuels (ceux qui « commettent des [actes] contraires à la nature »[10]), qu'il condamnait, en même temps que les blasphémateurs, à être arrêtés et soumis « aux derniers supplices ». Vers 542, en l'an 15 de son règne, Justinien ordonna de couper les parties génitales de deux évêques, Isaïe, évêque de Rhodes, et Alexandre, évêque de Diospolis, présents à Constantinople et, selon Michel le Syrien, « livrés à l'impureté sodomite ». Ils furent ensuite promenés par toute la ville, leurs membres amputés portés sur des lances. Justinien en profita pour établir « au nom de Dieu, la loi que quiconque serait surpris couché avec un mâle, aurait les parties viriles coupées ». Michel le Syrien ajoute, dans sa chronique que « la crainte régna par tout l'em­pire »[11]. Le même empereur chrétien renouvela sa condamnation, le 15 mars 543, lors d'une grande épidémie de peste répandue sur Constantinople[12]. Il introduisit, à cette occasion, les grands thèmes illustrant la condamnation de la sodomie, thèmes et justifications qui seront repris durant tout le temps de l'ère chrétienne : colère de Dieu manifestée par la destruction de la ville de Sodome, nécessaires crainte de Dieu et respect de ses lois, caractère anti-naturel des actes homosexuels, étrangers « aux animaux eux-mêmes », demande de pénitence, et menace des châtiments temporels et spirituels[13]. La Lex Visigothorum (loi des Wisigoths, 644 ap. J.-C.), transposera plus tard, pour l'Espagne, l'émasculation des sodomites, en y ajoutant l'incarcération dans un cachot[7],[14].

Cependant, c'est seulement vers le XIIIe siècle, comme le souligne Boswell, que la répression de l'homosexualité se fit vraiment sentir, dans le cadre de la lutte contre toutes les formes de déviance : hérétiques, pauvres, infidèles… L'homosexualité, considérée en lien avec l'hérésie, fut combattue, notamment par l'Inquisition, sous le nom de bougrerie ; réciproquement, certains hérétiques, tels les cathares, furent accusés de bougrerie, sous le prétexte que leurs prêcheurs, de même sexe, circulaient deux par deux. D'autre part, l'écrivain et journaliste Jean-Claude Guillebaud précise que le plus grand nombre des cas de condamnation pour sodomie ou pédérastie étaient en fait des cas de pédophilie[15].

Une occurrence historique de bénédiction d'unions homosexuelles ?[modifier | modifier le code]

Il exista, toujours selon l'historien John Boswell[16], des rites religieux accompagnant l' άδελφοποιια, transcrit adelphopoiia (adoption comme frère ou sœur spirituel) dans l'Église latine jusqu'au XIIIe siècle et dans les Églises orientales plus tardivement encore. Boswell propose de nommer ces liens « unions de personnes de même sexe » et considère qu'il s'agit d'unions semblables au mariage, y compris sur le plan sexuel. Ces bénédictions de couples d'hommes et de femmes auraient été accomplies suivant le modèle des couples de saints comme Saint Serge et Saint Bacchus, pour les hommes. Plusieurs auteurs ont critiqué ces affirmations, y discernant des interprétations hâtives, orientées par le militantisme de Boswell[réf. nécessaire]. Ils soulignent le fait que tous les documents disponibles font état d'un lien spirituel et non charnel. L'historien Brent Shaw a ainsi accusé Boswell d'ignorer les études récentes sur le rite de l'adelphopoiia[17]. Des assertions analogues ont été formulées au sujet des contrats et rites d'affrèrement en Occident.

Une situation contemporaine contrastée[modifier | modifier le code]

L'homosexualité reste en général fermement condamnée par les Églises chrétiennes. Quelques-unes adoptent depuis la fin du XXe siècle d'autres positions doctrinales quant à l'accueil des personnes homosexuelles.

L'Église catholique romaine[modifier | modifier le code]

Sa doctrine[modifier | modifier le code]

Formulations traditionnelles[modifier | modifier le code]

La formulation traditionnelle de la doctrine catholique en matière de morale sexuelle se concentre surtout sur le caractère peccamineux de certains actes. Les manuels de théologie morale catholique distinguaient le péché de sodomie selon deux modalités : la sodomie parfaite, pour une relation entre deux personnes de même sexe, et la sodomie imparfaite, pour le coït de deux personnes de sexes opposés dans une partie du corps autre que le sexe féminin (vas indebitus, « vase indû »). Ce péché contre nature est présenté dans le cadre plus large des péchés de luxure ou péchés d'impureté consommée[18].

Toujours du point de vue de la doctrine traditionnelle, le catéchisme de Pie X de 1905 classe le péché de sodomie parmi les « quatre péchés dont on dit qu’ils crient vengeance devant la face de Dieu » : 1. l’homicide volontaire; 2. le péché impur contre l’ordre de la nature; 3. l’oppression des pauvres; 4. le refus du salaire aux ouvriers. « On dit que ces péchés crient vengeance devant la face de Dieu, parce que l’Esprit Saint le dit, et parce que leur iniquité est si grave et si manifeste qu’elle provoque Dieu à les punir des plus sévères châtiments[19] ».

Dans son instruction Crimen sollicitationis du 16 mars 1962[20], le Saint Office, actuelle Congrégation pour la doctrine de la foi, établit la procédure à suivre dans les cas où des clercs seraient accusés d'avoir utilisé la confession sacramentelle pour faire des avances sexuelles à des fidèles pénitents. Elle consacre un titre, le 5e, « De crimine pessimo », au « crime le plus grave », défini comme n'importe quel fait externe obscène, gravement peccamineux, perpétré ou attenté de quelque manière que ce soit par un clerc sur une personne de son propre sexe (§. 71) [21]. L'instruction demande de suivre pour ce crime les mêmes procédures que pour les cas de pédophilie ou zoophilie.

Formulation actuelle[modifier | modifier le code]

Cependant, l'expression doctrinale de l'Église catholique romaine a évolué depuis le milieu des années 1970. Ainsi le Catéchisme de l'Église catholique[22], publié sous le pontificat du pape Jean-Paul II en 1992, note que les personnes homosexuelles doivent être « accueillies avec respect, compassion et délicatesse ». En revanche, les actes homosexuels sont considérés comme « contraires à la loi naturelle ». Ils « ferment l’acte sexuel au don de la vie », « ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable ». Il est cependant demandé aux fidèles catholiques d'éviter « toute marque de discrimination injuste » envers les personnes homosexuelles. Les personnes présentant des tendances homosexuelles foncières sont appelés elles aussi à réaliser la volonté de Dieu pour atteindre la « perfection chrétienne ». Estimant que cela constitue pour elles une épreuve et un combat, le catéchisme détaille ce que ces tendances impliquent : la chasteté, qui inclut, dans le cadre du célibat, la continence, par le moyen de la maîtrise de soi, par l'union de toutes leurs difficultés « au sacrifice de la Croix », le soutien éventuel d' une « amitié désintéressée », la prière et la grâce des sacrements.

La distinction qu'établit désormais le Magistère de l'Église catholique romaine entre les actes homosexuels et les personnes homosexuelles a été exposée pour la première fois[réf. nécessaire] dans la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi Persona Humana. Sur certaines questions d'éthique sexuelle, signée par le cardinal Franjo Šeper, et datée du 29 décembre 1975 :

« Selon l'ordre moral objectif, les relations homosexuelles sont des actes dépourvus de leur règle essentielle et indispensable. Elles sont condamnées dans la Sainte Écriture, comme de graves dépravations et présentées même comme la triste conséquence d'un refus de Dieu. Ce jugement de l'Écriture ne permet pas de conclure que tous ceux qui souffrent de cette anomalie en sont personnellement responsables, mais il atteste que les actes d'homosexualité sont intrinsèquement désordonnés et qu'ils ne peuvent en aucun cas recevoir quelque approbation[23]. »

Comme tous les autres baptisés de son Église, le fidèle catholique est appelé à la chasteté. Toujours selon le catéchisme[22], la chasteté est une vertu morale, mais aussi une grâce, un don de Dieu. Elle est « l’intégration réussie de la sexualité dans la personne et par là l’unité intérieure de l’homme dans son être corporel et spirituel ». C'est pourquoi tout fidèle catholique doit vivre selon la chasteté dans son état de vie particulier : célibat, célibat consacré, vie religieuse, mariage. Les fiancés chastes sont appelés à la continence sexuelle. La fornication, « union charnelle en dehors du mariage entre un homme et une femme libres » est considérée comme une offense à la chasteté. Il faut donc conclure que toute personne non liée par le sacrement du mariage doit vivre, s'il veut être chaste, dans la continence sexuelle. Cela est valable, tout naturellement, pour les personnes homosexuelles qui ne peuvent se marier sacramentellement, sinon avec des personnes de l'autre sexe.

Interventions de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi[modifier | modifier le code]

Le pape Benoît XVI lors de sa rencontre avec le président Lula Da Silva au Palácio dos Bandeirantes, à São Paulo, au Brésil, le 10 mai 2007.

Dans le document Homosexualitas Problema[24] ou Lettre aux évêques de l'Église catholique sur la pastorale des personnes homosexuelles qu'il a signé le 1er octobre 1986 en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, présente une mise au point doctrinale sur le thème de l'homosexualité. Il rappelle la doctrine morale de l'Église catholique romaine « fondée sur la raison humaine illuminée par la foi et guidée consciemment par l'intention de faire la volonté de Dieu, notre Père »[24]. Si, après la déclaration de décembre 1975, « la condition homosexuelle a donné lieu à des interprétations excessivement bienveillantes, certaines allant jusqu'à la qualifier d'indifférente ou même de bonne[24] », la lettre rappelle que « bien qu'elle ne soit pas en elle-même un péché, l'inclination particulière de la personne homosexuelle constitue néanmoins une tendance, plus ou moins forte, vers un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral. C'est la raison pour laquelle l'inclination elle-même doit être considérée comme objectivement désordonnée[24]. » La pastorale des évêques devra s'assurer que les homosexuels « ne [sont] pas enclins à croire que l'actualisation de cette tendance dans les relations homosexuelles est une option moralement acceptable[24]. »

La lettre dénonce les tentatives au sein même de l'Église catholique romaine de « réunir sous l'égide du Catholicisme des personnes homosexuelles qui n'ont aucune intention d'abandonner leur comportement homosexuel[24] » et au sein de la société civile, de manipuler « l'Église pour obtenir le soutien, souvent bien intentionné, de ses pasteurs en faveur d'un changement des normes de la législation civile[24]. » Elle condamne le fait que « les personnes homosexuelles aient été et soient encore l'objet d'expressions malveillantes et de gestes violents[24]. » Mais l'Église « maintient (…) fermement à ce sujet sa position claire, qui ne peut être modifiée sous la pression de la législation civile ou de la mode du moment[24]. » Elle affirme que « l'opinion selon laquelle l'homosexualité serait équivalente à l'expression sexuelle de l'amour conjugal ou aussi acceptable qu'elle, a un impact direct sur la conception que la société a de la nature et des droits de la famille, et met ceux-ci sérieusement en danger[24]. » Finalement, la lettre demande que soit retiré « tout appui à des organismes qui cherchent à saper la doctrine de l'Église, qui ont une position ambiguë à son égard ou qui la négligent complètement[24]. »

Le 24 juillet 1992, un nouveau document est publié par la Congrégation pour la Doctrine de la foi, sous la signature du même cardinal Joseph Ratzinger : Some considerations concerning the response to legislative proposals on the non-discrimination of homosexual persons, « Considérations sur la réponse [à apporter] aux propositions législatives de non-discrimination des personnes homosexuelles »[25], à l'adresse des évêques catholiques romains américains. Cette lettre affirme que « l'orientation sexuelle ne constitue pas une qualité comparable à la race, l'ethnie, etc. » Elle est bien plutôt « un désordre objectif et constitue une question morale ». De plus la qualité qu'est l'orientation sexuelle n'est connue de tous que si la personne concernée s'identifie elle-même ou manifeste son orientation par un comportement explicite.

Enfin, le 3 juin 2003, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, avec la signature du même cardinal, publie un dernier document, « Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles »[26] » dans lequel elle affirme que « le bien commun exige que les lois reconnaissent, favorisent et protègent l'union matrimoniale comme base de la famille, cellule primordiale de la société. Reconnaître légalement les unions homosexuelles ou les assimiler au mariage, signifierait non seulement approuver un comportement déviant, et par conséquent en faire un modèle dans la société actuelle, mais aussi masquer des valeurs fondamentales qui appartiennent au patrimoine commun de l’humanité ». Il s'agit de s'opposer à cette politique, par des considérations morales qui relèvent de plusieurs ordres : l'ordre de la droite raison, l'ordre biologique et anthropologique, l'ordre social et l'ordre juridique.

Interventions de prélats catholiques romains[modifier | modifier le code]

En novembre 2005, sur le canal radiophonique de Radio Vatican, à l'occasion de la sortie du document de la Congrégation pour l'Éducation catholique refusant l'ordination des prêtres jugés homosexuels[27], le cardinal Zenon Grocholewski déclara : « Beaucoup de gens défendent l'idée selon laquelle l'homosexualité serait une condition normale de la personne humaine. Au contraire, elle contredit absolument l'anthropologie humaine et la loi naturelle »[28].

En complément, dans l'Osservatore Romano, quotidien du Saint-Siège, Tony Anatrella, qui participa lui-même à la rédaction du document sur la non-ordination de prêtres homosexuels, jugea l'homosexualité « comme [étant] un inachèvement et une immaturité foncière de la sexualité humaine (…) Elle pourrait même être perçue comme une réalité déstabilisante pour les personnes et pour la société ». Selon lui, « les prêtres gays ont tendance à détourner leur fonction «à des fins narcissiques », « ils sont dans la séduction » et « ont de sérieuses difficultés pour se situer institutionnellement dans la coopération avec les autres »[28].

Concernant la question de l'homoparentalité, l'Église catholique romaine rappelle, selon Jean-Louis Bruguès, évêque d’Angers, mandaté, pour la France, en 2006 pour mener une réflexion sur les différences structurantes de la société, qu'on « ne peut oublier la question douloureuse de la filiation de l’enfant et, par voie de conséquence, son droit à être reconnu et élevé par des parents de sexe différents[29] ». « Il nous paraît dangereux que la société organise un déni, en laissant croire que des enfants pourraient avoir des personnes de même sexe pour parents naturels. L’humain est issu de la différence, à commencer par la différence des sexes ». Michel Dubost, évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes, avait d'ailleurs affirmé, en juin 2006, qu'« il s’agit de savoir ce qui est essentiel pour le bonheur de l’humanité, et pour celui des enfants en particulier. (…) il n’y aura jamais de droit « à » l’enfant, seulement des droits « de » l’enfant. Et parmi ces droits, ceux d’avoir une histoire inscrite dans une généalogie, de savoir qui est son père et sa mère, d’avoir accès à l’un comme à l’autre… Aujourd’hui, en privilégiant la liberté des parents, on aboutit à une grande fragilité pour l’enfant[30]. ». D'autres prélats tiennent des propos analogues comme l'évêque de Namur André Léonard[31].

Certains évêques refusent le sacrement de l'eucharistie aux hommes politiques catholiques qui défendent des positions contraires à la doctrine de leur église sur la question de l'avortement. Le cardinal Alfonso López Trujillo a suggéré de tenir une ligne analogue pour d'autres questions, notamment la législation sur les couples de même sexe[32].

Il arrive que les propos de certains prélats connaissent une exposition médiatique particulière. C'est ainsi que lors de la nomination d'André Léonard au siège archiépiscopal de Malines-Bruxelles, de nombreux journaux reprennent les propos qu'il avait tenus comme évêque de Namur, considérant la glorification de l'homosexualité comme le signe d'une régression morale et appelant les chrétiens qui ne peuvent dépasser leur homosexualité à vivre dans la chasteté[31]. Invité en janvier 2010 à développer ses idées sur le plateau de l'émission Controverses, André Léonard propose de comparer l'homosexualité à l'anorexie : « L'anorexie est un développement qui n'entre pas dans la logique de l'appétit, mais je ne dirai jamais que les anorexiques sont des anormaux »[33].

Le cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d'État du pape Benoît XVI.

Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'État du pape Benoît XVI, déclare le 12 avril 2010 : « De nombreux psychologues et psychiatres ont démontré qu'il n'y avait aucun lien entre le célibat et la pédophilie et beaucoup d'autres, m'a-t-on dit récemment, qu'il y avait une relation entre l'homosexualité et la pédophilie. (…) Cette pathologie touche toutes les catégories de gens, et les prêtres à un moindre degré si l'on regarde les pourcentages[34] ». Deux jours plus tard, le 14 avril 2010, le directeur de la salle de presse du Vatican Federico Lombardi, assure que le cardinal Bertone se « référait évidemment au problème des abus commis au sein du clergé et non à ceux commis dans l'ensemble de la population. (…) les autorités ecclésiastiques ne jugent pas de leur compétence de faire des affirmations psychologiques ou médicales, qui relèvent des études des spécialistes et des recherches en cours sur le sujet[35] ». Le père Lombardi ajoute qu'une étude statistique du Vatican, publiée en mars 2010, sur « les abus de mineurs par des prêtres auxquels la Congrégation pour la doctrine de la foi a été confrontée ces dernières années », établit une distinction entre les « cas de pédophilie au sens strict » (10 % des cas) et les « cas qu'il faut plutôt définir comme relevant de l'éphébophilie ». Sur ces cas qui représentent 90 % du total, 60 % se réfèreraient à des individus de même sexe et 30 % à des rapports de caractère hétérosexuel. Enfin, toujours au mois d'avril 2010, Richard Fitzgibbons, expert psychiatre spécialiste dans le traitement des prêtres ayant commis des abus contre les enfants, déclara que le Secrétaire d'État avait eu raison de lier la pédophilie et l'homosexualité[36]. « Les déclarations du cardinal Bertone s'appuient entièrement sur le John Jay report et l'expérience clinique[36]. En fait, tous les prêtres que j'ai traités et qui étaient impliqués dans des relations sexuelles avec des mineurs, ont aussi été les acteurs, dans le passé, de relations homosexuelles adultes ».

Évolutions[modifier | modifier le code]

La façon qu'à l'Église catholique de considérer l'homosexualité tend à évoluer au début du XXIe siècle, au moins dans l'insistance sur l'accueil des personnes au sein de l'Église. Insensiblement, des prises de positions importantes s’écartent du discours intransigeant de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 2003[37]. On note aujourd'hui une très grande diversité de positionnement et de formulation parmi les hauts dignitaires de l'Église catholique[38].

Après l'élection du pape François, les déclarations de différents prélats proches du Vatican montrent une inflexion sur ces questions, bien que l'aile conservatrice de l'Église catholique reste sur une ligne stricte à ce sujet[37]. Ainsi Mgr Piero Marini, cérémoniaire de Jean-Paul II et Benoît XVI et chargé de la coordination des congrès eucharistiques explique en avril 2013 qu'« il est nécessaire de reconnaître les unions des personnes de même sexe; il y a beaucoup de couples qui souffrent parce que leurs droits civils ne sont pas reconnus. Ce qu’on ne peut pas reconnaître, c’est que ces couples soient mariés »[37]. Peu avant, Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour la famille estime que les législations homophobes doivent être combattues par l'Église catholique, soulignant qu'« il y a des droits individuels à garantir. Il faut chercher des solutions dans le droit privé et dans le domaine patrimonial (...) la politique doit, sereinement, s’en occuper. Certains ne veulent rien changer. Moi, je pense qu’il faut trouver de nouvelles voies pour arriver à une solution. Tous les hommes sont égaux parce qu’ils ont le signe de Dieu »[37]. L'archevêque de Vienne, le cardinal Christoph Schönborn, explique que « [les homosexuels] ont besoin de respect, et même de protection dans le cadre de la loi civile »[37] tandis que l'archevêque émérite de Belgique Godfried Danneels explique en mai 2013 que « l’Église ne s’est jamais opposée au fait qu’il existe une sorte de « mariage » entre les homosexuels. Si un État ouvre le mariage civil aux homosexuels, alors c’est le problème de cet État » précisant cependant qu'« il ne s’agit pas du vrai mariage entre un homme et une femme, donc il faut trouver un autre mot pour le dictionnaire »[39].

En juillet 2013, le pape François - dans un geste décrit comme « sans précédent d'ouverture »[40] - évoque en juillet 2013 la volonté de l'institution d'accepter les fidèles homosexuels : de retour d'un voyage pastoral au Brésil, il affirme que les homosexuels ne devraient pas être marginalisés, questionnant « si une personne est homosexuelle et cherche le Seigneur, fait preuve de bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? »[40]. Le pape rappelle alors que « les enseignements, tant dogmatiques que moraux, ne sont pas tous équivalents » et appelle à « trouver un nouvel équilibre, autrement l’édifice moral de l’Église risque lui aussi de s’écrouler comme un château de cartes, de perdre la fraîcheur et le parfum de l’Évangile ». Concernant l'union des personnes de même sexe, il rappelle que le mariage est « l’union d’un homme et d’une femme »[41], lui qui avait considéré comme archevêque de Buenos Aires (Argentine) que l'union civile était un « moindre mal »[42].

En mai 2014, la conférence épiscopale du Brésil, au travers de son secrétaire général Leonardo Ulrich Steiner (en), s'exprimant sur l'union civile des personnes du même sexe proposée par le pouvoir législatif du premier pays catholique au monde explique qu'« il faut dialoguer sur les droits de vie commune entre les personnes du même sexe, qui décident de vivre ensemble[40]. Elles ont besoin d'un soutien légal de la société », marquant une évolution du point de vue de l'institution catholique brésilienne qui y était opposée un an auparavant[43].

Interventions de théologiens catholiques romains[modifier | modifier le code]

Le jésuite américain John J. McNeill (en) publie en 1976 The Church and the Homosexual[44]. Il souligne que, chez certaines personnes, l’homosexualité devient dominante sans qu’ils en soient responsables. Pour lui, l’homosexuel existe grâce à la volonté divine et doit donc participer à la construction de la société, il peut aussi enseigner la valeur des relations interpersonnelles en dehors de la procréation. Le théologien soutient encore que deux homosexuels sont parfaitement capables de vivre un amour réel dans une relation stable, situation qui les rapproche de Dieu. En conclusion, il tient que la constitution de communautés croyantes d’homosexuels qui cherchent à établir un dialogue avec l’Église doit être reconnue comme l'œuvre de Dieu[45]. Ces thèses s'opposant directement à la doctrine traditionnelle, la Congrégation pour la doctrine de la foi demande deux ans plus tard, au supérieur général de la Compagnie de Jésus, Pedro Arrupe de retirer l’imprimatur accordé à la première édition et d’interdire à John MacNeill de faire des tournées de conférences sur la question de l’homosexualité, ou des tournées destinées à faire connaître son livre[45].

Le 4 février 2011, plus de 190 théologiens catholiques germanophones ont publié un mémorandum[46] proposant un certain nombre de réformes pour l'Église catholique ; leur déclaration a été aussi signée par 71 théologiens de pays non-germanophones[47]. Le paragraphe sur la Liberté de conscience, tout en reconnaissant la légitimité de l'attachement traditionnel au mariage et au célibat consacré, propose une vision positive de l'homosexualité, en invitant à ne pas exclure ceux qui « vivent de manière responsable l'amour, la fidélité et l’attention réciproque au sein d’un couple de même sexe […] »

La question de l'ordination des prêtres catholiques homosexuels[modifier | modifier le code]

Le 4 novembre 2005, est paru un document de la Congrégation pour l'éducation catholique[27] et intitulé Instruction de la Congrégation pour l'Éducation catholique sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l'admission au séminaire et aux Ordres sacrés. Cette instruction recommande de refuser l'ordination non seulement aux séminaristes ayant des pratiques homosexuelles, mais également à ceux qui présentent « des tendances homosexuelles profondément enracinées » ou qui, simplement, soutiennent « la culture gay ». L'instruction demande, par conséquent, une période de deux ans de conduite « sans défaillance » en vue d'éprouver la réalité et la permanence de l'engagement au célibat, qui sera pris pour toujours. Elle est applicable en général à tous les séminaristes. Elle est rappelée, ici, dans le cas des personnes ayant eu des pratiques homosexuelles mais sans présenter de tendances homosexuelles profondes, de même qu'elle concerne également les séminaristes ayant précédemment vécu une période de concubinage. Cette décision a été prise dans le programme de lutte contre la pédophilie, ce qui a parfois été dénoncé comme un amalgame[48].

L'opposition de l'Église catholique à l'homophobie[modifier | modifier le code]

L'Église catholique est clairement opposée à toute forme de discrimination ou de condamnation de personnes en raison de leur homosexualité. En Ouganda, par exemple, Mgr Cyprian Lwanga s'est publiquement opposé au nouveau projet de loi punissant de mort l'homosexualité[49]. Mgr Cyprian Lwanga ne s'oppose pas aux sanctions contre les actes homosexuels[50]. C'est également la position défendue par le Saint-Siège, comme l'a rappelé Mgr Vincenzo Paglia début 2013[51].

La conférence des évêques catholiques du Nigeria a adressé une lettre de remerciement au président Goodluck Ebele Jonathan pour le remercier « d'un pas fait dans la bonne direction pour la protection de la dignité de la personne humaine »[52] à l'occasion de la loi « anti-gay » qui punit les unions homosexuelles de prison et le soutien à des organisations gays[53].

Le Vatican s'est opposé à la loi anti-homosexualité votée en 2014 en Ouganda[54].

Des mouvements homosexuels d'origine catholique romaine[modifier | modifier le code]

Le mouvement « Courage »[modifier | modifier le code]

« Courage » est une œuvre apostolique de l’Église catholique romaine, qui a pour but de soutenir des personnes « attirées par les personnes du même sexe »[55]. C’est la seule organisation de ce type reconnue par le Saint-Siège avec le mouvement des Rencontres fraternelles Aelred.

Le mouvement a vu le jour aux États-Unis à la demande du cardinal Terence Cooke, archevêque de New York, à la fin des années 1970 et s’est rapidement implanté dans les pays anglophones. Son objectif est d’aider les personnes présentant des tendances homosexuelles à vivre l’appel universel à la sainteté et de l'abstinence à la suite du Christ, en conformité avec l’enseignement de l’Église catholique romaine et notamment par la pratique de la chasteté. Le développement de la vie spirituelle, la fréquentation des sacrements de l'Eucharistie et de la Réconciliation, la vie de prière, l’encouragement mutuel par un espace de dialogue et la naissance de chastes amitiés sont les principaux moyens proposés par « Courage » pour ceux qui souhaitent mener une vie dans la fidélité au Christ[56].

Les Rencontres fraternelles Aelred[modifier | modifier le code]

Ce mouvement tire son nom de saint Ælred de Rievaulx (début 1110 – 12 janvier 1166 ou 1167), moine cistercien. Il propose le regard de la stricte morale catholique et non sexuelle sur l'amitié. Le mouvement très marginal est approuvé par le Vatican[57]. Il prône l'abstinence complète encadrée par des prières, des exercices religieux et des organisations ecclésiastiques. Il explique que l'homosexualité est un trouble psychique qui trouve son origine dans une souffrance, « un déficit dans sa relation avec le parent du même sexe »[58] . Il est contre l'ouverture du mariage aux couples de même sexe.

Le mouvement « David et Jonathan »[modifier | modifier le code]

L'association David et Jonathan est constituée à Paris en 1972; elle se constitue en association déclarée en novembre 1983[59]. Divers groupes (20 à 25 selon les années) se forment à Paris et dans les régions françaises pour obtenir reconnaissance et pleine intégration dans l'Église. Ils présentent une motion en ce sens lors du congrès d’« Arcadie », en 1979[45]. David et Jonathan qui se défend d'être une Gay Church, une église homosexuelle, publie un périodique intitulé David et Jonathan, nom qui lui est associé plus communément que son nom officiel de "Christianisme et homophilie". Son premier bulletin affirme : « Nous rejetons formellement tout a priori de péché en ce qui concerne l'homophilie… Les pulsions échappent à notre volonté; elles viennent de Dieu, notre Créateur »[59]. David et Jonathan a participé en 1982 à la création du Forum Européen des Groupes Chrétiens Gays et Lesbiens. C'est une association mixte depuis l'origine. Le pourcentage de femmes en son sein augmente et s'élève en 2012 à environ 25% mais cela est très variable d'un groupe local à l'autre.

L'association « Devenir Un En Christ » (DUEC)[modifier | modifier le code]

L'association « Devenir Un En Christ » a été créée le 4 juin 1986 à la préfecture de Seine-et-Marne (France) en s'inspirant de l’idée d’un groupe de personnes dont Michel et Marie-Françoise Jamet, un couple chrétien marié traversant des difficultés liées à l’homosexualité. L’association a tenu sa première assemblée générale à l’évêché de Melun le 23 juin 1986[60]. Depuis lors l’association n’a cessé de se développer, proposant des activités telles des groupes de partage, des enseignements, des rencontres fraternelles et des célébrations catholiques (prière, retraites) en France et en Belgique. Elle a les statuts d’une association de type Loi 1901. L’association ne reçoit aucun mandat explicite de l'épiscopat français mais est acceptée par des monastères catholiques (par exemple les abbayes de Tamié, Solesmes, Cerfroid, En-Calcat) et soutenue par de nombreux évêques (tels Mgr Santier et Mgr Planet) et prêtres catholiques.

L'association « Devenir Un En Christ » se donne pour but de proposer un chemin chrétien à toute personne concernée de près ou de loin par l'homosexualité. Selon le site internet de l’association, il s’agit d’accueillir et d’aider, mais pas de décider à la place des personnes leur manière de vivre leur homosexualité. L'association refuse tout militantisme et se situe au sein de l'Église catholique[61]. Certains médias catholiques français ont décrit son action, ainsi l'émission "Le Jour du Seigneur"[62] ou encore le magazine La Vie[63]. Certains diocèses collaborent avec l'association "Devenir Un En Christ" dans leur pastorale familiale, tel le diocèse d'Annecy qui a ouvert en 2013 une "Maison de la Famille" où l'association participe[64].

Le mouvement « Réflexion et Partage »[modifier | modifier le code]

Ce groupe de réflexion réuni dans le diocèse de Nantes propose des groupes de partage et a notamment publié la brochure Orientation sexuelle et vie chrétienne. Un des animateurs, Claude Besson, a publié en 2012 un ouvrage qui puise dans l'expérience de ce groupe[65].

La Communauté du Christ Libérateur (CCL) »[modifier | modifier le code]

La Communauté du Christ Libérateur [66] est née officiellement à Bruxelles en 1974. Elle a, dans un premier temps, pour but premier de permettre à des gays catholiques de se retrouver pour partager leurs questions et leur vie, tout en développant des revendications de reconnaissance à l'égard de leurs responsables ecclésiastiques. La CCL n'a jamais voulu devenir une "Gay Church" et ne veut pas remplacer les paroisses. Œcuménique aujourd'hui, "la Communauté du Christ Libérateur se veut communauté de personnes gay et lesbiennes qui, en communion avec le Christ et en adhésion aux Évangiles, souhaitent cheminer ensemble pour partager leur vécu dans un climat d'accueil, de respect, d'écoute et de convivialité, pour parvenir à une conscience positive de soi dans la paix du cœur et la joie du corps. La Communauté accueille également ceux et celles qui, tout en vivant d’autres identités, désirent partager son témoignage et son effort de solidarité."

La Communauté du Christ Libérateur est la plus vieille association LGBT toujours active en Belgique.

Il ne faut pas la confondre avec le Centre du Christ Libérateur, aujourd'hui disparu, fondé par le pasteur Joseph Doucé.

Autres groupes[modifier | modifier le code]

Certaines associations de catholiques se sont formées pour promouvoir l'évolution des législations. Ainsi le groupe "Catholics for equality" soutient l'introduction du mariage entre personnes de même sexe aux États-Unis.[pertinence contestée]

Les Églises protestantes[modifier | modifier le code]

L'Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Les États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, différentes congrégations protestantes bénissent les unions homosexuelles[67] par des cérémonies en tous points semblables au mariage protestant. Les Églises Unitariennes-Universalistes, église du courant unitarien-universaliste, bénit des couples du même sexe depuis les années 1970[67],[68]. Le synode général de l'United Church of Christ (UCC, Église unie du Christ, États-Unis) admit officiellement l'ordination d'homosexuels déclarés en 1980[69]. En 1991, ce même synode déclara qu'il « sout[enait] avec audace, célèbr[ait] et s'associ[ait] aux dons des personnes lesbiennes, gays et bisexuelles pour le ministère »[69].

Le 21 août 2009, l'Evangelical Lutheran Church in America (ELCA, Église luthérienne évangélique en Amérique), formée de quelque 10 000 congrégations totalisant 4,6 millions de fidèles, vota à 559 voix contre 451, au terme d'un débat passionné, un texte autorisant que des pasteurs « vivant une relation homosexuelle durable et monogame » exercent au sein de l'Église. Cette Église acceptait déjà les pasteurs homosexuels à condition qu'ils vivent dans le célibat. Cependant la motion votée ne mentionna pas la possibilité d'un mariage entre personnes de même sexe[70]. Au début du mois de mai 2008, l'United Methodist Church (UMC, Église méthodiste unie), deuxième plus grande Église protestante aux États-Unis, avec 8 millions de fidèles, avait approuvé un accord avec l'ELCA pour réaliser la pleine communion entre les deux Églises américaines, lors de sa réunion quadriennale, à Fort Worth (Texas). Cependant, la Conférence générale de l'Église avait refusé de modifier les règles de l'Église sur l'homosexualité, notamment l'interdiction d'ordonner des prêtres ouvertement homosexuels. Ayant adopté une résolution maintenant le langage consacré dans le Book of Discipline - compilant la doctrine de l'Église méthodiste unie - selon lequel les pratiques homosexuelles seraient « incompatibles avec l'enseignement chrétien », les délégués approuvèrent, malgré tout, une résolution affirmant que l'Église méthodiste unie s'oppose à « toute forme de violence ou de discrimination fondées sur le sexe, l'identité sexuelle, les pratiques sexuelles ou l'orientation sexuelle[71] ».

Toujours aux États-Unis, en 2009, l’Assemblée générale de la Presbyterian Church (U.S.A.) (Église presbytérienne des États-Unis, 2 millions de fidèles), refusa, par vote de la majorité des branches locales de l’Église, l’ordination de candidats au sacerdoce vivant en couple homosexuel[72]. Mais, selon le Presbyterian News Service, environ 100 paroisses refusant l’évolution libérale de l'Église l’auraient quittée depuis 2006[72]. Cet état de fait permit donc un retournement qui conduisit la même Assemblée générale, le 7 juillet 2010, à approuver une mesure permettant aux personnes homosexuelles de recevoir l’ordination[73]. Cette mesure sera, d'ailleurs, ratifiée par une majorité des 173 districts régionaux, le 10 mai 2011[72], laissant cependant les branches locales de l’Église libres de choisir si elles ordonneraient prêtres des personnes homosexuelles (hommes ou femmes) ou si elles leur confieraient seulement des responsabilités laïques. De plus, l'Assemblée, toujours en juillet 2010, débattit de la possibilité d'élargir la définition du mariage à des relations de même sexe et vota finalement en faveur du maintien de la définition actuelle du mariage, entre un homme et une femme, présente dans sa constitution.

Le Canada[modifier | modifier le code]

L'Église unie du Canada, née en 1925 de l'union des Églises méthodiste, presbytérienne et congrégationaliste canadiennes[74], considérait, dans les années soixante du XXe siècle que l'homosexualité était un péché[74]. En 1984, le 34e Conseil général (la plus haute instance décisionnelle dans l’Église Unie du Canada se réunissant tous les trois ans), à la suite du rapport Foi et Sexualité de 1981, déclara, d'une part, que tous les êtres humains, homosexuels ou hétérosexuels, sont créés à l'image de Dieu; d'autre part, que les membres de l'Église sont conscients de la discrimination dont les homosexuels sont victimes et luttent contre ce fait; et enfin, qu'ils pensent tous (homosexuels ou hétérosexuels) la sexualité à la lumière de l'Évangile[74]. En 1988, le Conseil général déclara que « toute personne, de quelque orientation sexuelle qu'elle soit, confessant sa foi en Jésus-Christ et son obéissance à celui-ci, était accueillie comme membre à part entière de l'Église unie du Canada ou invitée à le devenir », et que « tous les membres de l'Église unie du Canada pouvaient soumettre leur candidature pour le processus menant au pastorat ordonné »[74]. Entre 1992 et 2003, les Conseils généraux ont développé cette action en œuvrant à ce que les personnes homosexuelles, bisexuelles et transgenres soient accueillies dans les paroisses à l'aide de dispositifs pastoraux ou liturgiques (notamment les liturgies de l'alliance) et à ce que leurs droits civils soient reconnus, notamment la possibilité du mariage (le Conseil général se prononce clairement en sa faveur en 2003[75]). D'ailleurs l'Église Unie célèbre des mariages depuis que la loi le permet[74]. L'Église Unie Saint Jean de Montréal est un exemple de cette politique d'inclusion à l'égard des personnes gaies, lesbiennes, bisexuelles et transgenres. Ainsi, en octobre 2002, elle rédigea une « déclaration d'inclusivité[74],[76]. Cependant, chacune des 2 500 paroisses de l'Église unie est libre d'accepter ou de refuser la célébration de mariages entre personnes de même sexe[75].

L'Europe[modifier | modifier le code]

Les États du Nord[modifier | modifier le code]

En Europe, c'est, aux Pays-Bas, l’Evangelisch-Lutherse Kerk (ELK, Église luthérienne évangélique) qui, la première, en 1972 déclara que l'orientation sexuelle ne devait pas entrer en jeu dans le choix des ministres de l'Église[77]. Au même moment, la Nederlandse Hervormde Kerk (NHK, Église réformée néerlandaise) commença à débattre de l'acceptation des gays et des lesbiennes et de leurs relations[77]. Ces discussions l'amenèrent, lors du synode de Delft en 1979, à inviter et, en 1980, à admettre la pleine participation des gays et des lesbiennes[69],[78]. En 1986, la Remonstrantse Broederschap (Fraternité remonstante), la plus ancienne des églises néerlandaises, héritière du courant arminien, fut la première église européenne à accepter la bénédiction de couples non-mariés : « Deux personnes promettant devant la congrégation ou ses représentants de partager leurs vies dans l'amour et la fidélité peuvent recevoir la bénédiction de l'alliance dans laquelle ils viennent d'entrer lors d'un service à l'église. »[77]. Ce ne fut pas le succès d'un groupe de pression gay, mais l'adoption du principe selon lequel les gays et les lesbiennes devaient recevoir un traitement égal[77]. Par la suite, en 1995, toujours aux Pays-Bas, le synode de l'Evangelisch-Lutherse Kerk décréta qu'il n'existait pas de raison théologique de s'opposer aux bénédictions de couples non-mariés[77]. La même année, le synode de la Nederlandse Hervormde Kerk publia une déclaration selon laquelle les membres de l'Église jouissent de droits égaux, indépendamment de leur orientation sexuelle ou de leur mode de vie et que, par conséquent, tous peuvent participer à la Cène, renvoyant à chaque paroisse la responsabilité de l'accueil[78],[79].

Au début de 1997, le synode de l'Église Protestante du Nord de l'Allemagne (S.E.K.) décida de bénir des unions homosexuelles[67].

Blason de la Svenska kyrkan, l'Église évangélique luthérienne de Suède.

Ce fut le cas, également, la même année, de Den Danske Folkekirke ou simplement Folkekirken, l'Église évangélique-luthérienne nationale du Danemark[79]. Mais, en novembre 2005, une dizaine de communautés chrétiennes danoises publièrent un pamphlet dans lequel elles analysaient les paroles de la Bible sur l'homosexualité en 17 points : l'homosexualité serait un péché; si la Bible commande d'aimer son prochain, cela ne justifierait pas des relations sexuelles avec une personne du même sexe; le mariage ne pourrait unir qu'un homme et une femme; sans juger qui que ce soit, il serait dangereux d'affirmer que, le temps ayant passé depuis l'écriture de la Bible, le texte ne devrait pas être pris au pied de la lettre[80]. Cependant, la Folkekirken prit ses distances avec le texte. D'autre part, le bulletin d'août 2010 de la Folkekirken annonça que la majorité des évêques étaient favorables à ce que les mariages religieux et civils soient désormais distincts. En effet, la Folkekirken étant Église d'État, les mariages religieux sont reconnus par ce dernier. Selon l’évêque Drejergaard d’Odense, il conviendrait de « séparer le sacré du séculier » : le côté légal du mariage, y compris le mariage entre personnes de même sexe, serait mieux respecté par une cérémonie à la mairie, pour tous les couples. Ce débat fut déclenché par certains homosexuels revendiquant le mariage religieux en lieu et place de l'actuelle bénédiction des couples de personnes du même sexe. Finalement, une commission a été créée pour étudier la question, sous l’autorité du ministre des Affaires religieuses[81].

Du côté suédois, plus de 800 pasteurs officiant, pour une majorité d'entre eux, au sein de l'évêché conservateur de Göteborg, signèrent, en novembre 2005, une pétition contre la création d'une bénédiction religieuse des partenariats homosexuels. Malgré cela, la Svenska kyrkan (Église évangélique luthérienne de Suède 73 % des Suédois en 2008), approuva en octobre 2009, lors de son synode, le mariage des homosexuels à l’église, autorisé par la loi suédoise depuis le 1er mai 2009. Cette mesure, appliquée à compter du 1er novembre 2009, ainsi que la demande d'une liturgie pour les mariages homosexuels, furent adoptées à une majorité de près de 70 % par les quelque 250 membres du synode[82].

En Écosse, au Royaume-Uni, la Church of Scotland (Église presbytérienne d'Écosse), dite aussi The Kirk, envisagea la question de l'homosexualité dans le contexte de la dépénalisation des actes homosexuels, rejetée alors par l'Église[78]. Entre 1967, année où l'on souhaita une pastorale visant à la rédemption de ceux qui s'adonnaient au « péché de sodomie » et 1994, de nombreux rapports furent produits sur la question homosexuelle[78]. Finalement, le 23 mai 2009, l'Assemblée générale de la Church of Scotland confirma, par 326 voix contre 267, que Scott Rennie, pasteur homosexuel, pouvait exercer son ministère à la Queen's Cross Church d'Aberdeen, malgré le fait que des milliers de fidèles eussent signé une pétition pour s'opposer à cette nomination. Néanmoins, l'Assemblée générale décida également qu'il ne serait plus permis d'ordonner des pasteurs homosexuels, d'ici 2011, année butoir de la période nécessaire à la rédaction d'un rapport par une nouvelle commission désignée à cet effet[83]. D'autre part, l’United Free Church of Scotland (Église libre unie d'Écosse) retient toujours la lettre des condamnations bibliques de la sodomie mais recommande une pastorale spécifique qui encouragera l'homosexuel au « changement » ou au célibat[78].

En Grande-Bretagne, dans le même Royaume-Uni, l’United Reformed Church (Église Réformée Unie, unissant les courants presbytérien anglais et congrégationnalistes britanniques) connut un intense débat autour de la question homosexuelle. Deux rapports (1984 et 1991) reconnurent l'existence de l'orientation homosexuelle et appelèrent à replacer les condamnations bibliques dans leur contexte[78]. Les rapports du courant évangélique (1992) et des membres réformés du Lesbian and Gay Christian Movement (en) (L.G.C.M., Mouvement chrétien gay et lesbien)) ont été officiellement publiés afin de nourrir la réflexion[78]. En 1994, les premiers candidats homosexuels furent recommandés pour leur étude de théologie. Cependant, cette ouverture, confirmée en 1997, fut suspendue en 1999. En effet, l'Assemblée générale de l'Église déclara qu'elle « accueille les personnes d'orientation homosexuelle dans la vie de l'Église et de la société, mais ne croit pas qu'il y ait une pensée suffisamment claire dans l'église, à l'heure actuelle, au point d'affirmer l'acceptabilité des pratiques homosexuelles »[84]. Finalement, le nouveau rapport de 2000 ne fut pas définitivement approuvé. Un moratoire de 7 ans fut décidé[78].

La Suisse[modifier | modifier le code]

Dans la Confédération suisse, le débat se concentra sur la question de la bénédiction des couples homosexuels[78]. L'Église protestante de Genève souhaita que la société civile donnât « un cadre légal à de telles unions », mais se prononça contre elles[78]. Des débats similaires eurent lieu dans presque toutes les Églises cantonales de 1995 à 2000. L'union synodale Berne-Jura rejeta la possibilité de bénir les couples homosexuels en 1997 mais l'accepta l'année suivante; ce que fit, du reste, la majorité des Églises cantonales alémaniques[78]. La cérémonie de bénédiction est clairement distincte de celle du mariage et a lieu uniquement avec l'accord de la communauté locale[78]. Il s'agit d'accompagner liturgiquement une « situation de vie particulière »[78]. D'autre part, au sein de l'association « VoGay », basée à Lausanne, un « Groupe chrétien » fut créé en septembre 2010 et qui s'adresse à tout chrétien, directement ou indirectement, concerné par l’homosexualité. Ce groupe vise la réunion régulière de fidèles issus de toutes les confessions chrétiennes, afin de partager des moments de discussion sur l’homosexualité et/ou la spiritualité[85].

La France[modifier | modifier le code]

Les Églises luthériennes et réformées[modifier | modifier le code]
Croix huguenote.

Pour la Fédération protestante de France, l'homosexualité est une mauvaise orientation de l'affectivité[86], mais non pas un « sous-développement » de celle-ci. La première réflexion de la Fédération protestante sur le sujet date de 1975[87]. Depuis, sa position n’a cessé de s’élargir. On note d'ailleurs une différence entre réformés et luthériens d'une part, et les évangéliques d'autre part : 8 % des premiers considèrent l'homosexualité comme une maladie, 63 % des seconds la considèrent comme un péché[86]. Lors du Synode national de l'Église reformée de France à Soissons, du 24 au 27 mai 2001, sur les « Sacrements »[88], les réformés français ont affirmé des convictions fortes « qui devraient être confrontées, dans les prochains mois, à une réflexion sur l'accueil des personnes homosexuelles. » Parmi les vœux adoptés figurent deux demandes : « la question du ministère des personnes homosexuelles dans l'Église » et « les demandes de bénédiction des couples homosexuels »[86],[89]. À l'issue du Synode, le Conseil permanent luthéro-réformé (CPLR) a mandaté un groupe de travail composé de quatre pasteurs (Gerard Krieger, Bernard Sturny, Mayanga Pangu, Michel Cordier), un théologien (Jean-Daniel Causse), un psychiatre (Raymond Heintz), un médecin (Nadine Davous) pour rédiger le document de travail Église et homosexualité, finalisé en juillet 2002 par les pasteurs Michel Cordier et Gérard Krieger [90], puis largement diffusé[89]. Finalement, en février 2004, le CPLR, publia un texte énonçant les trois points suivants : oui à l'accueil de personnes homosexuelles dans l'Église, oui à l'embauche d'un pasteur homosexuel mais en acceptant qu'une église locale puisse refuser de l'élire ou de le conserver à son poste, non à un culte de bénédiction d'un couple homosexuel[91]. Cependant, le Livre noir, gris, blanc de l’homophobie religieuse, publié en mai 2010 par « La Maison verte », mission populaire évangélique et le mouvement « David et Jonathan », « l’avis du CPLR laisse une impression très mitigée. Ce texte n’est pas porté par l’ensemble des églises de la FPF, mais uniquement par sa composante pluraliste luthéro-réformée ; le sujet porte à débat avec les communautés et fédérations évangéliques aux positions plus tranchées. De plus, il apparaît nettement comme un texte de compromis qui laisse chacun(e) sur sa faim : les plus conservateurs, choqués de l’accent initial sur l’accueil inconditionnel des personnes homosexuelles ; les plus libéraux, heurtés par la tiédeur des positions sur l’accueil liturgique des couples de même sexe et l’accès au ministère des personnes de même sexe[92] ». En octobre 2011 (Église Protestante Unie de France) et novembre 2012 (Union des Églises Protestantes d'Alsace-Lorraine), les luthériens et réformés de France et d'Alsace-Moselle ont investi une commission chargée de reprendre la réflexion sur le mariage des couples homosexuels et ses aspects connexes : bénédiction religieuse et questions de filiation [93]. Reprenant l'exemple des 95 thèses publiées par Luther le 30 octobre 1517 à Wittemberg et considérées comme le point de départ de la Réforme protestante, un groupe de pasteurs a rédigé à l'occasion de la date initialement prévue de présentation du projet de loi gouvernemental fin octobre, un texte visant à faire avancer le débat[94].

Les Églises évangéliques[modifier | modifier le code]

Les Églises évangéliques françaises, quant à elles, se sont rassemblées pour s'opposer au pacte civil de solidarité[86]. L'Alliance évangélique française, membre de l'Alliance évangélique européenne et de l'Alliance évangélique universelle, a adopté, le 12 octobre 2002, par le biais de son conseil national, un document intitulé Foi, espérance et homosexualité, dans lequel l'homophobie, la haine et le rejet des homosexuels sont condamnés, mais qui refuse les pratiques homosexuelles et la pleine appartenance à l'Église des homosexuels non-repentis et des personnes approuvant ces pratiques. Les personnes homosexuelles sont ainsi appelées à vivre dans le célibat et la chasteté. D'autre part, l'Alliance évangélique désapprouve « l'accès au ministère pastoral de personnes qui se déclarent homosexuelles ou qui pratiquent l'homosexualité » et « la bénédiction d'unions homosexuelles ». Ces positions sont inhérentes au fait que « le mariage hétérosexuel monogame est la seule forme d'union que Dieu a prévue pour les relations sexuelles », doctrine fondée sur les Écritures[95]. La Fédération évangélique de France (FEF) avait défendu les mêmes analyses dans son document de prise de position datée d'avril 2001[96]. Elle plaçait « l’homosexualité parmi les autres déviations et/ou transgressions d’ordre sexuel, telles : adultère, impudicité, inceste, pédophilie, zoophilie, nécrophilie, et dont certainement sont parfois appelées « abominations » et affirmait que « reconnaître et légaliser des unions homosexuelles est un signe de dégradation de notre société, préjudiciable à terme à l’humanité ». Le 4 juin 2004, le CPDH (Comité protestant évangélique pour la dignité humaine), dans son communiqué « À propos du « mariage » homosexuel », a refusé l'institutionnalisation de la simple « préférence » que constituerait l'orientation homosexuelle, affirmé, par conséquent, qu' « il n'est pas discriminatoire de traiter inégalement des choses inégales » et défendu « le droit à la liberté d'expression pour ceux et celles qui ont la conviction que la pratique homosexuelle n'est pas un facteur d'épanouissement ni d'équilibre des personnes »[97]. Le refus du mariage entre personnes de même sexe[98] se retrouve également dans les vœux du Congrès de la Fédération des Églises évangéliques baptistes de France (FEEBF), réuni à Seloncourt, du 20 au 22 mai 2004, et dans la réaction des Églises réformées évangéliques indépendantes (EREI) au texte déjà évoqué du Conseil permanent Luthéro-Réformé sur Église et personnes homosexuelles. Ces Églises approuvent « le refus de procéder à la bénédiction de couples homosexuels », mais rejette « l’accueil inconditionnel des personnes homosexuelles au sein de l’Église en qualité de membres », personnes homosexuelles qui doivent « changer de vie et à renoncer aux pratiques que la Bible réprouve ».

Les témoignages de chrétiens évangéliques favorables à l'introduction du mariage entre personnes de même sexe sont rares[99].

Le Centre du Christ Libérateur[modifier | modifier le code]

En France, le pasteur baptiste (excommunié) d'origine belge Joseph Doucé (1945-1990), célèbre les premières bénédictions d'unions homosexuelles en 1974[67]. Ces bénédictions engageaient seulement sur le plan moral et spirituel et n'entrainaient ni droits ni devoirs[67]. De 1974 à 1976, Joseph Doucé étudie à l'université libre d'Amsterdam (protestante) les problèmes pastoraux et psychologiques des minorités sexuelles, en particulier ceux des homosexuels et des transsexuels, grâce à une bourse que lui accorde le Conseil œcuménique des Églises. En 1975, il fait un stage en hôpital psychiatrique à Amsterdam et obtint, à la fin de ses études, le diplôme de formation pastorale des cliniques de Hollande[100]. Le pasteur Doucé crée le10 octobre 1976, le « Centre du Christ libérateur » à Paris[45]. Cette association d'inspiration chrétienne évangélique voit le jour grâce à une allocation accordée par une fondation hollandaise à laquelle participent des protestants, des prêtres catholiques romains et Norman Pittenger, professeur de théologie anglicane au King’s College de Cambridge (Royaume-Uni)[45]. Le but de ce regroupement est double : aider les minorités sexuelles (homosexuels, transsexuels.) et favoriser une compréhension plus profonde de leur situation par la société et les dénominations chrétiennes[45]. De nombreux groupes se créent au sein du « Centre du Christ Libérateur » aux côtés des homosexuels : travestis, transsexuels[45]. Le pasteur Doucé est rejeté par la Fédération protestante de France, ce qui lui retire le soutien du Conseil œcuménique des Églises[100] et place le mouvement aux marges de l'Église, dans une situation protestaire[45], lui laissant la liberté de mener une politique de bénédiction d’amitiés scellant devant Dieu la volonté de vivre ensemble de deux homophiles[45]. Le livre référence du Centre est l'ouvrage collectif Dieu les aime tels qu’ils sont, Pastorale pour homophiles paru en 1968 aux Pays-Bas[101].

L'Italie[modifier | modifier le code]

La Chiesa Evangelica Valdese (Église évangélique vaudoise), dès 1980, accueillit dans son centre « Agapè » les rencontres du groupe « foi et homosexualité ». En 1984, fut publié un rapport intitulé La Sexualité dans la Bible et le temps présent, réfutant les préjugés traditionnels à l'encontre de l'homosexualité et informant que l'on ne peut « demander à l'homosexuel de réprimer ou refuser sa propre homosexualité sans faire violence à la dignité de sa personne »[78]. En 1994, un groupe de pasteur signa une déclaration soutenant, contrairement à l'Église catholique romaine, la recommandation du Parlement européen sur la reconnaissance des droits des citoyens homosexuels à une cohabitation stable[78]. En 2000, l'Église accueillit favorablement l'organisation de la World Gay Pride, à Rome[78]. Dernièrement, fin août 2010, le synode commun aux protestants vaudois et méthodistes italiens, réuni à Torre Pellice dans les vallées vaudoises italiennes, décida d’autoriser les bénédictions de couples homosexuels à l’église, sous certaines conditions. La pasteure Janique Perrin de la Commission « Foi et homosexualité » indiqua lors de la conférence de presse : la pasteur Janique Perrin de la Commission « foi et homosexualité » à la conférence de presse : « Nous sommes attentifs à l’accompagnement pastoral des couples homosexuels, comme aussi aux aspects liturgiques les concernant. Par bénédiction [de ces couples à l’église] nous entendons un acte par lequel grâce est rendue à Dieu pour ses dons. Et nous croyons que l’amour est un don merveilleux. » Un de ses confrère rappela la nécessité de faire une nette distinction entre le mariage civil (comportant des droits et devoirs précis) et la bénédiction d’union de vie non reconnue par l'État italien. Avant le synode, un groupe de vaudois, dont un membre du Parlement italien avait publié une annonce payante dans l’hebdomadaire protestant Riforma pour mettre en garde contre les bénédictions d’homosexuels qui risquent, selon eux, de diviser les Églises et d’affecter les relations œcuméniques[102].

L'Afrique[modifier | modifier le code]

Plusieurs Églises protestantes africaines, notamment nigérianes et rwandaises ont, pour la plupart, marqué leurs distances avec l'Église épiscopale américaine, après l'ordination de Robinson en 2003[103]. Selon Alex Siewe, de l’hebdomadaire Jeune Afrique, « l’Église a condamné sans réserve l’homosexualité pendant la guerre coloniale; les régimes marxistes ou de parti unique ont présenté plus tard ces pratiques comme une déviance propre à la bourgeoisie, conséquence du capitalisme décadent; aujourd’hui, c’est paradoxalement au nom d’un retour à des valeurs ancestrales africaines que le sujet est combattu avec véhémence comme une maladie occidentale »[103]. Cette situation est paradoxale, puisque des recherches ont constaté que l'homosexualité existait en Afrique pré-coloniale[104]. Elle était souvent le privilège des élites et des puissants[105]. Dans la plupart des communautés, il existait des relations très étroites, y compris sous l'aspect physiques, entre personnes du même sexe, même si la contrainte sociale obligeait à prendre un ou une partenaire (sans même l'épouser) et à mettre au monde des enfants[104]. Cependant, des changements sont en cours. La pandémie du syndrome d'immunodéficience acquise (S.I.D.A.) a suscité une nouvelle réflexion sur les questions sexuelles[104]. De nombreuses paroisses chrétiennes ont réalisé que des personnes homosexuelles faisaient partie de la population et qu'il était absurde de nier ce fait[104]. De plus en plus, émerge l'idée que les relations sociales en Afrique n'ont pas été dépeintes de façon convenable et que les Églises ont souvent été à l'origine de l'occultation de certains aspects[104]. Des chrétiens pratiquants sont membres des associations de gays et de lesbiennes qui se sont fondées discrètement ou même secrètement et vivent maintenant au grand jour. Ces associations (Rainbow Project en Namibie, GALZ au Zimbabwe, Coalition nationale pour l'égalité des gays et des lesbiennes en Afrique du Sud, LEGATRA, Associations des personnes homosexuelles et transsexuelles, en Zambie) s'opposent aux condamnations publiques de l'homosexualité telles que celles proférées par les présidents du Zimbabwe, du Kenya, de Namibie, et de Zambie[104]. Ces chrétiens membres invitent leurs églises à soutenir ces associations[104]. D'ailleurs, au Zimbabwe, il s'est formé un groupe chrétien au sein des GALZ, animée par une pasteure baptiste[104]. Dans un pays, comme le Nigeria, où l'homosexualité est interdite et, où, dans les États du Nord appliquant la Charia, les relations entre personnes du même sexe sont passibles de lapidation, Rowland Jide Macaulay, pasteur homosexuel de l’Universal Fellowship of the Metropolitan Community Churches, a lancé, en septembre 2006, à Lagos, la capitale économique nigériane, la House of Rainbow, seule église à accepter les fidèles quelle que soit leur orientation sexuelle[106] : « Je sais ce que c'est d'être gay dans la société nigériane conservatrice, forcé de vivre dans un placard et même apeuré de parler de votre orientation sexuelle à l'église. (…) L'église est censée être le lieu où nous apparaissons vrais les uns envers les autres et envers Dieu ».

Les Églises orthodoxes[modifier | modifier le code]

Le patriarche orthodoxe de Moscou et de toute la Russie Alexis II déclara devant l'assemblée du Conseil de l'Europe, en octobre 2007, que « l'Église orthodoxe russe éprouve amour et compassion pour le pécheur mais pas pour ses péchés. Tel est l'enseignement moral de la Bible. Le péché, c'est l'adultère, l'infidélité, des relations sexuelles irresponsables et tous les actes qui altèrent la conscience de l'homme. (…) Si certains se livrent à une propagande en faveur de l'homosexualité, il est du devoir de l'Église de dire où est le Bien car l'homosexualité est une maladie qui modifie la personnalité de l'homme. Ce n'est donc pas l'une de ces pathologies dont on peut parler avec détachement comme de la kleptomanie par exemple. (…) Ces convictions ne doivent conduire à aucune discrimination »[107]. Son successeur, le patriarche Cyrille Ier, à l'occasion d'un voyage en Ukraine, en juillet 2010[108], exprima partager la vision du pape Benoît XVI sur de nombreuses questions actuelles, spécialement les questions morales et ecclésiales. Concernant l'homosexualité, il nota que « la Parole de Dieu est déformée afin de correspondre au critère laïciste libéral. Il est écrit très clairement qu'il s'agit d'un péché[109] ».

Le 17 mars 2008, les 13 membres du comité permanent de l'Église orthodoxe de Grèce déclarèrent que la proposition de loi d'union matrimoniale civile, envisagée par le gouvernement grec, serait une « bombe catastrophique » logée dans les fondements même de la société grecque, minant le mariage et la vie de famille[110]. Le Synode affirma, de la part de l'Église de Grèce, que « l'Église accepte et bénit le mariage établit selon les traditions orthodoxes, et considère tout autre type de relation semblable comme étant de la prostitution ».

Dans son document portant sur « le mariage, la famille, la sexualité et la sainteté de la vie[111] », le Saint Synode de l'Église orthodoxe aux États-Unis déclara en juillet 1992 que « l'homosexualité doit être perçue comme le résultat de la rébellion de l'humanité contre Dieu, et donc, contre sa nature propre et son propre bien-être. Elle ne doit pas être considérée comme une manière de vivre et d'agir pour des hommes et des femmes faits à l'image et à la ressemblance de Dieu. Les hommes et les femmes ayant des sentiments et des émotions homosexuels doivent être traités avec la compréhension, l'acceptation, l'amour, la justice et la miséricorde dus à tous les êtres humains. (…) Les personnes [homosexuelles] instruites et trouvant conseil dans la foi chrétienne orthodoxe et la vie ascétique et qui veulent encore justifier leur attitude, ne peuvent pas participer aux mystères sacramentels de l'Église, puisque le faire ne les aiderait pas, mais, au contraire, leur ferait du mal ».

En Roumanie, le patriarche Théoctiste et le Saint Synode ont demandé à deux reprises, en 1994 et 2000, à l'État, de ne pas légaliser l'homosexualité[112].

Pour l'Église copte orthodoxe, selon la Bible, la tradition copte et le credo, l'homosexualité est un péché et Dieu les condamne[113]. Le père M. Mikhail (États-Unis)[114] affirme que l'orientation sexuelle vient d'une prédisposition datant de la petite enfance, est donc acquise et constitue un choix[113]. « Une personne homosexuelle se fait des illusions si elle pense pouvoir pratiquer ce style de vie et aller au ciel. L'homosexualité est un péché et la personne homosexuelle qui veut guérir doit la reconnaître comme telle et se repentir »[113].

Le Saint Synode de l’Église d’Amérique quant à lui, s'est opposé à cette attitude et s'est exprimé en 1992 par une écoute pastorale à ce sujet, tout en soulignant que l’homosexualité, comme telle, était une révolte de la nature contre Dieu, comme le sont tous les péchés : « Les hommes et les femmes ayant des sentiments et des émotions homosexuels doivent être traités avec la compréhension, l'acceptation, l'amour, la justice et la miséricorde dus à tous les êtres humains. (…) Les personnes (homosexuelles) instruites et trouvant conseil dans la foi chrétienne orthodoxe et la vie ascétique et qui veulent encore justifier leur attitude, ne peuvent pas participer aux mystères sacramentels de l'Église, puisque le faire ne les aiderait pas, mais, au contraire, leur ferait du mal ». La voie proposée reste donc la compréhension, l'écoute, l'abstinence et l'ascèse. Le métropolite Michel Laroche du représentant du patriarcat de Kiev en France partage la même opinion[115] et propose de laisser les solutions pastorales de ces questions aux prêtres de paroisses et aux moines tout en citant Luc (évangéliste) : « Ne jugez-pas et vous ne serez pas jugés ».

La Communion anglicane[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Homosexualité dans l'anglicanisme.

La Communion anglicane est formée d'églises autonomes, ce qui explique qu'elles puissent tenir des positions et des politiques divergentes sur la question de l'homosexualité. Le chef spirituel de la Communion, l'archevêque de Canterbury est le garant de l'unité de la Communion, mais n'a pas de pouvoir effectif sur les décisions prises par chaque église. Il existe aussi des instances permettant une forme de consultation et de collaboration entre églises sœurs.

C'est ainsi que la conférence de Lambeth, rassemblement décennal de l’ensemble des évêques anglicans, encourage en 1978 l'étude de la question homosexuelle : « Alors que nous réaffirmons l’hétérosexualité comme la norme biblique, nous reconnaissons le besoin d’une étude approfondie et dépassionnée sur la question de l’homosexualité qui prendrait sérieusement en compte à la fois la Bible et les données de la recherche scientifique et médicale. L’Église reconnaît le besoin d’une attention pastorale envers ceux qui sont homosexuels et encourage le dialogue avec eux »[116],[117]. Mais, vingt ans plus tard, la même conférence, en août 1998, émet le refus de « reconnaître » l'homosexualité[118] : « [Cette conférence], bien qu'elle rejette les pratiques homosexuelles comme incompatibles avec les Écritures, appelle tous nos fidèles à prendre soin de tous pastoralement et avec délicatesse sans tenir compte de l'orientation sexuelle et à condamner la crainte irrationnelle des homosexuels (…)[119]». Dès lors le débat se bloque, opposant d'une part, les conservateurs des pays du Nord et la plupart des pays du Sud (qui s'organisent de plus en plus sous l'étiquette Global South) et d'autre part, les libéraux des pays du Nord[118].

Gene Robinson, évêque épiscopalien du New Hampshire, à l'église épiscopalienne de St. John the Evangelist, à San Francisco, (Californie), 2005.

Des évêques anglicans canadiens bénissent cependant, en 2003, des unions de personnes du même sexe[118]. En novembre de la même année, Gene Robinson qui vit ouvertement une relation homosexuelle durable, est élu évêque du New Hampshire[118]. Groupes de pression et évêques conservateurs américains s'élèvent contre ce qu'ils appellent « une hérésie, un blasphème et un péché » et s'organisent pour défendre « le maintien de l’orthodoxie biblique »[120]. La controverse s'étend à l'ensemble de la Communion : l'archevêque de Canterbury Rowan Williams condamne cette élection, exprimant son « profond regret » ; il convoque un sommet extraordinaire des primats anglicans à Londres à la mi-octobre 2003. Les chefs des églises anglicanes font part de leurs regrets et de leur inquiétude : « Si sa consécration a lieu, avaient-ils mis en garde, nous devrons conclure que l’avenir de la Communion sera mis en danger »[120]. L'opposition la plus marquée vient des primats du Global South (50 millions des 70 millions d’anglicans), avec pour figures de proue le primat nigérian Peter Akinola et le chef de la province des Antilles Drexel Gomez. Ils considèrent la communion rompue entre leurs églises et l'Église épiscopalienne[121].

La conférence de Lambeth de 2008 ne peut que prendre acte des conflits. Elle est boycottée par environ 150 évêques sur 800, et l'idée de résolutions communes est abandonnée au profit de groupes de réflexion, baptisés indaba, suivant un modèle africain de résolution des disputes tribales[122], mais qui ne permet pas de produire d'avancée dans le dialogue au sein de la Communion[123]. Il est demandé aux églises libérales un moratoire sur les nominations d'évêques homosexuels. Un contre-synode tenu à Jérusalem, la conférence GAFCON, réunit 300 évêques. Le mouvement s'installe dans la durée avec la formation de la Fraternité des anglicans confessants (Fellowship of Confessing Anglicans) qui se dote de son propre conseil de Primats[124],[125].

L'année suivante, en juillet 2009, l'Église épiscopale des États-Unis repousse tout moratoire quant à l'ordination de pasteurs homosexuels[126],[127]. Le 17 juillet 2009, lors de la convention triennale de cette église, est également donné le feu vert à la bénédiction des unions homosexuelles dans les États américains qui les reconnaissent légalement (il y en a six au moment de l'adoption de la mesure). Enfin, le clergé est appelé à développer des rites et des prières adaptés à ces bénédictions. Pour autant, la résolution ne remet pas en cause la définition épiscopalienne du mariage.

Mary Glasspool femme prêtre homosexuelle, élue en décembre 2010 évêque assistante du diocèse de Los Angeles, est ordonnée évêque le 15 mai 2010, renforçant le sentiment que les églises de la Communion suivent des voies de plus en plus divergentes malgré les appels à la retenue de l'archevêque de Canterbury[116],[128]. L'église épiscopale créée un nouveau précédent avec la bénédiction du mariage de deux femmes membres du clergé de cette église, lors du jour de l'an 2011[129].

D'autres mouvements[modifier | modifier le code]

L'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours déclare qu’elle souhaite officiellement la bienvenue à ses membres gays et lesbiens, sous certaines conditions. Elle enseigne que les sentiments homosexuels sont peut-être innés, et que, bien que ceux-ci soient parfois non désirés, ils peuvent et doivent être contrôlés. Les membres gays et lesbiens doivent donc être totalement abstinents [130].

L'Église vieille-catholique[modifier | modifier le code]

L'Église vieille-catholique ou Union catholique internationale d'Utrecht regroupe les héritiers de l'Église janséniste d'Utrecht et, depuis 1870, les héritiers des catholiques qui refusent le dogme de l'infaillibilité pontificale et la juridiction universelle de l'évêque de Rome. Cette Église défend des positions plus libérales que l'Église catholique romaine et accepte les bénédictions de couples homosexuels. En 1996 l'Église vieille-catholique hollandaise déclara qu'une bénédiction des relations entre personnes de même sexe était possible, mais sans encore accorder le droit de se marier[77]. En effet, le mariage est, selon les vieux-catholiques, un sacrement[77]. Mais dès 2002, un rapport de cette même église conseilla d'engager les discussions au sujet du mariage[77]. Lors de son synode national de 2006, l'Église catholique-chrétienne, branche suisse de l'Église vieille-catholique, rappela que « la préférence sexuelle d’un être humain et sa façon de la vivre dans une perspective chrétienne ne peut être en soi un critère déterminant » pour l’exercice d’un ministère dans l’Église, mais souligna, cependant, l’importance d’une certaine intelligence pastorale dans l’engagement de membre du clergé vivant en partenariat homosexuel[131]. D'autre part, la bénédiction des couples homosexuels qui n'est, pour cette Église suisse, ni un sacrement ni un mariage religieux, consiste en une prière prononcée soit dans une célébration à part entière, à l’église ou dans un contexte privé (par exemple, dans l’appartement du couple), soit au cours d’une eucharistie paroissiale[131].

Les quakers[modifier | modifier le code]

Soutien de quakers à la Gay Pride, Londres 2011

La Société religieuse des Amis (quakers) (Religious Society of Friends)[132] publie en 1963, par le biais de son Conseil des affaires sociales[133], un ouvrage intitulé Towards a Quaker View of Sex[134] (« Vers une vision quaker de la sexualité ») qui expose des vues très libérales et fait beaucoup dans le changement d'attitude envers les personnes homosexuelles[45],[135]. En 1973, le débat continue d'être nourri par la publication de David Bladmires, Homosexuality from the Inside. The living experiences of a gay Quaker[135] (« L'homosexualité telle que nous la vivons. L'expérience de vie d'un quaker gay »). L'auteur y détruit des stéréotypes tels que celui de l'homophile initiateur qui convertit à l'homophilie et affirme que l'homosexuel peut vivre une relation d’amour, qu’il doit affirmer son identité sexuelle et ainsi être accepté par tous[45]. En 1987, le comité exécutif des quakers britanniques (Meeting for Sufferings), reconnaît qu'il n'y a pas de raisons essentielles à ce que ne soient pas célébrées des unions de personnes de même sexe[135]. Cette décision est formellement inscrite au Quaker Faith and Practice (« Foi et Pratique », livre de discipline quaker) en 1994[135]. En 2006, le programme Quaker Life des quakers britanniques met en mouvement le processus qui conduit en juin 2008 à la tenue de la conférence de Woodbroke (en) sur la reconnaissance des partenariats homosexuels[135] et à l'acceptation formelle du mariage entre personnes de même sexe par l'Assemblée annuelle britannique en 2009, avec mandat d'obtenir du gouvernement les nécessaires changements légaux[136],[137]. Bien que la décision ait finalement été prise sans trop de difficultés, il a fallu attendre 46 ans depuis la parution de Towards a Quaker view of Sex.

L’UFMCC, une Église œcuménique et gay friendly[modifier | modifier le code]

Baptême d'un enfant dans une MCC, le 24 août 2008.

Les Metropolitan Community Churches (MCC, littéralement « Églises communautaires urbaines », officiellement, en français, « Églises chrétiennes œcuméniques[138] »), rassemblées dans l’Universal Fellowship of Metropolitan Community Churches (UFMCC, « Fédération internationale des Églises chrétiennes œcuméniques »), dont les membres sont majoritairement homosexuels[139], trouvent leur origine dans la première église fondée à Los Angeles, en 1968, par le révérend Troy Perry (en), avant les émeutes de Stonewall de 1969 et les fêtes et défilés de la fierté gay et lesbienne[140]. Troy Perry, ancien ministre de l'église pentecôtiste Church of God of Prophecy (en)[140], conscient de son orientation homosexuelle et souffrant de la stigmatisation sociale qui lui était attachée, considéra que la seule solution était d'établir une Église dédiée au soutien spirituel et à la formation religieuse de la communauté gay et lesbienne[140]. C'est dans son living-room que se tint le premier service de cette nouvelle Église, le 16 octobre 1968[140], service qui rassembla onze hommes et une femme (d'origine catholique, protestante ou juive, dont un couple hétérosexuel). Le mouvement se développa à tel point que, le 7 mars 1971, le service de dédicace du nouveau bâtiment acquis en propre par l'Église, rassembla 1012 personnes[140]. Le 28 juin 1970, Troy Perry et deux de ses amis, Morris Kight et le révérend Bob Humphries, fondèrent le Christopher Street West (en) (du nom de la rue de New York où eut lieu la fameuse rébellion du Stonewall Inn), la première parade et fête de la fierté gay et lesbienne[141]. Les MCC représentaient, en 2003, plus de 300 églises à travers le monde, et plus de 40000 membres répartis en 18 pays[140]. Elles constituèrent également le lieu de naissance de douzaines d'organisations gays et lesbiennes ou de projets de justice sociale[140]. Les MCC demandèrent, en 1990, à devenir membre du National Council of the Churches of Christ in the U.S.A. (Conseil National des Églises du Christ des États-Unis)[142], partenariat œcuménique d'Églises. Elles procédèrent également à l'union de plusieurs couples de même sexe lors de la Gay/lesbien/bisexual Pride de New York en 1994, marche qui commémorait le 25e anniversaire de Stonewall[67].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Référence citée par Dominique Fernandez, L'Amour qui ose dire son nom. Art et homosexualité, Stock, Paris, 2001, p. 94 : [Parlant de l'homosexualité] « En revanche, nombreux sont les peintres et sculpteurs dont l'œuvre trahit une arrière-pensée incontestable. De la part de Sodoma, surnom éloquent d'un peintre qui s'appelait de son vrai nom Giovanni Antonio Bazzi, on ne s'en étonne pas. ». D'autres sources mettent en doute l'homosexualité de l'artiste. Cf. (en) Patricia Simons, « Il Sodoma (Giovanni Antonio Bazzi) (1477-1549) », GLTBQ (An encyclopedy of gay, lesbian, bisexual, transgender, & queer culture). Article en ligne.
  2. Catéchisme de l'Église catholique, partie III, section II, chapitre II, article 6, §. 2396. [1]
  3. a et b Catéchisme de l'Église catholique, partie III, section II, chapitre II, article 6, §. 2. Texte en ligne.
  4. Michel Foucault, Histoire de la Sexualité, volumes 2 et 3.
  5. John Boswell, Christianisme, tolérance sociale et homosexualité, Paris, Gallimard, 1985, p. 161. Référence citée par Éric Stemmelen, La religion des seigneurs. Histoire de l'essor du christianisme entre le Ier siècle et le VIe siècle, Michalon, 2010, p. 170.
  6. John Boswell, Christianisme, tolérance sociale et homosexualité, Paris, Gallimard, 1985, p. 117. Référence citée par Éric Stemmelen, La religion des seigneurs. Histoire de l'essor du christianisme entre le Ier siècle et le VIe siècle, Michalon, 2010, p. 171.
  7. a, b et c Éric Stemmelen, La religion des seigneurs. Histoire de l'essor du christianisme entre le Ier siècle et le VIe siècle, Michalon, 2010, p. 169-170
  8. Codex Theodosianus (Code de Théodose), livre IX, titre VII, §. 3 et Codex Justiniani Augusti (Code de Justinien), livre IX, titre IX, §. 30 (31). Voir le livre IX du Code de Théodose et le livre IX du Code Justinien.
  9. Collatio Legum Mosaicarum et Romanarum (Collection des lois mosaïques et romaines) 5, 3, §. 1 et 2. Voir la Collatio 5 et Codex Theodosianus (Code de Théodose), livre IX, titre VII, §.6 le livre IX du Code de Théodose.
  10. Novella Constitutio (Nouvelle constitution) de Justinien n ° 77.
  11. Michel le Syrien, Chronique, livre IX, chapitre 26, in : J. B. Chabot (éd.et trad.), Chronique de Michel le Syrien, patriarche jacobite d'Antioche, t. 2; Leroux, Paris, 1901, p. 221.
  12. J. McNeil, L'Église et l'homosexualité, un plaidoyer, Labor et Fides, Genève, 1982, p. 78.
  13. Novella Constitutio (Nouvelle constitution) de Justinien no 141. Cf. Les Novelles de l'empereur Justinien: Suivies des Novelles de l'empereur Léon, Volume 2, Metz, Lamort, 1807, p. 291-293.
  14. Lex Visigothorum, livre 3, titre 5, loi 5. Voir le texte en anglais.
  15. Jean-Claude Guillebaud, La Tyrannie du plaisir, Éditions du Seuil, coll. « Points », 1990.
  16. John Boswell, Les unions de même sexe dans l'Europe antique et médiévale, Fayard, Coll. « Nouvelles études historiques », Paris, 1996, 540 p. Voir un commentaire de l'ouvrage du même auteur Christianisme, tolérance sociale et homosexualité.
  17. (en) Brent D. Shaw, « A Groom of One's Own ? », Same-Sex Unions in Premodern Europe by John Boswell, The New Republic, 18 juillet 1994, p. 33-41. Voir l'article en ligne.
  18. Voir par exemple Thomas Gousset, Théologie morale à l'usage des curés et des confesseurs, T. 1, 5e édition, Jacques Lecoffres, Paris, 1848, p. 296-305.
  19. Pie X, Résumé de la Doctrine chrétienne ou Grand Catéchisme, partie 5, chapitre 6, questions 966-967. Voir le texte complet traduit en français.
  20. Sacré Congrégation du Saint Office (L.+ S. A. Card. Ottaviani), Instruction Crimen sollicitationis, 16 mars 1962. Voir le texte latin
  21. « (…) quodcumque obscœnum factum externum, graviter peccaminosum, quomodocumque a clerico patratum vel attentatum cum persona proprii sexus ».
  22. a et b Catéchisme de l'Église catholique, promulgation : 11 octobre 1992, publication solennelle : 7 décembre 1992, partie III, section II, chapitre II, article 6, §. 2, alinéas 2357-2359. Voir le texte en ligne.
  23. Congrégation pour la doctrine de la foi, cardinal Franjo Šeper, Persona Humana, 29.12.1975. Texte complet en ligne.
  24. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Texte complet en français de la Lettre Homosexualitatis Problema en ligne.
  25. (en) Congrégation pour la doctrine de la foi, cardinal Joseph Ratzinger, Some considerations concerning the response to legislative proposals on the non-discrimination of homosexual persons. Texte complet en ligne.
  26. Congrégation pour la doctrine de la foi, cardinal Joseph Ratzinger, « Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles ». Texte complet en ligne.
  27. a et b Instruction de la Congrégation pour l'Éducation catholique sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l'admission au séminaire et aux Ordres sacrés, 4 novembre 2005, signée du cardinal Zenon Grocholewski
  28. a et b Voir la dépêche du correspondant du journal Libération en date du 30 novembre 2005, 4h43. Article en ligne.
  29. Cf. l'article de Nicolas Senèze « Pour l'Église, un père et une mère sont indispensables à l'enfant. » paru dans le journal catholique La Croix, 15 février 2007. Article en ligne.
  30. Voir l'interview réalisée par Claire Lesegretain réalisée dans le journal catholique La Croix le 19 juin 2006. Interview complète en ligne.
  31. a et b Julien Bosseler, « Monseigneur Léonard. « Dans quelques années, je risquerai la prison ». », Télé Moustique, 4 avril 2007, p. 4-10. Voir l'article en ligne.
  32. Voir son discours lors de l'assemblée générale ordinaire du synode des évêques, 7 octobre 2005, Cohérence eucharistique des politiciens et des législateurs.
  33. « L'homosexualité ? Une maladie comparable à l'anorexie », site de 7 sur 7, 24 janvier 2010. Voir l'article en ligne.
  34. « Le numéro deux du Vatican lie pédophilie et homosexualité », Le Monde, 12 avril 2010. Voir l'article en ligne.
  35. Constance Jamet, « Pédophilie et homosexualité : le Vatican s'explique », Le Figaro, 14 avril 2010. Voir l'article en ligne.
  36. a et b (it) Marco Tosatti, « Uno psichiatra per Bertone », La Stampa.it, 21 avril 2010. Voir l'article en ligne.
  37. a, b, c, d et e Christian Laporte, « L’Église, prête à s’ouvrir sur l’union civile ? », La Libre Belgique/AFP,‎ 26 avril 2013 (lire en ligne)
  38. http://www.religionnews.com/2014/02/13/rare-public-split-catholic-bishops-differ-sharply-anti-gay-laws/
  39. « Le cardinal Danneels pas opposé au mariage gay », Les Échos,‎ 5 mai 2013 (lire en ligne)
  40. a, b et c (es) Marina Cohen, « Secretário geral da CNBB diz que uniões entre pessoas do mesmo sexo precisam de amparo legal », O Globo,‎ mai 2014 (lire en ligne)
  41. « Homosexualité : le Vatican temporise les propos du pape François », sur nouvelobs.com,‎ 6 janvier 2014
  42. Marie-Lucile Kubacki, « Union civile des personnes de même sexe : que dit l'Eglise catholique ? », La Vie,‎ 7 juin 2014
  43. « Brésil : l’Église favorable à l'union civile de personnes du même sexe », La Libre Belgique/AFP,‎ 22 mai 2014 (lire en ligne)
  44. John McNeill, The Church and the Homosexual, Sheed Andrews and McMeel, 1976, 211 p.; traduction française : John MacNeill, L'Église et l'homosexuel : un plaidoyer, Labor et Fides, Genève, 1982.
  45. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Régis Dericquebourg, « L'homosexualité comme phénomène social » in L'homosexuel(les) dans les sociétés civiles et religieuses, Strasbourg, Cerdic publication, 1985. p. 145-163. Voir l'article en ligne sur le site de l'auteur.
  46. (de) Mémorandum - (fr) traduction par le journal Témoignage Chrétien
  47. "Theologieprofessorinnen und -professoren aus nicht-deutsch-sprachigen Ländern, die ihre Unterstützung bekundet haben (71)" bas de la page de la (de) Liste des signataires en ligne
  48. Dénonciation de l'amalgame par le groupe « Culture et foi »
  49. (en) Rodney Muhumuza, « Catholic bishops oppose gays Bill », sur http://www.monitor.co.ug, Daily Monitor,‎ 12 janvier 2010 (consulté le 11 mars 2013).
  50. texte de 2012 sur les lois anti-gays du conseil des églises chrétiennes
  51. (en) Alessandro Speciale, « Vatican signals options for protecting gay couples », sur http://www.religionnews.com/, Religion News Service,‎ 4 février 2013 (consulté le 11 mars 2013).
  52. Lettre de remerciement de la promulgation de loi anti-gays par The Catholic Bishops’ Conference of Nigeria
  53. Article du Courrier international
  54. Le Vatican opposé à la loi homophobe en Ouganda sur le site du Monde
  55. Voir le site en ligne « Catho-Homo-Courage », Courage (consulté le 20 septembre 2010).
  56. Voir également la conférence de l'abbé Paul N. Check, prêtre catholique du diocèse de Bridgeport, dans le Connecticut, directeur de « Courage international »
  57. « Nous sommes la seule organisation de ce type dans l'Église catholique qui soit approuvée par le Vatican » sur le site de l'organisation
  58. [2]
  59. a et b D'après le site internet de l'association.
  60. http://www.devenirunenchrist.net/articles/articlessurasso/historique.html
  61. http://www.devenirunenchrist.net/articles/articlessurasso/vocationduec.html
  62. http://www.lejourduseigneur.com/Web-TV/Evenements/Catholiques-et-sexualite/L-association-Devenir-un-en-Christ
  63. http://www.lavie.fr/dossiers/homosexualite/des-associations-chretiennes-a-l-ecoute-des-homosexuels-31-05-2011-17387_229.php
  64. http://www.diocese-annecy.fr/rubriques/haut/services-et-mouvements/famille/maison-de-la-famille
  65. BESSON, Claude, Homosexuels catholiques, sortir de l'impasse, Éditions de l'Atelier, 2012, 144p. Préface de Véronique Margron. ISBN 978-2-7082-4201-2
  66. www.ccl-be.net
  67. a, b, c, d, e et f Flora Leroy-Forgeot, Caroline Mécary, Le couple homosexuel et le droit, Odile Jacob, Paris, 2001, p. 45-47.
  68. « Mouvement unitarien et universaliste au Québec ».
  69. a, b et c Isabelle Graesslé, Pierre Bühler, Christoph D. Müller (éd.), Qui a peur des homosexuel-les ?: Évaluation et discussions autour des prises de position des Églises protestantes de Suisse, Labor et Fides, Genève, 2001, p. 152-160.
  70. « Des pasteurs homosexuels tolérés dans l'église luthérienne d'Amérique », Nouvel Observateur, 23 août 2009. Voir l'article en ligne.
  71. « États-Unis: les méthodistes disent oui à la pleine communion avec les luthériens », Site du mensuel de l'Église réformée vaudoise Bonne Nouvelle, 16 mai 2008. Voir l'article en ligne.
  72. a, b et c « L’Église presbytérienne américaine autorise l’ordination d’homosexuels », site de la-Croix.com, 11 mai 2011, 17h49. Voir l'article en ligne.
  73. « États-Unis: les presbytériens vers l'ordination de clergé homosexuel », site du mensuel de l'Église réformée vaudoise Bonne Nouvelle, 17 août 2010. Voir l'article en ligne. Voir aussi Paul Ohlott, « États-Unis : l’Église presbytérienne pourrait accepter l’ordination des personnes homosexuelles », site « Actu-Chretienne.Net », 21 juillet 2010. Voir l'article en ligne.
  74. a, b, c, d, e et f Thierry Delay, Comment le débat sur l'homosexualité s'est posé et a été mené dans l'Église unie du Canada, Site « Culture et foi », Dossier Homosexualité. Voir article en ligne. Thierry Delay est pasteur de l’Église unie Saint-Jean à Montréal. Voir aussi Site officiel de l'Église Unie du Canada, version française.
  75. a et b Daphné Angiolini, « Une Église progressiste - Pour un partage définitif entre l'Église et l'État », journal québécois Le Devoir, 26 mars 2005. Voir article en ligne.
  76. Voir le texte de la déclaration sur le site officiel de la paroisse..
  77. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Dr Wibren van der Burg, The Recognition of Gay and Lesbian Relationships in the Remonstrant Church and in Dutch Society. Article en ligne.
  78. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Jean Vilbas, « Le débat dans les Églises réformées », Ensemble, no 182, mai 2003. Article paru dans Parole protestante, no 95, mai 2001. Voir l'article en ligne, p. 24-25. Cet article se réfère à l'ouvrage d'Isabelle Graesslé, Pierre Bühler, Christoph D. Müller (éd.), Qui a peur des homosexuel-les ?: Évaluation et discussions autour des prises de position des Églises protestantes de Suisse, Labor et Fides, Genève, 2001.
  79. a et b Andreas Gross (rapporteur, Suisse, Groupe socialiste), « Discrimination sur la base de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre », rapport de la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme du Conseil de l'Europe, Doc. 12087, 8 décembre 2009, §. 95-96. Voir le texte en ligne.
  80. Anna Lund, « Les Églises scandinaves divisées sur l'homosexualité », magazine Têtu, 14 novembre 2005. Voir l'article en ligne.
  81. « L'Église luthérienne du Danemark et les mariages homosexuels », site « Protestants dans la ville », 6 septembre 2010. Voir l'article en ligne.
  82. Voir la dépêche de l'AFP en date du 22 octobre 2009, journal suisse de la Tribune de Genève. Voir l'article en ligne..
  83. « Écosse: L'Église évite un débat ruineux sur les prêtres homosexuels », Site du mensuel de l'Église réformée vaudoise, Bonne Nouvelle. Voir l'article en ligne.
  84. Voir les résolutions de cette Assemblée, §. 34, sur le site de l'Église.
  85. Voir le site en ligne de VoGay et l'article « un nouveau groupe inclusif à Lausanne », site du Carrefour de Chrétiens Inclusifs, 21 septembre 2010. Voir en ligne.
  86. a, b, c et d Maria José Werebe, Organisation sociale, pratiques sexuelles et religion: Le cas des trois monothéistes, L'Harmattan, « Sexualité humaine », 2007, p. 170-173.
  87. La Sexualité : pour une réflexion chrétienne, FPF, 1975; L’Homosexualité : éléments de réflexion, FPF, 1994; Éléments de réflexion sur la famille, la conjugalité et la filiation, FPF, 1998; Déclaration à propos du PACS, FPF, 1998.
  88. « Soissons, une Église à l'écoute et porteuse d'Évangile », Information-Évangélisation, juillet 2001, Revue bimestrielle de l'Église réformée de France.
  89. a et b « Église et Homosexualité : la réflexion du Conseil presbytéral en 2003 », article publié sur le site de l’Oratoire du Louvre. Voir l'article en ligne.
  90. Page d'accès au texte et à ses annexes sur le site de la Fédération Protestante de France
  91. P. David Roure, article sur le livre de C. Lesegretain, Les chrétiens et l'homosexualité : l'enquête, Esprit et Vie, no 142, janvier 2006 – 2e quinzaine, p. 18-20. Voir l'article en ligne.
  92. « La Maison verte », « David et Jonathan », Livre noir, gris, blanc de l’homophobie religieuse, Livre 1 : homophobie dans les églises chrétiennes, 17 mai 2010, à l'occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, p. 10. Voir le texte en ligne.
  93. Lettre de mission
  94. texte intégral des 95 thèses d'octobre 2012
  95. Voir le document complet en ligne sur le site de l'Alliance évangélique française.
  96. Voir la déclaration complète en ligne sur le site de l'Église protestante évangélique de Charleroi. Cette prise de position a été reproduite dans le bulletin Résurrection d’avril 2001.
  97. Voir le texte complet du communiqué en ligne sur le site du périodique de l'Église évangélique méthodique, Le Messager chrétien.
  98. Voir les quelques positions évangéliques sur l'homosexualité rassemblées sur le site des CAEF. (Communautés et assemblées évangéliques de France).
  99. http://thegazette.com/2012/03/13/stand-together/
  100. a et b Tom Heucher, « Joseph Doucé », site « Transidentité », texte mis en ligne le 04/12/2003 et mis à jour le 06/12/2008. Voir l'article en ligne.
  101. Collectif, Dieu les aime tels qu’ils sont. Pastorale pour les homophiles, traduit du néerlandais, Points chauds, Fayard, 1972. Voir la couverture en ligne.
  102. « L'Église vaudoise d'Italie et les mariages homosexuels », site « Protestants dans la ville », 6 septembre 2010. Voir l'article en ligne.
  103. a et b Antonio Garcia, « [Afrique] L’homosexualité est toujours un tabou », RFI, archive du 15 novembre 2006. Voir article en ligne.
  104. a, b, c, d, e, f, g et h Isabelle Graesslé, Pierre Bühler, Christoph D. Müller (éd.), Qui a peur des homosexuel-les ?: Évaluation et discussions autour des prises de position des Églises protestantes de Suisse, Labor et Fides, Genève, 2001, p. 163-166.
  105. Levee Kadenge, « Sexuality in the African Context », exposé présenté lors du deuxième séminaire sur Gender, Sexuality and Chrisitan Church in Zimbabwe, mai 1998. Référence donnée par Isabelle Graesslé, Pierre Bühler, Christoph D. Müller (éd.), Qui a peur des homosexuel-les ?: Évaluation et discussions autour des prises de position des Églises protestantes de Suisse, Labor et Fides, Genève, 2001, p. 16", note 8.
  106. Habibou Bangré, « Une Église ouvre ses portes aux homosexuels », magazine Têtu, 3 novembre 2006. Voir l'article en ligne.
  107. Alexis Fricker, « Alexis II fustige les homosexuels sous les applaudissements d'une partie du Conseil de l'Europe et le silence des médias »., Site en ligne Europe & US, jeudi 4 octobre 2007. Voir l'article complet en ligne.
  108. Selon une dépêche de l'agence russe Interfax datée du 19 juillet 2010.
  109. Inma Alvarez, « Le patriarche Kirill partage la vision du pape sur de nombreuses questions, comme le sacerdoce des femmes et l´homosexualité », Site en ligne Zenit, le monde vu de Rome, mardi 20 juillet 2010. Voir l'article en ligne..
  110. George Conger, « Grèce : l'Église dit non au contrat d'union civile », Site en ligne religiousintelligence.co.uk, 19 mars 2008 ; texte désormais inaccessible mais traduit en français par le blog Saint Materne. Voir l'article en ligne.
  111. Saint Synode des Évêques, On Marriage, Family, Sexuality, and the Sanctity of Life, 10e concile pan-américain de l'Église orthodoxe aux États-Unis, Miami (Floride), juillet 1992, Paragraphe « Homosexuality ». Voir le texte complet en ligne.
  112. Marc Costa de Beauregard, Théologie de la sexualité. Le sens de la distinction du masculin et du féminin (homosexualité et hétérosexualité). Essai d'une interprétation chrétienne de la question homosexuelle, novembre 2001, p. 28. Voir le texte en ligne.
  113. a, b et c Isabelle Graesslé, Pierre Bühler, Christoph D. Müller (éd.), Qui a peur des homosexuel-les ?: Évaluation et discussions autour des prises de position des Églises protestantes de Suisse, Labor et Fides, Genève, 2001, p. 169.
  114. M. Mikhail, La position de l'Église orthodoxe copte sur l'homosexualité.
  115. Textes du métropolite Michel Laroche du 18/02/2011
  116. a et b « États-Unis, une femme évêque homosexuelle », site « Protestants dans la ville », 31 mai, 2010. Voir l'article en ligne.
  117. « Resolution 10 : Human Relationships and Sexuality », résolutions de la Conférence de Lambeth, 1978. Voir le texte complet en ligne.
  118. a, b, c et d Stéphane Lavignotte, Au-delà du lesbien et du mâle: La subversion des identités dans la théologie « queer » d'Elizabeth Stuart, Van Dieren Éditeur, « Débats », Paris, 2008, p. 11-12.
  119. « Resolution I.10 : Human Sexuality », résolutions de la Conférence de Lambeth, 1998. Voir le texte complet en ligne.
  120. a et b Mounia Daoudi, « Gene Robinson, évêque anglican et homosexuel », RFI, archive du 3 novembre 2003. Voir article en ligne.
  121. (en) Déclaration des primats du Global South
  122. (en) Ruth Gledhill, Bishops invited to give tribal politics a go at the Lambeth Conference, The Times, 23 juillet 2008
  123. (en) Riazat Butt, Lambeth conference: Archbishop blames liberals for church rift, The Guardian
  124. Rétrospective : le monde des religions dans les turbulences de l'année 2008 sur le Religioscope.
  125. La Communion anglicane veut éviter le schisme, La Croix.
  126. (en) Episcopal Church ends gay bishops ban, The Washington Times
  127. « États-Unis : l'Église épiscopale invite son clergé à bénir les unions homosexuelles », magazine Têtu, 21 juillet 2009. Voir l'article en ligne.
  128. (en) Dr Rowan Williams criticises election of lesbian bishop, Mary Glasspool, The Times.
  129. (en) Ed Thornton, Lesbian clerics married by bishop in US, The Church Times.
  130. Dieu aime ses enfants. Texte en ligne.
  131. a et b Page « Mariages / baptêmes / deuils » du site de de l'Église catholique-chrétienne.
  132. Pour une vision plus complète des relations entre quakerisme et homosexualité, voir l'article en anglais Homosexuality and Quakerism.
  133. Social Responsibility Council de l'Assemblée de Londres.
  134. D. Bladmires & F. Jonathan, Toward a Quaker View of Sex, Londres, éd. Alastair, 1963.
  135. a, b, c, d et e (en) Steven Walton, Conference on Committed Partnerships. Woodbrooke from Monday 2nd June to Wednesday 4 June 2008, A Quiet Word, juillet-août 2009, p. 3-4. Voir la revue en ligne sur le site des quakers de Leeds.
  136. Communiqué de presse « Quakers consider committed relationships », Britain Yearly Meeting, 31 juillet 2009.
  137. « Resolving the hotly disputed issue of homosexuality in the church has not been as easy for other religious groups », The Guardian, 31 juillet 2009.
  138. Voir la FAQ du site de la MCC de Montpellier.
  139. Voir le point de vue du pasteur Elder Donald Eastman sur l'homosexualité dans la Bible, « Homosexualité: ni un péché ni une maladie. Ce que la Bible dit et ce qu'elle ne dit pas », Universal Fellowship of Metropolitan Community Churches, 1990
  140. a, b, c, d, e, f et g Chuck Stewart, Gay and lesbian issues: a reference handbook, ABC-CLIO Ltd, 2003, p. 158-159 et 268.
  141. (en) « Rev. Troy D. Perry Biography, Founder of Metropolitan Community Churches and Gay Rights Activist ». Voir l'article en ligne paru sur le site du révérend Perry.
  142. Isabelle Graesslé, Pierre Bühler, Christoph D. Müller (éd.), Qui a peur des homosexuel-les ?: Évaluation et discussions autour des prises de position des Églises protestantes de Suisse, Labor et Fides, Genève, 2001, p. 160.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages universitaires[modifier | modifier le code]

  • John Boswell, Christianisme, tolérance sociale et homosexualité, Paris, Gallimard, 1985.
  • John Boswell, Les unions de même sexe dans l'Europe antique et médiévale, Fayard, Coll. « Nouvelles études historiques », Paris, 1996, 540 p.
  • Hélène Buisson-Fenet, Un sexe problématique, l'Église et l'homosexualité masculine en France (1971-2000), Presses de l'Université de Vincennes, 2004.
  • (en) Michael Cobb, God Hates Fags: The Rhetorics of Religious Violence, New York University Press, 2006.
  • (en) Keith Hartman, Congregations in Conflict: The Battle over Homosexuality, Rutgers University Press, 1996.
  • (en) Didi Herman, The Antigay Agenda: Orthodox Vision and the Christian Right, University of Chicago Press, 1998.
  • Mark Jordan, L'Invention de la sodomie dans la théologie médiévale, Paris, EPEL, 2007.
  • Thomas Römer, Loyse Bonjour, L'Homosexualité dans le Proche-Orient ancien et la Bible, Labor et Fides, Genève, 2005.
  • Xavier Thévenot (de)[1], Homosexualités masculines et morale chrétienne, Éd. du Cerf, Paris, 2006 [1985], Coll. « Recherches morales », no 9, 326 p.
  • (en) Melissa Wilcox, Coming Out in Christianity: Religion, Identity, and Community, Indiana University Press, 2003.

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Tony Anatrella[2], La différence interdite, Ed. Flammarion, 1998, 282 p.
  • Tony Anatrella, Le règne de Narcisse - Les enjeux du déni de la différence sexuelle, Ed. Presses de la Renaissance, 2005, 252 p.
  • Philippe Auzenet[3], Parler de l'homosexualité, Éditions du Jubilé-Sarment, 2006, 320 p.
  • Collectif[4], À propos de l'homosexualité, Ed. Kerygma, 1994, 55 p.
  • Collectif[5], Homosexualité aujourd'hui, Ed. Barnabas, 94 p.
  • Collectif[6], Foi, espérance et homosexualité, Ed. MB, 2000, 88 p.
  • « David et Jonathan[7]», Les homosexuels ont-ils une âme ?, L'Harmattan, Paris, 2008, 244 p.
  • Marc-Antoine Costa de Beauregard [8], Regard chrétien sur l'homosexualité, L’Œuvre éditions, 2013.
  • Jean-Baptiste Edart[9], Innocent Himbaza[10] et Adrien Schenker[11], Clarifications sur l'homosexualité dans la Bible, Paris, Ed. Cerf, 2007. (ISBN 978-2-204-08336-2).
  • Evangile et liberté[12], no 163, février 2003.
  • Daniel Helminiak[13], Ce que la Bible dit vraiment de l'homosexualité, Institut Sanofi-Synthélabo, Les Empêcheurs de penser en rond, 2005.
  • Isabelle Graesslé[14], Pierre Bühler, Christoph D. Müller (éd.), Qui a peur des homosexuel-les ? : Évaluation et discussions autour des prises de position des Églises protestantes de Suisse, Labor et Fides, Genève, 2001
  • Journées internationales de jurisprudence canonique (1985), Jean Schlick, (éditeur scientifique), Marie Zimmermann, (éditeur scientifique), L'Homosexuel(le) dans les sociétés civiles et religieuses, Cerdic, Coll. « Recherches institutionnelles », Sous-coll. « Droit et Églises », no 15, Strasbourg, 1985, 166 p.
  • Xavier Lacroix[15] (dir.), L'Amour du semblable : questions sur l'homosexualité, [session, 1994], Éd. du Cerf, Coll. « Recherches morales », Sous-coll. « Positions », 1995, 225 p.
  • Claire Lesegretain[16], Les chrétiens et l'homosexualité : l'enquête, Presses de la Renaissance, 2004, 402 p.
  • « La Maison verte[17] », « David et Jonathan », Livre noir, gris, blanc de l’homophobie religieuse. Livre 1 : homophobie dans les églises chrétiennes, 17 mai 2010, 31 p.
  • John J. McNeill[18], L'Église et l'homosexuel : un plaidoyer. Suivi d'un dossier critique, Labor et Fides, Genève, 1982.
  • J. J. Meylan[19], A. Ostertag, L'amour mal-aimé, Ed. Vivre, 2005, 104 p.
  • Guy Ménard, De Sodome à l’Exode : jalons pour une théologie de la libération gaie, Laval (Canada), G. Saint-Jean, 1982.
  • Patrick Négrier, Contre l'homophobie. L'homosexualité dans la Bible, Cartouche, 2010.
  • Jacques Perotti, Un prêtre parle : « Je ne peux plus cacher la vérité », édition Filipacchi, 1995.
  • Thomas E. Schmidt[20], L’Homosexualité - Perspectives bibliques et réalités contemporaines, Ed. Excelsis, 2002, 256 p.
  • Xavier Thévenot, Mon fils est homosexuel !: comment réagir ?, comment l'accompagner ?, Éd. Saint Augustin, « L'aire de la famille », Saint-Maurice (Suisse), 2001.
  • Jean Zumstein[21], « Sur l'amour dans la Bible », Cahiers bibliques, no 39, (en vente 47, rue de Clichy, Paris, France).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (1938-2004). Était prêtre salésien de Don Bosco et professeur à l'Institut catholique de Paris. Voir la présentation en ligne sur le site des Éd. du Cerf.
  2. Positionnement catholique romain. Voir ci-dessus, Église catholique romaine.
  3. Pasteur protestant itinérant.
  4. Positionnement protestant évangélique.
  5. Réalisé par la Commission éthique de la Fédération évangélique de France, cette brochure aborde les divers aspects de l’homosexualité (médical, psychologique, législatif, historique, biblique et pastoral) avec une très bonne synthèse de l’évolution en France.
  6. Réalisé par la « Commission de l'Alliance évangélique pour l'unité et la vérité » (ACUTE) en Grande-Bretagne, cet ouvrage résume de manière précise le contexte actuel, l'évolution du débat au sein des églises, les témoignages de la Bible, de la science et de l'histoire, avant de proposer quelques affirmations et recommandations.
  7. Mouvement homosexuel chrétien.
  8. Prêtre orthodoxe.
  9. Est prêtre du diocèse de Rouen, membre de la communauté de l'Emmanuel, bibliste, enseignant à Rome à l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille. Il est spécialiste de l’anthropologie biblique et de la théologie paulinienne. Voir le texte de présentation sur le site des Éd. du Cerf.
  10. Est né au Rwanda, pasteur de l’Église évangélique réformée du canton de Fribourg (Suisse). Il enseigne l’exégèse et la théologie de l’Ancien Testament, ainsi que la littérature juive de l’époque hellénistique et romaine à la Faculté de théologie de l'université de Fribourg. Voir le texte de présentation sur le site des Éd. du Cerf.
  11. est religieux dominicain catholique romain, professeur émérite d'Ancien Testament à l'université de Fribourg et enseignant à l'École biblique et archéologique de Jérusalem. Voir le texte de présentation sur le site des Éd. du Cerf.
  12. Revue mensuelle protestante libérale.
  13. Est prêtre catholique romain et théologien. Il enseigne la psychologie et la spiritualité en tant que professeur de l’University of West Georgia. Il est également psychothérapeute, auteur et conférencier.
  14. Positionnement protestant.
  15. Est professeur de théologie morale à la Faculté de théologie de Lyon dont il est doyen depuis 1997. Il a été, de 1986 à 1994, directeur de l'Institut des sciences de la famille de Lyon. Il est membre du Conseil national de pastorale familiale de l'Église catholique. Voir la présentation en ligne sur le site des Éd. du Cerf.
  16. Reporter au service religion du journal catholique La Croix,
  17. Fraternité de la Mission populaire évangélique, à la fois une paroisse protestante inclusive et un centre d'entraide et de solidarité.
  18. Ordonné prêtre de la Compagnie de Jésus en 1959, est désormais psychothérapeute et théologien universitaire, avec une renommée particulière dans le champ de la théologie queer.
  19. Au travers d’une réflexion théologique et éthique du pasteur Jean-Jacques Meylan, des observations et réflexions d’une accompagnatrice de personnes blessées dans leur sexualité et de témoignages, une interpellation forte des chrétiens sur l’accueil des homosexuels.
  20. Ancien professeur de Nouveau Testament à Westmont College.
  21. Est professeur à la Faculté de théologie protestante de Zurich.

Articles connexes[modifier | modifier le code]