Homoioi

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« Homoioi » est le nom donné aux citoyens de Sparte dans l'Antiquité.

Le terme vient du grec ancien Ὅμοιοι / Hómoioi qui signifie littéralement « les Semblables » ; on emploie également la traduction « les Pairs » pour mettre l'accent sur le caractère aristocratique de Sparte[1]. La traduction classique « les Égaux », reprise lors de la Révolution française[2], est en fait inexacte[1] : elle renvoie au grec Ἴσοι / Ísoi ; les deux concepts sont distincts[3]. Le terme n'est pas employé par les premiers historiens grecs, Hérodote et Thucydide. On le trouve en revanche chez Xénophon[4] ainsi que chez Aristote[5].

Les critères de la citoyenneté spartiate étaient particulièrement sélectifs. Les homoioi devaient descendre d'un père citoyen et d'une mère fille de citoyen. De plus, pour avoir le statut d’homoioi, les individus devaient avoir subi et réussi l’agogê, l'éducation spartiate du citoyen. Enfin, ils avaient l'obligation de participer au banquet des citoyens (la syssitie) quotidiennement, en y apportant leur quote part de nourriture (ou en la payant). Le corps des homoioi est resté si restreint qu'on estime leur nombre à 1200 au moment de la lourde défaite de Sparte face à l'armée de Thèbes à Leuctres (371 avant J.-C.) : les pertes, probablement de l'ordre de 400 hoplites, privaient la cité d'un tiers du corps civique. La perte d'influence de Sparte au IIIe siècle av. J.-C. serait liée à cette restriction du nombre des homoioi, phénomène désigné par les historiens par le nom d’oliganthropie.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Lévy, p. 47 ; Cartledge, p. 73
  2. Voir la conjuration des Égaux, tentative de Gracchus Babeuf de renverser le Directoire en 1795.
  3. Voir par exemple Aristote, Politique [lire en ligne] (1295b 25-26) qui parle de homoioi kai isoi, « semblables et égaux ».
  4. Xénophon, République des Lacédémoniens [lire en ligne] (X, 7, 13, 1 et 7), Anabase [détail des éditions] [lire en ligne] (IV, 6, 14) et Helléniques [lire en ligne] (III, 3, 5).
  5. Politique (V, 7, 1306b 30).

Références[modifier | modifier le code]

  • (en) Paul Cartledge, Spartan Reflections, University of California Press, Berkeley, 2001 (ISBN 0-520-23124-4).
  • Edmond Lévy, Sparte : histoire politique et sociale jusqu’à la conquête romaine, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire »,‎ 2003 (ISBN 2-02-032453-9).