Homo homini lupus est

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Homo homini lupus. Acrylique et encre sur toile de Matteo (Mathieu d'Avignon), 2009

Homo homini lupus est une locution latine signifiant : « l'homme est un loup pour l'homme », autrement dit : « l'homme est le pire ennemi de son semblable, ou de sa propre espèce ». Homo est un mot de la troisième déclinaison et le cas de homini est le datif.

La première occurrence de cette locution est chez Plaute, dans sa comédie Asinaria (La Comédie des Ânes, vers 195 av. J.-C.  : « Quand on ne le connaît pas, l'homme est un loup pour l'homme »). Elle fut reprise, parfois modifiée, par Érasme dans Adagiorum Collectanea, par Rabelais dans le Tiers livre (chapitre III), par Montaigne dans les Essais livre III, chapitre 5, par Agrippa d'Aubigné dans Les Tragiques (Livre I), par Francis Bacon dans De Dignitate et augmentis scientiarum et Novum Organum, puis par Hobbes dans le De cive (épître dédicatoire) — seule occurrence connue dans toute l'œuvre du philosophe anglais (elle ne figure donc pas dans le Léviathan) ; elle est accompagnée de la caractérisation de l'homme comme dieu pour l'homme : « Et certainement il est également vrai, et qu’un homme est un dieu à un autre homme, et qu’un homme est aussi un loup à un autre homme. » (De Cive, Épître dédicatoire). Elle fut aussi reprise par Arthur Schopenhauer dans Le Monde comme Volonté et comme Représentation et par Sigmund Freud dans Malaise dans la civilisation.

D'un point de vue philosophique, cette locution porte une vision pessimiste de la nature humaine : l'homme n'est pas le « bon sauvage » de Jean-Jacques Rousseau mais « un loup pour l'homme » ; un être mauvais et pervers, porté à réaliser ses intérêts au détriment des autres. De même, chez Freud, l'homme est par instinct un être doté d'« une forte somme d'agressivité. »[1]

Également : « L'homme est un loup pour l'homme, ce qui, vous en conviendrez, n'est pas très gentil pour le loup. » (Serge Bouchard, Quinze lieux communs, Les armes, éd. Boréal, p. 177).

Par opposition, Sénèque écrit que « l’homme est une chose sacrée pour l’homme »[2] – Cæcilius Statius, que « l'homme est un dieu pour l'homme »[3].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Freud Sigmund ; Malaise dans la civilisation ; Paris, PUF, 1971.
  2. Homo, sacra res homini (…). Sénèque: Lettres à Lucilius, XCV, 33.
  3. Cæcilius Statius, Fabula incognita, v. 265 Ribbeck : « homo homini deus est, si suum officium sciat » (« l'homme est un dieu pour l'homme, s'il connaît son propre devoir »).

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