Homme de Tollund

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56° 09′ 52″ N 9° 23′ 34″ E / 56.1644, 9.39278 ()

Homme de Tollund.
Visage de l'homme de Tollund.

L'homme de Tollund (375-210 av. J.-C.) est le cadavre naturellement momifié d'un homme découvert le 8 mai 1950 au Danemark dans la tourbière de Tollund[1]. Son parfait état de conservation a tout d'abord fait croire à une mise à mort récente, car le corps avait encore, au cou, la corde avec laquelle il avait été pendu.

On a néanmoins pu déterminer, grâce à l'analyse de pollens, que l'homme de Tollund avait vécu au IVe siècle av. J.-C. (vers -350). Il appartenait vraisemblablement à un peuple germanique. Les doigts de l'homme étaient intacts et suggèrent qu'il ne pratiquait pas de travail manuel et qu'il occupait un haut rang social. La corde qu'il avait autour du cou ainsi que d'autres détails laissent supposer qu'il est mort lors d'un sacrifice humain. Il était alors âgé de 30 à 40 ans.

La présence de cet homme, avec de nombreux autres cadavres d’hommes, de femmes et d’animaux retrouvés dans les tourbières environnantes, a poussé de nombreux chercheurs à s'interroger. Certains évoquent un culte sacrificiel dédié aux dieux de la fertilité/fécondité (le couple Freyr/Freyja des Vikings), tandis qu'une étude menée en Irlande à partir de 2003 (National Museum of Ireland's Bog bodies Research Project) sur le même type de cadavres a proposé de voir dans ces morts la trace de rituels de royauté. Les morts étaient en présence d'objets semble-t-il utilisés à l'occasion de l'intronisation d'un nouveau roi et les corps auraient été déposés dans des zones marquant la frontière du domaine royal[2]. L'historien romain Tacite évoque les sacrifices humains pratiqués lors de la cérémonie du renouveau printanier, les associant à des motivations religieuses.

Les restes de l'homme de Tollund se trouvent aujourd'hui au musée de Silkeborg dans le Jutland.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.tollundman.dk/et-lig-dukker-op.asp
  2. (en) « Kingship and Sacrifice », National Museum of Ireland.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Peter Vilhelm Glob, Les hommes des tourbières, Paris, Fayard, coll. « Résurrection du passé »,‎ 1966, 152 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]