Homme de Tian'anmen

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L’Homme de Tian’anmen, Tank man (l’« Homme au tank ») ou encore The Unknown Protester (« Le Manifestant inconnu ») est le surnom de l'homme resté anonyme, mais mondialement célèbre, qui fut filmé et photographié alors qu'il s'efforçait de symboliquement bloquer la progression d'une colonne d'au moins 17 chars Type 59 de l'Armée populaire de libération lors des manifestations de la place Tian'anmen, en 1989, en République populaire de Chine.

La photographie de la scène, prise par Jeff Widener de l'Associated Press, a fait la une de nombreux journaux et magazines à l'époque[1]. Le monde entier fut frappé par la scène de ce char tentant vainement de contourner l'inconnu. L'image de l'incident est couramment utilisée pour symboliser le courage et la force de la non-violence face à la répression armée.

Déroulement[modifier | modifier le code]

L'incident se déroule à Pékin, le 5 juin 1989[2], à proximité de la place Tian'anmen, qui se trouve au sud de la Cité interdite. Au deuxième jour des violentes répressions entreprises par le gouvernement chinois à l'encontre des manifestations, l'homme se tenait à 800 mètres à l'est de la porte Tian'anmen, au carrefour entre l'avenue Dongchang'anjie (东长安街), empruntée par les chars, qui arrivent de l'ouest, l'avenue Zhengyilu (正义路) au sud, et l'avenue Nanheyandajie (南河沿大街) au nord (39° 54′ 23.5″ N 116° 23′ 59.8″ E / 39.906528, 116.399944 ()). Les photos et films de la confrontation ont été réalisés par des journalistes étrangers depuis l'hôtel Pékin (北京饭店, Beijing Fandian) situé sur Dongchang'anjie.

L'homme, portant un sac de couleur claire dans chaque main, est seul debout au milieu de la route quand les chars s'approchent. Les chars s'arrêtent devant lui et il semble leur faire signe de repartir. En réponse, le char de tête essaie à plusieurs reprises de contourner l'homme mais celui-ci se place à nouveau sur sa route. Puis l'individu grimpe sur le dessus du char de tête et a une brève conversation avec un membre d'équipage. Les versions de ce qui a été dit au conducteur varient : « Pourquoi êtes-vous là ? Ma ville est en chaos à cause de vous », « Faites demi-tour et arrêtez de tuer mon peuple » et « Partez ». Les vidéos montrent que des témoins apparemment anxieux ont ensuite éloigné l'homme et l'ont entraîné dans la foule. Les chars ont ensuite poursuivi leur progression. Certains[Qui ?] suspectent que les spectateurs qui sont intervenus étaient en fait des policiers en civil, mais ceci n'a pas été confirmé.

L'homme[modifier | modifier le code]

On ne connaît pas de façon certaine l'identité de l'homme. Peu de temps après l'incident, le tabloid britannique the Sunday Express l'identifia comme étant Wang Weilin (王維林), un étudiant de 19 ans. Toutefois, la véracité de cette information paraît douteuse.

Il existe plusieurs histoires non concordantes relatives à ce qu'il est advenu de l'homme après la manifestation. Bruce Herschensohn, ancien assistant adjoint du président Richard Nixon rapporta que l'homme fut exécuté 14 jours plus tard ; d'autres sources avancent qu'il a été passé par les armes devant un peloton d'exécution quelques mois après les protestations de la place Tian'anmen. Dans Red China Blues: My Long March from Mao to Now, Jan Wong écrit qu'il est toujours vivant et se cache quelque part en Chine.

Le récit d'un témoin oculaire des événements, publié en octobre 2005 par Charlie Cole, photographe pour le magazine Newsweek à l'époque, indique que l'homme fut arrêté immédiatement après l'incident par le Bureau de sécurité publique chinois.

Le gouvernement de la République populaire de Chine fit peu de commentaires sur ces circonstances et l'homme impliqué. Dans une entrevue de 1990 avec la journaliste américaine Barbara Walters, Jiang Zemin, alors secrétaire général du Parti communiste chinois, indique qu'il ignore s'il a été arrêté, et qu'il pense qu'il n'a jamais été tué.

Un article de juin 2006 dans le journal hongkongais Apple Daily prétend que l'homme réside actuellement à Taïwan[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adrien Gombeaud, L’Homme de la place Tiananmen, Éditions du Seuil, mai 2009 (ISBN 978 2 02 098254 2)

Liens externes[modifier | modifier le code]