Lobby gay

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Lobby gay, mafia gay ou lavande, Homintern et Khmers roses sont des termes injurieux nés à partir du milieu du XXe siècle pour désigner la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre et son supposé « complot » destiné à renverser l'ordre moral traditionnel (« agenda LGBT »).

Homintern[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, l'expression « Homintern » (mot-valise entre les termes Homo(sexuel) et Komintern) est utilisée dans des magazines populaires américains et britanniques pour dénoncer un système d'amitiés entre homosexuels, censés contrôler les domaines artistiques et culturels. La rumeur expliquait qu'il existait un réseau mondial homosexuel de propriétaires de galeries d'art, de metteurs en scène, de grands couturiers, de producteurs, de réalisateurs, de photographes, de directeurs de sociétés de production musicale, qui déciderait des personnes ayant le droit d'intégrer l'élite artistique, deviendrait un célèbre acteur, chanteur, mannequin, etc.

Le terme « Homintern » a été utilisé notamment pour évoquer Anthony Blunt qui, alors homosexuel, travaillait pour le NKVD/KGB tout en étant une personnalité très respectée dans le monde artistique.

Le terme n'a plus été usité à compter des années 1980.

Mafia homosexuelle, gay ou lavande[modifier | modifier le code]

En 1967, le critique Kenneth Tynan utilise pour la première fois l'expression dans un article consacré à la « mafia homosexuelle dans les arts » qu'il propose au magazine Playboy[1]. Le directeur du magazine refuse l'article mais déclare à son auteur que « les cabots du monde de la culture rendent plus jamais hommage aux pédés ». Playboy publie ensuite une série d'articles consacrés à l'homosexualité en avril 1971.

Le terme « mafia lavande » est utilisé, pour la première fois, dans les années 1970 par Steven Gaines dans un article de l'édition dominicale du Daily News. Le journaliste y décrit alors la direction de la Robert Stigwood Organization, une compagnie cinématographique et musicale britannique. Steven Gaines reprend ensuite l'expression dans un roman à clef consacré au Studio 54 et intitulé The Club. Il y décrit alors un groupe d'homosexuels influents constitué notamment de Calvin Klein, Truman Capote, Halston et Andy Warhol. Bien qu'assimilé à une puissante caste sociale, ce groupe n'est cependant pas décrit comme une alliance maligne destinée à gouverner le monde du cinéma ou de la politique.

Au fil des années, le mot « lavande » est remplacé par « gay ». En 2002, Michael Ovitz accuse ainsi la « mafia gay » d'être responsable de l'échec de sa compagnie dans une interview au magazine Vanity Fair[2],[3].

Lobby gay, homosexuel ou LGBT[modifier | modifier le code]

Khmers roses[modifier | modifier le code]

Le terme est issu de l'ouvrage de François Devoucoux du Buysson : Les Khmers roses, Essai sur l'idéologie homosexuelle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais développant l'idée de l'existence d'un lobby homosexuel[modifier | modifier le code]

  • François Devoucoux du Buysson, Les Khmers roses, Essai sur l'idéologie homosexuelle, Blanche, 2003 (ISBN 2846280711)
  • (en) Stanley Monteith, AIDS: The Unnecessary Epidemic America Under Siege... The frightening story telling how the AIDS and Gay Lobbies have been able to prevent physicians from monitoring or controlling this epidemic, Covenant House Books, 1995 (ASIN B000LML3TE)
  • Christian Vanneste, M... au lobby gay !, Mordicus, 2013 (ISBN 2918414670)

Études sur l'histoire de cette théorie du complot[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael S. Sherry, Gay Artists in Modern American Culture: An Imagined Conspiracy, The University of North Carolina Press, 2007 (ISBN 0807831212)
  • (en) Gregory Woods, « The 'Conspiracy' of the 'Homintern' » dans The Gay & Lesbian Review Worldwide, 10, 3, mai 2003.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Kenneth Tynan, Kenneth Tynan Letters, Weidenfeld and Nicolson, 1994.
  2. Bryan Burrough, « Ovitz Agonistes », Vanity Fair,‎ août 2002 (lire en ligne)
  3. Rick Lyman, « Ovitz Bitterly Bares Soul, And Film Industry Reacts », The New York Times,‎ 3 juillet 2002 (lire en ligne)