Holacratie

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L'holacratie est un système organisationnel de gouvernance qui permet à une organisation de disséminer les mécanismes de prise de décision au travers d'une organisation fractale d'équipes auto-organisées. Elle se distingue donc nettement des modèles pyramidaux top-down[1]. L'holacratie a été adoptée par plusieurs organisations (aux États-Unis, en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande). Elle est fréquemment comparée à la sociocratie[2], bien que des différences significatives existent entre les deux approches.

Origine[modifier | modifier le code]

Le terme holacratie est dérivé de celui d'holarchie inventé en 1967 par Arthur Koestler dans son livre The Ghost in the Machine. Une holarchie est composée de holons (grec: ὅλον, forme neutre de ὅλος, le "tout") qui sont des entités autonomes et indépendantes mais qui sont reliées à une entité supérieure dont elles font partie. Une holarchie est donc une hiérarchie d'éléments auto-régulés fonctionnant à la fois comme entités autonomes et comme parties d'un tout dont elles sont dépendantes[3]. Cette vision organique des organisations humaines est fréquemment comparée aux cellules d'un organisme qui sont à la fois autonomes et dépendantes de cet organisme qu'elles contribuent à édifier.

Le système holacratique fut développé en 2001 par Brian Robertson au sein de son entreprise de production de logiciels (Ternary Software) en vue de mettre au point des mécanismes de gouvernance plus agiles. En 2007, le Wall street journal lui consacre un article[4]. À ce moment, Brian Robertson commence à théoriser son approche qui sera désormais appelée "holacratie"[5]. En 2010, Brian Robertson publie la holacracy constitution qui définit les principes fondamentaux de la démarche. De nombreuses entreprises adoptent le modèle.

Influences[modifier | modifier le code]

L'holacratie est étroitement comparée à la sociocratie, un système de gouvernance développé dans le dernier tiers du XXe siècle. Cependant, la sociocratie s'applique davantage au processus de décision au sein de groupes et d'organisations et distingue très nettement les organisations des individus qui la compose.

À l'inverse, l'holacratie met un accent particulier sur la gouvernance itérative, les processus adaptatifs. En cela, elle s'est inspirée des initiatives développées dans le cadre des entreprises agiles et du lean management. L'holacratie est hautement compatible avec la théorie des parties prenantes puisque la structure même du pilotage permet à de nombreuses parties prenantes d'être représentées au niveau de la gouvernance d'une organisation et pour de nombreuses organisations partageant les mêmes intérêts d'être liées à un niveau de gouvernance.

Principes[modifier | modifier le code]

Le fondement de la théorie holacratique repose sur la raison d'être de toute organisation humaine. L'holacratie distingue donc la raison d'être (superordonnante) des personnes qui vont apporter leurs contributions au travers de leurs compétences, aptitudes et potentiels en vue de satisfaire cette raison d'être. En vue de répondre aux exigences dictées par la raison d'être d'un organisme, celui-ci va se structurer en cercles. Chaque cercle a pour objectif de produire ses "redevabilités". Pour ce faire, il est lui-même dépendant de redevabilités produites par d'autres cercles dont il dépend. Chaque cercle dispose d'une large autonomie en vue de rencontrer ses objectifs. Chaque cercle dispose également de trois outils de coordination: la réunion de gouvernance, la réunion opérationnelle et la réunion debout. L'harmonique de ces différentes réunions se crée naturellement. L'objectif visé est une prise de décision s'accompagnant du zéro objection argumentée (mais le fait qu'il en subsisterait n'empêcherait pas la prise de décision). Ceci permet d'assurer un pilotage dynamique de l'action tandis qu'elle est en train de se déployer. Contrairement à la prévision-contrôle qui élabore un plan d'action, lance l'opération pour analyser ensuite les indicateurs qui avaient été préalablement déterminés en vue d'éventuellement modifier le plan initial par boucle de rétroaction. L'holacratie considère chacun des individus qui la compose comme un capteur, un senseur, susceptible d'émettre des signaux. Chacun des individus est orienté vers la production des redevabilités et par là, participe à la raison d'être de l'organisation. L'holacratie permet aux organisations qui y ont recours de bénéficier du savoir ambiant dans leur entreprise, de fonctionner avec davantage de transparence et de susciter plus de motivation dans le chef des travailleurs.

Références[modifier | modifier le code]

  1. ‪Rudd, Olivia, Business Intelligence Success Factors‬: ‪Tools for Aligning Your Business in the Global Economy‬, ‪John Wiley & Sons‬, ‪Apr 27, 2009‬
  2. Steele, Robert David, The Open-Source Everything Manifesto, North Atlantic Books, June 5, 2012, p. 47
  3. Koestler, Arthur, The Ghost in the Machine, Penguin Group, 1967
  4. Wall Street Journal, “Can a Company Be Run as a Democracy?” Jaclyne Badal, April 23, 2007
  5. Integral Leadership Review, Volume VII, No. 3, June 2007, “Evolving Organization” by Brian Robertson

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]