Hiw (langue)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la langue. Pour l’île, voir Hiw.
Hiw
Ne men̄a te Hiw
Parlée au Vanuatu
Région Hiw (îles Torres)
Nombre de locuteurs 280 (2010)[1]
Typologie SVO[2]
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 (en) hiw
IETF hiw

Le hiw (ou hiu) est une langue parlée au nord du Vanuatu, sur l’île du même nom, dans les îles Torres. Avec 280 locuteurs[1], c’est une langue en danger[3].

Comme toutes les langues autochtones du Vanuatu, le hiw appartient au groupe des langues océaniennes, lui-même une branche de la grande famille des langues austronésiennes.

La plupart des locuteurs du hiw parlent également le bichelamar (la langue véhiculaire du Vanuatu) ainsi que le lo-toga, langue des îles voisines, parce que les enfants vont généralement à l’école à Lo[4],[5].

Écriture et prononciation[modifier | modifier le code]

Le hiw n’a pas de système d’écriture propre, mais ses locuteurs ainsi que les linguistes emploient l’alphabet latin avec quelques diacritiques. Les conventions orthographiques employées sont présentées dans les tableaux ci-dessous, à côté de la prononciation correspondante[6].

Consonnes[modifier | modifier le code]

Le hiw a 14 consonnes, dont une spirante latérale vélaire pré-occlusive /g͡ʟ/ très rare[7]. Contrairement à la plupart des langues voisines, le hiw n’a pas de consonne occlusive prénasalisée[8].

  Bilabiales Alvéolaires Palatale Vélaires Labio-vélaires
Occlusives /p/ p /t/ t   /k/ k // q
Fricatives /β/ v /s/ s   /ɣ/ g  
Nasales /m/ m /n/ n   /ŋ/ /ŋʷ/ n̄w
Spirantes     /j/ y   /w/ w
Latérale       /g͡ʟ/  

La consonne /ɣ/ est prononcée [ɰ] en fin de syllabe.

/g͡ʟ/ est parfois prononcé simplement [ʟ] par les jeunes locuteurs[9]. Historiquement, ce son provient d’un [r] (ce qui explique que ses locuteurs l’écrivent ). Le son [r] se trouve d’ailleurs dans certains emprunts récents, tels que perët /pəret/ (« pain », de l’anglais bread) ; cependant, dans des emprunts plus anciens, un r était reflété par /g͡ʟ/ : tatar̄o /tatag͡ʟɔ/ (« prier », du mota tataro)[10].

Voyelles[modifier | modifier le code]

Le hiw a neuf voyelles[8].

  Antérieures Centrales Postérieures
Fermées /i/ i /ʉ/ u  
Préfermée /ɪ/ ē    
Mi-fermées /e/ ë /ɵ/ ö /o/ ō
Moyenne   /ə/ e  
Mi-ouverte     /ɔ/ o
Ouverte   /a/ a  

La voyelle /ʉ/ est prononcée [u] après une consonne labio-vélaire ; c’est aussi le cas — optionnellement — de /ə/ dans la syllabe qui précède l’accent tonique[11].

Phonologie[modifier | modifier le code]

Les syllabes en hiw sont de la forme (C)(C)V(C), c’est-à-dire qu’elles sont toutes constituées d’une voyelle, commencent par deux consonnes au plus et se terminent par une consonne au plus[12].

L’accent tonique frappe régulièrement la dernière voyelle du mot qui n’est pas /ə/. Les seuls cas où un schwa est accentué sont les mots qui ne contiennent que cette voyelle. Dans ces mots, la position de l’accent est imprévisible : n̄eye (« quand ») est accentué sur la première syllabe ([ˈŋəjə]) et veye (« feuille de Pandanus ») sur la deuxième ([βəˈjə]).

Il y a de plus un accent secondaire toutes les deux syllabes : r̄akevar̄en̄wōt (« particulièrement ») est réalisé [ˌɡ͡ʟakəˌβaɡ͡ʟəˈŋʷot][12].

Le hiw, comme quinze autres langues de la région, a perdu les voyelles qui n’étaient pas accentuées ; en contrepartie, un phénomène de métaphonie a augmenté l’inventaire vocalique des cinq voyelles du proto-océanien à neuf voyelles[13]. Ceci a conduit à donner des groupes de consonnes inhabituels au début de certains mots tels que vti /βti/ (« étoile ») ou wni (« fruit »). Cependant, dans certains cas, pour éviter des mots trop difficiles à prononcer, il y a eu une métathèse ou l’insertion d’un schwa : myok (« mes mains » ; /mjɔk/ et non */jmɔk/), n̄wetōy (« court » ; /ŋʷətoj/ et non */ŋʷtoj/)[14].

Grammaire[modifier | modifier le code]

Pronoms personnels[modifier | modifier le code]

Le hiw, comme d’autres langues océaniennes, a des pronoms personnels pour trois nombres (singulier, duel, pluriel) sans distinction de genre et avec un « nous » exclusif et inclusif[15].

Personne Singulier Duel Pluriel
1re Inclusive tör̄ö tite
Exclusive noke kamar̄e kama
2e ike kimir̄e kimi
3e nine sör̄ö sise

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) Alexandre François, « Langues des îles Banks et Torres » (consulté le 19 octobre 2011)
  2. François, 2010a, p. 5
  3. (en) « Hiw », UNESCO Atlas of the World’s Languages in Danger (consulté le 19 octobre 2011)
  4. François, 2012, p. 100.
  5. François, 2010b, p. 421
  6. François, 2010a, p. 43
  7. François, 2010b, p. 394
  8. a et b François, 2010b, p. 396
  9. François, 2010b, p. 400
  10. François, 2010b, pp. 418-422
  11. François, 2010b, p. 397
  12. a et b François, 2010b, pp. 397–398
  13. François, 2005, traite de ce phénomène.
  14. François, 2010b, pp. 415–416
  15. François, 2009, p.11.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]