Vague de froid de l'hiver 1956 en Europe et au Maghreb

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L'hiver 1956 fut un hiver marqué par des records de températures froides dans l'hémisphère Nord (et encadré par deux hivers également marqué par des records de froid dans l'hémisphère Sud)[1], mais particulièrement rigoureux en Europe occidentale. Il est caractérisé par des chutes de neige importantes et des records de froid dans de nombreuses régions, notamment en France métropolitaine. On estime le nombre de morts à environ 1 000 à travers l'Europe[2].

L'arrivée du froid[modifier | modifier le code]

Le , un très puissant anticyclone (1 055 hPa) s'était installé au sud du Groenland, et un autre (1 040 hPa) était présent en Sibérie ; au même moment, une dépression prononcée (moins de 960 hPa) était présente en Norvège, et une autre plus faible (1 005 hPa) sur la Méditerranée orientale. Il en résulta un important apport d'air arctique sur l'Europe, d'abord du Nord et de l'Est, puis de plus en plus vers le sud et l'ouest[3],[1].

La vague de froid avait commencé le sur la Pologne et le nord de l'Allemagne, l'anticyclone étant à 1 045 hPa sur la Suède. En France, la vague de froid arriva le dans les régions du Nord-Est (Alsace, Ardennes) où l'on a relevé jusqu'à -20 °C (alors que pendant ce temps, une température de -28 °C était enregistrée à Moscou[4]).

L'installation du froid sur l'Europe[modifier | modifier le code]

L'Elbe charriant des glaçons le 4 février.
Le destroyer suédois HMS Uppland couvert de glace.

En Suède[modifier | modifier le code]

La Suède fut isolée du reste du monde par la Baltique qui encercle le pays d’une épaisse ceinture de glace.

En Allemagne[modifier | modifier le code]

Même situation dans le port de Hambourg où des cargos durent patienter plusieurs semaines avant de pouvoir repartir.

Dans le sud, le Danube était entré en crue en janvier 1956, et n'était pas encore descendu : le gel se déclara sur 1,5 mètre d'épaisseur dans les rues des villes riveraines[5].

Aux Pays-Bas[modifier | modifier le code]

La côte hollandaise fut également gelée, et cinq passagers d’un bateau de pêche restèrent prisonniers des glaces pendant quatre jours.

En France[modifier | modifier le code]

Dès le 2 février, toute la France subit la vague de froid : il faisait -20 °C à Paris et la Seine fut entièrement gelée[6]. Au sud, les températures furent moins basses, toutefois d'importantes chutes de neige se produisirent : 31 centimètres de neige à Antibes, par exemple[4], et 1 mètre à Saint-Tropez[7], avec des congères de plus de 3 mètres de hauteur. Par ailleurs, le contact entre l'air glacial du nord et l'air méditerranéen plus doux provoqua « un mistral d’une extrême violence avec des rafales de 180 km/h à Istres et 160 km/h à Orange »[8]. On estime le nombre de morts dus au froid en France à 150[9].

Toutes les régions françaises furent concernées, avec environ 95 % des fleuves et rivière pris par l'embâcle :

  • La moyenne des températures a été de -3.5°C à Paris (-7.2°C la nuit et 0.3 °C la journée) avec un pic à - 14.7°C.
  • À Lyon, le froid s'est encore fait plus ressentir que dans la capitale, avec une moyenne de -6.7°C (-10.7°C la nuit et -2.6 °C en journée) et un pic de -21.4 °C. Le lac du parc de la Tête-d'Or est entièrement gelé, ainsi que la Saône[10].
  • Sur les bords de la mer Méditerranée, à Sète, on a relevé 5 journées où les températures étaient restées négatives toute la journée avec un pic à -12 °C le matin du 10 février. Dans l'ensemble de la Provence, on estime que 5 millions d'oliviers gelés ont dû être coupés[11].
  • Le 4 février, des précipitations accumulèrent entre 60 et 120 centimètres de neige en Normandie[9],
  • -32°C à Sarreguemines,
  • -28°C à Bretenoux, dans le Lot, où les platanes éclatèrent à cause du gel[12],
  • À Strasbourg, les 160 aiguillages de la gare de chemin de fer gelèrent[7].
  • -24.8 °C à Nancy,
  • -23° à Metz,
  • -22° à Agen,
  • -23.2 °C à Metz,
  • -20° à Aix-en-Provence,
  • -19° à Toulouse, où la Garonne et le Canal du Midi avaient gelé,
  • -16.7 °C à Montpellier,
  • -15.2 °C à Bordeaux, où d'énormes chutes de neige survinrent fin février : 80 cm à Bordeaux[13], 1 mètre à Arcachon,
  • -13.3 °C à Marseille, où les fontaines du Parc Longchamp furent entièrement gelées, ainsi que l'étang de Berre et le Petit-Rhône,
  • –12° à Saint-Raphaël,
  • -5 °C à Bastia[4],[8].

Ce mois de février fut en France le mois le plus froid du XXe siècle[8].

En Italie[modifier | modifier le code]

En Italie, dès le , il faisait -15°C dans la vallée du Pô. La neige tomba pendant cent heures consécutives sur certaines régions, des centaines de villages avaient été isolés, et des chômeurs affamés manifestèrent dans le sud (la couche de neige avait atteint 40 cm près de Naples, et la température était descendue jusqu'à 0°C à Palerme)[1].

En Espagne[modifier | modifier le code]

Dans les Pyrénées espagnoles, au pied du Cylindre du Marboré, au bord du Lac glacé du Marboré, une température de -50°C fut enregistrée[3]. Dans les Îles Baléares, des températures négatives ont été mesurées : -3,5° C à Palma de Majorque, -10,0° C à l'aéroport et -13,5° C au (monastère de Lluc (es))[14].

En Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

Cette vague sibérienne exceptionnelle s’étendit jusqu’à l’Afrique du Nord. Oran et Philippeville furent recouverts d'une épaisse couche de neige, des minima inférieurs à 0°C ont été enregistrés en bord de mer à Tanger, au Maroc[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « The snowfall of winter 1956 », Abruzzo World Club,‎ ? (consulté le 20 août 2012)
  2. « Froid et logement : le spectre de l'hiver 1956 », Le Nouvel Observateur,‎ (consulté le 5 avril 2012)
  3. a, b et c « Février 1956 », Reynald Artaud, Météo Passion,‎ ? (consulté le 5 avril 2012)
  4. a, b et c « Hiver 1956 : Le plus froid du 20e siècle en Europe et le deuxième en France après 1963 », alertes-meteo.com,‎ (consulté le 5 avril 2012)
  5. « L'hiver 1956 », J¨PGarcia,‎ (consulté le 5 avril 2012)
  6. (en) « Cold spell hits France 1956 », British Pathé,‎ ? (consulté le 20 août 2012)
  7. a et b « Grand froid : 1956, année héroïque », Le Nouvel Observateur,‎ (consulté le 5 avril 2012)
  8. a, b et c « Le mois le plus froid du 20e siècle », Guillaume Séchet,‎ 2010 (consulté le 5 avril 2012)
  9. a et b « L'hiver 1956 et sa vague de froid exceptionnelle », Stimuli,‎ (consulté le 5 avril 2012)
  10. « Mémoires photographiques de l'hiver 1956 à Lyon », Le Progrès,‎ (consulté le 5 avril 2012)
  11. « Février 1956 : un froid exceptionnel paralyse la région », Institut national de l'audiovisuel,‎ (consulté le 5 avril 2012)
  12. « L'hiver 56, on entendait les platanes éclater avec fracas », La Dépêche,‎ (consulté le 5 avril 2012)
  13. « Hiver 56, hiver 2012 : des photos ou de la culpabilité ? », Didier Vereeck,‎ (consulté le 5 avril 2012)
  14. (en) « The year of the big snow in Mallorca », Platinum villas and yachts',‎ (consulté le 20 août 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]