Codex de Florence

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Codex florentin
Image illustrative de l'article Codex de Florence
Extrait du livre I du Codex de Florence (page avec la colonne de gauche en espagnol et celle de droite en nahuatl).
Date 1575-1577
Technique Encre et enluminure sur papier
Dimensions (H × L) 31,8 × 20 cm 353, 375, 495 folios reliés en 3 tomes
Localisation Bibliothèque Laurentienne, Florence (Drapeau de l'Italie Italie)
Numéro d'inventaire Mediceo Palatino 218, 219, 220

Le Codex de Florence (fréquemment nommé aussi codex florentin) est le nom usuel du manuscrit de l'Histoire générale des choses de la Nouvelle Espagne (Historia general de las cosas de nueva España). Il est composé de trois volumes divisés en 12 livres, établis au Mexique sous la supervision du moine franciscain Bernardino de Sahagún entre 1558 et 1577. Le codex est conservé à la Bibliothèque Laurentienne de Florence en Italie (Mediceo Palatino 218-20).

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1558, le supérieur de l'ordre des Franciscains demande à Bernardino de Sahagún d'écrire un rapport sur la religion et la coutumes de la Nouvelle Espagne afin d'aider les missionnaires à convertir les indigènes à la religion catholique. Le frère Bernardino s'est inspiré des encyclopédies médiévales pour établir son projet. Deux groupes lui ont servi de source : les aînés d'un certain nombre de villes du Mexique central d'un côté (appelés principales) et de jeunes membres de la noblesse nahua élèves au collège de Santa Cruz de Tlatelolco tenu par les Franciscains à Mexico. Les premiers ont répondu à des questionnaires établis par Sahagún en écriture aztèque qui a été interprétée et transcrite phonétiquement par les seconds en écriture latine en langue nahuatl. Le moine franciscain en a établi lui-même la traduction en espagnol. Dans le prologue de l'ouvrage, il rappelle que ce travail lui a pris une vingtaine d'année et s'est achevé en 1569[1].

En 1570, Sahagún transmet un premier jet de son rapport à ses supérieurs hiérarchiques. Ces derniers émettent des critiques sur ce travail, craignant qu'il n'encourage l'idolâtrie. Ils voient aussi dans l'emploi de scribes indigènes un gaspillage d'argent. Ses manuscrits lui sont confisqués. Finalement, il parvient à les récupérer en 1575 et le nouveau commissaire général de l'ordre franciscain pour la Nouvelle Espagne, Rodrigo de Sequera ainsi que Juan de Ovando, président du Conseil des Indes, lui permettent d'achever la rédaction et la traduction complète de son travail. La rédaction des douze livres est achevée par les scribes nahuas en 1577 et ces derniers ont illustré eux-mêmes le texte. Le travail est réalisé alors qu'une épidémie ravage la ville de Mexico[1].

Cette même année 1577, Philippe II d'Espagne ordonne de saisir l'ensemble des travaux de Sahagún pour éviter leur circulation et les fait rapatrier en Espagne. Sequera parvient à préserver le présent codex et le rapporte en Espagne au début de l'année 1580. On ignore exactement comment le manuscrit a abouti à Florence. Il serait entré dans la bibliothèque du Grand-duc de Toscane vers 1588. En effet, en 1589, le peintre Ludovico Buti réalise une fresque pour un plafond de la Galerie des Offices dont l'iconographie est fortement inspiré des illustrations du codex. Les grands ducs François Ier de Médicis et son frère Ferdinand Ier de Médicis sont en effet amateur d'art précolombien et possèdent déjà une riche collection dans le domaine. Une hypothèse explique l'arrivée du manuscrit par l'ambassade espagnole à Florence de Luis de Velasco y Castilla, fils du vice-roi de Nouvelle-Espagne et lui-même futur vice-roi. Il est en effet envoyé par Philippe II en 1588 pour féliciter Ferdinand Ier de son accession au trône. L'ouvrage pourrait avoir servi de cadeau diplomatique. Il n'apparaît officiellement qu'en 1793 dans le catalogue de la bibliothèque laurentienne rédigé par Angelo Maria Bandini, alors que la bibliothèque du grand duc vient d'y être intégrée[2].

Description[modifier | modifier le code]

Composé de trois volumes de 31,8 X 21 cm, l'ouvrage est divisé en douze livres: les livres 1-3 sont consacrés aux croyances religieuses des Mexicains; les livres 4-5 à l'astronomie et à la divination; le livre 6 contient des prières et des discours traditionnels typiques de la rhétorique nahuatl; le livre 7 traite du soleil, de la lune et des étoiles; le livre 8 du commerce; le livre 9 d'histoire; le livre 10 décrit la société aztèque; le livre 11 est un traité d'histoire naturelle; le livre 12 relate la conquête espagnole.

Le Codex de Florence est initialement un texte en langue nahuatl, rédigé par les étudiants trilingues en nahuatl, espagnol et latin de Bernardino de Sahagún. Le texte nahuatl figure dans la colonne de droite du codex, et certaines parties du texte sont traduites en espagnol dans la colonne de gauche. Toutefois, de nombreux fragments ne sont pas traduits ou sont simplement résumés. Dans la colonne de gauche figurent également de nombreuses illustrations, dont le nombre s'élève à 2 468[3], réalisées par des tlacuilos (peintres) aztèques ayant appris les techniques européennes. Certaines parties de la traduction ont été censurées ou réécrites par Sahagún.

Ce document a constitué une des sources majeures d'information sur la vie des Aztèques avant la conquête espagnole, bien qu'aucun exemplaire du Codex de Florence complet avec toutes ses illustrations n'ait été publié avant 1979. On ne disposait auparavant que de la version espagnole revue et corrigée.

Autres versions[modifier | modifier le code]

  • Il existe une autre version du document de Sahagún, en espagnol seulement. Cette copie fut emportée en Europe en 1580 par Rodrigo de Sequera, et ce document est également appelé manuscrit Sequera.
  • Le texte espagnol constitue la base du livre Historia General de las Cosas de Nueva España (Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne) conservé à la Bibliothèque Laurentienne de Florence.
  • Les Codices Matritenses sont des compilations des mêmes sources que le Codex de Florence, correspondant aux données collectées en nahuatl à Tepepulco, Tlatelolco et Texcoco. Les Codices Matritenses, conservés dans les bibliothèques du Palais Royal et de l'Académie Royale d'Histoire de Madrid, sont d'une part ceux datant du séjour de Sahagún à Tepepulco, connus sous le nom de Primeros Memoriales, et d'autre part ceux de Tlatelolco, qui comprennent les Segundos Memoriales, Memoriales en tres columnas et Memoriales con escolios.
  • Une version courte de ce document, Breve compendio de los soles idolátricos que los indios desta Nueva España usaban en tiempos de su infidelidad, fut envoyée par Sahagún au pape Pie V.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) The World of the Aztecs in the Florentine Codex, Mandragora,‎ 2007, 63 p. (ISBN 978-887461-102-7)
  • (en) Gerhard Wolf, Joseph Connors (dir.), Colors between two worlds : the Florentine Codex of Bernardino de Sahagún, Florence ; Milano, Kunsthistorisches Institut ; Villa I Tatti ; Officina libraria, 2011
  • Serge Gruzinski, L’Amérique de la conquête peinte par les Indiens du Mexique, Paris, Flammarion, 1991

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b World of the Aztecs, p.8-12
  2. World of the Aztecs, p.8-9
  3. World of the Aztecs, p.7 et 10