Histoire du Languedoc-Roussillon

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Antiquité[modifier | modifier le code]

Durant la période gauloise, la région fait partie de la Celtique méditerranéenne[1]. Vers la fin du IIIe siècle av. J.-C., un peuple celtique, les Volques, prend ses quartiers dans la région du Rhône à la Garonne, des Cévennes aux Pyrénées. Ils ont pour capitales Toulouse et Nîmes.

On assiste à une première structuration du territoire.

Ils pactisent avec les Romains dès le Ier siècle av. J.-C..

Narbonne est créée pour pacifier la province en -118 et devient la capitale de la Narbonnaise.

La région comme le tiers de la Gaule est christianisée par saint Sernin (Saturnin), d'origine grecque, qui fut martyrisé en 250 à Toulouse attaché à un taureau prévu pour un sacrifice païen.

Au début du Ve siècle a lieu l'invasion des Vandales. Quelques années plus tard, les Wisigoths s'imposent. Les Romains leur abandonnent la garde du territoire. Le royaume wisigoth occupe bientôt le tiers sud de la Gaule puis l'Espagne. Toulouse devient leur capitale. Les Wisigoths ont développé une hérésie chrétienne dite d'Arius : l'arianisme. Clovis, roi des Francs, mène une croisade contre eux. Toulouse tombe en 507. La région de Narbonne, la Septimanie, tout comme le reste de l'Espagne restent wisigothe jusqu'à la chute, devant les Arabes, de leur nouvelle capitale Tolède.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Cette province fut temporairement dominée par les Maures (719), avant d'être conquise par Charlemagne, qui la nomma marche de Gothie, incluse dans le royaume d'Aquitaine créé en 778. Ce vaste territoire englobant tout le Sud du Rhône à l'Atlantique en vue de fédérer la reconquête hispanique avec pour capitale Toulouse sera légué par Charlemagne à un de ses fils en 781. L'administration est confiée aux comtes de Toulouse.

Au cours de cette période des réfugiés musulmans qui fuyaient la Reconquista espagnole, et plus tard l'Inquisition, firent souche en Languedoc-Roussillon[2].

À l'époque féodale eut lieu une grande fragmentation politique : les comtés de Roussillon et de Cerdagne, de langue catalane passèrent dans l'orbite des comtés de Barcelone, devenus royaume d'Aragon, alors que les vicomtés du nord (Carcassonne, Béziers, Nîmes, Agde) passèrent sous la domination de la maison Trencavel.

Une unité territoriale du Nord fut réalisée par les comtes de Toulouse notamment sous Raimond IV, dit Raimond de Saint-Gilles (1042-1115) qui atteindra par mariage l'objectif d'unification en agrandissant son État des comtés de Rouergue, de Nîmes, de Narbonne, du Gévaudan, d'Agde, de Béziers et d'Uzès.

Après la croisade contre les Albigeois, à la suite de l'extinction de la dynastie des comtes de Toulouse à la mort de Jeanne fille de Raymond VII, le Languedoc est rattaché au Roi de France en 1271.

La région est administrée pour le compte du roi de France en trois sénéchaussées : Toulouse, Carcassonne et Beaucaire.

De là naît le Languedoc royal qui va persister jusqu'à la Révolution française. Il va conserver ses coutumes, sa langue et une administration spécifique.

Le traité de Corbeil de 1258 a déjà entériné la division au Sud : les Corbières formèrent la frontière entre le royaume de France et le royaume d'Aragon. Seule unité à cette époque entre le Bas-Languedoc et le Roussillon-Cerdagne : la province ecclésiastique de Narbonne de laquelle dépendaient les évêchés de Béziers, d'Elne, de Saint-Pons-de-Thomières, de Saint-Papoul, de Maguelonne, de Nîmes, d'Uzès, d'Agde et de Mende. Le royaume de Majorque qui exista aux XIIIe siècle rassemblait le comté de Roussillon, le comté de Cerdagne et la seigneurie de Montpellier.

Montpellier fut vendu au roi de France en 1349 et Majorque annexée par les rois d'Aragon.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Carte des Gouvernements de Languedoc-Roussillon par Rigobert Bonne (1727-1795 ), Paris, vers 1783

En 1659 le traité des Pyrénées rattacha le Roussillon et le nord de la Cerdagne au royaume de France, mais les provinces de Languedoc et de Roussillon restèrent séparées administrativement. Le Languedoc est une province d'État avec ses propres États Provinciaux. Au sein des Etats de Languedoc, les trois ordres sont représentés (noblesse, clergé, tiers-état). Sous la période de Louis XIV, l'intendant Basville avec la participation des États permet le développement d'une administration créée par le surintendant des finances Colbert, les haras. Mais cette expérience n'aura pas de succès. Les éleveurs préférant faire saillir leurs juments par des ânes que par des étalons fournis par l'administration. En effet, les mulets sont plus rapidement vendus que les chevaux car ils sont plus utiles à l'économie.

Au milieu du XVIe siècle, les régions de Nîmes Montpellier et de Cévennes sont touchées par le protestantisme d'où découlera de terribles guerres de religion avec la mise à sac des églises. L'Édit de Nantes promulgué par Henri IV en 1598 signifiera le retour au calme. Mais après son assassinat en 1610, les tensions vont crescendo (guerres de Rohan notamment). Au milieu du XVIe siècle la situation redevient très tendue et la révocation de l'Édit de Nantes par Louis XIV en 1685 marque le début de la clandestinité pour les protestants durant 100 ans. Tous leurs temples sont démolis. Des forts sont érigés notamment à Montpellier, Nîmes et Alès afin de contrôler les bastions protestants. De 1702 à 1704 c'est la révolte plus connue sous le nom de guerre des camisards. Cependant, tous les protestants n'approuvent pas les méthodes violentes envers les catholiques et le pouvoir royal. Tout au long du XVIIIe siècle, quelques groupes pacificateurs prophétisent entre Nîmes et Montpellier et le village de Congénies verra même la constitution d'une communauté Quaker unique en Europe continentale à partir de la seconde moitié du XVIIIe (fondation officielle en 1788 ) ; puis ce seront les méthodistes anglais qui s'installeront à leur tour dans cette localité à partir de 1820…

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Lors du découpage des régions, le choix de séparer le Languedoc en deux entités totalement distinctes (le Languedoc-Roussillon d'une part et Midi-Pyrénées d'autre part) a largement affaibli le rayonnement de ce territoire et sa cohérence géographique. Des régions comme le nord de l'Aude regardent vers Toulouse, alors que l'influence de Montpellier est nettement marquée sur le sud de l'Aveyron, notamment sur la région millavoise. Même si le découpage administratif actuel ainsi que la proximité géographique assure une certaine influence à Montpellier sur les Pyrénées-Orientales, ce département reste pour des raisons historiques tourné vers la Catalogne espagnole et la ville de Barcelone. L’Eurorégion Pyrénées Méditerranée (Catalogne, Iles Baléares, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées) semble à ce titre, une initiative particulièrement pertinente, capable de redonner de la cohérence à un territoire contrasté sur lequel aucune ville ne peut se targuer d'une influence déterminante en matière économique ou culturelle comme cela peut être observé dans d'autres régions françaises.

Le nom de Languedoc-Roussillon est choisi au détriment de celui de la Septimanie, nom de la région de l'époque romaine jusqu'au début du Moyen Âge. Le nom de Languedoc-Roussillon, comme celui de Midi-Pyrénées, n'a d'ailleurs pas d'existence historique. L'usage adopté par le Conseil régional consiste à dénommer la région « Septimanie-Languedoc-Roussillon ». La Préfecture de région continue à parler de « région Languedoc-Roussillon ».

En 1993, la région organise les Jeux Méditerranéens.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Garcia, La Celtique méditerranéenne. Habitats et sociétés en Languedoc et en Provence. VIIIe-IIe siècles av. J.-C., éditions Errance, Paris, 2004, (ISBN 2877722864) etDominique Garcia, Les Celtes de Gaule méditerranéenne, définition et caractérisation, éditions Bibracte, 2006,[1]
  2. Jonathan Laurence et Justin Vaïsse, Intégrer l'Islam p. 33, Odile Jacob, 2007, ISBN 978-2-7381-1900-1

Articles connexes[modifier | modifier le code]