Histoire des définitions de la philosophie

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Le concept de philosophie a souvent et profondément évolué depuis 25 siècles. Nous donnerons ici une présentation chronologique des différentes définitions de la philosophie.

Définition de la philosophie dans l’Antiquité[modifier | modifier le code]

La philosophie est considérée comme la mère de toute science. Mais cette définition ne saurait rassasier l'interrogateur tant il est indispensable de dire qu'il est difficile de la définir faute de connaître précisément comment elle a émergé.

Les présocratiques[modifier | modifier le code]

Le mot philosophie, selon certaines sources, aurait été forgé par Pythagore, qui refusait de se considérer comme un sage (sophos) car la possession de la connaissance, i.e. la connaissance des principes et causes des choses humaines et divines, est le privilège des dieux. Il préférait être appelé « amoureux de la connaissance » (philosophos), c'est-à-dire amoureux des réalités divines. Avant Pythagore, on appelait sophoi ceux qui cherchaient à connaître les réalités divines et humaines[1].

Socrate[modifier | modifier le code]

Mais en réalité on peut affirmer que la première occurrence du terme « philosophie » se trouve dans l'œuvre de Platon et plus exactement dans l'Apologie de Socrate et dans Le Banquet. Ce n'est pas par hasard que le terme apparaît dans un dialogue dont Socrate est le héros. Pour Socrate, être philosophe, c'est être conscient de son ignorance et vouloir sortir de cet état. Et quand Socrate dit savoir une seule chose : qu'il ne sait rien, il ne s'agit pas là de modestie mais d'un véritable programme de vie qu'il établit.[modifier | modifier le code]

La σοφια (sophia) vers laquelle tend Socrate n'est pas un savoir purement théorique, même si une des traductions du terme sophia est effectivement « science ». La σοφια de Socrate est un savoir, certes, mais c'est un savoir qui doit permettre d’agir correctement pour vivre comme il faut, afin d'atteindre le bonheur (ευδαιμονια) par la vertu, αρετή (arété), également traduisible par « excellence ».

Platon[modifier | modifier le code]

Platon reprendra cette idée, mais la développera de façon très originale dans Le Banquet puisqu'il fera du philosophe un amoureux au sens propre — un amoureux des beaux corps mais, au fur et à mesure de son progrès comme philosophe, un amoureux de la Beauté elle-même. Platon insistera donc nettement sur le caractère érotique de la philosophie tout en accentuant la transcendance de la sexualité.

Platon développera, parallèlement à cette définition de la philosophie, une autre définition dans La République qui fera du philosophe un homme politique (le philosophe-roi de toute cité vertueuse et heureuse). La figure du philosophe se détache nettement de la tradition socratique ; il ne cherchera plus uniquement le savoir mais il le possèdera. C'est cette compétence qui justifiera qu'il soit à la tête de la cité, et non plus seulement un membre plus ou moins accepté par la communauté.

Enfin, Platon exposera une troisième définition de la philosophie dans le Phédon : la philosophie comme préparation à la mort, ou plus exactement à la séparation du corps et de l'âme. Le philosophe, par son commerce avec les Idées, s'habituera peu à peu à fixer son attention sur les réalités transcendantes et immatérielles que sont les Idées. Son esprit alors verra dans la séparation entre l’âme et le corps un phénomène déjà vécu en un certain sens. Cette interprétation de la philosophie sera reprise de Cicéron à Montaigne.

Mais le but de la philosophie reste le même chez Socrate et chez Platon : c'est la vertu et le bonheur, qui étaient identiques ou en tout cas inséparables. Le philosophe dans La République (dans le dixième livre) de Platon, c'est aussi celui qui vit le mieux, qui vit de la façon la plus heureuse (par opposition à ceux qui se consacrent aux activités guerrières ou artisanales).

Aristote[modifier | modifier le code]

La définition de la philosophie chez Aristote reste dans le fond identique avec celle de Platon dans la mesure où elle reste dominée par les concepts de vertu et bonheur. La philosophie dans « l'Éthique à Nicomaque » se fait βιος θεορετικος (bios theoretikos), c'est-à-dire vie contemplative. Être philosophe c'est donc selon Aristote consacrer sa vie à l'activité intellectuelle. Cette activité intellectuelle est aussi bien recherche intellectuelle que contemplation de Dieu. Contemplation difficile, rare mais qui est la seule voie vers une existence heureuse et stable.

Mais l'influence d'Aristote sur la définition de la philosophie résulte avant tout d'une autre raison primordiale : il fut le premier dans sa Métaphysique à considérer les Présocratiques comme des philosophes. Il élargit ainsi l'horizon philosophique — ou plus exactement le champ de ceux qui peuvent être considérés comme des philosophes.

La Philosophie à l'époque moderne[modifier | modifier le code]

Descartes[modifier | modifier le code]

Descartes est un de ceux qui ont profondément modifié le concept de philosophie. Même s'il reprend l'idée de Socrate et de Platon (la philosophie en tant qu'amour de la sagesse), il modifie complètement l'acception de « sagesse ». Cette dernière est divisée chez lui en trois branches : la médecine, la morale et la mécanique. Elle n’est donc plus simplement un savoir éthique permettant d'accéder au bonheur (même si ce dernier est encore l'objectif ultime de Descartes) mais une connaissance basée sur un savoir indubitable (fondé sur la physique et en ultime instance sur la métaphysique) et de nature scientifique. L'amour de la sagesse se fait désir de posséder un savoir fondé scientifiquement.

Spinoza[modifier | modifier le code]

La philosophie à l'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Une autre définition de la philosophie renverse le rapport entre pensée et action : c'est ainsi que Marx assigne à la philosophie le devoir de transformer le monde (cf. « Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de diverses manières, ce qui importe c'est de le transformer. »), renversant ainsi la perspective de Kant, puisque le questionnement suit la praxis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Foucault

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Définition de la philosophie