Histoire des Basques

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L’histoire des Basques, comme dans la plupart des peuples dont les origines remontent à des temps pour lesquels il n'existe pas de traces écrites, donne lieu à de nombreuses hypothèses. De récentes recherches génétiques et scientifiques, combinées à la linguistique et l'hématologie démontrent que les Basques d'aujourd'hui sont les descendants les plus fidèles d'un groupe humain qui vivaient dans le Pays basque actuel durant le paléolithique et qui survécu à la dernière glaciation[1].

Au début du premier millénaire, alors que toutes les tribus de la péninsule ibérique et de Gaule vont être romanisées, les Basques vont être les seuls à faire survivre leur langue. Alliés privilégiés des Romains, ces derniers n'auraient pas cherché à anéantir la culture autochtone vasconne qui conservait, malgré la tutelle et la romanisation de son mode de vie, une certaine autonomie interne leur permettant d'organiser leur vie publique à leur guise. À la chute de l'Empire romain, les Vascons et les Aquitains (Proto-Basques) vont être de redoutables guerriers résistants et organisés face aux invasions franques, wisigothiques et musulmanes dans le principat de Vasconie ou de Gascogne. Il faudra attendre le XIIIe siècle, soit huit siècles après la chute de l'Empire romain, pour entrevoir les Basques totalement soumis aux nouveaux royaumes de France et de Castille. Il s'en suivra un démantèlement de leur royaume de Navarre jusqu'au XVIe siècle.

Au milieu XIXe siècle, les guerres carlistes, la centralisation croissante des États français et espagnol fera fortement reculer les droits (fors) des Basques, et sa langue par la même occasion. Mais le XXe siècle voit en conséquence progresser la conscience du peuple basque avec la naissance du nationalisme basque[2].

Origines des Basques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Origines des Basques.

Posséder une langue isolée, le basque, et sans relation avec ses voisines et qui paraît n'avoir aucune relation avec celles qui arrivèrent en Europe lors des émigrations indo-européennes est une caractéristique qui a poussé à la recherche des origines de ce peuple, de sa langue et des faits culturels et caractéristiques qui le définissent en tant que « peuple ». Ces constats se sont transformés en un défi pour de nombreux étudiants et a donné lieu à plus de thèses qu'il n'est habituel d'en voir sur un tel sujet, la plupart sans rigueur scientifique aucune et les autres fondées sur les différentes preuves et découvertes effectuées.

Plusieurs études anthropologiques considèrent les Basques comme le groupe ethnique le plus ancien d'Europe ayant réussi jusqu'à aujourd'hui à conserver des caractéristiques propres à la suite de l'arrivée des peuples ou des langues indo-européens en Europe. Ils occuperaient la zone correspondant à l'actuel Pays basque depuis le post-Néolithique[1]. Cependant, leurs origines font encore l'objet de très nombreuses hypothèses. La langue basque, l’euskara, s'avère être pour certaines un fil conducteur qui peut permettre de retracer le cours de l'Histoire des Basques dès leurs origines, et qui confirme, par ses modifications et influences, les relations établies avec les peuples ayant traversé les terres basques au cours des âges. Il y a ainsi des territoires basques pour lesquels on trouve déjà la trace d'utilisation de l’euskara dès le Moyen Âge.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Okabe au SE de Saint-Jean-Pied-de-Port

Paléolithique inférieur et moyen[modifier | modifier le code]

C'est une période qui va de 400 000 à 35 000 av. J.-C. Les premières traces humaines au Pays basque se situent dans des endroits isolés comme Aitzabal ou Irunberri où des hachereaux en pierre taillée ont été trouvées. L'industrie moustérienne qui se caractérise par l'utilisation d’outils sur éclats, tels que des racloirs, des pointes ou des grattoirs y est présente ainsi que de nombreuses grottes. L'abri d'Axlor en Biscaye montre les techniques de chasse utilisées puisqu'un ravin devant l'entrée y constituait un piège pour les animaux.

Paléolithique supérieur[modifier | modifier le code]

Abri de Chimiachas, Aragon

C'est une période qui va de 35 000 à 9 000 av. J.-C. où les outils pour la chasse s'affinent avec l'utilisation du bois de Cervidé ou des os. La chasse et la pêche se pratiquent désormais au rythme des saisons et des figurations artistiques ornent les grottes d'art pariétal.
On a trouvé dans les grottes d'Isturitz et d'Oxocelhaya un art mobilier comportant des sculptures sur os de cheval et des baguettes de bois de renne ; on y a découvert des sites d'inhumation et des flûtes en os. La vie y est organisée, plus facile et ritualisée parfois.

Mésolithique[modifier | modifier le code]

Période qui va de 9 000 à 7 500 av. J.-C. Après la glaciation de Würm, le climat se réchauffe, le niveau de l'eau monte mais surtout la végétation passe de toundra à prairies et forêts. La mer commence à être une source de nourriture, les outils s'affinent avec des harpons osseux plats.
Les proto-Basques vont se disperser à travers l'Europe mais aussi les peuples Indo-Européens vont arriver d'Asie. Tandis que ces derniers se sédentarisent, les proto-Basques vont continuer pendant des milliers d'années à vivre de cueillette et de chasse.

Néolithique et protohistoire[modifier | modifier le code]

La première hypothèse avancée sur l'origine des Basques est qu'au début de l'ère glaciaire les hommes de Cro-Magnon du continent européen ont trouvé refuge dans les zones au climat le plus doux de la zone pyrénéenne et dans le sud de l'actuelle France, formant alors un groupe proto-basque. Un ensemble de tribus parlant des langues appartenant à une même famille linguistique (ce qui doit être appelé "protoeuskara") et entretenant des relations commerciales entre elles étaient établies dans toute l'Europe et particulièrement dans les terres occupées par l'actuelle Euskal Herria. L'étude de la langue basque (n'ayant aucune racine indo-européenne) et de l'ADN a conduit des chercheurs vers une théorie selon laquelle les habitants d'Europe seraient en grande partie les descendants d'un groupe relativement localisé d'humains qui auraient habité l'actuel Pays basque, il y a environ 20 000 ans[3].

Si la quatrième hypothèse est vérifiée, les Basques n'arriveront dans l'actuel Pays basque qu'à partir des Ve et VIe siècles. Les autres hypothèses sont intermédiaires. Cependant, on ignore actuellement quelle est l'hypothèse exacte.

Selon les historiens romains Strabon, Pline l'Ancien, Pomponius Mela, Lucius Florus ou Silius Italicus, la zone était habitée dans les époques préromaines par diverses tribus dont l'idiome n'est pas connu. La distribution de ces tribus et les zones occupées par les Vardules, les Caristes et les Autrigons varient selon les historiens. La distribution de Ptolémée, la plus complète, est la suivante :

Distribution des peuples

D'autres localisent les Cantabres et les Vascons comme tribus frontalières, et pour d'autres encore, seuls les Vardules habitaient entre les Vascons et les Cantabres. Pline indique que Portus Ammanus (la romaine Flaviobriga et l'actuel Castro Urdiales) était une cité vardule, ce qui contredit clairement la version de Ptolémée.

Il n'y a pas d'autres mentions des peuples comme les Vardules, Caristes et Autrigons, jusqu'à ce qu'au IXe siècle on mentionne pour la première fois la Castille, auparavant appelée Bardulie.

L'époque romaine[modifier | modifier le code]

Situation générale[modifier | modifier le code]

Les sources classiques d'étude de l'histoire des Basques sont des auteurs comme Strabon, qui signala dès le Ier siècle av. J.-C. la présence d'un peuple appelé les "Vascons" au Nord de ce que sont aujourd'hui les provinces espagnoles de Navarre et d'Aragon.

Ce qui touche à cette partie de l'histoire du peuple basque est fondé surtout sur les apports des historiens et narrateurs romains de l'époque (à savoir Ptolémée, Pline, Tite-Live ou même Jules César), qui constituent les seules sources écrites. En effet, on ne connaît pour le moment aucun écrit historique provenant des peuples natifs de ces territoires, et ce qui est déduit des découvertes archéologiques effectuées sur tout le territoire confirme de manière habituelle les récits des anciens.
Le premier contact entre Basques et Romains est antérieur à l'arrivée de ces derniers dans le territoire basque, puisqu'il est établi que des mercenaires basques combattirent aux côtés d'Hannibal Barca durant la Seconde guerre punique, ce qui apparaît dans de nombreux vers narrant diverses batailles tirés du poème Punica de Silius Italicus, entre autres : "Ni les cerretains, autrefois un campement du héros de Tirinte, ni le Basque, non accoutumé au casque, n'hésiteront à prendre les armes". "Et quand Caton, oublieux de son âge avancé, emplit son esprit d'une ardeur guerrière, vint combattre, se lança contre les ennemis et enleva de ses armes mortifères le jeune, poursuivit par l'agile basque et par le cantabre avec une pluie de flèches".
Quand Hasdrubal vint à l'aide de son frère, à la fin de l'affrontement avec les Romains, il le fit au travers du pays des Vascons et continua par le sud des Gaules, recrutant de nouvelles troupes parmi leurs peuples.
Il est possible, ou du moins c'est ainsi que le considèrent certains historiens, que cette connaissance du pouvoir militaire de Rome conduisit les Vascons à collaborer quand les troupes romaines arrivèrent sur leur territoire au lieu de les affronter. Par conséquent, et comme récompense pour ladite collaboration, les Romains abandonnèrent aux Vascons certaines des cités qu'ils conquirent par la force sur d'autres peuples.
Selon Tite-Live, en l'an 194 avant notre ère, le consul Marcus Porcius Caton prit Jaca par ruse. Ultérieurement, en l'an 186 avant J.-C., le préteur L. Manlius Acidinus vainquit les Celtibères près de Calahorra. Et en 178 avant J.-C., la fondation de Gracurris (actuellement Alfaro) sur les ruines d'Ilurcis par Tib. Sempronius Gracchus marque le 'début de la romanisation basque.
Les romains indiquent l'existence de nombreuses tribus : Autrigons, Caristes, Vardules, Bérons, Vascons et Aquitaines, et bien qu'il ne soit pas dit concrètement s'il s'agit de différentes dénominations pour un même peuple, ils les englobaient tous dans ce qu'ils appelaient le Vasconum, lequel les divisait en même temps en Saltus et Ager, laissant entendre qu'il en était ainsi. La dénomination Vasconum saltus correspondait au Nord du territoire et comprenait Biscaye, Guipuscoa, le Pays basque français actuel, la partie la plus orientale de Cantabrie, le Nord-Est de l'Aragon, et le Nord de l'Alava et de la Navarre; cette zone fut employée comme territoire d'exploitation forestière et d'habitation, et surtout pour l'exploitation de quelques mines (Triano et Aldituri) et carrières; les ruines découvertes sont très éparses, bien que chaque fois elles apparaissent en plus grand nombre. L'Ager Vasconum inclut l'Alava, le Sud de la Navarre, la Rioja, le Nord de Burgos et le Sud-Ouest de l'Aragon; cette région étant la région avec les plus importantes et les plus nombreuses installations, et la plus grande exploitation.

Les peuples[modifier | modifier le code]

Les Autrigons constituent le peuple le plus occidental de tous ceux cités avec les Cantabres à l'ouest et les Turmiges au sud, et avec les Caristes et les Bérons à l'est, s'étendirent entre l'Ason et le Nervion, bien qu'ultérieurement leurs domaines, probablement accordés par Auguste après la victoire sur les Cantabres, étaient établis de la corne cantabrique quasiment jusqu'à la Deba. Leur cité principale était Uirovesca (Briviesca). Il existait d'autres cités importantes comme Tricio, en Rioja, et sur la côte, Flaviobriga (Castro-Urdiales) la dernière colonie fondée par les Romains en Hispanie, ou encore Osma de Valdegovia, Poza de la Sal et dans l'embouchure de la Nerua (Nervion) un port, comme le montrent des monnaies découvertes dans la barre de Portugalete et à Bilbao. Florus et Orosius racontent qu'ils étaient fréquemment attaqués par les Cantabres, pour leur collaboration probable avec Auguste pendant les guerres cantabres et obtinrent ainsi le prix cité antérieurement.

Les Caristes étaient établis entre la rivière Nervion et l'embouchure de la Deba, et étaient donc voisins des Autrigons à l'ouest et des Vardules à l'est, sans que les limites de leurs territoires soient clairement définies. Ils possédèrent un port sur la Deba et Forua, près de Guernica, où furent exhumés des restes d'un four pour la fonte du fer et d'une chaussée ; il y a également des ruines à Arrigorriaga et Lemoa. Ptolémée indique que leurs cités principales étaient Suestasion et Tullica, sans toutefois en localiser aucune, et Veleia. Cette dernière est l'actuelle Iruña, près de Vitoria-Gasteiz, dans laquelle on a découvert les restes d'une ville avec des murailles et des ponts, ainsi que d'autres vestiges ; et récemment, des inscriptions en euskara et de thématiques chrétiennes datées, a priori, entre les IIe et IIIe siècles ont été mises au jour, démontrant clairement qu'à cette époque l'euskara était parlé sur ce qui sera le territoire des Basques[4].

Les Vardules étaient frontaliers des Caristes à l'ouest, des Vascons à l'est et des Bérons au sud ; ils s'établirent sur la côte jusqu'au promontoire des Pyrénées, à l'exception d'Oiasso (Irun) qui était le débouché des Vascons sur la mer, alors qu'à l'intérieur des terres les frontières étaient plus floues. Ptolémée parle de nombreuses cités qui n'ont toujours pas été localisées : Menosca sur la côte, Gebala, Trutium Tubicorum, Thabuca, Alba et Tullionum à l'intérieur. Les ruines exhumées sur ce territoire sont rares, quelques-unes à Saint-Sébastien, Zarautz et Azkoitia, même si l'on sait que les mines des Peñas de Aya étaient exploitées.

Les Bérons occupaient une bonne partie de l'actuelle Rioja. Il paraît évident qu'ils constituaient un peuple celte assez pur, si l'on se base sur les vestiges archéologiques répartis sur tout le territoire. Il est probable que des cités comme Gracurris et Calagurris furent, après avoir été vaincues par les Romains, octroyées aux Vascons pour leur collaboration, et que ce fut le cas pour le reste du territoire.

Les Vascons furent les premiers à être étudiés et sont parmi ceux que l'on connaît le mieux. Ils étaient le peuple le plus oriental, se situant sur un territoire comparable à la Navarre, mais augmenté de terres aragonaises comme la vallée supérieure de la rivière Aragon et la contrée comprise entre Sos del Rey Católico et Alagón, passant par Ejea de los Caballeros à proximité de Saragosse et par le sud avec la vallée de l'Ebre riojain. Dans cette zone ont été exhumés d'innombrables vestiges archéologiques de cette époque. Leurs cités les plus importantes furent Pompaelo (Pampelune), Gracurris (Alfaro), Cascantum (Cascante) et surtout Calagurris (Calahorra) qui possédait le titre de munucipium civium Romanorum, qui la consacre comme cité vasconne la plus importante, et qui leur fut concédée par Octave (Auguste) comme récompense aux soldats calagurritains qui formaient sa garde personnelle lors de sa victoire sur Marc-Antoine et Cléopâtre à Actium.

Les Aquitains furent le dernier de ces peuples à être conquis par les Romains. Afin d'empêcher que les Aquitains puissent aider les Gaulois contre qui il luttait à ce moment, Jules César demanda à son lieutenant Publius Licinius Crassus de conquérir l'Aquitaine en -56. En les attaquant par surprise avec dix cohortes légionnaires et une cavalerie nombreuse, il vainquit les Sociates (qui apparaissaient comme la tribu la plus puissante) conduits par Adiatuanus. Peu après apparut la première trace d'union entre tribus de part et d'autre des Pyrénées, au début sous la forme d'une révolte commune contre les Romains, propagée par différents peuples aquitains qui cherchèrent de l'aide de l'autre côté des Pyrénées parmi ceux qui avaient lutté côte à côte à Sertorio et connaissaient les tactiques militaires romaines. Ils furent malgré cela battus lors d'une bataille champêtre en septembre de la même année. L'Aquitaine s'étendait, selon César, « de la Garonne aux Pyrénées, et jusqu'à la partie océanique de l'Hispanie » et « était orientée de la tanière du soleil vers le Nord ». Plus tard, Auguste lui annexa les peuples situés entre la Loire et la Garonne, constituant ainsi la Novempopulania.

Le territoire vascon[modifier | modifier le code]

Le territoire vascon fut profondément impliqué dans les guerres Sertoriennes. Ainsi, en l'an 77 av. J.-C., Sertorius s'installa dans la vallée de l'Ebre et établit ses quartiers à Osca pour contrôler de cette manière l'aire Ilerda-Osca-Calagurris. Cette même année, Pompée, envoyé par Rome, arriva en traversant le col du Perthuis, ce qui attira la sympathie de nombreux Vascons, particulièrement dans la zone de l'Ebre. Cette arrivée provoqua la scission des cités proches en partis différents : Calagurris resta fidèle à Sertorius, Gracurris se soumit à Rome, faisant de la zone de l'Ebre la zone la plus explosive à cause des affrontements entre les deux bandes.

Durant l'hiver -75 plus précisément, Pompée, cherchant refuge dans le territoire vascon pour passer l'hiver et restaurer ses troupes - et ses finances - créa la cité de Pompaelo (future Pampelune). Appien et Florus indiquent qu'en -74 Sertorius envoya 3 000 soldats entre les troupes de Metelus et de Pompée qui assiégeaient Calahorra, la libérant du même coup. Un an après, Calagurris fut aussi assiégée mais, cette fois-ci, Sertorius ne put accourir à l'aide. Il fut ensuite assassiné lors d'une trahison en -72 à Osca, la dernière place fidèle à son idéal. Ce siège, mené par Afrianus, général de Pompée, dura jusqu'en -67, poussant ses habitants à des extrémités comme se nourrir des cadavres, et devint un lieu commun de la littérature de l'époque, au travers des œuvres de Salaustius, Florus, Valère Maxime (qui indiqua que « comme ils ne trouvaient plus d'autres animaux en leur cité, ils se convertirent à la funeste consommation de leurs femmes et enfants, y compris, pour que la jeunesse puisse nourrir ses entrailles avec celles des leurs, n'hésitèrent pas à mettre dans le sel les sinistres restes des cadavres »), Juvénal et Orosius.

Cinq des trente-quatre chemins de l'Itinéraire d'Antonin passaient par les territoires vascons, le plus important étant le XXXIVe qui liait Arturica (Astorga) à Burdigala (Bordeaux) en passant par Velegia et Pompaleo. La zone comprise entre cette route et la XXXIIe, qui passait par Calagurris, devait probablement comprendre de nombreux sentiers mineurs, fonds et villes, d'après la quantité de vestiges découverts dans cette zone.

Il y a eu constance de la présence des Vascons dans l'armée romaine au moins à partir du Ier siècle av. J.-C., autant en cohortes qu'en légions, ainsi que chez les Prétoriens. Il y a eu aussi des cohortes basques : la I Fida Vardullorum equitania fut constituée pour la Bretagne entre les Ier et IIIe{{{5}}} siècles au moins, et le fait qu'elle fut affublée du nombre cardinal I laisse supposer qu'il en existait plus, comme l'attestent des diplômes et inscriptions (une inscription de l'époque de Trajan la dénommait I Fida Vardullorum Civium Romanorum, ce qui indiquait que ses membres étaient citoyens romains). La Cohors II Vasconum Civium Romanorum était destinée à la Germanie, où Tacite narre son intervention valeureuse en 70 qui a permis de sauver la situation compromise que rencontrait le légat Vocula, établi près de Novesio (maintenant Neuss, Bas-Rhin) et qui fut attaqué par les supplétifs durant les révoltes de l'Empire de 69. Cette cohorte fut ensuite dirigée sur la Bretagne puis en 156 sur la Maurétanie Tingitane. Le préteur Cassius Longinus possédait une garde personnelle constituée de Bérons, qui lui sauvèrent la vie lors d'un attentat en 48. Auguste en eut une formée de Vascons calagurritains qui furent licenciés après avoir vaincu Marc-Antoine. La coutume des gardes personnelles formées d'Hispaniques était commune parmi les généraux, en raison de leur fidélité envers leurs chefs.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Il n'y a quasiment aucune trace historique du Pays basque (ni de la quasi-totalité de la côte cantabrique) à partir de la chute de l'Empire romain et de l'invasion des peuples germaniques. Le fait d'être sur un territoire isolé au milieu d'un grand empire implique pour les Vascons d'être confrontés dans les zones frontières à deux voisins belliqueux : les royaumes Francs et Wisigoths. Le Pays basque devint ainsi un territoire de grande valeur stratégique désiré par les deux adversaires. Son terrain accidenté est de plus idéal pour le brigandage et la guérilla, ce qui peut expliquer la survie des Basques malgré l'oppression menée par leurs voisins : ils n'avaient qu'à se réfugier dans les montagnes et à y attendre que la menace disparaisse. Selon l'hypothèse de la vasconisation tardive, c'est à cette époque que les Aquitains émigrèrent vers le Pays basque actuel, en apportant leur langue.

La chute de l'Empire romain a ouvert la voie à l'établissement et à la pérennisation des royaumes Wisigoths et Francs, ainsi qu'à l'implantation au Nord des Pyrénées du Duché de Vasconie[5]. Ce duché, occupait la Novempopulania romaine (entre Garonne et Pyrénées), et parvint à obtenir une certaine indépendance vis-à-vis des Francs par son union au Duché d'Aquitaine (entre Garonne et Loire) .

Au VIIIe siècle, l'invasion musulmane provenant du sud concentra la population chrétienne dans la pointe nord, laquelle, en raison de son orographie difficile, a toujours été très imperméable à une quelconque influence extérieure. Au sud des Pyrénées se forma chez les Vascons le Royaume de Pampelune, qui devint après la conquête de Najera le Royaume de Najera-Pampelune, prélude au futur Royaume de Navarre.

En 778 eut lieu la bataille de Roncevaux. Les Vascons attaquèrent l'arrière-garde de l'armée franque de Charlemagne, privant ainsi de sa protection la constitution d'une zone d'influence carolingienne dans la vallée de l'Ebre, similaire aux marches hispaniques de Catalogne. Cette bataille donna naissance à la fameuse Chanson de Roland.

L'invasion islamique[modifier | modifier le code]

Bien que chrétiens, les Basques ou Vascons ne résistèrent pas à l'avancée musulmane, qui fut seulement arrêtée par les troupes franques lors de la bataille de Poitiers. Les musulmans arriveront ainsi en Navarre de manière quasi-immédiate après leur entrée dans la péninsule en 714. En 718, la garnison wisigothe de Pampelune capitula. Les musulmans contrôlèrent ainsi le passage des Pyrénées. Personne ne put résister à leur avancée dans la péninsule, à l'exception de Pélage le Conquérant, à la tête des Asturiens, qui en 722 fonda le Royaume des Asturies dans le nord verdoyant des montagnes cantabriques. Alphonse Ier des Asturies, dont le règne dura de 739 à 757, étendit son royaume, dominant les territoires de la Galice à l'Alava.

Pampelune fut conquise en 778 par Charlemagne, qui détruisit alors les murailles qui l'entouraient. La Navarre, anciennement royaume de Pampelune n'acquit une certaine indépendance qu'à partir du moment où Iñigo Arista se proclama roi de Pampelune entre 810 et 820.

Roncevaux[modifier | modifier le code]

Mort de Roland à la bataille de Roncevaux en 778
Article détaillé : Bataille de Roncevaux (778).

En l'an 778, l'armée de Charlemagne subit un dur revers à Roncevaux. On ignore qui furent très précisément les attaquants, et les historiens sont partagés entre trois hypothèses distinctes. La première suppose une coalition de Vascons et de musulmans; la seconde une alliance des Vascons des deux côtés des Pyrénées, et, la troisième, des Vascons d'outre-Pyrénées mécontents du renforcement du régime franc en Aquitaine. Il existe d'autres hypothèses, très tardives, et peu suivies par les historiens actuels, qui indiquent que ce furent seulement les musulmans, comme dans la Chanson de Roland, créée 4 siècles après la bataille.

La version généralement admise est la suivante : après que les Francs de Charlemagne eurent envahi le nord de l'Espagne, ils retournèrent vers la France en pillant le Pays Basque et notamment Pampelune. En réponse, les Basques interceptèrent l'armée franque quand ils passèrent par le passage montagnard de Roncevaux. Malgré leur armement réduit et le faible nombre de combattants, les Basques détruiront une grande partie de l'arrière-garde franque lors de la bataille de Roncevaux.

Tous les peuples proches des Pyrénées reçurent l'aide de Charlemagne pour pouvoir se renforcer, puisque les Francs désiraient que les chrétiens des Pyrénées soient assez fort pour contrôler les musulmans. Il semble qu'ils offrirent à Charlemagne de lui remettre en mains propres la place de Saragosse, mais ils ne tinrent pas leur parole envers l'empereur et molestèrent même le négociateur, un certain Suleiman, qui était gouverneur musulman de Barcelone. Lorsque l'empereur revint vers Pampelune avec de fortes troupes, en chemin, les fils de Suleiman avec leurs troupes libérèrent leur père prisonnier dans l'arrière-garde de l'armée lors d'une opération surprise rapide. Quand l'empereur arriva hâtivement à Pampelune, avec la crainte d'attaques musulmanes sur son arrière-garde, il reprit la garnison qu'il avait laissée là lors de son arrivée, puis détruisit et incendia la ville avant de tourner bride vers le Nord. Un groupe de Basques Navarrais lui tendit une embuscade en représailles à Roncevaux) au passage des Pyrénées et attaquant l'arrière-garde franque, encombrée du butin issu du pillage de Pampelune, en lui causant de graves dommages. Cette défaite eut un grand retentissement à cause de la perte de nombreux nobles francs, et parmi eux le célèbre Roland, Marquis de Bretagne, qui rejoignirent ainsi la saga de l'armée de Charlemagne.

Ce fut la seule grande déroute que subit Charlemagne dans tout son règne. Les Francs l'immortaliseront en français dans la Chanson de Roland, une des œuvres majeures de la poésie médiévale.

La reconquête[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Reconquête.

La quasi-totalité de la partie orientale du Pays basque actuel (Guipuscoa, Biscaye et Alava) fit alternativement partie du royaume de Navarre et du royaume de Castille et, en chaque cas, le roi se devait de respecter les fueros, c'est-à-dire les libertés, lois, traditions, franchises et traditions populaires. Les Basques prirent une part active lors de la Reconquista. Les terres frontalières d'Alava étant occupées, les rois voisins appelèrent les Basques à coloniser de nouveaux territoires, principalement en Rioja et certaines parties de Castille.

Dans des époques ultérieures, en participant aux expéditions castillanes les marins basques prirent une part active dans la conquête de l'Andalousie. Ces mêmes marins commencèrent à chasser la baleine dès avant le IXe siècle. C'est pourquoi au moins six villes basques ont incorporé des baleines dans leurs blasons.

Navarre[modifier | modifier le code]

premières armoiries de la Navarre avant la bataille de Las Navas de Tolosa

Au IXe siècle, Iñigo "Aritza" (816-852) fut élu comme chef (buruzagi) pour lutter contre les Francs et fut couronné roi de Pampelune. Ce royaume, qui devint plus tard le Royaume de Navarre, s'allia avec le royaume Muladi (indigènes convertis) des Banu Qasi (les Casio latino-hispaniques), dont la capitale était Tudèle et qui ne dépendait pas de Cordoue : ils scellèrent cette alliance moyennant des mariages croisés. Le royaume de Navarre s'étendit ainsi du sud jusqu'à au fleuve Èbre.

Dans la seconde moitié du IXe siècle et au Xe siècle, le royaume de Pampelune fut bâti : à l'instar des comtés résultants de la division des Marches hispaniques et du royaume des Asturies, il se comportera comme élément d'opposition frontale à l'Islam installé sur le territoire de la monarchie wisigoth, bien que les relations navarraises avec la famille muladi des Banu Qasi furent très étroites lors des premières années.

Sancho Ier Garcés, allié à Ordoño II de León, conquit Najera et, en 924, son fils García II Sánchez créa le royaume de Najera-Pampelune, accomplissement un travail de repeuplement et favorisant les nouvelles implantations et les monastères pré-existants. Son successeur, Sancho II Garcés II, et Garcia III Sanchez II le Trembleur se virent obligés de capituler devant Almanzor et de payer tribut au Califat de Cordoue.

Avec Sanche III le Grand (1004-1035), le royaume de Najera-Pampelune atteint son extension territoriale maximale, recouvrant tout le tiers Nord de la péninsule, de ce qui est actuellement la Catalogne jusqu'à la Galice, de la Méditerranée à l'Atlantique. Lors de la réorganisation du royaume, il y eut probablement création du vicomté de Labourd[6] entre 1021 et 1021, avec résidence du vicomte à Bayonne, et de celui de Baztan jusqu'en 1025. À sa mort, le 4 octobre 1032, le duc de Gascogne Sanche V Guillaume avait étendu son autorité sur l'antique Vasconie ultra-pyrénéenne qui comprenait les Pyrénées et la Garonne, comme cela commençait à être mentionné dans ses documents[6]. On peut alors dire que Sanche III bâtit le premier Empire hispanique et il fut désigné comme Rex Ibericus et Rex Navarrae Hispaniarum.

Avant de mourir en 1035, il divisa ses territoires entre ses fils : l'aîné, Garcia IV, régna à Pampelune et hérita de quelques terres en Aragon et en Castille; Fernando obtint une grande partie du comté de Castille; Ramiro reçut des terres en Aragon et Navarre, et Gonzalo des terres en Sobrarbe et autres points éloignés d'Aragon. De ce partage est issu la nouvelle structure politique du XIIe siècle, avec les royaumes de Navarre, Aragon et Castille.

Entre 1076 et 1134, le royaume de Najera-Pampelune fut incorporé à la couronne aragonaise de laquelle elle se sépara sous le règne de Garcia V Ramirez le Restaurateur. Sous celui de Sanche VI le Sage (1150-1194), il devient le royaume de Navarre et suivit le recul territorial. En l'an 1200, sous le règne de Sanche VII le Fort (1194-1234), il perdit les territoires des actuelles Alava, Guipuscoa et le Duranguesado, qui sont conquis par le monarque castillan Alphonse VIII, aidé par une grande partie de la petit noblesse alavaise (ils prirent Vitoria avec une armée à majorité alavaise). Au Guipuscoa, il profita des désaccords entre le peuple et la noblesse (le roi castillan fonda de nombreuses villes comme compensation) et le Duranguesado fut octroyé comme récompense (une fois annexé) au seigneur de Biscaye comme récompense pour services rendus lors de la bataille des Cuvettes de Toulouse.

La Navarre, déjà séparée des autres territoires péninsulaires du Pays basque (ou Euskal Herria), se vit obligée d'orienter sa politique d'expansion vers le nord et l'est, les territoires français d'Outreports et la frange frontière avec l'Aragon.

Les pressions des Couronnes de Castille et d'Aragon firent qu'afin de survivre, la Navarre entra dans l'orbite de la France au décès de Sanche VII le Fort en 1234 sans postérité, par l'installation de la Maison de Champagne (1234-1274), et, ultérieurement, des Capétiens (1274-1328).

La Maison d'Évreux (1328-1425) inaugure une étape de relations péninsulaires et européennes intéressantes, particulièrement avec Charles II de Navarre « le Noble » (1387-1425) pour la prospérité matérielle et culturelle qui en découla.

Biscaye[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Seigneurie de Biscaye.

Au haut Moyen Âge, la Biscaye, qui fut durant le bas Moyen Âge une seigneurie indépendante sous la tutelle du royaume de Navarre, s'unit volontairement au royaume de Castille. En 1076, le roi Alphonse VII de Castille prit la Biscaye au royaume de Navarre. Elle y fut réintégré en 1134.

Elle s'unira plus tard à nouveau à la Castille, à l'exception du Duranguesado qui en 1200 sera de nouveau conquis par les castillans, cette fois de manière définitive. En 1212, Alphonse VIII de Castille le céda au seigneur de Biscaye, Diego Lopez II de Haro, comme récompense à l'issue de la bataille des Navettes de Toulouse. Cette union était conditionnée au respect, par le roi-Seigneur de Biscaye, des fors ou libertés des Biscayens.

Alava et Guipuscoa[modifier | modifier le code]

L'Alave et le Guipuscoa faisaient partie du royaume de Navarre jusqu'à ce qu'ils forment une partie du royaume de Castille après la conquête menée par Alphonse VIII; ces faits sont relatés dans les actes castillans intitulés Narración de la Toma de Vitoria y Guipúzcoa Año 1199 (Récit de la Prise de Vitoria et du Guipuscoa en l'an 1199). Selon ces chroniques, cette prise de Vitoria serait en grande partie à la population qui peupla ultérieurement la province d'Alava, sous la direction de la petite noblesse d'Alava.

Au Guipuscoa, le roi castillan usa d'une stratégie contraire : au lieu de s'appuyer sur la loyauté de la noblesse, il s'assura la loyauté de la population qui était soumise à la noblesse : les rois castillans créèrent ainsi quatre villes en moins de 30 ans dans lesquelles les maires avaient juridictions civile et pénale. Cette situation fut amplifiée par l'octroi de fueros de la part du roi Charles I (plus connu sous le nom de Charles Quint), en accord avec l'appui donné par les habitants des Vascongadas (nom que reçurent les provinces basques jusqu'à Sabino Arana) et de Navarre lors de la guerra de los comuneros lors de laquelle des cités castillanes se rebellèrent contre les nouveaux impôts promulgués pour financer son couronnement comme Empereur du Saint-Empire romain germanique. Ici aussi le roi de Castille dut prêter serment de respecter les fors du Gipuzkoa et de l'Alaba.

Les Guipuscoans, les Alavais et les Biscayens, intégrés aux côtés de leurs voisins cantabres dans la Fraternité des Marismas, maintinrent des relations commerciales avec les Flandres et affrontèrent constamment les commerçants de Bayonne, jusqu'à arriver à des affrontements et pillages armés. Le pouvoir de cette fraternité était tel qu'elle se permettait d'établir des pactes avec les rois d'Angleterre.

De la Renaissance au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'arbre de Guernica est le symbole des libertés basques.

Navarre[modifier | modifier le code]

À la fin du Moyen Âge, Ferdinand le Catholique profita de la guerre civile qui déchirait la Navarre en la divisant en deux partis rivaux : les Agromonteses et les Beamonteses. En 1512, une armée castillane entra en Navarre par l'ouest sous la direction de Fadrique Alvarez II de Tolède, duc d'Albe, et envahit militairement la majeure partie du Royaume de Navarre qui ultérieurement changea de dynastie régnante à la nomination de Ferdinand comme roi de Navarre, à la suite de la proclamation de la bulle pontificale qui excommuniait les rois de la Maison d'Albret. Cependant, selon certains historiens, cette bulle était un faux, Fernand d'Aragon ayant besoin d'une cause "noble" pour justifier son invasion et l'annexion violente de la Navarre.

En 1513, les Cortes de Navarre nomment définitivement Ferdinand roi de Navarre. Ce dernier, en 1515, par le traité de Burgos, se fit proclamer roi de Navarre par les Cortès de Pampelune, contre le serment de respecter les fors, libertés, franchises et lois navarraises. En apparence, il fallut seulement trois jours pour occuper Pampelune, ce qui pourrait indiquer une grande sympathie de la population envers le roi aragon Ferdinand, en raison de son prestige comme roi et politique; aussi en tant que fils de Jean II de Navarre, qui avait réussi à maintenir un semblant de stabilité dans son royaume au siècle précédant quand commencèrent les luttes entre Agromontes et Beamontes, et au fait que Pampelune fut en majorité beamontaise.

Quelques années plus tard, Foix essaya de s'emparer de la Navarre mais ne put battre l'armée de Castille.

En 1521, le statut de la Navarre comme associée à la couronne de Castille fut consolidé.

Basse-Navarre[modifier | modifier le code]

Le Royaume de Navarre sous domination de la Maison de Foix se réduisait aux territoires au nord des Pyrénées (Basse-Navarre). En 1594, Henri de Navarre fut couronné roi de France, premier Bourbon à accéder au trône français. Ainsi, et comme conséquence des Cortes de 1513, la monarchie navarraise était réduite à la Basse-Navarre, la partie du royaume à majorité agramontaise. Les Navarrais maintinrent ainsi leur indépendance. Le roi de Navarre Henri III devint en 1589 roi de France (Henri IV) et cumula ainsi 2 couronnes. Son fils Louis XIII prononça en 1620 le rattachement de la Navarre à la couronne de France, mais cet acte n'eut aucune valeur juridique, le roi, en Navarre, ne disposant pas du pouvoir législatif (dans les provinces basques, le principe de la monarchie absolue n'existait pas). Au siècle suivant, lorsque le roi de France Louis XVI convoqua pour 1789 les Etats Généraux du royaume, la Basse Navarre refusa d'élire des députés, au principe que le royaume de Navarre était distinct du royaume de France.

Provinces du Pays basque[modifier | modifier le code]

Les Basques du Guipuscoa, de Biscaye et d'Alava continuèrent à entretenir un degré élevé d'autonomie de leurs provinces tant en Espagne qu'en France : les "fors" ou fueros donnaient à chaque région basque des lois locales, des impôts et tribunaux indépendants. Ces fueros étaient spécifiques à chaque région. Par exemple, dans la seigneurie de Biscaye, elles étaient différentes pour les Encartaciones, la Lur Laua ou Tierra Llana (qui s'appelait for de Biscaye), la cité (Orduña) et les villes (qui possédaient leurs propres fors, comme celui de Bilbao et de Bermeo : le for de Logroño). Le for de Biscaye par exemple interdisait, dès le Moyen Âge, la torture ou même la menace de torture envers tout Biscayen! A une époque où la torture (la "question") était généralisée dans toutes les procédures judiciaires en Europe.

Colonisation des Amériques[modifier | modifier le code]

Sites de pêche des Basques à Terre-Neuve-et-Labrador

À la fin du XVIe siècle, les Basques enseignèrent aux marins hollandais (et, paraît-il, bretons), l'emploi du harpon dans la chasse à la baleine. La chasse baleinière et la pêche à la morue conduisirent probablement les arrantzales (pêcheurs) basques vers l'Amérique avant sa découverte officielle par Christophe Colomb (comme le firent les Vikings), et plus particulièrement vers les actuels Canada et Terre-Neuve (voir aussi l'île aux Basques).

Services rendus à la Couronne d'Espagne[modifier | modifier le code]

Juan Sebastián Elcano

Les personnages illustres d'origine basque sont nombreux. Depuis toujours réputés pour être d'excellents marins et explorateurs, les Basques participèrent à la colonisation européenne des Amériques, et à toutes les entreprises qui en découlèrent, tant militaires, qu'économiques ou religieuses. Ainsi dans la Marine espagnole, il y eut de nombreux Basques comme :

Lors de la bataille de Trafalgar mourut héroïquement, aux commandes du San Juan Nepomuceno, le marin guipuscoan Cosme de Churruca.

Le Pays basque français[modifier | modifier le code]

La Réforme[modifier | modifier le code]

La Réforme protestante, appuyée par Marguerite d'Angoulême et sa fille Jeanne d'Albret reines de Navarre, fut mal acceptée par les Basques. En 1571, le huguenot basque Jean de Liçarrague traduit en Linguæ Navarrorum, c'est-à-dire en euskara, le Nouveau Testament.

Au XVIe siècle, à Bayonne, une bourgeoisie bascophone imprimait des livres en basque, en quasi-exclusité sur des thèmes chrétiens. Cependant, comme le protestantisme était persécuté par l'Inquisition espagnole au sud, et, au nord-est, le roi navarrais protestant Henri IV se convertit au catholicisme pour régner sur la France, tant la Réforme que la publication de textes en basque dura peu.

La Révolution française[modifier | modifier le code]

La large autonomie des provinces basques du Nord toucha à sa fin avec la Révolution française, qui centralisa le gouvernement et abolit la totalité des libertés locales que garantissait l'Ancien Régime. Si une grande partie des Basques furent hostiles envers la Révolution, une autre partie s'engagea dans les bataillons de volontaires, qui formeront une troupe d'élite : les chasseurs basques.
Si la Révolution favorisa l'impression en basque d'ouvrages de propagande, elle se traduisit par la destruction systématique des piliers de la société basque: liberté politique et administrative, suppression de la démocratie locale basque au profit du suffrage censitaire, c'est-à-dire au profit d'une bourgeoisie française étrangère à la société basque, persécution contre le clergé, uniquement constitué de prêtres basques à cause de la langue, blocus naval dû aux guerres avec l'Angleterre, ce qui ruina Saint-Jean-de-Luz, Bayonne et l'ensemble de la côte basque, va et vient des gens de guerre, réquisitions forcées au profit des régiments français. La population manifesta sa mauvaise humeur en fournissant de l'aide au clergé clandestin, et par la désertion des jeunes qui refusaient de se battre dans les armées françaises. Les Représentants en Mission du peuple Français répliquèrent en ordonnant, en 1794, la déportation forcée de villages entiers du Labourd (Sare, Ascain, Souraïde, Espelette…) vers les Landes ou le Lot-et-Garonne. Des centaines de ces déportés moururent et les autres furent ruinés.

La Révolution française arriva en Espagne lors de la guerre du Roussillon (1793) durant laquelle, après quelques premiers succès, les espagnols prirent le Roussillon. Les campagnes de 1794 et 1795 virent les troupes françaises, sous les ordres du général Dugommier, reprendre le Roussillon lors des batailles du Tech (28 avril), des Albere (30 avril) et du Boulou (1er mai), puis elles pénétrèrent en Catalogne, le Pays basque et la Navarre, finissant par occuper Miranda de Ebro.

Devant la menace française, Godoy conclut avec la France la paix de Basilea (1795). En échange des territoires occupés, l'Espagne reconnaît la République française, cède à la France la partie espagnole de l'île de Saint-Domingue et normalise les relations commerciales. En raison de ce traité, Godoy a obtenu le titre de prince de la Paix.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La guerre d'Indépendance[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre d'Espagne (Empire).

Plus tard, quand elles envahirent l'Espagne, les troupes napoléoniennes ne rencontrèrent que peu de résistance dans les provinces basques. Il y eut cependant des guérilleros comme Gaspar de Jauregui « le Berger », qui parvient à lever 3 000 hommes et obtint le grade de colonel, auquel se joignit le jeune Zumalacarregui[7]. On pourra également noter que l'un des quatre premiers bataillons engagés lors de la guerre d'Indépendance était entièrement basque[réf. nécessaire]}. Les partis guérilleros de Francisco Espoz y Mina agirent quant à elles contre les Français depuis la Navarre. La dernière partie de l'Espagne occupée fut les provinces basques (bataille de Vitoria).

L'invasion s'acheva le 31 août 1813 avec l'incendie de Saint-Sébastien : Saint-Sébastien fut pillée par les troupes anglaises de l'armée anglo-lusitano-espagnole durant trois jours, qui infligea à la population civile violences, assassinats et viols, puis fut incendiée et détruite dans la continuité[8].

Les guerres carlistes[modifier | modifier le code]

Femmes s'enfuyant de Guetaria pendant la première guerre Carliste
Article détaillé : Carlisme.

En Espagne, une guerre de succession entre Isabelle II d'Espagne et son oncle Charles de Bourbon est à l'origine des guerres carlistes. Au delà de la lutte entre les deux prétendants, cette guerre opposait deux conceptions de l'Espagne: une Espagne libérale, à la française, centralisée, avec une monarchie constitutionnelle, et une Espagne traditionnelle, avec une monarchie absolue mais respectant les fueros ou libertés locales. Les fueros furent défendus par les traditionalistes et plus particulièrement les Absolutistes carlistes bien qu'opposés à des forces constitutionnalistes victorieuses.

Les carlistes revendiquaient la couronne d'Espagne pour l'infant Charles, lequel avait promis de défendre, entre autres, le système foral basque et navarrais. En raison de l'influence de l'Église catholique, et craignant que sous une constitution égalitaire les fueros soient abrogés, les Basques espagnols des zones rurales joignirent massivement l'armée traditionaliste, soutenue financièrement par les gouvernements des provinces basques, comme l'indique l'écrivain Benito Pérez Galdós dans un dialogue de Un Faccioso más y algunos Frailes menos :

« ....el Sr. D. Carlos Navarro, nuestro valiente amigo, llegó anteanoche de su excursión por el reino de Navarra y por Álava y Vizcaya. Es un guapo sujeto. Dice que en todo aquel religioso país hasta las piedras tienen corazón para palpitar por D. Carlos, hasta las calabazas echarán manos para coger fusiles. Las campanas allí, cuando tocan a misa dicen «no más masones» y el día en que haya guerra los hombres de aquella tierra serán capaces de conquistar a la Europa mientras las mujeres conquistan al resto de España... Bueno, muy bueno... ¿Con que usted desea ver a ese señor? Le prevengo a usted que está oculto.... »

(Monsieur D. Carlos Navarro, notre valeureux ami, revint au crépuscule de son excursion par le royaume de Navarre et par Alava et Biscaye. C'est un joli sujet. Il dit que dans tout ce religieux pays même les pierres ont un cœur qui bat pour D. Carlos, même les courges auront des mains pour tenir un fusil. Les cloches de là-bas, lorsqu'elles sonnent la messe, disent "plus de Francs-maçons !", et le jour où il y aura la guerre, les hommes de cette terre conquerront l'Europe pendant que leurs femmes conquerront le reste de l'Espagne... Bien, très bien ... Avec quoi désirez-vous voir ce monsieur ? Je vous préviens que c'est caché ..."

D'un autre côté, les forces de l'armée isabellienne obtinrent des appuis vitaux dans les grandes villes (comme Bilbao), comme des Britanniques, dont la légion irlandaise, la "Troisième", fut pratiquement anéantie lors de la bataille d'Oriamendi par les Français et par les légions portugaises, dont les gouvernements appuyèrent les isabelliens contre les carlistes. Durant la première guerre carliste, l'augmentation des divergences entre les franges apostolique (« officielle ») et de Navarre (frange à base basque) fit que cette dernière conclût un armistice par laquelle les isabelliens promirent de maintenir les fors.

L'Espagne politique de 1854, après la première guerre carliste

Comme cette promesse ne fut pas accomplie dans sa globalité, il y eut un nouveau soulèvement, la seconde guerre carliste, qui se termina de manière similaire. Finalement, le Pays basque perdit la quasi-totalité de sa capacité d'auto-gouvernance, bien qu'il garda le contrôle de sa politique fiscale et de ses perceptions. En Navarre, dès 1840, et grâce au rôle des élites urbaines au travers d'une conception politique appelée fuerismo libéral, se conclut un pacte duquel dériva la Ley Paccionada qui permit de conserver en partie les fors.

La modification des douanes des frontières basques aux frontières françaises forma un nouveau marché protégé en Espagne pour l'industrie basque naissante. Cette situation perdura le long du XIXe siècle, jusqu'à leur suppression par Cánovas del Castillo après la déroute carliste, remplacées par une autonomie fiscale[réf. nécessaire].

L'industrialisation[modifier | modifier le code]

La révolution industrielle eut une influence manifeste sur le Pays basque. La richesse de ses mines et la pureté de son minerai attirèrent les investisseurs anglais qui, dans un premier temps, exploitèrent les mines de fer pour l'exporter en Angleterre, puis implantèrent des usines sidérurgiques sur la rive droite du Nervion. Cette industrie naissante requérait une main-d'œuvre abondante : à la fin du XIXe siècle, l'immigration interne provenant d'autres parties de l'Espagne est abondante et crée en conséquence un contraste culturel élevé.

Jusqu'à présent, les personnes possédant des ressources qui pouvaient étudier devaient aller dans les universités castillanes et, par conséquent, parlaient un bon castillan alors que ceux qui n'étudiaient pas ne le connaissaient pas, qui distinguait les locuteurs ou non-locuteurs en classe sociale supérieure ou appartenant au monde rural. Les émigrants, qui arrivèrent sur ces terres pour chercher leur subsistance parlant le castillan, montrèrent aux locaux que la position sociale n'était pas une question de langue et apportèrent ainsi en plus les idées de gauche qui accompagnèrent la naissance de la révolution industrielle, marquant la lutte des classes et l'appel à l'union des prolétaires.

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

La naissance du nationalisme[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, les frères Koldorika et Sabino Arana ressuscitèrent, à l'abri de la vague de romantisme qui balaya l'Europe et des idées de retour aux origines de Castelao, le nationalisme basque, en se basant en bonne partie sur la tradition conservatrice carliste. Ils fondirent le Parti nationaliste basque (EAJ-PNV), basé sur des idées démocrates chrétiennes. Ce parti revendiquait l'indépendance ou pour le moins l'autonomie des provinces considérées comme basques.

Dans le cadre de cette idéologie, et en confrontation avec celle du mouvement ouvrier qui s'étendait dans les zones industrielles du pays, ils créèrent une série d'instruments (comme le syndicat ELA) et promurent des politiques visant à préserver les basques de l'influence « étrange » qu'à ce moment représentait les travailleurs provenant d'autres zones de l'Espagne.

La guerre civile[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile espagnole.

En 1931, l'Espagne devint une République (la première population à la proclamer fut celle de Eibar, au Guipuscoa), et très vite, la Catalogne (autre région espagnole dans laquelle exista un mouvement régionaliste fort) obtint son gouvernement autonome. Cependant, les Basques durent attendre jusqu'au début de la guerre civile espagnole pour obtenir les mêmes droits.

Il y eut des Basques dans les deux partis de la guerre civile, la majorité avec les nationalistes basques et les gens de gauche de Biscaye et du Guipuscoa du côté de la Seconde République, et les carlistes navarrais du côté des troupes insurgées du général Francisco Franco. Les rebelles espéraient que le PNV, en raison de son conservatisme et de son christianisme, se joindrait à eux, cause qui ne réussit pas. Il n'y a aucun doute qu'une des pires atrocités de cette guerre fut le bombardement de Guernica (où se situe l'arbre symbole de la liberté forale basque) par l'aviation allemande qui aidait Franco, détruisant quasiment toute la cité.

En 1937, les troupes du Parti nationaliste basque se rendirent à Santoña aux troupes italiennes alliées au général Franco, bien que les bataillons composées de miliciens affiliés à d'autres formations politiques continuent à lutter sur le front asturien, inaugurant une des périodes les plus dures de l'histoire basque en Espagne. Après la guerre, Franco dédia ses efforts à faire de l'Espagne un État-nation, uniformisé[réf. nécessaire]. Considérant la Biscaye et le Guipuscoa comme des « provinces traîtresses » pour ne s'être pas soumises avec le PNV au soulèvement, abolissant ce qu'elles réclamaient d'autonomie, alors que l'Alava et la Navarre gardèrent leurs petites polices autonomes et conservèrent leur autonomie fiscale.

Le franquisme[modifier | modifier le code]

Francisco Franco et Dwight D. Eisenhower à Madrid en 1959
Article détaillé : Franquisme.

Dans l'intention de rendre homogène l'hétérogène Espagne, le régime de Franco introduit des lois sévères à l'encontre de la diversité culturelle et linguistique qui la composent. Sous la devise "Espagne, Une, Grande et Libre", il prohiba toute manifestation culturelle autre que celle que le régime considérait comme officielle, interdisant l'usage publique des langues autres que le castillan[réf. nécessaire] et réduit la culture à quelques manifestations folkloriques. L'euskara fut réprimé par l'interdiction de son usage publique et de son enseignement.

Cependant, et en dépit de l'aide d'une partie de ces régions durant la guerre civile au parti franquiste, il y eut – économiquement – des appuis d'une partie du régime dictatorial aux industriels du Pays basque, au détriment des régions du centre et du Sud de l'Espagne. Le Pays basque devint ainsi une des zones les plus attractives de l'État et attira ainsi une forte émigration des autres zones espagnoles. Les grandes entreprises relevant de l'État eurent leurs origines en Euzkadi et beaucoup d'entre elles y maintiennent toujours leurs bases.

La lutte contre la dictature, au côté de la répression culturelle subie et aux atrocités de l'après guerre donnèrent lieu à la création de l'ETA (Euskadi Ta Askatasuna (soit Euskadi et Liberté), organisation armée qui revendique l'indépendance de Euskal Herria. Cette organisation est rapidement infiltrée par des éléments révolutionnaires marxistes, et dès les années 1960 ETA prône un Pays Basque socialiste au moyen de la lutte armée. Tous les moyens doivent être déployés pour obtenir ce résultat, ce qui mène ETA à ouvrir différentes formes de lutte: lutte armée, front politique (création de partis révolutionnaires basques), front culturel.. Selon l'enseignement de Mao Zedong, ETA adopte à partir des années 1970 la stratégie du dédoublement: garder un contenu révolutionnaire marxiste tout en adoptant une forme externe nationaliste basque, afin d'agréer à sa lutte des Basques voulant libérer leur pays sans être forcément révolutionnaires.

La transition et l'autonomie[modifier | modifier le code]

La fin de l'ère franquiste signifia la fin de la suspension du régime autonome en Biscaye et au Guipuscoa, et la création d'une région autonome basque en Espagne, où, pour la première fois dans l'histoire, furent unies les trois provinces basques au sein de l'état espagnol. Bien que la Navarre ait eu l'occasion de s'unir à cette communauté autonome, elle ne le fit pas jusqu'à ce que soit tenues les élections pré-autonomistes où les forces qui pourraient être considérées comme continuatrices du régime foral navarrais au sein du régime espagnol trouvèrent les plus grands appuis.

Entre 1979 et 1983, le Pays basque, comme le reste de l'Espagne, a obtenu une autonomie limitée du gouvernement espagnol. Cette autonomie partielle inclut l'élection d'un parlement propre. Dans les faits, par le biais de l'approbation du statut d'autonomie du Pays basque en 1979, la Communauté autonome absorba les différents droits foraux des trois territoires historiques[réf. nécessaire].

En 1981, une importante scission au sein de l'ETA eut lieu : une grande partie de ses membres ne s'avèrent pas être réellement dans la ligne idéologique de l'organisation mais plutôt définis par leur opposition à Franco. Les autres considérèrent que les avancées démocratiques inadéquates ou insuffisantes et poursuivirent la lutte armée.

La fin de la dictature, la transition vers la démocratie et une grande partie de la période pleinement démocratique furent marquées dans le Pays basque par les actions de l'ETA jusqu'à ce qu'en 2006, elle déclare un cessez-le-feu permanent et soit disposée à établir des négociations avec le gouvernement espagnol pour sa dissolution totale, complétée par une normalisation politique et une intégration à la vie politique légale pour l'électorat basque (quelque 150 000 votants)[réf. nécessaire] en accord avec ses idées En marge de ces actions de terreur, un accord entre les nationalistes basques démocrates (PNV) et les socialistes permit la mise en application (partielle seulement) du statut d'autonomie: parlement et gouvernement basques, système éducatif basque, police autonome, autonomie fiscale et économique... Les nouvelles institutions autonomes s'attellent à un gigantesque travail de reconversion économique après l'écroulement des piliers traditionnels de l'économie basque : métallurgie et chantiers navals. Au début du XXIe siècle, cette reconversion vers une économie compétitive fondée sur la haute valeur ajoutée, est en passe de réussir.

Au XXI° siècle[modifier | modifier le code]

À la mort de Franco, le peuple basque refuse d'approuver la Constitution espagnole. Mais le PNV et le Parti Socialiste espagnol s'entendent pour adopter le statut de Gernika, accordant, sur le papier, une large autonomie à la Communauté Autonome basque (CAV) composée des provinces d'Alava, Biscaye et Gipuzkoa. Les élections depuis 1980 donnent systématiquement le leadership politique au PNV qui gouverne la CAV. UN Parlement basque, une administration basque, un système scolaire basque, une TV autonome, une police, une fiscalité autonome sont créés. En même temps le gouvernement basque doit gérer la terrible crise économique qui secoue la région avec la mort de la métallurgie, de la sidérurgie et des chantiers navals, piliers traditionnels de l'économie basque. La reconversion est une pleine réussite, et en 2007 la CAV connaît le plein emploi. Le musée Guggenheim de Bilbao illustre cette reconversion économique. Cette réussite est d'autant plus spectaculaire qu'elle s'effectue avec la violence etarra (assassinats, rackets, extorsion de fonds, menaces physiques et psychologiques) en toile de fond. En 2009, la droite et la gauche espagnoles s'unissent au parlement basque pour former un gouvernement basque pro-espagnol au détriment du PNV pourtant arrivé en tête aux élections.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Les Basques: données génétiques actuelles et applications dans le domaine de l’hématologie par Frédéric Bauduer.
  2. Jean-Louis Davant (préf. Lorea Uribe Etxebarria), Histoire du peuple basque, Bayonne; Donostia, Elkar argitaletxea, coll. « Collection Histoire »,‎ octobre 2009, 11e éd. (1re éd. 1970), 352 p. (ISBN 9788497835480 et 8497835484, OCLC 49422842)
  3. Les Premiers Hommes du Sud-Ouest, Marc Large, Éditions Cairn, préface de Jacques Blot (archéologue), 2006
  4. Article des "Noticias de Alava".
  5. Source :Auñamendi Eusko Entziklopedia (ISBN 84-7025-147-3)
  6. a et b Se référer à : Auñamendi Eusko Entziklopedia (ISBN 84-7025-147-3).
  7. Brève biographie de Zumalacárregui [1] (en espagnol).
  8. L'holocauste de Saint-Sébastien de 1813.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]