Histoire des Alpes-de-Haute-Provence

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L'histoire des Alpes-de-Haute-Provence est très ancienne puisqu'on trouve dans les Gorges du Verdon des traces d'habitats, une partie des objets découverts est actuellement exposée au musée de Quinson. Les premiers documents écrits, bien que fragmentaires, remontent à l'Antiquité ; les connaissances s'affinent lorsque apparaissent les registres communaux à partir du XVIe siècle.

Sommaire

Préhistoire [modifier]

Antiquité [modifier]

Le terroir pauvre et le terrain difficile expliquent le peuplement tardif de la région[1]. Durant l'âge du fer, treize tribus celto-ligure vivaient dans cette région. Parmi elles, les Ésubiens (dans la vallée de l'Ubaye), les Bodiontici (vers Digne) ou les Suetrii (région de Castellane). Ces tribus formaient une confédération. Leur religion et leur organisation sociale étaient celtes. Le noms et la localisation de ces tribus sont à prendre avec précaution en l'état actuel des connaissances.

Cette confédération se modernisa et se cultiva grâce aux contacts commerciaux avec les Grecs de Massalia[réf. nécessaire]. Les contacts avec les Romains furent quant à eux plus violents (massacre d'une légion romaine par les Ésubiens dans la vallée de l’Ubaye, expédition punitive des Romains ensuite, au début du IIe siècle av. J.-C.). La région est laissée de côté par César, avant d’être soumise par Auguste. Les autochtones se romanisèrent petit à petit, des colonies romaines s'implantèrent (Segustero par exemple), si bien que la culture celto-ligure originelle finit par disparaître. La province de Narbonnaise s’étend du Rhône jusqu’à la Durance, et au nord jusqu’au confluent de la Bléone ; les vallées de l’Ubaye, du Verdon et du Var relèvent du royaume de Suse, puis sont réparties entre la province des Alpes cottiennes et celle des Alpes-Maritimes ; un secteur autour de Digne, avec les Monges et Seyne, est distinct de ces territoires jusqu’à l’annexion aux Alpes-Maritimes[2].

Les noms de nombre de ces tribus vaincus par l’Empire romain figurent sur le Trophée des Alpes élevé par l'empereur Auguste à La Turbie.

Lors de la réorganisation de l’Empire romain par Dioclétien à la fin du IIIe siècle, l’ouest du département est rattaché à la Narbonnensis, démembrement de l’ancienne Narbonnaise. L’est (vallées de l’Ubaye, du Var, du Verdon) reste dans celle des Alpes-Maritimes

C'est vers la fin de l'Empire que la région fut christianisée, et des évêchés s'implantèrent à Glandèves (actuellement Entrevaux), Senez, Riez, Sisteron. Les évêchés de Thorame et Castellane furent éphémères. Le préfet des Gaules Dardanus, chrétien et ami de saint Augustin, se retira avec sa famille et 150 volontaires dans la région de Saint-Geniez et fonda La Cité de Dieu (comme en témoigne la Pierre écrite du défilé[1]).

Moyen Âge [modifier]

Haut Moyen Âge [modifier]

La région resta à l’écart des invasions barbares qui dévastèrent le reste de l'Empire romain d'Occident au Ve siècle après J.-C. Mais Arles prise par les Wisigoths en 472 et l’empereur d’Occident déposé sans remplaçant en 476, le territoire au Sud et à l’Est de la Durance échoit aux Wisigoths. Au Nord et à l’Ouest de ce fleuve frontière, ce sont les Burgondes qui s’installent, puis occupent le sud de la Provence à la mort du Wisigoth Euric en 483[3]. Les Ostrogoths s’emparent ensuite brièvement de la Provence, avant de la céder aux Francs en 507[4]. La Provence est ensuite fréquemment partagée jusqu’à la fin du VIe siècle à chaque partage suivant la mort de chaque roi franc. Au VIIe siècle, la Provence est gouvernée par un patrice, pratiquement autonome. Sous Charlemagne, elle est fréquemment visitée par les missi dominici[3].

Le territoire du département est ravagé par les Saxons et les Lombards de 569 à 575, malgré la victoire que le patrice Mummole remporte sur eux à Estoublon en 572.

Au VIIIe siècle, les Sarrasins écumèrent la région, détruisant Riez, Salinae (Castellane), pillant les autres villes importantes comme Sisteron ou Dinia. Des monastères furent détruits. La région se dépeupla. Les raids sarrasins continuèrent par intermittence jusqu'au Xe siècle au départ du Var (Saint-Tropez, Port-Grimaud)

Après la fin des raids musulmans, la prospérité revint dans la Haute-Provence, la population augmenta et le commerce reprit. Boson Ier, de la maison de Bourgogne et d'origine franque, se proclama roi de Provence et roi d'Arles. Sous son successeur Boson II naquit le comté de Provence.

Le marquisat de Provence [modifier]

Lorsque le comte Boson II au Xe siècle divisa son fief entre ses deux fils Guillaume et Rotbaus, le second reçut une part composée d'une partie des Alpes-de-Haute-Provence (nord de la Basse Durance) et d'une partie du Dauphiné, appelée le marquisat de Provence.

Ce marquisat passa en 1037 par le mariage d'Emme, fille du comte de Provence sous le contrôle du comte de Toulouse, Guillaume III Taillefer. Ses descendants Raymond V (1148-1194), Raymond VI (1194-1222) et Raymond VII (1222-1249) frappèrent à Pont-de-Sorgues une petite monnaie appelée Raimondin de Provence. Après l'éviction de l'hérésie cathare et la fin de la croisade en Languedoc, par le traité de Paris en 1229, Raymond VII devait céder le marquisat au Saint-Siège. Frédéric II (1197-1250) s'y opposa. La papauté entra en possession du marquisat de Provence en 1274.

Les comtes de Provence [modifier]

Le 3 février 1112, le comte Raimond-Bérenger III de Barcelone épousa Douce de Gévaudan, comtesse de Provence et prit le titre de comte de Provence sous le nom de Raimond-Bérenger Ier.

En 1231, Raimond Bérenger IV de Provence, donna l'autorisation aux bourgs de Saint-Pons et de Faucon, dans la vallée de l'Ubaye, d'établir une nouvelle cité à mi-chemin entre les deux : ce fut la naissance de Barcelonnette.

En 1245, après la mort de Raymond Bérenger IV, le mariage de sa fille Béatrice avec le roi de Sicile, Charles d’Anjou, frère de saint Louis fit passer le comté de Provence sous la coupe de la maison angevine. En janvier 1277, Charles d’Anjou ayant racheté, moyennant une rente annuelle de quatre mille livres tournois, à Marie d’Antioche ses droits au trône, devint roi de Jérusalem, titre qui resta plus ou moins dans la famille jusqu'au roi René d'Anjou.

XVIe-XVIIe siècles [modifier]

Le territoire de l'actuel département est envahi en décembre 1746, lors de la guerre de Succession d'Autriche. Après la défaite de Plaisance, le maréchal de Maillebois abandonne l’Italie du Nord et se replie derrière le Var. Il est remplacé par le maréchal de Belle-Isle, qui reconduit les Austro-Sardes en Italie.

À la veille de la Révolution française, l’actuel territoire des Alpes-de-Haute-Provence appartient à la Provence. Il est divisé entre les vigueries de Barcelonnette, Seyne, Sisteron, Digne, Barrême, Colmars, Castellane, Moustiers et Forcalquier. Il est également partagé entre plusieurs évêchés : diocèse d'Embrun, diocèse de Glandèves, diocèse de Senez, diocèse de Riez, diocèse de Digne, diocèse de Sisteron ; quelques paroisses dépendent de l’évêché de Gap, de l’évêché d’Aix et de l’évêché d’Apt[5].

Il est très pauvre : entièrement défriché, il ne produit que 3 à 8 quintaux à l’hectare[6] ; il ne compte que trois villes de plus de 3000 habitants, Digne, Sisteron et Manosque.

Révolution française [modifier]

Prémices et États généraux [modifier]

Les députés aux États généraux sont élus en février et mars, en deux étapes, d’abord en délégation par paroisse, puis au siège de la sénéchaussée, à Forcalquier.

La crise de subsistances, qui enchérit le pain, provoquent plusieurs émeutes : en mars à Barcelonnette, Riez[7], le 26 à Soleilhas[8] ; en mars toujours, l’évêque de Sisteron est lapidé car il est soupçonné d’accaparement par la foule[9]. Plus largement, une vaste zone, comprenant la vallée de la Durance des Mées à Manosque et le plateau de Valensole est touchée par les troubles agraires de Basse-Provence en mars et avril[10]

La Grande Peur de l’été 1789 touche le département les 30 et 31 juillet. Des rumeurs de troupes de brigands (500 Piémontais, 4000 Parisiens) se propagent à grande vitesse et entraînent des réactions violentes qui touchent une grande partie de la population. Le courant principal est la « peur du Mâconnais », qui arrive par Die et Gap et touche Tallard et Sisteron le 30 juillet. Le lendemain, ce sont Seyne, Digne, Barrême, Castellane, Moustiers et Riez d’un côté, et Forcalquier de l’autre, qui sont touchés. Un courant secondaire atteint Embrun et Barcelonnette les mêmes jours[10]. Dans la vallée de l’Ubaye, c’est un autre courant qui se propage : les bandes menaçantes sont constituées cette fois de Piémontais[10]. Les communes de Moustiers, Castellane, Riez, Digne, Seyne, Puimoisson, Vinon, s’organisent, s’arment, se communiquent leurs informations, inquiétantes ou rassurantes : un réseau de solidarité se constitue, la Peur ne provoque pas la fuite, mais la résistance armée. Son commandement est confié aux élites traditionnelles, et elle ne combat pas ; mais elle inquiète le Parlement, et ne se dissout pas quand les rumeurs s’évanouissent[11].

Création du département [modifier]

Elle se fait progressivement et en concertation avec les communautés concernées. La Constituante part sur l’idée de diviser la Provence en trois départements, dont un au Nord. Le 7 février, les chef-lieux de district sont fixés à Forcalquier, Digne, Castellane, Barcelonnette et Sisteron. Quelques arrangements et échanges de communes ont lieu avec le département du Bas-Dauphiné (future Isère). Seize cantons sont prévus en mars, le canton de Moustiers pouvant se rattacher au district qu’il préfère. Les paroisses de Bras-d'Asse, Saint-Julien-d'Asse, Les Dourbes et Entrages peuvent choisir le canton qui leur convient le mieux[12]. Les cinq chef-lieux de district sont : Barcelonnette, Castellane, Digne, Forcalquier et Sisteron.

Les critiques locales portent sur le déséquilibre entre les deux départements du Sud de la Provence (futurs Bouches-du-Rhône et Var), plus riches et peuplés, et celui du Nord, qui de plus n’a pas d’accès direct à la mer[13]. Certaines villes veulent compenser une perte et obtenir le siège d’un chef-lieu de district : Annot et Moustiers (qui perdent leur viguerie), et Riez (qui perd son évêché)[14]. Le département est néanmoins créé proche du projet initial.

Une fois créé, il perd deux cantons : le canton de Sault (24 août 1793), rattaché au Vaucluse à sa demande ; et le canton de Barcillonnette, rattaché aux Hautes-Alpes en janvier 1810[14]. De nombreux cantons sont progressivement supprimés, leur existence apparaissant moins justifiée : le département passe de 45 cantons (projet de 1790) à 30 en 1810[15].

Le département est un de ceux où la population soutient le plus la Révolution : outre le nombre de clubs politiques(deux communes sur trois ont une société populaire), 84 % des prêtres acceptent de prêter serment à la constitution civile du clergé[16].

Le département sous la Législative [modifier]

De 1791 à 1793, les 5 districts (Sisteron, Barcelonnette, Castellane, Digne et Forcalquier) du département des Basses-Alpes fournirent 6 bataillons de volontaires nationaux.
En septembre 1792, un bataillon de grenadiers est levé[17] ; bientôt, de nouvelles troupes sont levées en mars 1793, pour sauver la patrie en danger.

En avril, Barras et Fréron sont envoyés en mission. Leur action entraîne en mai une réaction des administrateurs du département, qui se plaignent à la Convention.

La Convention nationale et la Terreur [modifier]

En janvier 1793, le général Peyron mène un coup de main sur Digne, en menant une troupe de sans-culottes marseillais.

Du 21 au 26 juin, le col de Larche est attaqué par les Piémontais, et victorieusement défendu par le général Rossi. Le 13 août, les députés Ricord et Robespierre, en mission auprès de l’armée d'Italie, sont attaqués à Manosque, dont ils sont chassés avant de reprendre quelques jours plus tard le contrôle avec l’appui des républicains du secteur.

Le député Dherbez-Latour est envoyé en mission en septembre 1793 : il épure l’administration départementale le 29 novembre[18]. Au printemps 1794, il est en tournée dans le département et convertit plusieurs églises en Temples de la Raison.

Après Thermidor, l’envoyé en mission Gauthier épure à nouveau l’administration en janvier 1795.

Le Directoire [modifier]

En janvier et février 1796, des émeutes ont lieu à Moustiers et Oraison : le général Peyron assure la répression. Les royalistes entretiennent l’insécurité en février et mars 1797, en assassinant les républicains à Oraison, Digne-les-Bains et Sisteron.

Époque contemporaine [modifier]

XIXe siècle [modifier]

Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes autrichiennes et piémontaises de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).

Après un pic démographique en 1851, le département des Basses-Alpes se dépeuple à cause d'un exode rural massif. À l'écart des révolutions industrielles, le département a conservé sa ruralité.

Un exode rural massif [modifier]

Article connexe : Exode rural en France.

Après une croissance économique et démographique importante au XVIIIe siècle, le département s'est retrouvé surpeuplé au début du XIXe siècle, atteignant un maximum de plus de 150 000 habitants vers 1850. L'activité économique tournait essentiellement autour d'une agriculture vivrière méditerranéenne dans les plus basses vallées, montagnarde ailleurs (élevage, transhumance), généralement pauvre. C'est à partir de la seconde moitié du XIXe siècle que le département a commencé à se dépeupler, avec de nombreux départs vers les villes, plus prospères, ou vers le Mexique pour les habitants de la vallée de l'Ubaye. Après la Première Guerre mondiale qui fait de nombreuses victimes dans la population masculine partie au front, certains villages sont vidés de leurs habitants tandis que les autres voient leur population fortement réduite. Le nombre de communes chute rapidement, de 250 communes en 1900, il n'en reste aujourd'hui que 200.

Événements remarquables [modifier]

En 1834, le département est frappé par l'épidémie de choléra qui ravage toute la Provence. En décembre 1851, à la suite du coup d’État de Napoléon III, une insurrection républicaine prend Digne et l'envoi d'une troupe loyaliste ne suffit pas à ramener l'ordre. La défaite des insurrections dans d'autres départements et l'isolement des insurgés qui s'ensuit entraîne la dispersion de la rébellion, mais de nombreuses personnes sont arrêtées durant la répression qui suit cet épisode.

Première Guerre mondiale [modifier]

Située loin du front, donc zone calme, et disposant de ressources naturelles, le département est aménagé en zone d’arrières :

  • une usine est construite à Saint-Auban, sur la voie ferrée, pour produire du chlore militaire, utilisé comme arme chimique ;
  • des hôpitaux sont installés un peu partou. Le lycée Gassendi de Digne est transformé en caserne[19].

Années 1920 et 1930 [modifier]

Comptant une zone frontalière avec l'Italie, le département connait à la fin des années 1920 et durant les années 1930 de nombreux travaux ayant pour but de développer un système défensif pour parer à une éventuelle invasion, avec la construction de nombreux ouvrages et la réhabilitation des plus anciens. À l'instar des autres départements frontaliers de l'Italie, les Basses-Alpes voient la construction de la ligne Maginot des Alpes, et ce notamment dans la vallée de l'Ubaye.

Seconde Guerre mondiale [modifier]

Les camps d’internement [modifier]

Article détaillé : Camp d'internement français.

Dès le 5 septembre, des annonces officielles dans la presse et des affiches demandent aux étrangers « sujets ennemis » (qu’ils soient neutres politiquement ou réfugiés antinazis) de se rendre dans un camp d’internement pour étrangers. Dans le département, il est implanté aux Mées[20]. Par la suite, d’autres « camps » sont ouverts, qui sont en fait plus des « centres » d’internement, utilisant des bâtiments disponibles : à Forcalquier dans une ancienne prison, à Manosque au cinéma Femina-Variétés (ces deux camps sont des annexes du camp des Milles), aux Mées dans un bâtiment industriel prêté par son propriétaire, etc.[21].

De par sa situation reculée, éloignée des zones peuplées, et son faible peuplement, le département est choisi pour accueillir de nombreuses structures de détention plus ou moins contraintes[22] :

Combats de 1940 [modifier]

Si dans le nord et l'est, la ligne Maginot a été largement contournée par les forces allemandes, elle a joué pleinement son rôle en juin 1940 face aux armées italiennes. L'offensive menée à travers les Alpes, et notamment vers la vallée de l'Ubaye a été brisée par les troupes alpines.

Article détaillé : Bataille des Alpes.

L’Occupation et la Résistance [modifier]

À la suite de l'armistice de juin 1940, le département est d’abord situé en zone libre, avant de faire partie des départements occupés par l’Italie de novembre 1942 à septembre 1943[23], avant d’être occupés par l’Allemagne nazie. Le relief, la végétation et la faible densité de population ont permis à de nombreux maquis de se développer : les FFI comptaient entre 2000 et 5000 hommes en armes en juin 1944[24]. Les vallées de l’Asse et du Verdon sont le théâtre d'affrontements meurtriers et d’actes de résistance.

Les sabotages commencent fin 1943. Le 11 novembre, les FTP sabotent une quarantaine de poteaux électriques et téléphoniques dans le centre et le sud-est du département[25]

La Libération [modifier]

La libération du département s'inscrit dans un mouvement vers le nord, le long de la route Napoléon, puis vers l'ouest, en direction de Crest (Drôme), qui vise ainsi à couper la retraite de l'armée allemande stationnée en Provence[26].

Le Plan faisceau est élaboré pour atteindre Grenoble au plus vite et profiter des routes alpines neutralisées par la Résistance, immédiatement après le débarquement de Provence[27]. Trois divisions sont placées sous le commandement du général Truscott : les 45e, 3e et 36e DI et s’organisent à Vidauban[27]. Castellane est libérée le 17 août 1944 par la 5e compagnie des FTPF, quelques heures avant l'arrivée de la 36e division d'infanterie US[28],[29].

La 36e DI est regroupée sous les ordres du général Butler au nord du Muy[30]. Le 17 août, elle part vers le nord, en empruntant l’itinéraire Salernes-Riez-Oraison[31]. Après quelques combats à Draguignan, la colonne fonce vers le nord. Riez est atteinte la nuit du 18[30]. Là, Butler divise ses forces en deux :

  • une colonne prend la route de Valensole pour rejoindre la vallée de la Durance à Oraison, puis remonter vers le nord et Sisteron. Elle doit faire jonction avec des éléments qui se battent pour franchir la Durance à Mirabeau pour remonter vers le nord et Apt[32] ;
  • une autre colonne part vers l’est et Mézel : par la RN 85[32], elle atteint Digne le 19[26],[32].

Sisteron est libéré le même jour par une colonne de la force Butler[26],[32], rejointe par le 143e régiment d’infanterie US, qui a emprunté la RN 96, contrôlée par les Jedburghs Nitrogène et Graham renforcés par des FFI (3 000 hommes au total)[33].

La plus grande partie du département est ainsi libérée à la fin d’août 1944. Alors qu’un détachement allemand s’installe à Apt pour protéger un itinéraire de retraite vers l’Italie, les maquis des Basses-Alpes sont appelés pour renforcer l’US Army et faire sauter ce verrou[26]. Une partie de l'armée allemande s'est retirée vers les cols alpins, et la vallée de l’Ubaye est en partie occupée lorsque survient l'hiver. Les Allemands se sont retranchés dans les forts autour du col de Larche. La libération de la vallée ne survient qu’en avril 1945 grâce à l'action des troupes alpines et des FFI enrôlés dans le 1er régiment bas-alpin,[34] soutenus par l’armée américaine.

Le pouvoir civil est détenu par le CDL, présidé par Joseph Fontaine et Paul Meyer, jusqu’à la nomination du nouveau préfet, Orliac[26].

Articles connexes [modifier]

Sources [modifier]

Notes [modifier]

  1. Raymond Collier, in Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 p. (non-paginé) (ISBN 2-7399-5004-7)
  2. Guy Barruol, carte 33 « Le midi de la Gaule sous le Haut-Empire », in Baratier, Duby & Hildesheimer, Atlas historique de la Provence, et commentaire
  3. a et b Raymond Boyer, carte 35 « La Provence après la chute de l’Empire romain », in Baratier, Duby & Hildesheimer, Atlas historique de la Provence, et commentaire
  4. Michel de La Torre, Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, Paris, Deslogis-Lacoste, coll. « Villes et villages de France », 1989, Relié, 72 p. (non-paginé) (ISBN 2-7399-5004-7)
  5. Jean Gires, « L’ancien évêché de Digne », in Chroniques de Haute-Provence, Bulletin de la Société scientifique littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, tome LIII, no 294, 1982, p 41
  6. Patrice Alphand, la Haute-Provence en 1789, La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 23
  7. La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 11
  8. Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires», La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 296-298
  9. La Révolution dans les Basses-Alpes, p 14
  10. a, b et c Michel Vovelle, « carte 154 : Les Troubles de Provence en 1789 », in Baratier, Duby & Hildesheimer, op. cit.
  11. S. Varcin, « Moustiers et la Grande peur », La Révolution dans les Basses-Alpes, p 38-42
  12. Jean-Bernard Lacroix, « Naissance du département », La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 106
  13. Jean-Bernard Lacroix, p 108
  14. a et b Jean-Bernard Lacroix, p 110
  15. Jean-Bernard Lacroix, p 112-113
  16. Albert Ceccarelli, La Révolution..., p 30
  17. La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 17
  18. 'La Révolution dans les Basses-Alpes, p 18
  19. « Le collège Gassendi fête ses 125 ans », Alpes-de-Haute-Provence, no 106, octobre 2012, p. 13
  20. Jacqueline Ribot-Sarfati, « Camps d'internement et de déportation des juifs dans les Basses-Alpes, de la guerre aux occupations italienne et allemande (1939-1944) », , in Robert Mencherini (directeur), Provence-Auschwitz : de l'internement des étrangers à la déportation des juifs (1939-1944), Aix-en-Provence : Publications de l'Université de Provence, 2007. ISBN 978-2-85399-693-8, p. 235
  21. Ribot-Sarfati, op. cit., p. 236
  22. Ribot-Sarfati, op. cit., p. 289
  23. Stéphane Simonnet, Atlas de la Libération de la France, éd. Autrement, Paris, 1994, réimp. 2004 (ISBN 2-7467-0495-1) , p 60
  24. Stéphane Simonnet, p 40
  25. Jean Garcin, « La résistance armée », Basses-Alpes 39-45, no 7, juillet 2004, p. 5
  26. a, b, c, d et e Jean Garcin, La résistance..., op. cit., p. 5
  27. a et b Henri Julien, op. cit., p. 79
  28. Stéphane Simonnet, op. cit., p 33
  29. Henri Julien (directeur de publication), Guide du débarquement de Provence, 15 août 1944, Digne-les-Bains, Éditions de Haute-Provence, 1994, ISBN 2-909800-68-7, p.42-43
  30. a et b Henri Julien, op. cit., p. 125
  31. Henri Julien, op. cit., p. 80
  32. a, b, c et d Henri Julien, op. cit., p. 126
  33. Henri Julien, op. cit., p. 250
  34. Jean Garcin, La résistance..., op. cit., p. 6