Histoire des îles Turques-et-Caïques

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Cet article retrace les points notables de l'Histoire des îles Turques-et-Caïques.

Histoire pré-colombienne[modifier | modifier le code]

Les premiers habitants des Îles Turques-et-Caïques étaient des Amérindiens, les Arawaks, qui, au cours des siècles, ont été graduellement remplacés par les guerriers caraïbes.

Le premier Européen à découvrir les îles fut le conquérant espagnol Juan Ponce de León en 1512. Néanmoins, certains historiens affirment que Guanahani, le nom indigène de San Salvador sur laquelle débarqua Christophe Colomb en 1492, était en réalité Grand Turk ou East Caicos.

Les Espagnols pratiquèrent la traite des esclaves sur les populations Caraïbes de ces îles, tant et si bien qu'un an après leur découverte, elles étaient quasiment dépeuplées.

Histoire coloniale[modifier | modifier le code]

Pendant les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècle, les îles changèrent régulièrement de main, passant de l'Espagne à la France puis au Royaume-Uni, sans qu'aucune de ces puissances ne tente vraiment de coloniser ces îles.

De 1690 à 1720 environ, les îles servirent de refuge à des pirates qui attaquaient les gallions en route vers l'Espagne et venant de Cuba, Hispaniola, et des possessions espagnoles d'Amérique centrale et du Pérou.

La colonisation de ces îles commence réellement en 1681, quand les collecteurs de sel des Bermudes ont établi le premier établissement permanent sur l'île de Grand Turk. Les collecteurs de sel ont été attirés par les eaux peu profondes autour de ces îles, ce qui rendait l'extraction du sel plus facile qu'aux Bermudes. Leur arrivée établira durablement la présence britannique dans l'archipel. De nombreux arbres furent alors plantés afin de retenir les précipitations qui rendaient le travail du sel plus difficile dans les exploitations. La majeure partie du sel extrait des îles Turques et Caïques a été envoyée à Terre-Neuve pour conserver la morue.

L'industrie agricole y prit naissance vers la fin des années 1780 après que 40 familles loyalistes britanniques, chassées par la révolution américaine, principalement de la Géorgie et de Caroline du Sud s'y établirent. De grandes concessions leur furent accordées par le gouvernement britannique pour compenser les terres perdues des colonies américaines. Les colons y importèrent des milliers d'esclaves afin de pratiquer la culture du coton.

Au printemps 1783, dans les derniers mois de la guerre d'indépendance des États-Unis, une force française de 400 hommes - commandée par le marquis de Grasse-Briançon - capture l'île de Grand Turk. Une tentative britannique pour reprendre le contrôle de l'île échoue. L'île est finalement rétrocédée après la signature du Traité de Paris, qui est formellement ratifié plus tard en 1783[1].

Cette culture réussit fort bien au début, mais déclina avec le temps, notamment à cause des ouragans et des parasites détruisant les récoltes. Quelques propriétaires se convertirent à l'exploitation du sel, mais, peu à peu, les loyalistes originaux quittèrent l'île, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus aucun vers 1820. Leurs anciens esclaves restés sur l'île adoptèrent alors un mode de vie de pêcheurs ou de chasseurs-cueilleurs.

Les Bermudes passèrent une grande partie du XVIIIe siècle dans une dispute juridique avec les Bahamas (qui elles-mêmes avaient été colonisées par les habitants des Bermudes) à propos des îles Turques et de leur souveraineté. En effet, en vertu de la loi britannique, aucune colonie ne pouvait avoir de colonies propres. Les îles Turques n'avaient été identifiées par la Grande-Bretagne ni comme colonie, ni comme territoire des Bermudes. Le gouvernement britannique trancha finalement en faveur des Bahamas, et de nombreux Bermudiens abandonnèrent alors leurs activités saisonnières sur l'île.

Les îles sont restées une région des Bahamas jusqu'en 1848, date à laquelle elles devinrent une colonie séparée sous l'autorité du gouverneur de la Jamaïque à la demande de ses habitants. En 1873, en raison de leur coût, les îles Turques-et-Caïques sont annexées par la Jamaïque mais disposent d'un commissaire et d'un conseil législatif.

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

Les îles restèrent une dépendance de la Jamaïque jusqu'en 1959, date à laquelle elles devinrent autonomes avec leur propre administration, bien que le gouverneur de la Jamaïque soit resté le gouverneur des îles. Lorsque la Jamaïque accéda à l'indépendance en août 1962, les îles Turques et Caïques devinrent une colonie de la couronne. De 1965 à 1973, le gouverneur des Bahamas fut également le gouverneur des îles Turques et Caïques. Quand les Bahamas accédèrent à l'indépendance en 1973, les îles eurent leur propre gouverneur et devinrent un territoire britannique d'outre-mer.

L'industrie du sel, bien que complétée par de petites exportations d'éponge et de chanvre, a longtemps été la seule ressource des îles Turques et Caïques. Jusqu'à ce que, dans les années 1960, des investisseurs américains s'intéressent aux îles. Ils construisirent une piste d'atterrissage sur l'île de Providenciales en 1968 ainsi que le premier hôtel de l'archipel, The Third Turtle.

Quelques touristes commencèrent à venir, complétant l'économie du sel. Le Club Med s'installa peu après à Grace Bay. Dans les années 1980, le Club Méditerranée finança l'extension de la piste d'atterrissage afin qu'elle accepte les gros porteurs. Depuis lors, le tourisme est en augmentation constante.

En 1980, le parti indépendantiste au pouvoir, le People's Democratic Movement, passa un accord avec le gouvernement britannique afin que l'indépendance soit accordée en 1982 si le People's Democratic Movement était victorieux lors des élections de 1982. Celui-ci perdit les élections contre le Progressive National Party, parti pro-britannique. Le Progressive National Party gagna également les élections de 1984, puis celles de 1986.

Néanmoins, le 24 juillet 1986, le gouvernement est dissout par le gouverneur et est remplacé par un conseil consultatif en raison des fraudes électorales et des incendies criminels perpétrés par le Progressive National Party.

Une nouvelle constitution pour les îles Turques-et-Caïques est alors élaborée et de nouvelles élections sont organisées en 1988 et sont remportées par le Progressive National Party.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Black 2006, p. 182

Source[modifier | modifier le code]