Histoire de la démocratie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'histoire de la démocratie remonte à l'Antiquité. Le concept de démocratie est sujet à controverse, et a connu des définitions et des applications très différentes suivant les époques.

Les origines[modifier | modifier le code]

Selon l'historien congolais Didier Moe Loembe Tchikambou, le grec Solon est le premier législateur et le père de la démocratie européenne, mais en ce qui concerne les premières traces de la démocratie sur terre, c'est au cours de son voyage en Égypte qu'il a connu pour la première fois cette notion d'égalité entre les êtres humains. Il ajouta, c'est durant son apprentissage que le premier législateur européen " Solon d'Athènes, 640 à 558 avant J-C " a lu des documents qui parlait de la Démocratie et du Droit de Greve :

  • Sur une inscription datant du règne de la VIème dynastie il est écrit à propos du peuple qui ne supportaient plus que le parlement continue à augmenter l'impôt, et demanda la compréhension du pharaon, qui donna des instructions à son ministre de finance : ( Ma Majesté ordonna de ne pas lever l'impôt ).
  • Sur le papyrus judiciaire de Turin, datant de l'époque de Ramsès III, on parle d'une procédure juridique.
  • Sur une autre inscription datant toujours du règne de Ramsès III, les artisans de Deir el Medinah s'apprêtaient à faire grève pour réclamer leur salaire et des bonnes conditions de travail.

Sumer[modifier | modifier le code]

Les villes-états sumériennes sont considérées comme les premières formes de démocratie. Avec le temps elles se sont transformées en monarchies.

L'Inde ancienne[modifier | modifier le code]

L'une des premières civilisations démocratiques a été identifiée dans des républiques de l'Inde ancienne, aux environs du VIe siècle av. J.-C.. Parmi ces républiques (Mahajanapadas) l'État de Vaishali fut la première république.

Les systèmes démocratiques utilisés dans ces républiques : Sangha, Gana (en) et Anchayat (ce dernier encore utilisé dans des villages en Inde).

Sous Alexandre le Grand (IVe siècle av. J.-C.) les Grecs ont écrit que les États de Sabarcae et Sambasrai (actuellement Pakistan et Afghanistan) avaient "une forme de gouvernement démocratique".

L'arrivée au pouvoir de Gopala (Pala king) par une élection démocratique a été rapportée par l'historien tibétain Taranath.

L'Antiquité méditerranéenne[modifier | modifier le code]

La démocratie prend ses racines principales dans les réformes engagées autour de la cité d'Athènes dans la Grèce antique autour du Ve siècle avant J.-C. Bien que la démocratie athénienne soit aujourd'hui considérée comme ayant été une forme de démocratie directe, elle faisait coïncider deux organisations politiques très différentes :

  • une Boulè regroupant environ 500 citoyens tirés au sort, chargés de recueillir les propositions de loi présentées par les citoyens, puis de préparer les projets de loi ;
  • d'autre part, l'assemblée des citoyens (Ecclésia), exemple type de la démocratie directe.

Tous les citoyens athéniens avaient le droit de prendre la parole et de voter à l'Ecclésia, où étaient votées les lois de la cité, mais aucun droit politique ni citoyenneté n'était accordé aux femmes, aux esclaves, aux métèques : des 250 000 habitants d'Athènes, seuls 40 000 environ étaient citoyens et, sur ces 40 000, tous les hommes riches (tous les citoyens de la première et deuxième classes, environ 5 000) et la plupart des thètes (citoyens de la quatrième classe, environ 21 000) participaient aux réunions de l'Ecclesia. Seuls les citoyens de la deuxième classe ont souvent envoyé une autre personne aux réunions.

La République romaine organisait des élections mais, là encore, les femmes, les esclaves et une large partie de la population étrangère en étaient exclus. Le vote des riches avait plus de poids et la plupart des plus hautes fonctions étaient attribuées à quelques familles nobles. Les offices n'étaient pas rémunérés et il était important d'être riche pour se prémunir de la corruption[réf. nécessaire].

Les villes phéniciennes, comme Tyr, Sidon, Byblos…, avaient des traces de démocratie, des conseillers élus par les citoyens, proposaient des nouvelles lois au roi.[réf. nécessaire]

Certaines sociétés tribales réduites (entre 20 et 50 personnes), comme les Aborigènes d'Australie, n'avaient pas de chef et prenaient des décisions par consensus au sein de la majorité.[réf. nécessaire]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, de nombreux systèmes sont fondés sur les élections et/ou une Assemblée, comme l'élection du Gopola au Bengale, la Communauté Lituano-polonaise, l'Althing islandaise, le Veche dans les pays slaves, les Things scandinaves, et la cité marchande autonome de Sakai au Japon (XVIe siècle). Pour autant, ces systèmes dans lesquels la participation demeure souvent réservée à une minorité, pourraient tout aussi bien être qualifiés d'oligarchies. La grande majorité des régions dans le monde du Moyen Âge sont gouvernées par une seigneurie, suivant un principe féodal, lequel commence au XIIe siècle à inclure des poches de système communal.

Le Parlement anglais nait avec les restrictions du pouvoir royal mises en place dans la Magna Carta. Le premier parlement élu est le Parlement de Montfort en Angleterre en 1265. Là encore seule une petite minorité dispose d'une voix : le Parlement est élu par quelques pour cent de la population (moins de 3 % en 1780[réf. souhaitée]), et le système présente des dispositions problématiques, telles que les municipalités corrompues. La convocation du Parlement dépend du bon vouloir du roi ou de la reine (le plus souvent lorsque celui ou celle-ci a besoin d'argent).

De nombreuses régions aux frontières des grands États conservent un fonctionnement démocratique. Entre France et Espagne se tiennent ainsi les républiques pyrénéennes.


Émergence de la démocratie dans les gouvernements modernes[modifier | modifier le code]

Avant le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

L'humanisme de la Renaissance fut un mouvement culturel en Europe, qui commença en Italie (particulièrement Florence) dans les dernières décennies du XIVe siècle. Les philosophes humanistes recherchèrent les principes sur lesquels la société pourrait être organisée, en opposition à la concentration du pouvoir par l'Église ou les monarques.

Quelques développements limités de la démocratie eurent lieu :

  • introduction de l'idée que les détenteurs du pouvoir sont responsables devant un électorat : Simon V de Montfort appela les propriétaires terriens à voter

aux élections anglaises de 1265 (De Montfort's Parliament (en)).

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1755, la République corse est conduite par Pascal Paoli avec la Constitution corse. Dans les années 1760 à 1790 les américains développent et appliquent le concept de Républicanisme, base de la Révolution américaine (Guerre d'indépendance des États-Unis). Les théoriciens du républicanisme opposaient alors ce régime au régime démocratique, qu'ils ne jugeaient pas souhaitables. En 1776 Déclaration des droits de l'État de Virginie (basée sur la Déclaration des droits anglaise). En 1789 ratification de la Constitution des États-Unis d'Amérique et de ses amendements (Déclaration des Droits (États-Unis)). Dans les années 1780 : développement de mouvements sociaux s'identifiant à la "démocratie". Au Benelux le sens à demi négatif de "démocratie" (regardé comme synonyme d'anarchie) fut interprété de façon plus positive comme opposé à l'aristocratie. La Constitution polonaise du 3 mai 1791 est largement reconnue comme la troisième plus ancienne du monde. En 1791, la Révolution haïtienne est la première, et la seule, révolution d'esclaves à établir une république. 1789-1799 : la Révolution française éclate. Dans les années 1790 : premier système de partis First Party System (en) aux États-Unis. Au début du XIXe siècle apparition des partis politiques en Europe et du vote.Les droits politiques sont alors étendus à de nouvelles classes sociales : de la santé, la propriété, le genre, la "race" ne sont plus des critères de sélection au droit de vote. Le suffrage devient alors universel

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le vote a bulletin secret est introduit en 1850 en australie puis en 1890 aux USA.

Les tendances contemporaines[modifier | modifier le code]

L'histoire contemporaine et les conflits actuels démontrent que la culture démocratique a rarement été suffisante pour entraîner une transition de la dictature vers la démocratie, en l'absence d'une tradition politique et d'une formation progressive des institutions.

Des démarches tentent une plus grande implication des citoyens dans la politique (démocratie participative) :

  • le conseil de quartier fait participer les habitants à certaines décisions concernant la vie de la cité : aménagement des voiries, enlèvement des ordures, équipements sportifs et culturels.
  • le budget participatif, inventé au Brésil, à Porto Alegre met une partie des finances municipales sous le contrôle des citoyens. Quelques communes françaises ont des "enveloppes de quartier".
  • grâce à Internet de nombreuses communes ont un site sur lequel il est parfois possible de s'adresser directement aux services techniques, participer à des forums, rédiger un magazine en ligne, etc. En France, un label national ville Internet peut être décerné.
  • le jury citoyen donne un avis consultatif sur une question d'intérêt général.
  • l'Observatoire des engagements tente de suivre les promesses (électorales) non tenues, qui accentuent la méfiance envers les politiques. L'observatoire recense les engagements pris et vérifie, chaque année, leur mise en œuvre. L'Adels (Association pour la démocratie et l'éducation locale et sociale recense les expériences de ce type.