Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain

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Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain
Auteur Edward Gibbon
Genre essai historique
Version originale
Titre original The History of the Decline and Fall of the Roman Empire
Éditeur original Strahan & Cadell
Langue originale Anglais
Pays d'origine Royaume-Uni
Date de parution originale 17761788
Version française
Traducteur François Pierre Guillaume Guizot
Éditeur Maradan
Date de parution 1812
Type de média 8 vol.

L’Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain est un ouvrage rédigé par l'historien britannique Edward Gibbon et originellement publié en anglais de 1776 à 1788 sous le titre de Decline and Fall of the Roman Empire.

Résumé[modifier | modifier le code]

Dans cet ouvrage encyclopédique s'étendant sur 6 volumes, Gibbon retrace l'histoire de la Rome antique entre 180 et 453 et s'attache à déterminer les causes de sa décadence.

Critiques[modifier | modifier le code]

L'ouvrage de Gibbon est le second à analyser la notion de « chute de l'Empire romain », après Montesquieu dans Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence ; cette expression a depuis été adoptée par de nombreux livres historiques et suggère parfois l'idée d'une faillite brutale du monde romain.

Selon Henri-Irénée Marrou dans Décadence romaine ou Antiquité Tardive ?, la fin de l'Empire romain aurait été une époque de renouvellement dans les domaines spirituels, politiques et artistiques, notamment avec la naissance du premier art byzantin et de l'art préroman. Pour Pierre Grimal, la « civilisation romaine n’est pas morte, mais elle donne naissance à autre chose qu’elle-même, appelé à assurer sa survie »[1].

Il n'en reste pas moins vrai que la ville de Rome perd alors en étendue et en habitants, les ressources de l'Empire cessant de converger vers elle.

Paul Veyne[2] remet aussi en cause les idées de Gibbon concernant la conversion de l'Empire romain au christianisme.

La plupart des commentateurs et historiens religieux qui ont critiqué l'ouvrage l'accusent de défiance à l'égard de l'histoire officielle de l'Église, mais aussi à l'égard des saints et des savants de l'Église. En particulier, le quinzième chapitre, qui documente les raisons de la rapide expansion du christianisme dans l'Empire romain, fut fortement vilipendé et plusieurs pays interdirent la diffusion du livre jusqu'à récemment (l'Irlande, par exemple, leva l'interdiction au début des années 1970).

En dépit de ces objections, ce texte reste un document de référence pour les historiens romains et byzantinistes. Considéré comme une critique argumentée et judicieuse de la faillibilité de la condition humaine, il continue à inspirer les historiens et les étudiants en littérature anglaise.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

  • Winston Churchill nota : « J'ouvris Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain de Gibbon et je fus dominé à la fois par l'histoire et le style. J'ai dévoré Gibbon. Je l'ai parcouru triomphalement de bout en bout ». Il s'attacha plus tard à imiter le style de Gibbon dans ses écrits.
  • L'historien Hugh Trevor-Roper considéra Gibbon comme un modèle et s'en inspira largement pour ce qui est du style et de l'ironie[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Civilisation romaine, Flammarion, 1981
  2. Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Albin-Michel, 2007
  3. Adam Sisman, Hugh Trevor-Roper, 2010, passim.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]