Histoire de la Seine-Saint-Denis

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L'histoire de la Seine-Saint-Denis est celle d'un département jeune sur le plan administratif puisqu'il a été créé le 1er janvier 1968, en application de la loi du 10 juillet 1964, à partir de la partie nord-est de l'ancien département de la Seine (24 communes) et d'une petite portion de celui de Seine-et-Oise (16 communes).

Il hérite du code postal « 93 », autrefois dévolu au département de Constantine[1].

Avant la naissance du département[modifier | modifier le code]

La basilique Saint-Denis, aperçu général de l'édifice

Si le département de la Seine-Saint-Denis est très récent, le territoire a de tous temps été occupé par l'homme, notamment à l'époque gallo-romaine et à l'époque médiévale.


De 1790 à 1795 l'actuel département de la Seine-Saint-Denis était partagé entre 2 départements, (département de Paris et département de Seine-et-Oise) et 3 districts (District de Bourg-de-l'Égalité, District de Franciade et District de Gonesse.

De 1791 à 1793, les 3 districts (Paris, Franciade et Bourg-de-l'Égalité) du département de Paris, fournirent 48 bataillons de volontaires nationaux et 4 compagnies.

De 1791 à 1793, les 9 districts (Corbeil, Dourdan, Étampes, Gonesse, Mantes, Montfort, Pontoise, Saint-Germain et Versailles) du département de Seine-et-Oise fournirent 14 bataillons de volontaires nationaux.

La création du département[modifier | modifier le code]

La petite couronne, autour de Paris
La création des départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, de l'Essonne, des Yvelines, du Val-d'Oise à partir de la Seine et de la Seine-et-Oise en 1968

Le département des Hauts-de-Seine actuel a été créé par la loi du 10 juillet 1964 portant réorganisation de la région parisienne, qui décide de diviser les anciens départements de la Seine et de la Seine-et-Oise.

Jusqu'en 1964, la région parisienne se subdivisait en 3 départements, créés par la loi du 4 mars 1790 :

Les deux premiers vont donner naissance à 7 nouveaux départements, la Seine-et-Marne conservant son nom et son territoire. La loi ressuscite le département de Paris qui est entouré par

De la création à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le département de la Seine-Saint-Denis a été créé le 1er janvier 1968, en application de la loi du 10 juillet 1964, par le décret d'application du 25 février 1965, à partir de la partie nord-est de l'ancien département de la Seine (24 communes) et d'une petite portion de celui de Seine-et-Oise (16 communes)[2].

Il hérite du code postal « 93 », autrefois dévolu au département de Constantine[1]. Sa préfecture est Bobigny

La préfecture de Bobigny, conçue par l'architecte Michel Folliasson (1965-1971).

La création du département, qui répondait à l'origine à la disparition des anciens départements de la Seine et de la Seine-et-Oise, et à la dissolution du District de Paris, a été motivée par le souhait plus ou moins implicite du pouvoir politique de l'époque de cantonner dans un espace déterminé ce qui pouvait constituer un obstacle majeur à la mise en œuvre de la politique gaulliste, c'est-à-dire la présence du Parti communiste français. En effet, celui-ci, grâce à son influence dans les communes de la ceinture rouge de la petite couronne où il s'était implanté dès les élections municipales de 1935, avait réussi à plusieurs reprises à exercer la présidence du Conseil général de la Seine.

La Seine-Saint-Denis était, quelque part, comme la concession tacite d'un territoire donné à la principale force politique d'opposition de l'époque.

Par voie de conséquence, elle permettait d'envisager que les deux autres départements constitués dans la proche banlieue (Hauts-de-Seine et Val-de-Marne) échapperaient à l'influence de cette même force d'opposition, tout en bénéficiant des programmes les plus déterminants d'aménagement urbain (La Défense pour les Hauts-de-Seine notamment, ou encore le secteur de la Ville Nouvelle de Créteil).

Cependant, comme pour les deux autres départements de la petite couronne, le subtil découpage territorial était organisé de telle sorte que ce qui avait constitué pour l'essentiel la ceinture rouge depuis l'époque du Front populaire (les anciennes communes du département de la Seine) soit « tempéré » par adjonction de communes issues de la Seine-et-Oise, réputées à priori moins portées à choisir des élus de gauche, et surtout communistes, pour les représenter[3].

Illustre notamment cette situation le choix délibéré et parfaitement arbitraire de la ville sous-préfecture, issue de Seine-et-Oise, la petite ville bourgeoise, créée de toutes pièces sous le Second Empire, Le Raincy.

Au regard de sa sociologie, de la réalité de ses activités économiques, Le Raincy était parfaitement atypique dans le département.

De même, alors que Saint-Denis était sous-préfecture de l'ancien département de la Seine, et aurait pu voir confirmer cette fonction, c'est Bobigny, placée au centre du département, qui fut finalement désignée ville Préfecture, alors qu'elle n'était, au début des années 1960, qu'une ville moyenne à vocation industrielle et à l'habitat souvent marqué par l'insalubrité et la précarité.

Les questions de l'aménagement urbain et de l'évolution économique ont constitué la trame de l'histoire séquano dionysienne depuis la création du Département.

Toutes les villes de l'ancien département de la Seine ont été confrontées, dans les années 1960 et 1970, à la nécessité de lutter contre l'habitat insalubre, les bidonvilles et les logements indignes et toutes ont mené, à des degrés divers, des politiques ambitieuses de réalisation de programmes locatifs sociaux, par la constitution d'un parc social très important dont la qualité de vie était réelle à l'époque de sa mise en oeuvre.

Ceci dit, la maîtrise de ce développement urbain n'a pas été totalement dévolue à l'origine aux collectivités locales, et l'existence de l'Office Interdépartemental de la Région Parisienne ( organisme HLM contrôlé par la Préfecture de Région et la Ville de Paris ) a motivé que certaines réalisations, décriées par la suite, aient été faites sans contrôle réel des collectivités locales.

C'est notamment le cas des ensembles immobiliers des 4000 de la Courneuve ou du Clos Saint Lazare à Stains.

Cette maîtrise urbaine a également été nettement moins forte dans les communes issues de l'ancien département de Seine-et-Oise, où la grande majorité des programmes d'habitat social réalisés l'ont été soit sous la responsabilité de l'OIRP, soit sous celle de sociétés HLM privées, issues notamment de la Caisse des Dépôts et Consignations, ou filiales des organismes collecteurs du 1 % logement.

C'est notamment le cas des ensembles des 3000 logements à Aulnay sous Bois ou de celui des Beaudottes à Sevran.

Enfin, dans certains cas, le choix de la réalisation de grandes copropriétés a été validé en lieu et place de la réalisation de logements locatifs sociaux.

C'est notamment le cas de l'ensemble des Bosquets sur Clichy Montfermeil, qui a constitué, sur la durée, l'un des quartiers les plus difficiles du département, dans le cadre de la politique de la ville.

Mais elles ont aussi été confrontées à la désindustrialisation progressive de l'ensemble de la région Parisienne, et singulièrement de la proche banlieue, notamment parce que le pouvoir gaulliste ( et le pouvoir pompidolien après lui ) favorisait l'implantation d'entreprises de production dans le cadre de l'aménagement du territoire dans les autres régions de France, y compris celles n'ayant que peu de tradition industrielle.

Cette situation a fait de la Seine-Saint-Denis l'un des départements les plus touchés par le phénomène des friches industrielles, et l'un de ceux les plus précocement et les plus lourdement frappés par le chômage.

Ce processus a notamment affecté des communes comme Saint-Denis, Saint-Ouen, Aubervilliers, Pantin, Montreuil-sous-Bois, La Courneuve ou encore le Bourget, Drancy ou Bobigny, toutes villes de riche et importante tradition industrielle, notamment dans l'ensemble des activités liées à la métallurgie, toutes villes frappées par les réductions massives d'effectifs, les fermetures d'entreprises et les délocalisations d'activité.

L'activité économique ( cf. ci dessous ) a connu des évolutions ultérieures importantes, notamment de par la réalisation et le développement de la zone de l'Aéroport Paris-Charles-de-Gaulle mais aussi par la relance des activités sur les anciennes communes à vocation industrielle.

l'histoire récente de la Seine-Saint-Denis, c'est aussi un aménagement du territoire dont il a fallu corriger les erreurs au fil du temps, et qui est encore loin de répondre aux attentes naturelles des habitants.[réf. nécessaire]

Ainsi, l'autoroute du Nord a t elle constitué, pendant de longues années, une véritable blessure ouverte dans le paysage urbain, notamment à la Plaine Saint-Denis, mais plus généralement entre Saint-Denis et jusqu'à Garonor, morcelant les quartiers et les villes et générant une paupérisation progressive des riverains.

Articles détaillés : Tramway d'Île-de-France et Métro de Paris.

De même, le département est, de longue date, l'objet de luttes importantes en matière de transport public, dont la moindre preuve n'est pas la difficulté de réaliser les infrastructures de transport en commun prévues au Schéma directeur de la région Île-de-France, malgré des inscriptions financières dans les divers Contrat de projets État-région.

Le tramway à l'arrêt Drancy Avenir, vu sur la Courneuve, en 2004

Pour autant, le département a été le premier d'Île-de-France à se doter d'un tramway, le (T)(1), qui favorise, depuis 1992 les liaisons entre banlieues, entre Bobigny et la Courneuve dans un premier temps, parcours étendu vers la gare de Saint-Denis à l'Ouest ensuite, puis vers celle de Noisy-le-Sec à l'Est.

Le Département attend des prochaines années qu'elles soient marquées par la poursuite de l'extension de ce réseau, vers Asnières - Gennevilliers - Les Courtilles puis Nanterre - La Boule et Rueil-Malmaison à l'Ouest et vers Montreuil et Val de Fontenay vers le sud-est.

Il attend également le prolongement de la ligne 12 du métro parisien vers la Plaine Saint-Denis et la mairie d'Aubervilliers et l'ouverture de la Tangentielle Nord, entre Sartrouville et Bobigny, par réutilisation de la voie ferrée de Grande Ceinture aujourd'hui dévolue au seul trafic de marchandises, ainsi que le prolongement de la ligne 7 du métro parisien vers le Bourget, et la construction du Grand Paris Express.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Les départements d'Algérie », SPLAF (consulté le 28 novembre 2008)
  2. « Carte du département réalisée par le Bureau de la Géomatique du Département de la Seine-Saint-Denis », Archives départementales du Conseil général de Seine-Saint-Denis (consulté le )11 août 2011)
  3. Source : Blandine Seigle, la fin d'une histoire communiste, article paru dans le quotidien Le Parisien, édition Seine-Saint-Denis, du 20 mars 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Histoire des villes de la Seine-Saint-Denis: Aubervilliers •Aulnay-sous-Bois • Bagnolet • Le Blanc-Mesnil • Bobigny • Bondy • Le Bourget • Clichy-sous-Bois • Coubron • La Courneuve • Drancy • Dugny • Épinay-sur-Seine • Gagny • Gournay-sur-Marne • L'Île-Saint-Denis • Les Lilas • Livry-Gargan • Montfermeil • Montreuil • Neuilly-Plaisance • Neuilly-sur-Marne • Noisy-le-Grand • Noisy-le-Sec • Pantin • Pavillons-sous-Bois • Pré-Saint-Gervais • Le Raincy • Romainville • Romainville • Saint-Denis • Saint-Ouen • Sevran • Stains • Tremblay-en-France • VaujoursVillemonble • Villepinte • Villetaneuse

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]