Histoire de la Côte d'Ivoire au XIXe siècle

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L’Histoire de la Côte d'Ivoire au XIXe siècle retrace une partie de l'Histoire de la Côte d'Ivoire, celle de 1800 à 1900.

Nord[modifier | modifier le code]

Sud et Ouest[modifier | modifier le code]

Ouest[modifier | modifier le code]

De la Sierra Leone jusqu'à l'embouchure du Bandama, le tableau ne s'éclaire pas car les populations de la grande forêt, appartenant surtout à la famille Krou, restaient généralement fidèles à une vie sociale parfaitement anarchique. Les acheteurs d'armes de Samori Touré parvenaient cependant à la côte vers Monrovia, et on peut étudier, plus au nord, les relations du conquérant avec les peuples frangeant la lisière de la forêt : Kisi ; Toma, Guerzè, Dan et Gouro.

Pour ceux-ci, comme pour les Wènyon (Guéré et Wobé), qui s'étendent en pleine forêt entre Sassandra et la Cavally, des travaux récents permettent de reconstituer l'évolution du peuplement depuis le XVIIIe siècle. Le fait majeur du XIXe siècle, pour tous ces gens (Krou : Bété, Dida et Nèyo - Adyoukrou, Alladyan, Tchaman, Atyé, Abouré), est une intensification massive de l'acculturation, due au développement du commerce européen. Celui-ci était traditionnellement pratiqué par des bateaux s'embossant en rade mais dans l'est, à partir de 1842, la construction des forts français de la Côte-d'Or permit l'installation de factories. Les interventions militaires allaient se multiplier sur la lagune jusqu'à la création de la colonie de la Côte d'Ivoire, en 1892.

Baoulé, Anyi, Abron[modifier | modifier le code]

En arrière de la bande forestière, le peuple Baoulé avait déjà terminé le brassage des éléments très divers qui le constituent, mais il n'occupait pas encore l'ensemble du terroir original qui est le sien. La région de Toumodi était encore à peu près déserte, vers 1800, mais ses riches savanes à rôniers seront peuplées avant le milieu du siècle.

L'extraction de l'or, l'importation du fer, d'origine malinké ou Sénoufo, provoquaient une intense activité commerciale qui sapait les hiérarchies traditionnelles, inspirées de l'Ashanti. Il y eut toujours un roi des Baoulé, à Sakasso, ou se succédaient les neveux utérins d'Akwa Boni, mais, dès le milieu du siècle, son autorité effective se trouvait réduite à la tribu centrale, celle des Warèbo.

Partout le morcellement politique s'accentuait, tandis que la population augmentait à un rythme surprenant. Nombreux, belliqueux, bien armés grâce aux fusils qu'ils achetaient à la côte, les Baoulé démeuraient redoutables. Vers l'est sur le Comoé, les Ano du Mango, affranchis de la tutelle du Royaume de Kong, luttaient avec succès contre les Abron dont ils tuèrent le Roi Fofyé en 1825.

À l'est du Comoé, les Royaumes Anyi du Ndényé (Indénié) et du Sanwi connaissaient une vie assez calme. Le second venait d'achever la conquête des lagunes quand son Roi Amon Ndoufou accepta le poste français d'Assinie, en 1842.

Plus au nord, après le désastre de 1819, les Abron avaient renoncé à secouer la tutelle des Ashanti. Kwasu-Yéboa, dit Fofyé, que les suzerains avaient placé sur le trône, chercha une compensation en reprenant le vieux duel contre Bouna, dont il tua le Roi Tyéponou en 1820. Deux ans plus tard, il tombait sous les coups des Baoulé de l'Ano, et ses successeurs allaient s'effacer jusqu'à la chute de Kumasi, en 1873.

Le long règne d'Agyoumani (1850-1897?) ne contribua guère au redressement des Abron et ses dernières années furent dominées par l'action brouillone d'un ambitieux, Papè, le chef de l'Akiton. À partir de 1880, les missions européennes se succédèrent (Lonsdale, Lethbridge, Louis-Gustave Binger, Marcel Treich-Laplène) préludant au partage du pays entre Français et Britanniques, qui fut consacré par les accords de 1889. Cela n'empêcha par Samori Touré de conquérir le pays et de l'occuper assez durement de 1894 à 1897.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (fr) Histoire générale de l'Afrique (2) (de 1800 à nos jours) - 1971, Presse Universitaires de France
    • (fr) Clozel (F. J.) : Dix ans à la Côte d'Ivoire, Paris 1906
    • (fr) Deluz (A.) : Organisation sociale et tradition arabe : Les Guro de la Côte-d'Ivoire Paris 1970
    • (fr) Meillassoux : Anthropologie économie des Gouro Paris 1965
    • (fr) Ministère du Plan (Rép de Côte d'Ivoire) : Études socio-économiques Région de Bamako 1967; Région de Korhogo 1967; Région du sud-est 1968 (Ouvrages collectifs)
    • (fr) Mouezy (R.) : Assinie et le royaume de Krinjabo. Paris 1942
    • (fr) Paulme (D.) : Une société de Côte-d'Ivoire hier et aujourd'hui : Les Bété. Paris 1962
    • (fr) Salverte-Marmier (P.de) : L'expansion Baoulé au XIXe siècle - Études régionales de Baouké - Abidjan ministère du plan 1967
    • (fr) Schwartz (A.) : La mise en place des populatios Guérè et Wobè Côte-d'Ivoire, Orstom Addiopodoumé, 1968
    • (fr) Tauxier (L.) : Le Noir de Bondoukou. Paris 1922
    • (fr) Tauxier (L.) : Mœurs et coutumes des Agni Paris 1926